Argile brune, avec des débris de plantes
Les coaches (i à 6 paraissent manquer dans les travaux de la mine de Brora, mais l'argife noire solide (d° 37 de la coupe du puits donnée par M. Murchison) serait représentée par le n*" l\ de la série précédente, malgré la difTérence d'épaisseur des assises placées dessus et celle de leurs caractères minéralogiques.
En confirmant de tout le poids de son autorité cette succession de couches marines et fluvio-marines, sir R. Murchison (1) est revenu sur l'opiuion que nous lui avons vu exprimer relativement à celle de Portree (Sky), qu'il avait d'abord rangée dans le groupe wealdien pour la placer ensuite comme cette dernière au-dessous de rOxford-clay. Il en est probablement de même des dépôts lacustres
(4) Procced, geol. Soc. oj London,vo\, IV, p. 474, 6 avril 4 843.
ECOSSE ET iLES VOISINES. 25
desenvirons d'Elgin, que M. Malcolmson regardait comme apparteoant à la série de Purbeck.
L'existence de terres émergées, démontrée par les plantes des couches de Portland, de Scarborongb, de Stonesfield et de Brora, poQTait à priori faire conclure celle de dépôts lacustres, que les observations précédentes ont conûrmées. On voit en outre que plusieurs des coquilles que nous avons dit {antè, vol. IV, p. 131) caractériser les couches wealdiennes auraient déjà vécu, dans les eaux douces des terres voisines, pendant l'ère jurassique, ce qui, d'après M. Murchison, doit tendre encore à faire rentrer le groupe wealdien dans cette ère plutôt que dans celle qui lui a succédé. Hais à ce dernier égard, E. Forbes a insisté sur la ressemblance des types de ces coquilles lacustres de Purbeck avec ceux du terrain tertiaire et de la faune actuelle, ressemblance telle que si l'on n'avait sous les yeux que ces fossiles, sans la preuve de l'ancienneté des roches établie par leur position relative, il serait imfiossible d'assigner leur âge {antè, vol. IV, p. 130).
A la suite de son mémoire sur les couches de Loch-Staffin (Sky) [mUè, p. 20), le même savant, en meniiomiant les travaux que nous venons de rappeler, n'admet pas cependant que les coquilles, désignées par M. Robertson sous les noms de Cyclas ongulata et de Cypris grantUosa, soient les mêmes que celles des couches weal* diennes du sud de l'Angleterre, et, malgré ce qu'on en a pu dire, aucune espèce des couches fluvio-marines jurassiques de l'Ile de Sky ne se retrouverait dans le groupe v^ealdien. Enfin, entre les dépôts contemporains de Loch-Staffin et de Brora, une seule espèce [Hydrobia ou Paludina conulus^ Roberts.) serait commune aux deux localités.
Ainsi les observations faites dans l'Ile de Sky, parfaitement concordantes avec celles des côtes orientales du Sutherland, du Rosshire et d'Elgin, prouvent que les vrais dépôts de la période wealdienne, que l'on avait cru exister dans ces diverses parties de l'Ecosse, ne s'y montrent pas, et qu'on avait pris pour tels des sédiments de même nature et de même origine, en effet, mais beaucoup plus anciens et qui se sont formés vers le milieu de la période jurassique. Ce que l'on a dit du groupe wealdien de l'Ecosse {ante^ vol. IV,
p. 139) doit donc être regardé comme non avenu et $e ^apporte à
b formation qui nous occupe en ce moment.
26 AN6LBTEERB.
$ 3. Angleterre.
En traçant la disposition qu'affectent les formations de TÂngleterre et l'espace qu'elles occupent, tant dans Tinlérieur de Itle que le long de ses côtes, nous avons fait remarquer {antè, vol. IV, p. 15) que le système jurassique, malgré la variété deses dépôts, sa puissance et la richesse de sa faune , ne constituait qu'une bande ou écharpe flexueuse, à bords découpés, figurant grossièrement un S, dirigée moyennement N.-N.-E., S.-S.-O., depuis l'embouchure de ta Tees, dans le Yorkshire , jusqu'au littoral du Devonshire et du Dorsetshire. Cette zone, qui divise l'fic en deux parties presque égales, a une largeur très différente suivant les points où on l'observe; elle laisse à l'O. tons les dépôts antérieurs, depuis le trias jusqu'aux schistes les plus anciens du pays de Galles, et à TE., toute la série secondaire et tertiaire qui lui a succédé, depuis l'étage de Purbeck jusqu'au crag du Suffolk et du Norfolk. Elle ne se montre en outre, à chacune de ses extrémités, que sur une assez ÊiiMe étendue de côtes, et nous l'étndierons en suivant du N. au S. le développement, la composition et les modifications de chacun des quatre groupes qui la constituent, et en allant du plus récent au plus ancien.
Groupe ooHthiqœ rapérîeiir.
Yoriubire. ^, Smith publia, en 1821 , une carte géologique du comté d'York (1) , en i82/i, une notice (2) dans laquelle il rectifia plusieurs erreurs qu'il y avait reconnues, et, en 1826, une autre note sur la géologie de Cave (3). En 1822, IVllVl. G. Young et J. Bird donnèrent leur Geological survey of the Yorkshire coast, dont la seconde édition fut publiée en 1828 [h). Cet ouvrage, quoique écrit dans un excellent esprit, n'a pas eu peut-être tout le succès qu'il méritait ; les conditions dans lesquelles il parut ne semblent pas avoir été favorables. Les auteurs ne s'étaient pas non plus assez pénétrés de l'importance de la distribution stratigraphique des fos-
lA^ En 4 feuilles.
(2) Report oj the Yorkshire philos. Society pour 4 824,
(3) J /t fiais nj philosophy, iuïn 4 826.
(4) In-4, avec 47 planches de fossiles, 4 carte et 4 planche de coupes, Whitby, 4 828.
GROUPB OOUTHIQOB SUPÉRIEUR. 27
des qu'ils ont décrits et figurés. Ils ne suivirent pas la marche tracée par leur prédécesseur, marche à la vérité bien peu connue alors et qu'ils étaient d'autant plus excusables de n'avoir pas adoptée, que leurs explorations ont dû se faire à peu près dans le même temps. M. J. Phillips, au contraire, guidé par W. Smith dans ses premières recherches, familiarisé de bonne heure avec sa méthode d'observer et de classer les couches, devait obtenir des résultats plus exacts; aussi, tout en rendant justice au travail de OIU. Young et Bird, suivrons-nous de préférence dans notre description l'auteur des Illustrations of the geology of Yorkshire.
Le groope oolithique supérieur n'est représenté à l'extrémité nord de la zone jurassique d'Angleterre que par le Kimmeridgeclay, qui occupe le fond de la vallée de Pickering, sur une étendue assez considérable, de !'£. àl'O., depuis Helnisley jusque sur la c6te de Filey-bay où il est masqué par un dépôt quaternaire très puissant. Il est circonscrit au N. et à l'O. par les aflOeuremenis du coral-rag, et au S. par les argiles de Speeton et le massif crayeux des woolds sous lequel il s'enfonce. M. J. Phillips (1), qui mentionne très brièvement cet étage, probablement parce qu'il n'affleure pas dans les falaises de la côte, lui assigne avec doute une épaisseur de k% mètres, et encore en y réunissant les argiles dont nous venons de parler. Par suite du manque de coupe naturelle, il J signale peu de fossiles, et seulement des bois qui semblent provenir de plantes dicotylédones avec VOstrea deltoidea^ Sow. , le Belemnites lateralts, Phill. , V Ammonites plicomphalus, Sow. ? et quelques autres fragments appartenant à ce genre. L'étage de Kimmeridge, qui disparaît sous la craie à North-Grimston au sud-ouest de Malton, se montre de nouveau en formant, de Newbald et Melton jusque sur le bord de l'Humber, une bande étroite, comprise entre la craie rouge et l'Oxford-clay, le coraUrag ne paraissant pas exister sur ce point.
A partir de Ferraby, sur la rive droite de l'Humber, le môme uncoinahira. étage semble suivre d'une manière continue au S.-S.-O les woolds de la craie du Lincolnshire, et longer les contours de leur base
(4) Illustrations of thc geology <</ Yorkshire, p. 2 et 97, et coupe n» 9, in-4, part 4, 2« édit., avec carte géologique de la partie orientale du Yorkshire et planches de coupes et de fossiles. Londres, 4835. — G.-B. Greenough, carte géologique de TAngleterre et du pays de Galles, V édit., 1839.
28 ANtiLHTERRK.
jusqu'au delà d*HorucastIc ; à l'ouest, celle bande est limitée par l'Oxford-clay.
Norfolk. Au delà de la baie de Wash dont le fond serait formé par l'argile de Kimmeridge , celle-ci se montre encore bordant la craie rougo et le grès vert, en commençant au sud d'Hunstanton pour se prolonger jusqu'à la rivière de Setchey, au midi de laquelle elle cesse tout à fait. Sur la carte de Greenough, à l'ouest, aux environs de Lynn Régis, etc. , elle est masquée par des dépôts quaternaires et des marais, mais, d'après l'esquisse géologique qui accompagne le grand travail de M. II. Fitton (1), l'étage de Kimmeridge serait parfaitement continu depuis la pointe du Norfolk jusque sur la limite du Devonshire. À South-Rey, au nord de la petite Ousc, l'auteur, que nous sommes heureux d'avoir encore ici pour guide, a trouvé les fossiles caractéristiques de cet étage, entre autres, VOstrea deltoîdea, Sow., V Ammonites Lamberti {"2) y id., un Aptijchus et des débris de sauriens. Il en signale également au-dessous de Downhara- Market. L'oolithe d'Oxford ni le calcareous-grit n'ont été observés dans tout ce district, et l'Oxford-clay y succéderait immédiatement au Kimmeridge-clay. Ainsi, dans le forage de la brasserie Allen, à Lynn, on a traversé 203 mètres d'argile au-dessous de 15 à 16 mètres de dépôts quaternaires et modernes, et il est probable qu'une partie de cette masse appartient à l'Oxford-clay, quoique les fossiles ramenés par la sonde n'aient rien présenté de bien concluant. M. Sedgwick (3) a également constaté la disparition du coral-rag au nord-est et la superposition immédiate des deux étages argileux.
umbridfnbire. (P. 307.) Daus le Cambridgcshire, le Kimmeridge-clay occupe tout le bas pays situé au nord et à l'ouest de la ligne des sables verts, aux environs d'Ëly, comme le long de l'Ouse, de Fenny Stanton et de Holywell à sa jonction avec la Cam. A Test d'Ely, l'argile est surmontée par des lambeaux de sable, et au nord-ouest d'Haddenham, sur le chemin de Chatteris, l'oolithe d'Oxford lui succède.
Bodrordshire. Suivaut la carte de Greenough {U)^ le grès vert recouvrirait im-
(4 ) Observations on some oj the strata bettvecn the chalk and Oxjord nolite [Transact. geol. Soc, of London^ 2* sér., vol. IV, p. 34 5. pi. 9, 4 836).
(2) On peut émettre quelques doutes sur l'existence de cette espèce dans le Kimmeridge-clay.
(3) Rep, 4 5*'» meet, Brit, Assoc. at Cambridge, 4 845 (Londres, 4 846), p. 42.
(4) 4"édit., 4849.
GROUPE OOLITHIQUB SUPÉRIEUR. 29
médiatcmeot TOxford-clay dans le Huntiogdonshire, le Bcdfordshire Burkin|h.nui.if«. etJQsqu^à la route d'Âylesbury à Buckingham. Sur la seconde édi- Berkshire.' lion de cette même carte, il en est à peu près de même ; le Kimmeridge-day commence à entourer le pied des collines à l'ouest de Fenny Stratford, ou peut-être serait-ce le Portland-stone, car le tra- Tiil de hachures n'existe qu'au pied sud du plateau ; au delà, il semble y aToir quelque confusion, certains traits n'étant en rapport ni avec 1^ teintes ni avec le travail de hachures. Ce dernier, propre au Kimmeridge-clay, forme, le long de la limite générale du grès vert, une bande continue, d'égale largeur, très sinueuse, dans i'Oxfordshire, et qui se rétrécit en traversant le Willshire. De Thame à Âylesbury, elle serait séparée du grès vert par un massif de Portland-stone, tandis que plus au S. -£., ce dernier manquerait, sauf dans la colline qui est au sud-est d'Headington. Sur la petite carte qu'a publiée M. Murcliison en 1843, le Portland-stone et le Kimmeridge-clay étant réunis, la zone qu'ils représentent est continue, de la pointe occidentale du Norfolk aux limites du JDorset
L'espace compris entre Calne et le Bedfordshire, dit M.. Fitton (i), prend en grande partie son caractère physique de la très faible inclinaison des couches, lesquelles, à partir de la ligne anticlinale du val de Wardour jusque sur la côte occidentale du Norfolk , n'ont pas encore montré de dérangements bien sensibles. Leur relèvement graduel a permis que des dénudations énergiques s'exerçant sur leurs masses n'aient plus laissé que des lambeaux isolés, situés à quelques milles en avant de la ligne générale des escarpements crayeux (anlè, vol. lY, p. 24).
Si pour un instant, remontant du S.-O. au N.-Ë. , nous suivons la marche adoptée par le géologue anglais, nous trouverons que, dans cette partie de l'Angleterre, l'étage de Portland a été reconnu sur un espace de 6 à 10 milles d'étendue, le long de la ligne d'affleurement etauHlessous des couches plus récentes depuis les environs de Great- Hazeley (Oxfordshire) jusqu'à Bierton, près d'Aylesbury (Buckingbamshire), et de 5 à 20 milles, de Garsington (Oxfordshire) à Stewkley (Buckingbamshire). Ces massifs éuient sans doute continus dans l'origine, mais des dénudations irrégulières ont découpé la masse dont les portions sont aujourd'hui séparées par des dépresûoos ouvertes dans le Kimmeridge-clay.
Le Portland-^tone commence à se montrer au nord de Swindon,
(4) Loc. rir.,p. 269.
SO AN6LBTBRiffi.
suiTant une ligiie dirigée d'Easiogton au sud de Little Mihon etdc Garsington vers Oxford. On ne le trouve plus au sud de cette ligne, et les carrières de Milton qui y sont ouvertes fournissent les matériaux employés dans les communes environnantes. Le Portlandsand affleure au delà du Portland-«tone sur les pentes nord et nordouest des collines précédentes. Le sable meuble, gris et jaunâtre par places, est généralement rempli de grains verts qui le constituent même souvent tout entier. Les masses bleuâtres, à demi-concrétionnées, sont rares. Vers le bas, au contraire, on y trouTc subordonnées, dans les collines de Swindon et de Shotover, de grandes concrétions noduleuses d*un gris verdâtre, dures, avec quelques fragments de schistes siliceux ou cherts, de teinte très foncée, roulés et polis.
Le Portland-stone et le Portiand-sand se voient entre les princi* pales chaînes de collines de Brill et de Whitechurch, comme le montrent les coupes données par M. Filton (1), et presque au même niveau dans celles d'Ashendon, Lodge-Hill, Chearsby, etc. , mais, au nord-est, sur la route d*Aylesbury à Winslow, on les observe rarement , à cause du puissant dépôt de graviers qui occupe le pays. Les parties basses du sol qui séparent ces collines sont toujours formées par Targile de Kimmeridge qui affleure dans toutes les coupes sous le Portland-sand, et en concordance parfaite avec ce qui est au-dessus. Sur le côté occidental de Sliotover-Hill, la série est complète; mais, près de Leighton, l'étage de Kimmeridge s'approche davantage du grès vert inférieur, et, k la descente du village de Little firickhill, il sort de dessous une faible épaisseur de sable qui constitue le sommet de la colline.
Ce même étage, mis entièrement à découvert à Headington oà ses caractères ont été décrits par M. Conybeare (2), semble acquérir plus d'épaisseur vers le nord, quoique nulle part elle n'atteigne celle que nous lui trouverons au sud, dans les environs de Weymouth. VOstrea deltoidea y domine, surtout dans les comtés dont nous nous occupons, et, près d'Aylesbury ïExogyra virgula eC un Aptychus s'y trouvent également.
Les nombreuses coupes signalées par M. Fitton mettent dans la plus parfaite évidence les relations des étages oolithiques moyens el
U) loc. cit., pi. X% fig. 49 et 20.
(2) Outlines ofthe geology ofEngland and fValeSy p. 4 85, in-8, Londres, 4822.
GROUPE OOLITHIQUB SCPÉRIBUR. 81
npérieors avec ceux du groupe wealdien et de la craie ; nous citerons quelques-unes de celles où les couches qui nous occupent loat le mieux développées et le mieux caractérisées. La coupe d*Oxford à Cowleaze Wood que nous reproduisons ci-après, pi. I, % i, donne une idée complète de ces relations.
(P. 276.) Dans la carrière de Great-Hazeley, qui offre une sorte de puits naturel où se sont déposées des couches ondulées, et où rétage de Pnrbeck paraît manquer, celui de Portland est composé comme suit :