Marne schisteuse foncée reposant sur les marnes vertes
bleuâtres, de la partie supérieure du recl-marl 2,50
Ainsi, dans le voisinage de Lyme-Regis, le lias se compose de plos de 92 lits de calcaire et de marne alternants, formant une épaisseur de 36 mètres surmontée de 162 mètres de marnes. La liste des fossiles du lias de Lyme-Regis se trouve reproduite dans le Manuel géologique àe. H. -T. de la Bêche, et Ton peut juger de la richesse de sa faune dans cette localité.
Dans son rapport sur la géologie du Cornouailles (1), le même ob« servatenr a encore donné une coupe du lias de la localité précédente, et il a distingué 11 assises dans l'ensemble des couches que nous venons d'énumérer. Dans la liste générale des fossiles (p. 223), nous remarquons, outre les espèces déjà citées, k espèces de plantes, le Cidaris Bechei, Brod. (Dtadema), le Pentacrinttes basaltiformiSy Min., Spirifer Walcotii , Sow., Terebratula crumena, id., ets^* mffl, id. , Gryphœa Maccullochii, id. , obliquata, id. , Plicatulaspi'-
(4) Rffjort on i/ic geol. of Cnr/iwait, Devofiy etc., p. 222, in-8, avec carie et coupes, Londres, 1839. .
nosa, itl. ; Plàgiôntoma Hermanni^ Vohz, Avicula inœquwalvis^ Sow. , Modiôiateaiprum, kl , M. Hillana^ id. , M, lœvis, id. , Belem nitesaduncatus^ Mil!. , B. elongatus, kl. , B. longissimus, id. , A'aiitilu$ interme din$, Sow., N. striatus, id., 18 espèces d^Aminooites, fe Coleia mrttqua , Bred., et d'autres crustacés de ce genre» 73 espèces de poissons, dont 9 Jchttiyodorulites, 5 cestracionites, S hybodoates, 1 squalide, 3 Raies, 25 lépidoîdes, 23 sauroMes, 1 Pycnodome, 1 Celacantkus et 1 acîpenscride (1) , enfin, 8 espèces de reptiles. Ces fossiles présentent, non -seulement, comme on ?oit, on grand nombre d*espèces, mais encore des individus de chacune d'elles répandus partout à profusion.
Il est probable qu'un examen comparatif |^us systématique du lias de Lyme-Regîs permettrait d'y reconnaître les quatre étages du groupe. Ainsi, le premier comprendrait les assises 1 à 8 de la 'toupe de Black-Ven, le second Tassisc paissante de marnes soos- Jaceiites, le troisième les calcaires bleus compactes et les marnes alternants, et lé quatrième les calcaires bleii jaunâtre, terreux, a\ec tee couches 1 è 7 qui reposent sur le red-marl dans la coupe de C^hverhol-Poiht. L'étage supérieur, que nous atons vu disparaître aux environs de fiath, se montrerait de nouveau en s'avançant vers le sud, 'x)à la série serait alors à peu pi*ès aassi complète et aussi variée que dans le Gloucestershire.
Altitude, ' ' Comilic tous lès dépèts essentiellement ai^leux, le lias forme des plaines faiblement oiMulées s'étendanlan pied des collines de calcaires t)oliih1ques. Il coRstîtiie parfois des plb de terrain peu prononcés le long de sa limite inférieure, comme dans le Nottingbamshtre et le Tefce&lerslilre, où ces moavements do sol sont désignés sous le nom 4e îvolds. Dans le voisinage des Mendip-HiUs, il couronne des escarpements assez nettement prononcés, mais son altitude ne parait pas atteindre au delà de 162 mètres.
Quant l son épaisseur dans les comtés du centre, où le groupe est le plus complet, elle serait de 130 à 160 mètres. L'inclinaison des couches constamment au S.-E. est également faible, ne dépassant pas 12 mètres par mille. Elle est concordante avec celle des ' dépôts secondMres de l'île, dont les afileurements courent N.-£. S.-O. torsqne le lias se trouve au contact du mountain limesione et de roches plus anciennes, dans le Clamorganshire et le Somerset*
(1) ' k^taxz^Tableau général des poissons f os files ^ in-8, Neocbàtel, 4 844.
ÎDclioaison
et pitiuaoce.
shire, il est fréquemment affecte par quelques-unes des dislocations qai ont dérangé celle-ci. Près de Watchett surtout, ces dérangements locaux ont produit une sorte d'alternance entre le lias et le red-marl (1).
Deux espèces de coquilles microscopiques, probablement de la Puiéooioiogie. classe des! rhizopodes ont été signalées par H. Strickland (2) dans Riusi^«s. one couche argileuse jaunâtre, placée à 0",30 au-dessus de la couche à insectes de Wainlode-cliff (Gloucestershire). L'une est tOrbis infimus, rencontrée anssi à la base du lias de Cleeve- Bank, entre Evesbam et Bedford, l'autre la Polymorphina liassica.
Le lias est, des divers tprmesde la série jurassique, le plus pauvre Poijpiert. en restes de polypiers, et il a cela de commun avec les autres dépôts ai^ileux, l'Oxford-clay et le Kimmeridge-clay. MM. Milne Edwards et J. Uaime (3) n'y citent que 3 espèces : le Tkecocyathus Moorii du lias d'Ilminster , le Trochocyathus ? primus , de la même localité, et le Cyatltophyllum ? novum^ dont le gisement même est douteux. Un moule voisin des Montlivaultiadiéié trouvé dans le lias de Wiston, et une cinquième espèce est citée par HM. Gonybeare et PbiUips (U) dans le lias du tunnel de Fenny- Gompton, le long du canal d'Oxford.
£d. Forbes (5) a décrit les Astropecten Hastingiœ et Phillipsii ludUiru. du marlstone du Yorkshire, puis ïUraster Gaveyi et le Tropidas^ ierpectinatus du lias que Ton a traversé dans la construction du tunnel de Mickleton (Gloucestersbii'e) (6). M. J. firoderip(7) a fait connaître VOphiura Egertoni du lias de Bridport-Harbour et le Cidaris Beckei de la même localité.
Une nouvelle espèce d'AvicuJe du lias du Somersetshire a été MoUmqmt.
(4) Gonybeare et W. Phillips, Outlînes tvfthe geoL of England andfFales, p. 278, in-S, Londres, 4822.
(2) Quart, Jowrn, geoL Soc, ofLondon, vol. 11, p. 30, 4846.
(3) J monogiaph of the Brithh fossil corals^ 2* partie, p. 4 44, 4854 (publié par la Pnlœontographical Society).
(4) Gonybeare et W. Phillips, OutUncs of the geaiogy of England j etc. ,
(5) Mem. of the geot. Surfer of the United Kingdom^ décade I, pi. 2, fig. 4 et 2, 4 849. — Tableau des Astérides fossiles d'Angleterre (Mem, of the gcoL Survcy oj Grcat-Britain^ vol. Il, 2" partie, p. 478).
(6) Ibid,, décade III, pi. 2 et 3, 4 850.
(7) Proceed. geol. Soc. of Lnnion, vol. Il, p. 204, 4 835. — Transact., id., 2« série, vol. V, p. 474, pi. 42, 4840.
ANGL8TBBRB.
IdmcIm.
décrite par M. Stutcbbury (1), et 'le gearc Pachyodon, que oe savant (2) avait proposé pour VUnio Listeri^ Sow., déjà désigné sous celui de Ginorga par M. J.-£. Gay, de Cardinia^ par M. Agsssiz (1838), et de Sinemuria par M. de Cbristoi (1839), a été meiitioDoé par U.-£. Slricklaod (3), qui lui restitua le nom de Cardinia comine le plus aiicien, et le cita comme pouvant caractériser le lias.
Pittsieurs nouveaux brachiopodes du marlstone dllminster (So« mersetsbire) : Terebratula Moorii (4), Leptœna Afoorii^ Davids., Z. Bouchardiij id., Z. Pearci, id. (5), Terebmtula pygmœa^ IVi4jirr., ont été l'objet des études toutes spéciales de M« T. David* son* Nous reviendrons plus loin sur les résultats plus généraux que ce dernier savant a déduits de ses longs et consciencieux travaux sur les brachiopodes de la formation jurassique d'Angleterre.
M. Simpson a donné une monographie des Ammonites du lias duYorkshire (6).
H. Strickland (7) a fait connaître une aile de Libellule, parfaitement conservée, provenant du lias inférieur de Binton, près Bidfiort ^Warwickshire), et sur laquelle on voyait encore très distinctement la tache ordinairement opaque du bord antérieur des ailes de ces névroptères. Par la disposition de ses nervures, cette aile se rapprocherait beaucoup de celles du genre vivant ySshna^ comme celle découverte par >!. Buckman, à Dumbleion ; aussi la désignet-il sous le nom d'JSshna liassina. Dans ce banc calcaire du lias inférieur se trouve, outre des débris de reptiles, trois ou quatre espèces de poissons, des crustacés et des fougères annonçant le voisinage de la côte. L'un de ces poissons appartient à l'ordre des cycloïdes, contrairement à l'assertion de M. Âgassiz, qui ne pensait pas qu'il y en eût au-dessous de la craie. Pendant longtemps aussi on n'avait pas observé de névroptère au-dessous de l'horizou des calcaires lithographiques de Solenhofen en Bavière, et la présence d'qne espèce si voisine des formes vivantes au milieu d'Ammo-
4) AnN, and magaz, nat, hist,^ avril 4 839.
\%\ Ann. and magaz, nat, hist,, mars 4 842.
I 3) On the gcnus Cardùua as characteristic of the lias formation^
(4) Bull., 2« sér.. vol. VII, p. 62, pi. 4. 4 849.
ly)' Ànn. and magaz, nat. /list,, cet. 4 847, p. 250, pi. 48. — BulL, 2« série, vol. VI, p. 275, 4 849. . . (6) A manograp/t of ikc Ammonites oj the Yorksfure lias, 4 8i3.
(7) Ann. and magaz, nat» Jiist., vol. ÏV, p. 304, 4840.
GROUPB W LUS. 199
DJtes, it Ichthyoêourm, d« Plesiosaurus, etc., est an feit corienv poor la faune de cette période reculée.
Les rapports qui lient nécessairement la faune des insectes d'âne époque et d'une région avec la flore nous engagent à dire ici quel-* qnes mots de cette dernière. Le banc calcaire, plus dur et jjkaê solide que les autres, appelé best paving slab par les ouTriera éa Gloucestershire, et particulièrement employé pour paver les cui*^ fines, est le calcaire à insectes de M. Brodie. Il a été de la part de M. Buckman (1) l'objet d*étodes paléophytologiques , dans lesquelles Tautenr a cherché si les conclusions du savant entomolo-" giste, relativement aux caractères généraux des insectes de Celte épo*' que, s'accordaient avec ceux des plantes rencontrées dans les mêmes couches. Déjà il avait indiqué quelques-uns de ces végétaux dans V Histoire des insectes fossiles des roches secondaires de l'Angle^ terre (2), publiée par M. Brodie, mais il a donné plus de développements à ce sujet dans la note que nous rappelons.
Ces plantes sont d'abord des conferves et des mousses trop incertaidespour être déterminées, puis VEquisetum Brodiei, nov. sp., Wtopterisobtusa, Lindl. et Huit., 1*0. acuminata, id., hNaiaditn obtusa, no^. sp.,laiV. petiolata, le Cupressusiatifolia.noy, sp., une Hippuris? des traces d'ombellrfères et d'éricacées indéterminées.
Or, ces végétaux confirment pleinement le caractère du climat déduit de celui de la faune entomologique, et ils justifient la conclusion qu'on en avait déduite, soit que la couche dans laqi^lle ces débris ont été enfouis* se soit déposée sous un climat analogue k celui du nord deTimérique de nos jours, soit que les plantes et les insectes aient été apportés d'une grande distance avec ces sédi-^ ments. La présence de C3q)ris et de coquilles qui paraissent être des Cydades, dans des bancs que nous avons vus {antèy p. 125) contigus à ceux-ci, fait présumer, qu'ils se sont formés dans un estuaire. Mais, d'un autre côté, le voisinage immédiat aussi des sauriiens, des Ammonites, de mollusques essentiellement marins, de Cidaris, etc. , regardés comme indiquant un climat plus chaud que
(4| Quart. Journ. geol. Soc, of Loftdon, vol. VI, p. 4*3, 1860.
(2) A History of the jossil insects in secundary rocks oj Engla/idy etc. Histoire des insectes fossiles des dépôts secondaires dd r.4ngleterfe, avec une description des couches qui les renferment et (les circonstances qui ont accompagné leur conservation, in-8, M planches, Londres, 1845.
l&O ANGLETERRI.
celui que caractériseut les insectes ei les piaules, appuierait ro|H* nion que ces derniers ont été, en eiïet, apportés de terres éloignées.
crutueéi. M. J. Broderîp (1) a fait connaître le Coleia antiqua et un aoire crustacé macroure Toistn des Palinurus, Les échantillons préaen^ taient cette circonstance bien rare, qu*on pouvait y distinguer parfaitement les extrémités des quatre grandes branchies, et les quatre petites an-dessous, dans leur position normale par rapport au cœur. Ces fossiles avaient été recueillis par miss Anning dans une argile schisteuse du lias, sur Broad-Ledge, immédiatement audessous de la ville de Lyme -Régis, avec les Pholtdophorus Bechei^ latèsulcatus et médius^ diverses espèces de Tetragonolepis^ de Dapedius et des restes d'Ichthyosaures et de Plésiosaures.
PoiMOD». Miss Anning, dont les recherches ont si heureusement contribué à faire connaître les richesses paléontologiques du Dorsetsbirc, avait découvert en 1831 des restes d*un animal vertébré placé d*abord avec les reptiles, plus tard parmi les oiseaux et enfin avec les poissons. M. H. Riley (2), en adoptant cette dernière opinion, a fait v«ir qu'il devait être assez voisin des Raies et des Squales, d*oà le nom de Squaloria qu'il lui a imposé, en le substituant à celui de DoticognatkuSy adopté précédemment par M. Agassiz. Une espèce à'Hybodush paiement été décrite par M. Ed. Cliarlesworth (o), qui a donné ensuite quelques remarques sur des corps considérés par 51. Agassiz comme des dents de poissons pour lesquelles avait été proposé Xt^sùieSphenonchus (i^)..Le Gyrostris mirabUis [Gyrost€us), Fune des plus grandes espèces fossiles connues jusqu'à présent, et observé d'abord dans le lias de Whitby, paraît avoir été aussi découvert dans celui de Lyme-Regis (5), où M. P. -G. Egerton (6) mentionne une espèce de Cbiméroide. Ce dernier paléontologiste a publié, en outre, quelques observations sur les affinités des
(<) Proceed. gcol. Soc, aj London, vol. Il, p. 204, 4 835, — Transact. id., 2« série, vol. V, p. 474, pi. 42, 4840.
(2) Transact. geol. Soc, of London, 2* sér., vol. V, p. 83, 4 pi. (mémoire lu le 4 3 mai 4 833].
(3] Magaz. nat, hist,, 2« sér., vol. I, p. 534. 4 839'.
(4; Kcp, 4 5'*> meet. brU, Jssoc. at Cambridge, — V Institut^ 4 4 janvier 4 846.
f5) L. Agassiz, Proceed, gcoU Soc, of Lotulon^ vol. Il, p. 208.
(e) On the nomenclature^ etc. Sur la nomenclature des poissons fossiles chiméroldes {Quart, Journ, geol. Soc, oj London^ vol. UI, p. 350, ^U%, — Proceed,, id., vol. IV, p. 463 et 24 4, 4843).
GROaPB DO LIAS. 141
genres TetragcmlepU et Dapedius, rencontrés dans le lias du GJoucestershire et du Wurtemberg (1), et, dans la décade Yl du Geologtcal Survey (2), il a décrit et fait représenter le Lepidotus pectinaitts du lias de Whitby, les Pkolidophorus pachysomus et tfewdatus du lias de Lyme-Regis, le PtycholepU minor du lias de Barrow-on-Soar, et le Leptolepis constrictus du lias d'Ilminstcr.
Nous ayons déjà fait allusion à l'opinion de M. Âgassiz sur les passons de la couche du lias inférieur des bords de la Severn : dans son Tableau général (3), nous trouvons rapportées au trias les espèces suivantes, provenant du banc à ichthyolithes d'Aust-Cliff : Leiacanthus^ nov. sp., Hybodus minor, Acrodtis minimus, Ne^ macanthus filifer^ N. monilifer^ 10 espèces de Ceratodus^kASaurichthys acwninalus et longidens. Plusieurs d'entre elles existent ao même niveau dans d'autres localités (Pirton, Westbury, Bristol, Lyme-Regis).
L'ère des reptiles par excellence, pour l'Europe occidentale, est Repuut. celle du lias, et les dépôts de cet âge en ont présenté en ' Angleterre de nombreux restes. Les Ichtkyosaunts , désignés d^aboixl par sirEv. Home sous le nom de Protosaurua, ont été, de sa party robjetde publications importantes (k); mais M. Conybeara (5) a repris et complété ces recherches paléontologk|ues ea en séparant les Plesiosaurus. Le lias de Lyme-Regis a depuis longieoaps fourni à de la Bêche les Icktkyosaurua^ommunis, plaiyodon^ ienuirostriSy intermediusy et les PlesioMourus dolickodeirus et msterocepftalus^ esp^ que nous retrouverais, pour la plupart, dans les dé(iÔt3 con^ temporains du continent
En I8S/1, M. T. Hawkins publia, sous le titre de Némoàre sor ^IdUhyoêourw et les Plesiosaurus, n^mstres éteints de l'ancienr monde (è), un travail qui, malgré laféaéndilé de soft titte, n'embrassait que des fossiles de l'Angleterre. Sir P. de Grey Egerton (7) a insisté sur certaines particularités des vertèbres cervicales de
1) Qiiart. /ourn. gcoL Soc, of London, vol. IX, p. 274, 4 854. *^ 4 852, pi. 3, 4, 6, 7 et 9.
Tableoic général des poissons fossiles , iQ'<4 , Neuct^â tel, 4 8 4 4 .
P/tilosophical Traasactiojts, 4814-1820.
Transact, geol. Soc, of London^ vol. V.
Mcm. oflchtàyosaHri and Plesiosauri^ eto*, in-lolio, Londres,
^., Proceed, ^eol. Soc. oj London, voL II, p, 492, 4835, — Transaci, id., V série, vol. V, p. 487, 4840,
Ikl . iaOLBTiaBB.
VJcitkyoâauruê^ lesquelles avaient' été inécoiuiiliei ju9q«e-là, tcHe entre auues que la soudure de Taxis et de l'atlas saiis cavité iitervertébrale. M. R. Owen (l)a présenté quelques renurquessur li dislocation de la queue, que l'on peut observer dam le squelette de beaucoup d'Icbthyosaures , et H. Sirickland (2) s'est occuf^ d'une dispoiltioa auoraiaie de la patte d'une espèce de ce genre. M. S. Cbaning-Pearce (3)« ayant cru reoonuiîire un embryoB oo ua très jeune individu de ia même espèce dans la cûvité pelvienne d'un Ichthyo$auru$ comtnunis du lias du Somersetsfaire, en a conclu que ces animaux étaient vivipares.
M. R. Owen (U) a distingué le Pleiiosaurus tnacrocephaiui, Gonyb., du P. Hawkin$ii, qui est le Jnatarsostmm d'Hawkins; M. S. Stutchbury (5) a signalé une nouvelle espèce de Plesiosauna provenant du lias du Somerseisbire , M. Ed. Charlesworth (6), un très grand individu, probablement le P. macrocephaltt^, dans les argiles supérieures du lias de Ketlleness ( Yorksbire) , et ji. J. Phillips (7), une nouvelle espèce qui se trouve dans le musée d'York. Le lilis de Wbitby a encore fourni une forme de crocodilien dési'gnée sous le nom de Stenosaurus (8).
$ 7. Rétumé général. '
Le tableau de la formation jurassique dans les îles Britanniques» et particulièrement en Angleterre, est un de ceux qui doit offrir |e plus d'intérêt au géologue, par la faciliié de son étude comme par la régularité des phénomènes sédimentaires qu'il résume. Ces phénomènes se sont succédé avec une symétrie qui se rencontrait déjà daj^ la période précédente, et que nous avons constatée dans celles
(4) Transact. geol. Soc, qf London, V sér., Tol. V, p. 541, pi. 42, 4 840.
(2) Re/?. 4 4**» meei. brit. Jssoc. at York^ 4 844 (Londres, 4 845}, p. 54 des Notices.
(3) Ann. and Magaz. nat. /lisi., janv. 4 846. — V Institut, 4 6 sept. 1846.
(4) Transact, geoL Soc, oj London, %• «ér., yoI. V, p. 54 5, pi. 43- 45,4838,4840.
/b) Quart, /ourn.gcol. Soc, of London^ n^ 8, p. 441, 4fi46. (6) Rep. 4 4*1* meet. brit, Assoc, at York^ 4 844 (Londres, 4^45). (7J Rep, 23*»» meet. brit. Assoc, al Hall, 4 853 (t,Q#dres, 4854), p. 54 des Noéicesi.
(8) Ann. and maga!i, nat, hi^.^ 2« .sér.,. vol. I^ p. 534, 4&37,
RBSmiÉ GÉNÉRAL. ih^
qui Tont soivie, et leur régularité peut seule nous permettre d'arri-c ver k saisir les lois qui ont présidé à leur succession. Quoique nous ayons pu signaler encore quelques hiatus à combler pour la connaissance complète de cette zone conlinue, dirigée du N.-E. au S.-O., comme une écharpe frangée, oblique au méridien de la Grande- Bretagne, les jalons bien posés sont assez nombreux déjà pour conduire à d*importants résultats.
La simplicité des contours de cette zone, l'uniformité et la faiblesse de la pente de toutes les assises au S.-E. , l'absence de dislocation brusque d'une certaine importance pendant cette longue série de sédiments, nous mettent à même d'apprécier, mieux que partout ailleurs, les rapports des caractères minéralogiques, stratigraphiqnes et zooiogiques des couches. C'est dans cet état de choses que nous poQfons seulement espérer de soulever le voile qui nous dérobe les caoses premières des effets que nous observons. C'est la nature dans son état le plus normal, et c'est là qu'elle doit être étudiée de préférence.
Les révolutions du globe, résultats des lois physiques auxquelles est soumise sa masse interne, et offrant une sorte d'antagonisme avec celles qui régissent la surface, n'ont rien créé, n'ont rien produit par elles-mêmes que le désordre , que la suspension momentanée des lois de Textérieur. Aussi n'est-ce qu'après que la perturbation a cessé, et par suite des changemenis qu'elle a occasionnés, qu'un nouvel ordre de choses, ou l'ancien plus ou moins modiOé, suivant les circonstances et les lieux, reprend le travail localement interrompu. Une comparaison dont l'histoire de la science démontre la justesse rendra cette vérité plus frappante.
Si au Keu d'étudier d'abord la formation jurassique sur les flancs de ces simples collines à plateaux, régulières, peu élevées, doucement inclinées, pour avoir une idée nette de cette série alternativement argileuse, sableuse et calcaire, dont les groupes, les àages et les assises même, avec leurs caractères originaires se Bwdifîant sans cesse, passant les uns aux autres, renfermant des populations d'animaux qui changent incessamment aussi de bas en haut, et qui cependant permettront un jour d'assigner à quelques lûètres près la profondeur à laquelle telle ou telle couche s'est forlûée et toutes les conditions physiques de son dépôt ; si au lieu de cela, disons-nous, nous avions voulu, comme on l'a si longtemps et si vainemeni essayé, esquisser les caractères de cette même formation d*aprta ce qu'elle nous présentera, par exemple, sur le pourtour des
ihk ANGLETERRE.
Alpes, quels résulials eussions-nous obtenus? Aucun assuréroeoi. Que saurions-nous? Rien qui fût de quelque valeur, parce que là des phénomènes dus à Tactlon des forces physiques internes sont intervenus, ont troublé Tordre des temps, ont changé les caractères des couches, rendu leurs relations le plus souvent méconnaissables on très diflBdles à saisir, fait disparaître les fossiles, ou les ont tellement altérés qu'ils sont à peine de quelque secours, et qu'il faut un teoips énorme et des recherches pénibles pour remettre à leur place première quelques-uns des feuillets disjoints et bouleversés de cet immense parquet.
C'est donc seulement dans l'examen attentif des phénomènes normaux qu'on peut espérer de se rendre compte de toute la puissance de la nature pour produire de très grands effets avec des forces en apparence inûniment petites, mais pour lesquelles le temps supplée i l'énergie. Lazone jurassique d'Angleterre renferme dans sa constitution même toutes les preuves des changements successifs survenus pendant qu'elle se déposait ; changements lents et d'une faible étendue en tous sens, qui se traduisent aujourd'hui par les caractères minéralogiques des roches, par leur plus ou moins de développement, et par les espèces, les genres, les familles, et même les classes d'animaux dont on y retrouve les restes enfouis.
Soit que nous considérions les quatre principaux groupes ou bien les étages et les sous-étages qui les constituent, ces modifications n'en sont pas moins apparentes, car sur aucun point ces divisions ne se présentent toutes complètes h la fois. Elles atteignent leur plus grande épaisseur ou leur composition la plus variée dans des localités différentes, et quelquefois un ou plusieurs termes de la série manquent tout à fait. H. -T. de la Bêche (1) a mis depuis longtemps cette vérité dans tout son jour en plaçant en regard des coupes proportionnelles de la série du Yorkshire et du Wiltshire, et plus récemment M. Morris (2) l'a confirmée eu opposant ia (composition du groupe oolilhique inférieur des comtés du sud-ouest à celle qu'il présente dans le Lincolnshire et le Yorkshire.
Des mouvements d'abaissement et d'élévation du sol sont donc venus modifier fréquemment la profondeur des eaux, et même émer-
(1 ) Coupes et vues pour seivir à Vco'pUcaUon des phénomènes géologiques f in- 4, pi. 1 (traduction française).
(2) Quart, Journ. geol. Soc, of Londotty vol. IX, p. Î3Q/ 4853.
RÉSUMÉ GÉNÈHAL. \k5
ger parfois Gomplétement le fond de la mer ; aussi trouvons-nous en coutact, sur divers points, des étages qui ailleurs ne se succèdent pas immédiatement, étant séparés par des dépôts distincts ; d'où il résulte uni* certaine indépendance locale entre plusieursT' membres de la série, malgré la symétrie de sa disposition générale (1).
Ainsi le premier groupe n'est représenté dans le nord de la zone qne par un seul étage, le Kimmeridge-clay, tandis que le second j est très complet ; le troisième y offre des caractères mixtes particnliers, et la base du quatrième n*y est pas connue.
Dans les comtés du centre, depuis TOxfordshire jusque dans le Gloacestershire, la série est plus complète qu'au nord et au sud. Dans lederoier de ces comtés, letroisièmeet le quatrièmegroupeacquièrent Icnr maximum de développement; Foolithe inférieure surtout et le quatrième étage du lias y ont des caractères variés et une puissance qu'ils perdent au delà. La grande oolithe cosse dans le Somersetshire et le sud du Wiltshire ; les argiles supérieures ou le premier étage du lias y manquent également, et Toolithe inférieure repose sur le marlstone. Plus au sud encore, lorsqu'on se rapproche des côtes du Dorsetshire et du Devonshire et sur le littoral même, de nouvelles études plus spéciales pourront peut-être y faire retrouver les quatre étages du lias, mais jusqu'à présent leurs limites et leurs caractères n'ont pas été suflBsammeut tracés ni déterminés.
Alalgré leur amincissement dans telle ou telle direction , les termes de la série, tant qu'ils subsistent, conservent leurs caractères propres, et peiinettent ainsi de constater sans incertitude les mouvements du sol qui ont occasionné ces modifications. Ces mouvements ont sans doute été très faibles, si l'on tient compte de la rt-gularité de l'inclinaison de tout le système au S. -E. de celle des affleurements successifs au N.-O., et du peu de distance où, dans cette dernière direction, les limites actuelles des étages paraissent ^ire des anciens bords de la mer où ils se déposaient On reconnaîtra de plus que, malgré les dénudations qui ont diversement altéré ces limites des plages jurassiques, nous n'avons en réalité examiné que des sédiments formés à une très petite distance de la terre ferme, qu'une suite de dépôts littoraux dont la profondeur au*
(t) Voyez h ce sujet les observations intéressantes de H. -T. de la Bêche sur les dépôts secondaires du Somersetshire [lYtc geoiogirat Observer, p. 484 et suivantes).
VL la
146 àmglbtbrrb.
dessous du niveau de la mer, à un moineiil donné, ne dépassait probablement pas 150 mèires.
Les caractères minéralogiques de nos groupes i;t de nos prioci- • paux étages ont une constance remarquable. Ainsi le Kimmeridgeelay, TOxford-clay et le lias sont généralement plus argileux que les autres termes de la série. Le Portlandstone, le coral-rag, le cornbrash, le forest-marble, la grande ooiitbect Toolithe inférieure sont essentiellement calcaires, et si, d'une part, les assises argileuses de Bradford et du fuller*s-earth sont des dépôts marins séparant les étages calcaires du troisième groupe, de Fautre, des sables siliceux, ferrugineux on glauconieux, ei des grès plus ou moins calcarifères et ferrugineux, séparent le Portiand-stone du Kimmeridge-day, précèdent et suivent le coral-rag, et recouvrent les argiles supérieures du lias.
Quant à la cause de la prédominance de telle ou telle substance pendant un temps donné, il serait sans doute diflBcile de Tassignei* d'une manière absolue, surtout lorsqu'on voit la natnre des sédiments être constante sur de si grandes étendues. On doit remarquer aussi c^tte particularité d'un dépôt gris bleuâtre ou noirâtre, aussi essentiellement calcaréo-argileux que le lias, succédant partout ï un dépôt essentiellement arénacé et presque constamment ronge.
Outre les modiûcations slraligrapbiques et minéralogiques que nous venons de rappeler, il en esi d'autres indiquées par les corps organisés, et qui sont de plusieurs sortes, suivant que l'on considère ceux-ci d'après leur habitat, d'après les genres, les ordres, les classes auxquels ils appartiennent, c'est-à-dire suivant qu'ils ont vécu dans la mer, dans les eaux saumâtres, dans les eaux douces, ou enûn à la surface d'un sol émergé. Ainsi nous avons déjà fait voir {atUè, vol. IV, p. il I) qu'après le calcaire marin de Portland, de grandes portions du sud de l'Auglelerre avaient été portées au-dessus des eaux, et que d'autres étaient restées couvertes d'eaux douces et saumâtres, peu profondes, durant un laps de temps assez considérable. Or, pendant la période jurassique elle-même, des dépôts de nature mixte se sont aussi formés çà et là, à divers niveaux ou à divers moments, interrompant la sédimentation purement marine le^ong de ce littoral que nous avons étudié.
Dans le nord de TÉcosse des sédiments lacustres ont précédé les ri)uches marines de TOxford-clay ; dans le Yorksliirc et le Lincoinshire des accumulations de \('*j;élaux terrestres sont enveloppées dans des grès dépourvus de coquilles marines , et font penser que
RÉSUMÉ GÉNÉRAL. ikl
les eaux de la mer ne couvraient pas alors cette région. Or, ces coQcbes charbonneuses ne se continuent pas au delà, et leur formation a été interrompue à son tour par un envahissement mor mentané de h mer, qui nous a laissé un repère géologique et paléontologique précieux. Les calcaires schisteux de Stonesfield au commencement de l'ère de la grande oolithe , une couche à ossements à la base de Toolithe inférieure des comtés du centre , d'autres vers le baat des argiles du lias , de même que vers le bas de ce groupe des traces de faune et de flore exclusivement terrestres , avec un banc de formation mixte et un autre rempli d'ossements, viennent noos prouver encore le peu de profondeur des eaux et le voisinage immédiat de la côte.
On a dit, à la vérité, que dans ce dernier cas les caractères des v^étaux et des animaux annonçaient des productions d'un climat plos froid que celui des animaux marins qui s'y trouvaient associés, et qu'ils devaient avoir été amenés par des courants de régions moins chaudes. Cette explication, toute plausible qu'elle est, n'infirme naliement l'opinion que ces couches avec des débris d'insectes, avec desCypris, ou avec des ossements de poissons et de reptiles, ont été déposées non loin de terres émergées, ce que confirme également lear position géographique.
En effet, les calcaires essentiellement marins qui se sont formés soQs des eaux plus profondes ne présentent aucun de ces caractères mixtes, et, si l'on peut toujours supposer que les coquilles des céphalopodes sont venues s'échouer sur les plages vaseuses du lias, de rOxford-clay et du Kimmeridge-clay , les gastéropodes, les acéphales, les bryozoaires, les échinides, les crînoîdes et les polypiers, dont les débris constituent une si grande partie des calcaires de Portiand, du coral-rag, du cornbrash, du forest-marble, de la grande oolithe etdel'ooliihe inférieure, ne doivent pas être très éloignés aujourd'hui de la place où ils ont vécu. En comparant, avec les données bathoroétriques actuelles, la profondeur probable à laquelle a vécu telle ou telle série d'animaux qui entrent dans la composition d'une roche , on pourra en déduire celle des eaux à un moment donné , sur un point déterminé, et reconstruire ainsi la ligne des niveaux successifs de la mer en ce même point. Il n'esl pas douteux qu'on n'acquière de la sorte une nouvelle preuve des oscillations du fond de la mer dans le voisinage des côtes de chaque formation.
La considération plus particulière des fossiles n'a pas moins d m««