Calcaire modifié et calcaire bitomineui noirâtre
Sur la gauche de la vallée de Campan, les couches jorassîqaeB commencent à se montrer au débouché de celle de Lesponne, et la
i4) On écrit aussi mont Mounné^ voy. antè^ p. 539. 3) Voyez aussi antè, p. 539, la coupe de cette môme localité, donnée par M. Yiquesnel.
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ligne de séparatioa des schistes de transition coupe obliqoenieiit celle vallée à 2 kilomètres environ de Baudéan, pour se diriger an N.-O. par le vallon de TArdezen. Tout le massif situé entre la vallée de Lesponne et Bagnères, massif qui comprend les montagnes du Mont- Né, de Castel-Mouliès et de Bédat, est composé de calcaires et de schistes jurassiques, les protubérances du sol appartenant en général aux premiers, et les parties basses aux seconds. Dans cet espace, les strates, fréquemment modifiés, offrent des directions et des inclinaisons très variées, ainsi que des dislocatioos dues à l'apparition des diorites qui percent partout le sol aux eoilrons de Bagnères. Les fossiles des couches du Mont-Né et de CasteUMouliès, prolongement de la Penne de Lheyris, sans être bies nombreux, su£Bsent cependant pour motiver leur classement dans le lias. M. Leymerie signale, comme subordonnée à ce système, une assise particulière de calcaire noir, grenu, brillant, biUimio netix, qui, de la vallée de Lesponne, traverse le vallon de Serris, passe au Mont-Né pour reparaître encore sur son versant septen* trional. C'est dans le voisinage de cette assise que se trouve b brèche de Médoux.
Les environs immédiats de Bagnères, au sud et à Touest, «ont formés de calcaires et de schistes jurassiques. Ces derniers dominent aux allées de Maintenon et dans le chemin de l'Elysée Cottin. Les calcaires forment la petite crête dn pied de laquelle sourdent les eaux du Salut, où ils sont associés à des schistes et à des caleschistes noirs à cassure bacillaire, signalés à Asté et sur d'autres points où ils font partie du lias. Tel est aussi le calcaire que traversent les sources qui alimentent les établissements de la ville, celui qui forme la masse du Bédat où se trouve également associée une brèche blanche analogue à celle de Saint-Béat
Au nord de Bédat et de Bagnères, entre les vallées de l'Adouret de Loussouet, il n'y a plus de calcaire, mais un schiste qui, étant terreux à Bagnères même et peu différent de ceux du lias, devient bientôt cristallin, talqueux, et passe à une sorte de gneiss. La détermination de celte roche schisteuse, dit M. Leymerie, est uue des difficultés de la géologie de ce pays si peu favorable aux études stratigraphiques. Au nord de ce massif, le sol est presque entièrement composé de roches schisteuses de la période crétacée, traversées de roches granitoîdes, et accidentellement de roches granitiques. Quant aux schistes ardoisiers de Labassère, ils semblent appartenir i 1> formation jurassique.
Dans la vallée de Lavedan, les couches jurassiques commencent vaU^ au-dessous du bassin d*ArgeIlez, constituant tout le défile qui lui ta^tdon. succède jusqu'h la vallée de Gastellouban. Sur son côlé septentrional, la vallée d'£strem-de-SaUes montre une série d'assises calcaires disposées comme des rubans parallèles. Ces calcaires bleuâtres on gris noirâtre alternent avec des schistes présentant des empreintes d*Orbicules ou de Posidonomyes, et d'autres fossiles indéterminables. Leur direction est O. 10"* à 20'' S., et leur plongement très rapide ordinairement au S.
Sur le côté occidental de la vallée de Lavedan, on obsei*ve très nettement la série précédente où Ton peut distinguer trois assises principales : l"" celle de la crête en forme de muraille démantelée, comprenant un calcaire gris bleuâtre, veiné et taché de blanc, quelquefois de jaune, exploité à la carrière de Yiges, et renfermant dei débris de crinoîdes, d'échinides, etc. ; 2" celle du pied de Farête, composée de calcaire gris foncé ou noirâtre, brillant et fétide, avec des reines spathiques blanches, et accompagné d'un calcaire fissile ; 3* au sud des précédentes, un calcaire bleuâtre foncé avec des veines parallèles et contournées de calcschiste, et une brèche correspondant probablement h celle de Médoux. De l'autre côté du Gave, on remarque les mômes roches entre Boo et Lugagnan. Là direction est toujours O. un peu S. , et les couches, presque constamment verticales, ont une tendance prononcée à incliner au S. ^ tandis que le terrain de transition qui entoure le bassin d'Argellez se dirige comme la chaîne même des Pyrénées.
Les calcaires et les schistes argileux noirâtres de la vallée de Gastellouban plongent aussi fortement au S., et leur direction» assez variable, est généralement 0., quelques degrés S. A Lourdes, ce système schisto-calcaire se termine par un calcaire gris en bancs peu réguliers, souvent veiné de blanc, dans lequel on exploite une lumachelle d'ostracées et d'autres coquilles avec des traces de polypiers. Cet ensemble de couches, par ses divers caractères, Tiendrait se rattacher probablement aux schistes ardoisiersde Labassère, et aux assises entre Argellez et Lugagnan, qui sont jurassiques. Au nord de Lourdes succède une puissante série de schistes terreux plongeant aussi au S., mais dirigés 0. 20" N., et dans laquelle on exploite encore des ardoises. Elle appartiendrait è la période crétacée.
La bande jurassique, qui sur la Carie géologùjue de la France v»Uee do«tâa. s'arrête à la petite vallée d'Asson (Louznn], devrait peut-être, dit
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M. Leym«rie, 9e proioDger ua peu au delà, et traferaer la ?aHéc d'Ossau où il existe, eotre les calcaires de teinte dair d'Àrodi et d'Iseste (calcaire ^ Hequienid) et le terrain de transitioo commeDçant au sud de Bielle, des calcaires gris et noirs, et des calcscbistes qui occupent bien la place des assises jurassiques. Mais l'abseoce de. fossiles ne permet pas de se prononcer encore \ cet égard, et il en est de même des calcaires qui i Saint-Jean-Pied-de-Port reposent immédiatement sur le grès rouge. Ces derniers, snb-compactes, gris foncé, diffèrent essentiellement des divers calcaires crétacés de Tarrondissement d^ Bayonne.
Ainsi, ap pied du versant nord des Pyrénées, à» la vallée de TAriége aux environs d'Arudi, comme à Test dans la partie orientale des Corbières jusqu'au bord de la Méditerranée, lei dépôts rapjportés par leurs fossiles à la formation jurassique ne nous montrent ^core que les sédiments d'^ne bien courte période, celle pendant laquelle se formèrent les derniers étages du lias. S'il en existe de plus récents ou de plus anciens, c'est ce que les caractères paléontologiques n'ont pas encore révélé d'une manière certaine, car les fossiles cités par M. Leymerie à l'appui de l'existence d'un groupe oolithique moyen dans cette région sont trop insuffisants pour l'admettre sans restriction, et il est encore piusdouteux qu'une faune oolithique complète vienne ^ étrfî déconverte.
Gomme, d'une part, les couches cri^tacées inféripures semblent Succéder partout i ces dépôts, et que de l'autre on trouve fréquem* ment ceux-ci reposant sur le terrain de transitiop, et môipe sur le granité, on peut supposer qu'après ce groupe encore problématique qui a succédé au lias, dans la région pyrénéenne, un soulèvemeot dirigé à peu près comme la chaîne actuelle la porta au-dessus des eaux, et qu'elle resta ainsi émergée pendant tout le temps que se forms|ient les groupes oolithiques bien caractérisés sur les pentes sud-ouest et sud-est du plateau central de la France. Ce ne fut qœ plus tard que l'abaissement de cette même région la replaça sods les eaux de la période crétacée.
Le rivage méridional des groupes oolithiques, ou la contre-partie des dépôts que nous avons étudiés depuis les côtés de la Vendée ft de la Saiutonge jusque sur la rive droite du Rhône, échappe donc à nos investigations, étant, en partie du moins, masqué parles sédiments crétacés, tertiaires et quaternaires, qui s'étendent sans
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iDlcrruption du golfe de Gascogne à la Méditerranée, ou ne se montrent au sud qu*avec des caractères encore très ?agues. Dans certaines parties, comme sous le méridien de Carcassonne, on voit que i*faiatus des dépôts est encore bien plus grand, puisqu'au nord et au sud de cet ancien détroit, qui a pu être aussi un isthme, le groupe tertiaire inférieur repose directement sur le terrain de transition d*un côté et sur les roches cristallines plus 'anciennes de Tautre.
Le bassin jurassique du midi de la France, compris entre le massif central et les Pyrénées, qui a fait Fobjet de ce chapitre, et qui nous a paru déjà si morcelé géographiquement, nous présente donc aussi, dans le développement de ses étages et de ses groupes, de nombreuses irrégularités, de fréquentes lacunes dues , soit à la forme très accidentée de ses côtes, soit à des mouvements particuliers du sol, soit enfin à ces deux causes réunies. Ainsi c'est avec raison encore que nous avons pris pour type de la formation le développement si normal qu'elle nous a offert dans le nord de la France et en Angleterre, où la succession des dépôts s*est effectuée d*nne manière à la fois si complète et si régulière.