Argile
La plaine occupée par TOxford-clay a, dans le Wiltshire, une largeur très variable : ainsi, de près de six milles à Melksham, elle n'en a qu'un à Laycock. Bordée à TO. par le cornbrash, elle s'élève à l'E. jusqu'au tiers des collines que couronne le coral-rag. L'auteur n'y cite que la Gryphœa dilatata, var. (î, et Y Ammonites Gulielmii, Sow. ; il reproduit, pour le Kelloway-rock, les noms des espèces mentionnées par Smith et Al. Conybeare. Nous avons omis ci-dessus plusieurs de ces dernières dont la présence nous a paru plus que douteuse à ce niveau.
On a déjà esquissé {antè, p. 37) la disposition générale des Dortetsiiire. élages jurassiques du sud du Dorsetshire, et en particulier des ^^**^'"<-
(4) Lac, cit.y p. 495.
(2) Loc. cit., p. J60,
6a ANGLETERRE.
environs de Weymoulli, et Ton a vu que, de part et d'autre de Taxe anticlinal qui occupe le milieu du district, ces étages se rc|)étaicnt au N. et au S. , en suivant des lignes ou zones parallèles. M. Conybeare (1), qui avait parfaitement saisi cette disposition, signale la réapparition du coraUrng à Abbotsbury, au midi des South- Downs crayeuses du Dorsetshire, mais nous suivrons de préférence la description plus détaillée et plus complète que MM. Buckland et de la Bêche (2) ont donnée de ce pays.
1/étagé du coral-rag atteint ici une épaisseur d'environ US mètres, il comprend des calcaires oolithiques semblables à ceux d*Headington, de Calne et de Scarborough, et, dans les bancs sableux de sa partie inférieure, les mêmes masses concrétionnées semi-calcaires qu*on observe dans le calcareous-grit du Wiltshire et d*Oxon. Lq^ polypiers si abondants ailleurs y sont rares, de sorte qu'alors, comme de nos jours sous les tropiques, les récifs de coraux étaient discontinus.
Dans la cou|)ede Portland-Ferry à Weymouth, donnée d'abord par M. Sedgvi^ick (3), les auteurs dont nous analysons le travail ont décrit 31 couches comprises entreleKimmeridge-clay eti'Oxfordclay. Les fossiles sont nombreux dans presque toutes : les Trigonies et la Melania heddingtonensis vers le haut, la Gryphœa dilotata vers le bas. Ces couches sont des alternances de calcaires imparfaitement oolithiques et de grès calcaire souvent mélangé d'argile. Les bancs les plus élevés, sableux et friables, représentent le calcareousgrit supérieur du Yorkshire; on les voit particulièrement près de Sandfoot'Casile où les bancs supérieurs avec Ostrea deltoidea deviennent graduellement plus argileux, jusqu'à ce qu'ils passent au Kimmeridge-clay. Les assises moyennes sont les plus oolithiques, quelquefois sableuses et meubles, d'autres fois compactes et en bancs continus (l^yke-Regis et Osmington). Les bancs y présentent ce délit oblique si fréquent dans d'autres étages, et que nous venons de citer aux environs de Gaine. Les assises inférieures montrent de nouveau une prédominance de roches calcaréo-sableuses, alternant avec des sables, de l'argile sableuse, des bancs continus de grès et des lits de grandes concrétions enveloppées de sable.
(4| Lac, cit., p. 194.
(2) Transact. geol. Soc, o/Londo/i, 2« sér., vol. IV, p. 23, 4 835, avec carte et coupes.
(3) J/m, oj philosophy^ mai 1826, p. 346.
GROUPE OOLITHIQUE UOYEN. 61
Le passage à l'Oxford-clay des couches les plus basses est indique par la présence de la Gryphœa dilatcda dans les bancs de grès, et ce passage est analogue à ce que Ton observe aux environs d*Oxford. D'un autre côté, Texistence d'un calcareous-grit supérieur, dont les bancs passent au Kimmeridge-clay, prouve que cette partie de la série est plus développée dans le Dorsetshire que dans TOxfordshire. Dans la coupe d'Headington, le calcareous-grit supérieur manquait, et le Kimmeridge-clay reposait directement sur le calcaire ooliihiqne dont la surface avait été ravinée auparavant. Si Ton suppose avec M. Sedgwick que le coral-rag et la pierre à bâtir d'Headingtou représentent ensemble les assises moyennes de la coupe de Weymoutli et de celle de Steeple- Ashton, la partie supérieure de l'étage serait le mieux développée à ses extrémités nord et sud, sur les côtes du Yorkshire et du Dorset, et manquerait ou aurait été détruite autour d'Oxford, dans la partie moyenne de la zone. Aux environs de Weymouth les fossiles sont d'ailleurs les mêmes et répartis comme dans les autres localités. Le fer oxydé hydraté, qui y domine dans les couches voisines du Kimmcridge-clay, manque dans rOxfordshire. Dans les collines d'Abbotsbury le minerai oolithique est même assez abondant pour alimenter de hauts fourneaux.
Les deux bandes du coral-rag,de largeur et de longueur inégales, placées entre celles du Kimmeridge-clay et de l'Oxford-clay, se terminent par deux crêtes qui dominent ce dernier étage et dont les escarpements abrupts se font face. Celle qui est au sud prend à deux milles à l'ouest de la ville del^eymouth, et s'étend jusqu'à Linch au bord de la Fleet, avec une largeur d'environ un mille. La bande septentrionale, de 12 milles de long, se suit des falaises d'Osmiogton à la côte au delà d'Abbotsbury, pour se terminer par un escarpement, tourné au S. Sa largeur atteint à peine un demimille, excepté à son extrémité occidentale, par suite de la faille que nous avons indiquée. L'inclinaison tourne du N. à TE., puis au S. Plus à ro. , dans la vallée de Bredy, le même étage ne constitue qu'une bande fort étroite, d'un mille de long, de l'Ë. à ro.,de Kingston-House à Litton -Cheney. Dérangé par une faille, il a été comme près d'Abbotsbury amené en contact avec la base de l'escarpement de la craie.
L'Oxford-clay reparaît avec l'étage précédent dans le Dorsetshire ostord-ciay. méridional et avec une épaisseur qui n'est pas moindre de 100 mètres. Il re|)ose, à stratification concordante, sur la voûte centrale du combrash et du forest-marble, en formant deux zones parallèles
ANOLBTSRRB.
Épaisseurs,
altitudes
et
inclinaisons.
qui plongent l'une au N. et l'autre au S., comprenant entre elles cette même surface occupée par les assises du groupe oolilhique inférieur. A Test, les deux handes ne sont séparées que par les marais de Radipole à Melcombe-Regis. Sous les Barracks, à Radipôle, est un banc de septaria {turtle gtoné) dont les fentes sont remplies de chanx carbonatée, demi-transparente, jaune, passant souvent au brun foncé. On les exploite pour en faire des tables, des plaques et divers objets d'ornement De grandes Ammonites et d'antres coquilles, particulièrement la Gryphœa dilatata^ sont extrêmement répandues dans cette assise.
Le manque de bonnes coupes avait empêché !\1M. Buckland et de la Bècbe de tracer, avec toute la précision désirable, les contours de rOxfof d-ciay de la vallée de Bredy où son a£Qeurement suit les limites nord et est du forest-marble ; mais la feuille 17 du Geologiccd Survey montre très exactement ces limites. Le groupe moyen se trouve compris entre trois failles : l'une au nord qui entame une partie du Kimmeridge-clay, la seconde à l'ouest, et la troisième au sud. L'effet de ces failles a été d'isoler complètement le massif qu'elles renferment et d'amener dans sa partie occidentale l'Oxfordclay au contact du grès vert. D'autres dislocations dirigées du N.-E. au S.-O. ont à la fois découpé les couches crétacées et jurassiques.
L'épaisseur totale du coral-rag et du calcareous-grit est de 32 à US mètres, et chaque division occupe à peu près la moitié de cette épaisseur. L'inclinaison généralement très faible est de moins d'un degré. Les faux délits sont très fréquents dans les bancs de cet étage. Dans la colline de Whiteham (Berkshire) qui s'élève à 186',60 au-dessus de la mer, le coral-rag paraît atteindre sa plus grande altitude, et la hauteur moyenne des collines à plateaux qu'il constitue ne dépasse pas 130 mètres (1).
L'Oxford-clay semble avoir une épaisseur plus grande et qui dépasserait 160 mètres. On a vu celle qui avait été approximativement éva* luéedans le Lincolnshire. Son altitude est généralement très faible; il occupe les surfaces les plus basses du pays. Dans les comtés du nord-est, il s'élève à peine au^essus des marais qui bordent l'Old l^itham, la Nen, la Grande Oose, etc. Quelques hauteurs peu considérables se remarquent seulement près de Malmsbury, et au sud dans les environs de Trowbridge, au nord et à l'ouest de Blackmoor, etc. En général, cet étage est concordant avec ceux qui
(4) Gonybtare, Outlines of the geologjrof England^ p. 492.
GROUPE OOUTHiQOE MOYEN. 63
le reccavreiit, el son inclinaison à f'E. et au S.-E. ne dépasse pas l*" (1). Nous en excepterons toutefois le district de l^eymouth, où les dislocations dont nous avons parlé Tout relevé sons des angles qui vont jusqu'à 30^
MM. Milne Edwards et J. Haime (2) décrivent iU espèces de Paiéontoiosie. polypiers du coral-rag d'Angleterre, provenant la plupart de Steeple^ ÂshioD (^iltshire), de Malton et de Hackness (Yorkshire); quelques-unes d'Upware (Cambridgeshirc), d'Osmington, près Wey* mouth, etc. 6 espèces ou près de la moitié du total sont communes au Torksbire et au l^iltshire ; 12 montées Asteridœ et 2 des Fungidœ ; 5 ont été retrouvées dans le même horizon, soit en France, soit en Allemagne, et 9 sont jusqu'à présent propres aux îles Britanniques. Une d'entre elles, le Thamnastrea concinna, existerait aussi dans la grande oolilhe, et même probablement dans l'oolitbe inférieure. On verra plus loin que, malgré son nom, le coral-rag, quant au nombre de polypiers qu'il renferme, ne vient qu'après la grande oolithe et l'oolilhe inférieure ; mais on peut dire qu'en Angleterre, comme sur le continent, les individus sont excessivement abondants^ de plus grande taille, et plus généralement distribués dans toute la hauteur de cet étage que dans les autres.
Ed. Forbes (3) cite avec doute VAcrosodenia hemieidaroideSy Wright, dans le coral-rag de Gaine, et VA. dccorata, Wright (Milnia, J. Haime), dans le coral-rag du Wiltshire et de Malton, avec deux autres espèces inédites. VHemicidaris intermedia. Ed. Forbes, se montre aussi dans ces deux localités et à Weymoulh (^).
M. S. Peace Pratt (5) a fait connaître quelques nouvelles espèces d'Ammonites de l'Oxford-clay de Cbristian-Malford, près Cbippenham (Willsbire), et M. Ch. Pearce (6), après avoir signalé dans cette même localité un crustacé {Ammonicolax) habitant des anciennes coquilles d'Ammonites, s'est occupé des caractères de l'ouverture de ces dernières. Il pense que la lèvre terminale avancée avait, dans toutes les espèces, une forme différente à l'état
M) Conybeare, loc. cit,^ p. ^99.
(2) y/ nwnograpk of Uie British jossil corals, 2® partie, in- 4, avec planches, Londres, 4 841 (publié parla Palœontographical Society),
(3) Ment, ofthe geol. Survey^ décade 4, pi. 2 et 3, 1852. (4i Ibid,, décade 3, pi. 4, 4 850.
(6) Ann. and Magaz. oj naU hist.f nov. 1841.
(e) Froceed. geoL Soc. ofLondon, vol. III, p. 692.
6ft ANGLKTEERE.
jeune et à i*état adulte. L'étendue très variable de la dernière loge n'était pas non plus en rapport avec l'âge ni avec l'espèce, et, dans l'état de repos, l'animal devait y être contenu tout entier.
G. Mantell (1) a publié quelques observations sur les Bélemnites et d'autres fossiles céphalopodes découverts par M. R.-N. Mantell dans l'Oxford-clay de Trowbridge (Wiltshire). C'est encore de ces mêmes argiles de Christiau-Malford que provenaient les débris de Bélemnites si bien conservés qui ont permis à M. R. Owen (2) d'en déduire les caractères des mollusques auxquels ils avaient appartenu. L'étude microscopique de la gaine lui a prouvé d'abord que sa structure rayonnée, ou sou état de calcaire spathique, résultait de sa constitution même et du dépôt de la matière calcaire dans des moules celluleux et membraneux, sous l'influence des forces vitales, et non d'une inGltration postérieure de cette substance dans un réseau ou corps poreux. Le fourreau , ou enveloppe du cône cloisonné qui tapisse intérieurement la cavité alvéolaire, se prolongeait au dehors pour former la chambre viscérale placée en avant du cône cloisonné. D'après la position et la forme des appendices natatoires, de la poche à encre, la place, le nombre et la disposition des tentacules, l'auteur a pu conclure que les caractères de l'animal des Bélemnites participaient à la fois de ceux de quatre genres de céphalopodes dibrmchialœ des mers actuelles, la Spirule, la Sepia, la Sepiola et VOnycoteutkis. Ils indiqueraient plus particulièrement encore un passage 'de la Spirule à la Sepia, L'appareil natatoire prouverait en outre, chez l'animal de la Bélemnite, une grande puissance locomotrice, et comme les Calmai*s de nos jours, il était le plus Yorace et le plus terrible des céphalapodes des mers secondaires. On doit à M. de Grcy Ëgerton (3) la description de plusieurs espèces nouvelles de poissons, trouvées encore dans l'Oxford-clay de Chrislian-Malford. Ce sont le Lepidotus mncrockirus, le Leptoiepis macrophthalmus et VAspidorynchits enodus. C'est probablement aussi de l'Oxford-clay que provenait un reptile gigantesque
[{) Procced. r. Soc. oj London^ 23 mars 4848. — Tra/isact. id. pour 1848, part. III, p. 4 74, avec 3 planches.
(2) Procecd. r. Soc, of London, n' 59, p. 505, 1843-4844. — Linstituty 4 7 juillet 4 844. — Quart. Journ. geoL Soc. of Londott, vol. I, p. 4 4 9, 20 mars 4 844, 4 845.
(3) Proceed, geoi. Soc. of London^ vol. IV, p. 444, pi. 4, 4844. — Quart, Journ, id., vol I, p. 229, 4 845. —^ Mem, of the geoL Suney, décade 6, pi. 8, 4 852.
GROUPE OOLITBIQOE INFÉRIEUR. 65
signalé par M. Buckland (1) dans une couche d'argile près de Bocicinghan].
S s. Oronpe ooHthîque inférieur.
Les couches qui composent le groupe oolilhique inférieur tel que nous le considérons ici sont représentées par deux teintes sur la première édition de la carte de Greenough : Tune comprenant ks assises depuis le corubrash jusqu'au fuller's earih; l'autre, les sables et les calcaires ferrugineux qui sont dessous jusqu'au maristone. Dans la seconde édition (1839}, on a employé trois teintes : la première pour la grande ooiithe et ses dépendances ; la seconde pour le fuller's earth, et la troisième pour i'oolithe inférieure. Sur la petite carte de sirR. Murchison, une seule teinte comprend fort exactement tout le groupe, et la légende des feuilles du Geological Survey le représente par sept (cornbrash, forest-marble, grande ooliihe, fuller's earth, fuller's earth rock, ooiithe inférieure, sables de I'oolithe inférieure). Pour décrire cet ensemble de couches, M. Conybeare (2) l'a divisé en deux sections : l'une comprenant les étages qu'il considère comme intimement liés è la grande ooiithe, tels que le cornbrash, les calcaires schisteux de Slonesfield, le forest-marble et la grande ooiithe proprement dite; l'autre, le fuller's earth, I'oolithe inférieure et ses sables avec le maristone, comme Tentendait W. Smith. Cette marche a sans doute l'avantage d'éviter la confusion dans l'énuméralion des faits, mais elle multiplie d'une manière fatigante la répétition des mêmes noms de lieux. Aussi nous efforcerons-nous d'être clair, tout en continuant de décrire ensemble les divers termes de cette troisième série beaucoup plus compliquée que les précédentes.
Le groupe désigné sous le nom de Formation oolithique et car-- Torkthin. bonifère a été divisé comme il suit par l'auteur des illustrations de la géologie du Yorkshire (3).