Sable ferrugineux avec des fragments de bois pyriteux à
l'état de jayet 0,30
4 0. Calcaire concrétionné, avec Bélemnites 0,30
44. Sable blanc, avec des coquilles bivalves (Cyrènes?). . . . 0,90 4 2. Grès durs, avec Perna, beaucoup d'Huîtres et de Cyrènes. 0,60 4 3. Sable gris, avec des veines charbonneuses, des amas lenticulaires de coquilles brisées^ et, par places, des concrétions calcaires 4 ,50
4 4. Argile calcarifère endurcie, avec des lits de Cyrènes et
des bois fossiles 0,90
4 5. Lits nombreux d'argile calcarifère friable, remplis de
Cyrènes, avec quelques Unio et des Huîtres 3,65
4 6. Basalte colomnaire au niveau de la mer.
De ce côté de la presqu'île, cette assise n*" 15, déposée dans un estuaire ou à l'embouchure d'un cours d'eau, est baignée par la mer et plonge directement sous le massif trappéen ; mais, relevée en sens inverse sur la côte opposée, la falaise présente encore, au-dessous du basalte imparfaitement colomnaire qui la supporte, des couches assimilées au cornbrash ou à la grande oolithe et à l'oolithe inférieure, puis un équivalent du lias à la base même de l'escarpement. Ainsi la position de ces dépôts fluvio-marins, entre l'Oxford-* clay et des sédiments du groupe oolithique inférieur, ne laisse aucun doute sur leur âge, et éloigne tout rapprochement avec les couches wealdiennes du sud de l'Angleterre.
La série des couches jurassiques marines a, par conséquent, été interrompue après des dépôts de l'âge du cornbrash ; des sédiments d'eau douce ou saumâtrc leur ont succédé, et, après un laps de
ECOSSE ET Iles voisines. 21
temps assez considérable, celte même surface a élé occupée par une mer profonde où f écurent les animaux de TOxford-clay.
Les phénomènes ignés qui ont accompagné ou mieux qui ont alterné avec ces changements dans la nature et l'origine des sédiments, ne sont pas moins intéressants à étudier. Ainsi les dykes de trapp, que Ton voit en communication directe avec la grande masse d*aroygd2loîde qui recouvre le tout, ont fortement chauffé les assises traversées, les ont modiûées à leur contact et ont aUéré les fossiles. Quant à l'épaisse nappe basaltique, qui joue un rôle si important dans la constitution géologique de l'Ile de Sky, elle résulte d'une éruption sous-marine, dont la date précise se trouve marquée entre les groupes oolithiques inférieur et moyen, et elle a dû contribuer à émerger en partie le fond de la mer. Une autre portion de cette surface, restée couverte d'eau douce ou saumâtre, s'est plus tard abaissée de nouveau, sans doute, par l'influence de ces phénomènes * ignés qui ont ensuite soulevé et amené au jour les masses de trapps amygdaloîdes, vésiculaires, refroidies dans des circonstances différentes de celles qui avaient accompagné et suivi la sortie des basaltes soos-jacents. La disposition de ces derniers ne permet pas d'ailleurs de supposer qu'ils aient été injectés entre les strates jurassiques.
L'inclinaison de toutes les couches sédimentaires vers le centre des actions ignées est ici de la plus parfaite évidence, et les assises de calcaire, de sable et d'argile des deux périodes, de même que la nappe basaltique qui les sépare, plongent de tous les côtés sous le massif de trapp amygdaloîde.
Dans rassise de l'Oxford-clay, Ed. Forbes signale k espèces d'Ammonites, 2 Bélemnites, puis des Turbo, Nucula, Pinna, Arca^ Avieuta avec la Gryphœa dilcUata, Dans les dépôts fluvio-marins sousjacents ce sont : 1 Rissoa, 1 Néritine, 1 Huître, 1 Pema, 1 Trigonie> 1 Uniol, U Cyrènes et 2 Potamomya, dont les espèces sont décrites et figurées à la suite de ses recherches.
Les dépôts jurassiques de l'île de Mnll ont été aussi observés par ne de mqH. M. Murchison (1), qui y a signalé, près de Tabermory , un grès probablement parallèle à l'oolithe inférieure et reposant sur le lias l Gryphées arquées. Ces couches, dont la présence a été constatée sur la côte opposée du Rosshire et dans les îles de Rasay et de Pabba, sont souvent, comme dans l'île de Sky, traversées et recouvertes
(4) Transact, geoi. Soc. of Londç»^ ?« séf., vol. II, p. 369 et pi. 35.
22 ECOSSE ET tLES VOISINES.
par des roches trappéennes ou basaltiques. M. le duc d*Argyle(i) a décrit des lits de feuilles appartenant sans doute à cette même série secondaire, dans la partie aaéridionale de Ttle. sauitri*Dd<bii«. Sur les côtes des comtés de Sutherland, de Ross et d'Elgin, le long des golfes' de Oarnoch et de Murray, des lambeaux secondaires se voient çà et là, reposant sur le grès rouge et sur les roches cristallines. Le long du liitoral de Brora, des grès, des schistes remplis d'empreintes végétales et du charbon , ont été comparés aux roches également charbonneuses de la formation jurassique du Yorkshire, où elles représentent la grande oolithe (^2). Un calcaire grossier fragmentaire, rempli ou plutôt composé de débris de coquilles et de plantes, recouvre les bancs exploités sur les collines deBraambur)' et deHare. Lesfossiles de cetteassise supérieure l'ont fait rapporter au coral-rag ; en général, ces dépôts assez variables présentent de haut en bas le calcaire grossier précédent, des grès blancs, des schistes argileux, des calcaires coquilliers, des grès, des schistes et des calcaires avec du charbon et des empreintes de plantes. Au pied des collines de Helmsdale, ce système de couches est adossé au granité (3), qui, en venant au jour, l'a relevé et disloqué. Au contact, les roches secondaires sont bréchiformes , et renferment des fragments du granité qui les a soulevées. La disposition de ce conglomérat est d'ailleurs fort irrégulière.
Dans le tableau des formations secondaires du nord de l'Ecosse et des îles de la côte occidentale, que MM. Sedgwick et Murchison ont joint à leur mémoire (p. 158), on voit les argiles schisteuses de l'île de Sky rapportées encore à l'argile de Weald et aux sables d'flastÎDgs ; puis viennent :
i\) Quart, Journ, geoL Soc, oj London^ vol. VII, p. 89, 4 854. 2) R.— I. Murchison, On the coal field of Brora in Sutherland^ s/tire, etc. Sur le terrain houillerde Brora, dans le Sutherlandshire, et quelques autres dépôts stratifiés dans le nord de rÉcosse, avec des remarques supplémentaires sur ces strates et sur les roches qui leur sont associées dansle Rosshiro et les Hébrides (Transact. geol. Soc, oj London, 2* sér., vol. II, p. 20. avec carte et coupes). — De la Bêche, Manuel de géologie, traduct. franc., p. 394.
(3) Sedgwick et Murchison, On the structure, etc. Sur la structure et les relations des dépôts compris entre les roches primaires et la série oolithiqoe dans le nord de l'Ecosse [Transact. gvol. Soc, of London, 2* sér., vol. lli, p. 425. pi. 44, fig. 4. 4829).— De la Bêche, Coupes et vues, etc., p. 29, pi. 46, fig. 4, de la traduction française par H. de Gollegno, 4839,
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