Calcaire de Blangy (pierre è chaux
La coupe de la colline deSaint-Julien-de-Galone, près de PontrÉvêqne, montre encore, au-dessous des argiles à Exogyra virgula, un développement de près de 30 mètres de sable et de grès qni pourraient faire considérer Fétage de Rimroeridge de cette partie du Calvados comme composé de deux sons-étages. Mais si, en effet, Targile bleue se trouve subordonnée à deux couches sableuses à MénlUsur- Blangy, ainsi que le fait remarquer M. de Gaumoni (p. 1 16), on ne peut voir dans ces divers dépôts que des alternances locales. Quant à la posiiion assignée à la principale assise sableuse, elle paraît être hors de doute, et ne peut justifier par conséquent le rappt*ochement qu*en avait fait de La Bêche (1) avec le grès vert inférieur {iron sand).
(I) Tranmçt, geoi.Soc oj Londo/ty 2«sér., vol. I, p. 76, 1822.
GROUPE OOLITHIQUE SDPÉRIBUR. 181
L'étage de Kimmeridge ainsi composé Tient affleurer, sous l'assise argilrase vert foncé de la craie, dans presque tontes les vallées des environs de Lisieux et de Pont-l'Évêque (vallées de la Touques, de bCalone, de l'Orbec, elc.)t autour de Biangy, etc. (1). Lorsqu'on s'avance au delà vers le S., il cesse de se montrer, et semble n'avoir jamais existé ou avoir été enlevé avant les dépôts crétacés, car ceux- * ci recouvrent sans intermédiaire le groupe oolitbique moyen sur toute cette partie du versant nord de l'axe du Merlerault qui appartient au département de l'Orne.
D'an autre côté, l'étage de Portland, que nous avons vu déjà très réduit dans le pays de Bray, paraît cesser tout à fait an sud-ouest et i l'ouest de cette petite région, comme le groupe wealdien qu'il accompagne de part et d'autre de la Mancbe.
Sur le versant méridional de l'axe du Merlerault, l'étage de Kim- D«|Nirt«iiMiii meridge n'a été constaté que dans un très petit nombre de localités i^ot^. et avec une bien faible épaisseur. D'après M. Blavier (2), il comprendrait, aux environs de Mortagne, un calcaire argileux, gris bleuâtre ou blanc, compacte ou terreux, plus ou moins coquillier, une argile grise, brunâtre, noire, tenace ou tobleuse, et un sable un, jaunâtre, un peu micacé. Aux environs de Belléme, ce sont principalement des calcaires compactes, sableux ou marneux, alter-» nant avec des marnes argileuses ou siliceuses. L'auteur ne citant point les espèces fossiles de ces assises, il pourrait rester quelque incertitude sur leur véritable horizon, d'autant plus que nous avons fréquemment observé, dans ce même pays, la superposition immé • diate des dépôts crétacés aux dépôts oolitbiqnes moyens (3).
M. Dufrénoy (/i), qui s'exprime d'une manière plus explicite, signale, entre Mamers et Fresnay*le -Vicomte, sur les hauteurs qui
(4) Voyez la coupe, pi. I, a/itè, vol. IV.
(2) Études géologiques sur le département de l'Orne^ p. 69, in-8, avec carte, Âlençon, 4 842.
(3) D*Archiac, Études sur la form. crétacée^ V partie {Mém, Soc.géoL de France^ 2* série, yol. II, p. 88-90, pi. 3, fig. 4 et 5, IH46). Quoique dans, ces coupes la teinte rose clair 4 soit désignée comme représentant \^ groupe oolithique supérieur, elle ne comprend pas cependant, du moins en général, d'assises plus récentes que le calcareous-grit supérieur, et, par conséquent, le Kimmeridge-clay ne s y trouve guère compris que sur le versant nord de Taxe du Merlerault. Il en est de môme pour la coupe de la pi. 4 de V Histoire des progrès de la géologie, vol. IV, p. 374 .
(4) Explication, etc., vol. II, p. 242, 220, 48i8.
183 NOID DB K.4 FRAMCI.
dominent la mièro de la Smelle, deux plateaux qui appartiendraient au groupe supérieur. A Rouase^a-Fontaine et dans le bois de Rony sont des argiles griser remplies d*Exogyra virgula, et qui passent k une véritable lumachelle par l'abondance de cette dernière coquille associée ï la Terebratula biplicata (probablement T. ntèselia^ Leym.)t la Pholadamya Protei, etc. £n cet endroit, le coral-rag manquerait, de sorte que les étages de Kimmeridge et d'Oxford se trouveraient en contact. Entre Souvigoé et Avése, au nord de la Ferté-Bemard, une argile grise, avec des plaquettes solides pétries à'Emgyra virgula, vient encore affleurer au fond de la vallée en sortant de dessous le grès vert. Au delà de ce point, le groupe supérieur n'est plus signalé dans toute la zone jurassique occidenule qui borde le terrain ancien du Maine, de la Bretagne, de l'Anjou, de la Vendée et du Poitou ; ce u*est que dans le Berry où nous le retrouverons avec des caractères qui nous permettront de le suivre au N.-E. d'une manière continue, et avec un développement qu'il n'a pas dans la région que nous venons d'étudier. DëfNirteaMot Lo poiut le plus occidcntal où nous ayons constaté la présence de l'iodr*. l'étage de Kimmeridge, au midi de la Loire, se trouve sur la route de Buzançais à Châtillon, après la métairie de Boulay (1). Des calcaireç marneux et des marnes grisâtres sortent un instant de dessous le grès vert, et sont caractérisés par VExogyra virgtUa^ DeCr., VOstrea palmetta^ Sow. , Vhocardia excentrica, Voltz (Ceromya, id., Ag), la Atya rugosa, Roem. (J/ac^rom^a, id, Ag.), et des moules de gastéropodes. Ces couches paraissent reposeï* sur un calcaire blanc jaunâtre, peu solide, se délitant facilement en petits fragments, et qui contient la Pholadomya scuiaia, Ag., la P(mopœa peregrina^ d'Orb.?, la LutrariaAlduini^ Gold., etc. Cet affleurement de strates oolitbiques paraît dû à une dislocation locale, et n'a que quelques centaines de mètres d'étendue. Partout aux environs régnent les assises crétacées, et à l'est de Buzançais s'étend le groupe oolitbique moyen.
A Levronx et à Vatan, M. Oufrénoy (2) Indique quelques traces du groupe supérieiu*, et la carte géologique de France le montre affleurant an fond des vallées jusqu'à Oiou, sur la rive gauche de l'Arnon. Nous y rapportons les calcaires marneux blancs,
(4 ) D'Archiac, Méuu Soc. géoL de France^ 2* série, vol. Il, p. 3* , et pi. 2, fig. 5, 4 846.
(2) Loc, cit., p. 258.
GROUra OOUTHIQITI SUPÉKIBUR. 181
udanfs, pîM>lithiqiief , très fragiles, alternant avec des marnes Uancbes oo grisâtres pins ou moins argileuses qui, au sud de Massiy, sortent de dessous les argiles ronges panachées. Les fossiles y 80Dt peu nombreux ; ce sont la Pallustra ? barrenris, Buv. , la Piima Miquata^ Desb., lieym., ou P. barrensis, Buv., des moules de Cardium et de gastéropodes (1). Ces dernières couches se lieraient peut-être mieux au coral-rag, comme nous l'avons pensé d'abord! ; c'est une question que des recherches ultérieures pourront décider.
Depuis la rive droite de l'Arnon à la hauteur de Lury, et sur les otfptrtMiMBt iwrds du Cher aux environs de Mehun, l'étage de Kimmeridge sort, ch^. dans toutes les dépressions du sol, de dessous les dépôts tertiairesi poor se continuer sans interruption jusqu'à la* Loire. Ses limites dans cette partie du département du Cher ont été tracées avec soin sar la Carte géognostique du Sancerrois par M. Y. Raulin (2), qui a également fait connaître les accidents que les couches avaient éprouvés et leurs caractères orographiqnes. Ce géologue leur assigne une épaisseur de 90 à 1 00 mètres, et, par leur nature argileuse, elles montrent beaucoup plus d'analogie avec les caractères de l'étago tel que nous l'avons étudié jusqu'à présent, que nous n'en trouverons en nous avançant au N.-E. Vers le bas sont des marnes jaunâtres et des argiles bleues avec Exogyra virgula et Brvntrutana, puis Tiennent des marnes et des calcaires marneux blanchâtres alternants, des argiles gris bleuâtre avec Exogyra virgula en prodigieuse quantité, des argiles et des calcaires argileux gris ou jaunâtres avec Il même Ëxogyre, et donnant lieu à une Inmaclielle susceptible de pot On y trouve, suivant l'auteur, V Ammonites Lalliarianus, d'Orb., la Trigonia elavellata, Park., etc. En6n, vers le haut, des calcaires compactes assez épais, blancs ou jaun&s, alternent encore avec des bancs de lumachelle à Exogyra virgula et des lits de marnes blanchâtres. I>a coupe du vallon de Yeaugues, sur la route de Bourges à Sancerre, en présente la série complète.
Noos avons décrit les caractères de cet étage au nord de la même route, entre Sainceaux et les moulins d'Humbligny, puis au sud de Menetou-Salon où les lumarhelles à Exogyra virgula^ très dévelop* pées, renferment souvent V Ammonites erinus, d'Orb., l'un des
(4) D*Arcbiac, ioc. ciL, p. 28.
{%] Métn. Sqc, géoL de France, i« série, p. 22a, 234, pi. 40 %\ II, 4847. — ^/<//., 2- série, vol. H, p. 84, 4844. — antèy v^. Wî p. 323, 4 854.
l%k NORh DE LA FRANCt.
fessHesles plus caractcnsli(|iies de cet horizou, cl f|ui alleinl jAs* qu'à 0''\65 clediiimèlrc (1). La route (rilonridiciu'jnl à Saucerre If avorM» |>lustcurs foi» ce» assiftes.
Au sud de celle dciiMèrc vH!c, une rangée do coliiues, qui sélcte el 8e desftiue nelUMneni au dessus de cdies t;iie forme le coral-rag cuvironuan(, esl ron)pi»sC*e de manies argileuses crises, blanches, bieuàires ou jaunes, et de calcaii*es marneux gris ou jauuâlres, co lils mîncc!>, suhordouués, remplis à*£xogyi*a virgtda. Vers le baai, on iroiive pariîculièreracnt la Pholadomya aciiîicosla^ Sow. , VAmphidesma decurtaimn^ Phill., la Cucullasa texta, Rooin., la Tet^ebraiula mbsella, Lym* , var. déprimée, landis que vers la partie iofériearc domiuenl la Serpula conformi», GoM., la Throcia iuprajvremis, DeÀk^^VAmphidesmarecurvum^ Phill.?, \e Mt^lm Medus^ à'OthA, la Terebratula evbsella, var. plus grande que la précédente (T. sella, Sow. in Leym.), et VAmfMmites erinus, d*Orb. Au nord de Sancerrc, sur le chemin de Satute-Gemme, ks assises de Kimmeridge recouvrent de mdme les calcaires en plaquettes du coralrag supérieur, et sont loojonrs remplies à*Exogyra virgula avec Pholadomya Protei {Cardium, id., Al Broug.), Mya rugosa, Uoem., var. minor^ Ceromya, voisine de la C. crasêieornis, Ag., Tellina ompliata, PhilL? Nucuta, voisine de b iV. intermedia, Roem., peut-être Ledacyrenai d'Orb.?» Terebra* tula triquelra, Sow. (2).
Si en sortant de Sancerre on se dirige vers HenrichemoDty on atteint, en haut de la première moatée, après la croix de Bellechasse, la lumachelie à Exogyra virgula, et au-dessus des calcaires marneux compactes que surmontent des sables ferrugineux. Eo géoéral, le groupe ooUtbique supérieur du déparlement do Gber est successivement recouvert par les assises crétacées inf^eures qui sont d'abord quelques lambeaux de calcaires jaunes néocomiens, derniers témoins de ce groupe sur la rive gauche de b Loire, puis des sables ferrugineux et des grès jusqu'à la vallée de la SauÛre, enfin des sables veru, ou bien des argiles grises, des grès jaunes, des sables rouges, panachés, etc. (arUè, vol. IV, p. 823).
, (I) D*Archiac, loc. cit., p. 23 et 24, pi. 2, fig. 2. — Voyez aussi, Dufrénoy, hc. cit., p. 268.
(2) Cette forme de Térébratule n'est pas habituelle dans cet étage, mais réchantillon que nous avons recueilli est trop bien caractérisé 0our qu on puisse l'attribuer à quelque modification individuelle des types propres à Tétage de Kimmeridge.
GROUPfi OOLlTHlOUt SUPÉRIEUR. 18^
D^ iiou$ a\'oii8. à plusienrs rei>i'iscs {antc, vol. Il, p. 550, €l IV, p. 326), insislésur le phénomène qui a relevé cette pcliie chaîne do Sancerrois, et il nous reste seulenietu à ajouter, d'a|)rès les re^ cbercbesde M. V. Rauiin (l), que, |)ar suite du soulèvement dirigé £. 2&* N. à O. 26" 8.. Tétage de Kimineridgo atteint des altitudes de 339 et de 369 mètres. La faille iN., S* Ta porté à 369 mètres à 8 kilomètres ^ Touest de Sancerre, tandis qu'il l'est de ce même point, sar le bord de la Loire, il est resté à moins de 200 mètres ao-dessostle la mer.
Une ligne de collines nettement dessinée, qui court àipeu près Dépanement de ro. à l'£., sépare la ?iUe de la Charité de Ponilly. L'aspect du ^ nv?rr«. pays, dit M. Dofrénoy (2), offre un changement notable entre ces deux pdnts. Déjà, sur quelques sommets au nord de la Charité, comme en fiace de >lallevanx, sur les bords de la Ivoire, apparais* saient des couches argileuses, mais, lorsqu'on s'avance vers Pouilly, l'argile domine tout à (ait* De ce village à Maltaverne, an sad de Gosne, l'étage de Kimmeridge règne constamment, pour s'enfoncer ensuite sons les calcaires jaunes néocomiens. Nous y avons signalé YExogyra virgtda, Vlsocordia excentricay Voltz [Ceromya^ id. • Ag.), une Pboladomye voisine des P, Cfmcinnaeimyactna,kg. (3). Sur h route de Cosne à Donzy, on remarque, avant d'atteindre les Lopières, et sortant de dessous les calcaires jaunes néocomiens, les calcaires marneux, compactes, blanchâtres on grisâtres, sans fossiles* qui surmontent, comme au sud-ouest de Sancerre, les assises à Exogyra virgula. Ces dernières constituent le sol jusqu'à Pougny, et probablement les environs de Saint-Père. L'inclinaison générale, qui n'a pas été influencée par les dislocations du Sancerrois, est ici au N.*-0. et régulière par rapport à l'ensemble du bassin. Au delà de Pougny, des calcaires gris ooHthiqnes en plaquettes, remplis de Térébratnles {T. ineonstans^ Sow. , an obsol^ta^ id«?, et subovoides, Monst., RoemO* forment les pentes des vallées.
D'£ntrain à Bouy (4), on recoupe la série oolitbique précédente jusqu'aux calcaires marneux gris, compactes, sans fossiles, recouvrant
(4) Loc. cU., p. 234.
(2) Explication de la carte géologique de la France^ vol. II, p. 265, 4848.
(3) D'Arcbiac, Mêm. Soc, géol. de France^ 2* série, vol. II, p. 42,
(4) M, i^.,pl. 4,fi6. 3.
IM NORD Dl LA rEAMCI.
les mirnet à Exogyra virgulùy Gervillia avictUoides^ Sow., Ceromya inftata^ Ag. Ils sont surmontés à leur tour par les sables Cerrogioeux crétacés et les rudiments de calcaires néocomiens qui supportent le village. Si l'on redescend au N.-O. , on observe la mène série, et, après le pont de Dampierre, la superposition des calcaires néocomiens jaunes et ferrugineux aux marnes et aux calcaires ai bancs minces, alternants, très réguliers, qui précèdent toujours les . couches à Exogyra virgiUa, se voit avec la plus grande netteté. Aussi sommes-nous porté à regarder cette assise de calcaires marneux, blanchâtres, sans fossiles, si constantedans toutce pays, comme un faible, mais bien réel représentant de Tétage de Portiand, étage que nous verrons prendre de plus en plus d'importance à oieavre que nous nous avancerons au N.-£.
Ces caractères que nous avions assignés aux deux étages du groupe oolithique su))érieur, dans le département de la Nièvre, sont exactement ceux qu'a aussi reconnus M. Joly dans sa Noitce sur les environs de Clamecy (1).
9éçÊxum«A Le premier groupe offre , dans les plaines de Test de la France , rronne. dit M. Élie de Beaumont (2), une disposition semblable \ celle que nous signalerons pour le second. Il forme une ceinture incomplète sur une partie des bords du grand bassin où se trouvent assises les capitales de la France et de l'Angleterre. Cette ceinture se termine aussi extérieurement par une ligne de coteaux, moins élevée et moins prononcée que la précédente, mais que limite de même la tranche d'un plateau légèrement incliné vers le centre du bassin. Les pla^ teaux du groupe moyen, en venant expirer au pied de ces collines, sont accompagnés d'une dépression concentrique bordée d'élévations qu'on peut suivre d'une manière continue de la Loire à l'Aisne, et qui forment un des traits les plus remarquables de la configuration générale du sol. Ce caractère , très prononcé dans le Sancerrols et le nord du département de la Nièvre, se prolonge par les coteaox qui entourent Solèmes jusqu'à la vallée de l'Yonne, aux environs d'Auxerre et de Vermaulon. Celui qui sépare Cravant de Saint- Brice est occupé par des marnes et des calcaires marneux à Exogyra virgtUa, et il en est de même sur la rive droite de l'Yonne, au-dessus des carrières de Bailly.
L'espèce de terrasse qui domine cette rivière et qu'occupe la
(\) Mém, de la Soc, libre d'émulation du Doubsy 4846, p. Mt. (2) Explication^ etc., vol. II, p. 524.
GRODPB OOLITHIQOI SUPÉRIEUIU 197
fille d'Anxerre, présente vers le haut un calcaire jaunâtre tendre, friabie, sans fossile, puis an-dessous un calcaire dur, jaune ou gris iraTené par des veinules spathiques , et présentant quelques lits mbordonnés de lumachelle. Vers le bas, au faubourg Saint- Amltre, broche est moins solide, plus argileuse, renferme quelques bivalves et VAmnwnites gigos, Ziet. Le!i calcaires compactes, marneux, qoe caractérise celte Ammonite représentent l'étage de Portland , et constituent tout le massif qui sépare Auxerre de Gourson. Stir la pente que l'on suit pour atteindre ce village, M. I^ Joye (1) a observé des marnes et des lumachelles remplies d'Exogyra virgula^ et dont U position ne lui laisse aucun doute sur leur parallélisme avec le KiB)meridge*clay. Les calcaires oolitbiques sous-jacents , blancs, tendres, à grain un, exploités vers le fond de la vallée , appartiens draient au coral-rag.
M. de Longuemar a montré dans les profils joints à son Étude géologique des terrains de la rive gauche de /' Yonne (2) les relations des étages de Portland et de Kimmeridge avec le groupe néocomieu qui les recouvre et avec le coral-rag qui les supporte. La carte géologique qui accompagne ce travail fait aussi voir la distribation des deux séries au sud d' Auxerre, où elles forment deux lones très flexueuses. Suivant l'auteur (p. 30), ces deux divisions sont intimement liées, et toutes deux renferment VExogyra virgula; aussi les caractères seuls des roches, plus poreuses et de teintes plus claires dans la supérieure, l'ont-ils déterminé ï leur consacrer une couleur particulière.
(P. 49.) Dans l'étage de Kimmeridge, M. de Longuemar dis* tingue deux assises. La plus basse, de 5 mètres d'épaisseur, comprenant des marnes argileuses grises, renferme des parties calcaires solides, à surfaces inégales, à pâte grossière, avec des Térébratules ; elle repose régulièrement sur le coral-rag, et s'observe facilement sur les pentes des coteaux de Lain à Goulange-la-Vioeuse , et à la base de ceux de Jussy du côté de l'Yonne. La plus élevée , de 6 mètres, est aussi composée de marnes argileuses grisâtres et de calcaires passant à la lumachelle par raccumulaiion de VExogyra virgula^ et formant des dalles ou des lits minces subordonnés à la masse. Les mêmes fossiles s'observent d'ailleurs dans les deux assises.
Les calcaires de Portland, d'une épaisseur de 10 mètres, sont divisés en bancs nombreux, argileux, blanc jaunâtre et continus.
«Bull., 4'*8ér., vol. X, p. %%, 4838.
i»r|, avec atlas, Auxerre, 4 843.
montrant encore plusieurs des fossiles de Téiagc |>récédent ; mais les Ammonites paraissent êlre différentes; au moins V Ammonites gigas et VExogyra virgula n'y sont-elles pas aussi fréquentes. D'après l*au(enr (p. i6/i) , les affleurements du premier groupe n'auraient que 21 mètresd'épaisseur dans cette partie du département de l'Yonne, évaluation qui nous semble bien faible; aussi suppose-t-il qu'elle s'accroît dans la profondeur, et qu'un sondage exécuté en un point central de sa carte, sur le plateau qui sépare la Ferté de Chaniy, pourrait traversercegroupesur une épaisseur de 128 mètres (p. 167)< Nous avons dit quelques mots des calcaires de Portiand qui bordent la rive gauche de l'Yonne au-dessous d'Auxcrre (1), et M. Élie de Beaumont (2), en décrivant les environs de cette ville, a donné une coupe qui expose très bien la relation des étages depuis les calcaires néocomiens de la butte Saint-Georges jusqu'au coral-rag de la vallée de l'Yonne au delà de Saint- Bris. Les coteaux que ce groupe constitue se prolongent ensuite à l'E.-N.-E. vers Chablis et Tonnerre , et, eu s'avançant dans la même direction vers Bar- BÛr-Seine, Bar-sur-Aube et Donjeux, ils sont bordés extérieurement par une dépression plus prononcée qu'au sud de Tonnerre. Dans la coupe de Gyé-sur-Seine à Virey-sur-Bar (p. 531), la base du groupe ne paraît pas se distinguer nettement des calcaires \ Astartes sous-jacents , et l'étage de Kimmeridge est composé de calcaires marneux alternant avec des marnes ai^gileuses gris bleuâtre, plus ou moins foncées, remplies d*Exogyra virgula, D^MviMBent Un seul lambeau très restreint de Kimmeridge-clay, dit M. Beau* la CAia^'Or. douiu (3), 86 trouvc daus la partie nord-ouest de l'arrondissement
de Chfttillon-sur' Seine, qui conBne au département de l'Aube. -^tfpOTtMBrat Tout en distinguant stratigraphiquement et minéralogiquement Vkdhe, l^s étages de Portiand et de Kimmeridge, M. Leymerie {U) les a compris sous une même teinte dans sa carte comme dans ses coupes du département de l'Aube, sans doute parce qu'à la surface du sol leurs limites étaient plus difficiles à tracer que dans celui de l'Yonne, où M. de Longuemar, tout en reconnaissant leurs rapports
(«) D'Archiac, Aîém, Soc. ^éoi. de France, 2*8érie, vol. II, p. 47,
(2) Explication etc., vol. Il, p. 626, 1848.
(3) Bull., 2«9ér., vol. XII, p. 720, 4855.
(4) Statistique géolo*;i(/ue ctminéralogique du départ. del*Jtibe, p. 229, in-8, avec atlas in-4, carte et coupes, pi. 4,2 et 3, et 7 pi, de fossiles crétacés et jurassiques, Troyes, 4846. — Bull., 2* série, vol. I, p. 29, 4843. — Comptes rendus, vol. XYII, p. 4336, 4843.
CROUPR OOLITHIQUE SUP^RIBUB. 18§
inUmes, a cependant pu lesséparor, et dans celai de la Meuse, où noua Terrons qa'one couleur particulière a été aussi consacrée à chacun d'eux.
Les calcaires de Portland, ici comme précédemment, sortent de dessous les dépôts néocomiens inférieurs. Ils sont compactes, gris clair, à cassure inégale, unie ou sub-conchoîde. Souvent marneux (Bar-sur-Seine), ils le deviennent surtout vers le bas, où ils font'*' Dissent de bonne chaux hydraulique. Â la partie supérieure des coteaux de Bar-sur-Seine , entièrement formés par cet étage , se trouve un calcaire perforé dont les cavités sont remplies par la terre rooge argilo-ferrugineuse du plateau. En cet endroit, ce système de couches atteint sa plus grande épaisseur, qui est de 110 mètres. Oo remarque vers le haut de cet étage deux modifications de la roche qui le constitue. L*une est un calcaire peu épais, gris clair 00 jaune clair, rempli de petites ostracées, entre autres de VExo» gyra Bruntrutana, Thurm., Leym., et constituant unelumachelle développée surtout au sommet de la colline de Palisot, sur la rive gauche de la Seine, où elle a été exploitée comme marbre {brocatelle de Bourgogne). L'autre variété est un calcaire blanc, rempli d*oolithes allongées fort petites , prenant une certaine importance vers Baussancourt et Arsonval, où il est exploité par des galeries étendues. A l'exception de VExogyra Bi^ntrutana, cette assise , que l'auteur désigne sous le nom particulier de calcaires sub-oolithiques^ renferme peu de fossiles. Ces deux modifications de l'étage de Portland paraissent occuper le même niveau et se remplacer l'une l'autre. Les fossiles sont rares dans toute l'épaisseur de la série, et c'est encore vers le haut que l'on rencontre, outre l'Exogyre que noua avons citée, la Pinna obliquata, Desh., la Melania gigontea^ Leym. (Chemnitzia, d'Orb.) eiV Ammonites gigas, Ziet VExogyra wrgula, si fréquente au-dessous, parait y manquer, circonstance qui serait assez singulière, puisque ce fossile se trouve au même niveau plus au sud, et que nous l'y trouverons aussi très répandu au nord. L'étage de Kimmeridge est principalement composé de calcaire bUnc, un peu jaunâtre, terreux et marneux. Sa stratification est moins nette que celle du calcaire de Portland, et la roche, fissurée en tons sens, se brise facilement et tombe en fragments irréguliers. On y trouve subordonnés des lits d'argile grise plus ou moins calcarifère, rempWs d'Exogyra virgula^ d'Exogyra BruntrtUana, de Terebratula sella ^ etc. Minces vers le haut, ces lits sont plus nombreox vers le bas. Un banc très dur de lumachelle à Exogyra vir-
lie NOtlD DK LA FBANOL
gula règne assez constamment à la base de la série, dont l'épaissenfi trôs variable, atteint 75 mètres à Merrey, au sad de Bar-sur-Seine.
Malgré Ja liaison intime des argiles et des calcaires, M. Leymerîe fait remarquer que l'ensemble des fossiles des uns et des autres n'est pas absolument le même ; aussi en donne-t-il des listes séparées. Dans les calcaires, ce sont, surtout aux Riceys et à Merrey, outre les Exogyres déjà citées, Pholadomya acuticosta^ Sow., P. donacina^ Yoltz, Mya rugosa^ Roem. , Ihracia mprafurensû, Desh, t hocardia excerUrica^ Volti, Cucullœa texta^ Roem., Modiola plicata^ Sow.» Trigonia clavellata, Park., Gervillia amcn^ loides^ Sow., Pecien distriatus^ Leym., Melama gigantea^ id., Ammonites biplex^ Sow., A. gigas, Ziet. , A. perarmatus^ Sow.
Dans les argiles, l'auteur cite d'assez nombreux radiaires échinides, tels que: Cidaris subnobilts, Leym., C tripterygia^ Ag., Hemicidaris pcUella^ id. , H. Thurmanni, id. , Galerites depr^sas, Lam., etc., puis Thraciasuprajuremis^ Desb., Venus Gallimard^ Leym., Ceromya inflata, Ag., Nucula irUermedia et Menkei, Roem., Pinna ampla, Gold., Gervillia êiliqua, Yoltz ?« Pecten distriatns, Leym., P. minimuê^ id., les Exogyres précédentes, les Ostrea lœviuscula, Leym., et solitaria, Sow., les Ammonitei gigas, Ziet. , et Greenoughi, Sow. , des pinces de crustacés, des débris à*Ichthj/osaurus^ etc. (1).
Dans une Note sur les échinides de l'étage de Kimmet^idge du département de l'Aube (2), M. G. Cotteau y mentionne iU espèces appartenant à 8 genres. 9 de ces espèces sont propres à cet étage, et 5 vivaient déjà lors du dépôt du coral-rag. Des 9 espèces propres, 6 sont nouvelles, et 3 avaient été déjà signalées sur d'autres points dans des couches du même âge.
La recberclie d'eaux souterraines pour alimenter le puits artésien entrepris à Troyes a donné lieu à plusieurs publications d'un intérêt exclusivement local, et qui se rattachent, pour la plupart, aux
(!) On peut douter de Texistence, dans ces couches, de VAmmo' nites letPûsiensiSy Sow., de la Terebratula sella, id., et de la Trigo^ nia caudata^ Ag., cités par M. Leymerie, et qui sont des eipècet crétacées. Nous ne trouvons, en outrO) ni description ni figures d*uD certain nombre d'espèces /zo//ci?//tf.v nommées par l'auteur; son Ostrea lœviuscula est-elle différente de celle de Sowerby? Enfin, quelques espèces de ce paragraphe comme du précédent nous semblent, quoique Jurassiques, se trouver ici assez loin de leur horizon habituel.
(8) Suit., 2* série» vol. XI, p. 854, 4 85i.
GEOUPS OOLITHIQUB SUPiRIBDR. 194
; oolithiqaes supérieures. Ce sont : 1* Rapport mr une notice de M, Cottet (1). par M. Clément Mullet ; 2« Essai géologique ntr les sources de la Barse (2), par M. Boutiot ; 3» Études sur le forage projeté d'un puits artésien d Troyes (3), par le même; h* Réponse aux objections soulevées par le mémoire précédent, pir le même (k) ; 5<> Observations sur le niveau aquifere de la limite occidentale du calcaire jurassique dans le département de rAube (5), par le même.
Nous avons déjà exposé {antè, vol. lY, p. 286) les diverses opinions émises sur certaines assises qui, dans quelques parties du département de TÂube, de la Haute-Marne, et de la Meuse, sont placées entre les calcaires de Portland tels que nous les avons vus caraaérisés jusqu'à présent et les premiers dépôts néocomiens ableax, ferrugineux ou argileux. Il ne reste donc qu*à men; tionuer ici les opinions d'après lesquelles ces dépôts doivent être rapportés à Tétage de Portiand. Dans le premier de ces départements, M. Leymerie (6j décrit des calcaires blancs, sub-crayeux ou compactes, tubulaires ou non, des calcaires compactes avec des oolithes disséminées, enûn, de véritables calcaires oolitbiqnes. Mais sont-ce bien les équivalents des calcaires gris-verdàtre supérieurs et inférieurs, de Voolithe vacuolaire, etc., de Tarroodissement de Vassy ? C'est ce sur quoi nous conservons encore quelques doutes.
Dans cet arrandissement , M. Cornuel (7) les désigne sous Dëputement le nom collectif de terrain supra-jurassique ( antè , vol. IV, Haate!Manie. p. 286) , puis passant au groupe oolithique supérieur (8) , il décrit sous le nom de calcaires portlandiens : l*" un calcaire tacheté compacte , un peu marnenx , en bancs minces , sub- Kbistoides, dont l'épaisseur totale varie de 20 à ZiO mètres. On l'observe particulièrement entre Rrousseval et Vaux-sur-Blaise; 2* UD calcaire carié, blanc grisâtre, compacte, très dur, noduleux OQ tuberculeux, percé de tubulures résultant de la décomposition
\) Mém. Soc. d'agric, etc.^ derjube^ 2« série, n'^'S et 4, 4847* î) 7^.,n«"5et6, 4 848.
,3] In-8, Troyes. 4 852, avec deux planches de coupes. 4] 1d-8, Troyes, 4852.
i5| In-8, Troyes, 4 852.
,6) Mém. Soc, géoi. de France, 4« sér., vol. IV, p. 352, 4 844 . 7) Ibid,^ p. 260, pi. 4 a et 4 4.
>) Ibid., p. 267, pi, 4 3, flg. 4 et 2, pi. 4 4, fig. 2, 3, 4, 6, 8 6t 10.
192 NORD DK LA FRANdS.
el de la disparition d'une partie de la roche ; ce calcaire se voit sur un grand nombre de points, comme dans les ravins de Bienville, de Prez-sur-Marne, de Rochecourt- sur-Marne, etc.; sa puissance est de 56 mètres, et les fossiles y sont rares à Texcepiion de grosses Ammonites; 5* calcaire oolitliiquc {oolithe partlandieme) subar" donné au précédent, de 2<",76 d'épaisseur, et représentant les calcaires exploités à Àrsonval et à Baussancourt (Aube) ; &<* calcaire pseudo-lithographique, grisâtre, à cassure conchoîde, et d*enTiroo 9 mètres d'épaisseur. On l'exploite à Bouzancourt, et ou peut l'observer à la sortie de Joinville, sur la route de Vassy.
L'étage de Portiand se termine vers le bas par des alternances de marnes et de calcaires marneux gris, avec Exogyra virgiUa, faisant le passage à celui de Kimmeridge. Ces bancs sont souvent schisloldes et quelquefois bitumineux. Le Kimmeridge-clay pins ou moins marneux, gris, gris bleuâtre ou bleu, rempli di Exogyra virgula, vient au-dessous, constituant une véritable lumacbelle dure et susceptible de poli. Il se montre particulièrement à Mussey, aux environs de Poissons, de Noncourt, etc. ; dans la vallée de la Marne, de Fronville à Gudmont; dans celle de la Biaise, depuis Bouzancourt jusqu'au delà de Biaise, etc. Son épaisseur totale dépasse 60 mètres.
(P. 271.) I\l. Cornuel, en traitant des dislocations, des failles ei dos ploiements qui ont aiïecté les couches jurassiques supérieures, attribue ces accidents , dans le canton de Poissons , à des ravinements de l'argile de Kimmeridge, qui, laissant les calcaires sans support, auraient occasionné des glissements et des brisures élargies ensuite par les eaux, et remplies, en dernier lieu, par le minerai de fer lavé de la formation crétacée. Mais il est peu probable que la cause invoquée par l'auteur ait produit de véritables failles, n'ayant agi que sur les assises su|)érieures aux argiles et abaissées faute de soutien. Des failles très prononcées, au contraire, el très considérables sont celles que M. Cornuel indique (1) à Lévigny, à Narcy, à Baudonvilliers, où les assises de Portiand sont amenées au contact des divers étages crétacés.
« L'étage de Portiand, dit M. E. Rover (2), après s'êu^ élevé » de dessous les assises néocomiennes, vient présenter les têtes de
J) La
loc. ai., p. 273, pi. 4 4, fig. 2 et 3.
Bull., 2«série, vol. U, p. 705, pi. 20, fig. 40, 4845. — Élie de Bêaumont, ExpHcation^ etc., vol. II, p. 539.
GROUPE OOLITHrQOE SUPBklEUR. iftt
• sescoaches en formant une suite d'escarpements qui, ^ partir de
• Bar-sor-Aube, s'étendent, en traversant le département, par t Biaise et Donjeux , vers Houdlaincourt, dans celui de la Meuse.
• Les marnes de Kimmeridge constituent les pentes de cette série > de collines, et s*appuient sur les parties supérieures du groupe > ooHibique moyen, qui forment des plaines à leur pied ; >» de sorte qoe la distinction des deux groupes est ici à la fois minéralogique, stratigraphique et orographique. ^
Ou a déjà vu {atitè, vol. IV, p. 282) que M. Royer rapportait au groupe oolithique supérieur, en les réunissant au Porlland-stone, le calcaire oolithique tendre, jaunâtre ou blanchâtre (oôlilbe du Barrois), exploité aux environs de Joinville, de Saint-Dizier et de Barle-Duc, puis les calcaires verdâtres, sablonneux, siliceux, tendres et bien stratifiés qui sont dessous. Le calcaire de Portiand proprement dit qui leur succède se diviserait ici en plusieurs assises.
1. Calcaire celluleux, à texture grosBière, ayant Taspect d'une pierre
meulière.
2. Calcaire marno-com pacte, noduleux, fragmentaire, ou à oolithes
trèâ fines. Cette assise, qui repose sur des marnes grises et blanches, aurait été confondue à tort, dans le département de TAube, avec Toolithe du Barrois.
3. Calcaires compactes, sub-lithographiques, passant vers le bas à
Tétage suivant par ses caractères de plus en plus marneux.
Les marnes de Kimmeridge, également puissantes et bien caractérisées par la régularité et la constance de leur allure comme par leors fossiles, peuvent aussi se diviser en assises alternativement calcaires et marneuses.
M. Royer signale dans le Portiand-stone : Cidaris elegans, Clypeasier Brongniartii^ Isocardia orbicularis^ Trtgonia clavellata, Exbgyra virgula^ Pterocera Oceaniy et environ neuf espèces d'Ammonites ; dans les marnes de Kimmeridge : Mya Meriani^ Teilina incerta. Isocardia excentrica, I. inflata, Trigonia claveltoa, T. coslata^ Ostrea solitaria, Exogyra virgula^ E. BimntrU" tam, Terebt^atida biplicata, Nautilus giganteus, et environ 12 espèces d'Ammonites.
Autour de Biaise, village arrosé par la rivière de ce nom, et bâti sur Textrémité des calcaires à Astartes du second groupe , s'élèvent des coteaux qui atteignent une altitude de 372 mètres , et composés de marnes de Kimmeridge à la base, puis de calcaires de Portiand au sommet. Depuis Cirey jusqu'à Doulevant et Brousseval on n'observa» Ti. 13
iM KOflD DE LA rSAlfCI.
pliM, dit M, Élie de BeaomoDt (i), que les eoncbes de ce dernier éti^e, eoosUtuant ordinairement un calcaire compacte, à cassare un peu terreuse , d'un blanc grisâtre, et qui rappelle la pierre de Tonnerre. A partir de Biaise, les coteaux du groupe supérieur continuent à s'élever, vers le N.-E., jusqu'à 605 mètres au mont Gimont. Des failles et des dislocations s'y observent , de Donjeux à Saint- Dizjer, sur les flancs de la vallée de la Marne, près de Golombey et de Biaise. Les plus ren^arquables, se dirigeant à peu près N.-N.-O., afiectent également les dépôts néocomiens. Le savant auteur place aussi à la partie supérieure de la formation les calcaires oolithiques jaunâtres, rongeâtres , verdâtres ou blanchâtres des bords de la Marne, et particulièrement exploités dans les carrières de Chaton* rupt, sur sa rive gauche, et de Chevillon sur sa rive droite, pub ï Savonnières-en-Perthois. Ces assises, que nous avons vues désignées sous le nom de calcaires oolithiques du Barrois on de terrain suprajurassique, seraient représentées plus au sud par celles de la carrière Saint-Siméon, près d'Auxerre, d'Arrentières, près de Barsur-Aube, etc., et seraient plus particulièrement les équivalents de la pierre ou oolithe de Portland. D'après les coupes des carrières de Cbatonrupt et de Chevillon, les bancs calcaires oolithiques inférieurs qu'on y exploite seraient jurassiques, suivant M. Élie de Beaumont, et les bancs supérieurs, qui sont àen calcaires sableux, grisâtres, ne renfermant que quelques bivalves indéterminés, seraient néoconuens. Département Daus SOU Mémoire pour servir â une description géologique du département de la Meuse (2), M. Gaulard a décrit sommairement Tétage de Portland, comprenant les calcaires compactes et oolithiques du Barrois (environs de Combles, de Savonnières-en-Pertfaois, de Ville-sur-Saulx et de Brillon), puis l'étage de Kimmeridge, toujours caractérisé par VExogyra virguia.
Par des motifs, que nous apprécierons plus loin, M. A. Bovignier (3) a adopté un classement un peu différent du nôu^e
U\ Explication, etc., vol. II, p. 538.
[t] In-S, Verdun, 1836.— ^ Voyez aussi, Anmwire de la Meuse, pour 4 835.
(3) Bull., V 8«ne. vol. I,- p. 396. 4844. ~ Statistique géologique, tuinthaiogiaKe^ mi/wraiurgique et palénntologique du département de la Meuse, ^ 329, in-8, Verdun, 4 852, avec earle à Téchdle de 4/80,000*, et un atlas in-folio comprenant la description des fossiles, une réduction de la grande carte, 4 planche de coupes, et 29 planches de corps organisés fossiles.
de U Meuse.
GROUPl OOLITIIQUB SUPÈftlEUR. 191
en ce qQ*ii range dans son étage jurassique supérieur Its cal* eairesà Astartes, qae nous plaçons , comme les auteurs de la carte léologîqDe de la France, dans le groupe oolithique moyen. Il divise, en conséquence, cet étage supérieur en trois groupes^ attribaant ainsi aux mots étage et groupe un sens précisément inverse de noos : ce sont les groupes des calcaires à Astartes, des argiles â Gryphées virgules, et des calcaires du Barrais ou calcaires portlandiens. Chacune de ces divisions est représentée par une teinte particulière sur la grande carte géologique du département, comme sar la rédocliou ; mais , conformément à notre classification, nous ne traiterons ici que des deux supérieures, et en renversant Tordre de description suivi par l'auteur.
Sous le nom de calcaires du Barrais (p. 371), M. Buvignier «ug* comprend trois sous-groupes, qui seront pour nous les sous-étages porUand. supérieur, supra-jurassique ou des calcaires gris verdâtre, moyen 5<,„,I^t«g* ou des calcaires cariés, inférieur ou des calcaires lithographiques, supérieur, lesquels se divisent eux-mêmes en plusieurs assises di^^tinctes plus on moins constantes. I/importance que prennent ces divisions dans le département de la l^leuse, et le soin avec lequel M. Buvignier les a décrites, nous oblige à les mentionner avec quelques détails.
ht premier sous-étage, qui succède aux dépôts néocomieos, ne se rencontre guère que dans la portion du département de la Meuse comprise entre les limites de celui de la Haute-Marne et la vallée de romain; au delà il n'est plus que rudimenuire. Il se compoee des assises suivantes, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois à cause de leurs caractères mixtes ou peu prononcés , de leur position relativement aux premiei% sédiments néocomiens, et des discussions auxquelles elles ont donné lieu.
!• (p. 396). Calcaires gris verdâtre supérieurs, terreux ou compactes, en lits minces et souvent feuilletés, passant vers le bas à des calcaires jaunâtres plus ou moins marneux, où les fossiles n'ont laissé que des moules ou leurs empreintes, et sont pour la pluperl ceux que nous signalerons dans l'assise sous-jacenle. L'épaisseur de ces bancs ne dépasse pas 3 mètres ; quelquefois ils manquent tout à lait, comme près de Brillon où l'oolithe vacuolaire est recouverte par les couches iiéocomiennes.
2*» Le calcaire vacuolaire semble former une grande lentille intercalée presque entièrement dans la partie supérieure des calcaires précédents. Son épaisseur varie de 1",60 à 3",50;ilasf divisé en trois ou quatre bancs. Ceux qui sont exploités à Brauvil-
190 NOED DE LA FEANCE.
liers, Juvigny-en-Perthois, SaYonuières, Aulooy, Brillon, Ville-sur- Saulx, fournissent des pierres très estimées de calcaire jaanâire on rougefttre, oolithique, pins on moins mélangé de fragments de coquilles. Les fossiles décrits par M. Cornuel (1) sont surtout la Pholadomyn parvulQy puis la Cyrena fossulaia, le Mytilussubreniformis, VAvicula rhamboidalis, la Melania crenulata^ la Tormtel la cylindrica (Melania^ id., Corn.), une Nalice et une Trigonie qui parait être la T. gibbosùy Sow.
3° Le calcaire poreux constitue aussi une couche mince vers la partie supérieure du calcaire gris verdâtre. Il est brunâtre ou jaunâtre, grenu» très dur, criblé de petites cavités irrégulières plus oo moins rapprochées. Cette assise existe sous Foolithe vacuolaire, et de plus dans une grande partie du plateau qui sépare TOrnain et la Sauix où manque cette dernière.
Ix"* La fromentelle^ qui est un calcaire jaunâtre, très dur, coquillier, |)assant presque à la lumachelle, offre une variété désignée soos le nom de fromentelle roche, un peu moins coquillière, et exploitée à Ancenrille, dans le bois de Valtièremont, etc.
5" La piert*c morte tirée de Tremont, dp Couvertpuits, de Biencourt, etc., est une roche de composition très variable, tantôt calcaire, plus ou moins mélangée de sable ou d'argile, tantôt plus on moins magnésienne, et passant à une vériiable dolomie. Sa texture, sa dureté et ses teintes sont également variables ; son épaisseur De dépasse pas 3 mètres. Les fossiles y sont peu nombreux ; ce sont, suivant M. Cornuel, la Pholadomya parvula, des dents de Pycnodus et de sauriens ; M, fiuvignier y cite en outre VAnomya suprajurensis, Buv. , et le Pecten nudus, id. •
6" A la base de ce premier sous-étage, on trouve généralement des calcaires verdâtres, compactes, à cassure nette, tranchante sur les bords, quelquefois conchoîde ou esquilleusc. Vers leur partie moyenne sont les calcaires tubuleux décrits par M. Cornuel (2], plus développés dans l'arrondissement de Bar que dans le département de la Haute- Marne , et dont l'épaisseur ne dépasse pas 2 mètres. Les fossiles n'y sont pas rares, mais, à l'exception de VAvicula rhomboidalis et du Mytilus subreniformis, les espèces citées par M. Buvignier sont toutes nouvelles.
(4) Mém, Soc. géoL de France, «"sér., vol. IV, p. 286, pi. 45,
GROUPE OOLITHIQUB SUPÉRIEDR. 497
Ce premier sous-étage comprend ainsi les couches qui ne font point essentiellement partie du Portiand-stone, tei que nous l'avons coosidéré partout ailleurs que dans certaines parties des départe* ments de TAube, de la Haute-iMarne et de la Meuse. Il constitue par conséquent un ensemble de dépôts jusqu'à présent particuliers, tant par la place qu'il occupe que par ses caractères pétrograpbiques et zooiogiques, justifiant ainsi les opinions diverses dont il a été l'objet.
Le deuxième sous-étage, divisé en deux assises, comprend des caN caires gris, compactes, très durs, généralement en bancs peu épais, quelquefois séparés par des lits de marne. Les calcaires cariés, qui forment la première assise, sont très développés sur les bords de rOrnain, aux environs de Bar et de Ligny. Quelques bancs ooliihiqaes y sont subordonnés vers le bas (Reffroy, Ligny, Tronville, 3latilan, Bazincourt, etc. ). Les fossiles y sont rares ; M. Buvignier y cite V Ammonites gigas, Ziet. , la Neœ?*a înosensis^ id. , et dans un bauc particulier brun jaunâtre, compacte, de la base de l'assise, se trouvent V Anatina cochlearella, Buv., et le Cardium Dufrenoy' cwn, id. L'assise inférieure, la seule qui se rencontre dans l'arrondissement de Verdun où elle ne dépasse pas 10 mètres d'épaisseur, comprend, à Vraincourt, Rariconrt et aux environs de Bar, des baDcs de O'^.OS à 0™,20, surmontés de calcaires également en lits minces, très durs, gris plus ou moins pâle ou roussâtre, compactes, à cassure esquilleuse, quelquefois conchoîde, on même grenue, et criblés de cavités irrégulières, diverslformeset de toutes les grandeurs.
Le sous-étage inférieur de Portiand offre les quatre assises suivantes :
i** Calcaires fossilifères blanchâtres et compactes séparés, surtout vers le bas, par des lits d'argile. Les bancs supérieurs compactes renferment des Ëxogyres et d'autres petites ostracées. À l'exception de ces Huîtres et des Térébratules, les fossiles assez nombreux sont à l'état de moules ou d'empreintes {Panopœa Voltzii {Pleurvmya, Ag.), Gervillta linearis, Buv., Cardium Dufrenoycum^ Buv., A>(pra mosensis, id., Trigonia gibbosa, Sow.).
2" Des lits d'argile blanchâtre, jaunâtre et grise, de 3 à ^ mètres d'épaisseur totale, avec Exogyra virgula généralement fort petite, viennent ensuite, et renferment des bancs minces de calcaire lumachelle, très durs, bleus à l'intérieur, jaunes ou rouges à la surface, et donnant un marbre nuancé [pierre châline ou marbre de l'Ar^ ^l^^nM) exploité à Avoncourt, Aubreville, Parois, Rampont, etc.
Demièma sons-éUga.
Troisième soiu-^tag«.
19S IfOKD DB LA r&AlfCB.
y Aux lutnachelles précédentes succèdent des calcaires Hthegnphiques gris ou jaunâtres, empâtant des veines ou des lits irrégaliers d'tine autre lumacbelie très dure, grise on rougeâtre, avec V Ammonites gigaSt la Ponopœa Voltzii et des débris de poissons.
U* Des calcaires plus ou moins marneux, terreux, d*nn blanc gris, I grain pins ou uooîns 6n, peu durs, généralement en lits minces de 0'",20 à 0'",^0, sont séparés par des lits de marne grise 00 blanchâtre, quelquefois feuilletées. Certains bancs plus épais renferment VExogyra virgida et des géodes de ebaux caiiranitée métastatique. Les autres fossiles sont la Pholadomya actUicosta, Sow., la Panopœa Voltzii et quelques espèces plus rares.
L'ensemble de ces assises de la division inférieure du Portlandsloae atteint près de 50 mètres dans l'arrondissement de Verdon, et cette épaisseur s'accroît, surtout pour les assises supérieures, vers le S. où elle est de 60 mètres, et même davantage, comme aotoor de la ville de Bar. Quant à l'épaisseur totale des trois divisions de l'étage de Portiand, elle est de 180 mètres dans i'arrondissementde Bar, mais elle se réduit à quelques mètres seulement vers la limite dn département des Ardennes. Elle était de 132 mètres dans celoi de la Hante-Marne, et exceptionnellement de 110 dans celoi de l'Aube. L'amincissement dans cette dernière direction résulte surtout de la disparition do premier sous-étage ou des calcaires gri$ verdâtres^ etc. {calcaires supra-jurassiques)^ propres aux portions contigiiês des départements de la Haute-Marne et de la Measeoù ils oiTrent absolument les mêmes caractères.
(P. ^11.) M. Buvignier s'est attaché à faire voir, d'une part, la relation stratigraphique intime de ces couches supplémentaires avec le véritable Portlaod-stone sous-jacent, et de l'autre, leur discordance avec les dépôts néocomicns qui les recouvrent 11 a constaté en outre ce qoe M. Comuel n'avait pu reconnaître dans l'arrondissement deVassy, savoir : que plusieurs fossiles, regardés jusqu'alors comme exclosivement propres à ces assises supérieures, ont été retrouvés plus bas dans les deux autres sous-étages, tandis qu'aucun fossile néocomien n'a été observé dans ces mêmes calcaires gris verdâtres et ceux qui les accompagnent.
Au nord du parallèle de Pierreûtte et de Yaubécourt, l'étage de Portiand est immédiatement recouvert par le gault, le groupe néocomien ne dépassant pas Lisle en Barrois, quelques lieues an nord de Bar-le-Dnc. Dans la coupe de Sivry-la-Perche à Clermont, en
GEOUPl OOUTHIQUI SOP^BUR. IM^
tiffiOÊ» (1), OD voit le Portlaod-stone atteiiidre aa télégraphiTaiie allUode de 346 mètres. U s'élète i 333 mèires entre Nicey et la rifière de l'Erzole, à 386 mètres entre Démange et ManYage, à Fooest de Yaacouleors; enfin à 404 mètres aor le plateao entre Bonnet et TOrmeççon (2).
(P. 356.) La composition de T^tage de Kimmeridge est moins Etag« variée que celle du précédent. Les marnes ou argiles à Exogyra Eimm^iag* virgula sont généralement grises on bleues, rarement blanchâtres OQ jaunâtres, alternant avec des calcaires blancs, légèrement grisâtres ou jaunâtres, terreux, sub- compactes, plus ou moins marneux et gélifs. Ceux-ci sont presque toujours divisés en bancs peu épais, séparés par des lits de marne très minces. La plupart des couches argileuses renferment avec profusion V Exogyra virgula, qui con* stitoe alors une lumachelle bleuâtre ou rougeâtre peu solide. Sur quelques points (Braux, commune de Naives-les-Blois, tranchée do chemin de fer de Strasbourg), les argiles à Ëxogyres alternent trois fois avec les calcaires. Outre ce fossile prédominant, les couches argileuses renferment encore souvent la Terebratula sella, Sow. in Leym., \ Anomia Rauliniana, Buv. , les Exogyra spiralis et attri- /orm/5, Gold.?, VOstrea rwdosa, Munst.?, et des baguettes de Cidam trypterigia, Ag. Dans les calcaires, M. Buvignier signale particulièrement : Pterocero Pont i y M Bvong. , Pholadomya acuti- Costa, Sow., Modiola plicata, id.?, Pecten suprajurensis, Buv., Trigonia suprajurensis, Ag.
Parmi les calcaires subordonnés à cet étage, plusieurs ont des propriétés plus ou moins hydrauliques, et pourraient être utilisés sons ce rapport. Les assises argileuses, détrempées et ramollies par les eaux qui ont filtré de la surface à travers les calcaires, cèdent souvent à la pression de ceux-ci sur les bords des vallées, et forment deséboulis au pied des talus, tandis que les binr.«: solides supérieurs, restés tans appui, se brisent à leur tour, s*inclinentdans le même sens etglissent sur les pentes. L'auteur cite plusieurs exemples de ces dislocations superficielles qu'on pourrait au premier abord confondre avec des dislocations dont la cause, au contraire, viendrait de Tintérienr. L'étage de Kimmeridge, que nous verrons se terminer en biseau avec une très faible épaisseur dans le département des
(4) Èliede Beaumont, Explication, etc., vol. II, p. 546. (2) Buvignier, Atlas de la statistique géologique de la Mease^ pi. 3, coupes. 4, 6, 7 et 8.
aOO NOAD DB U mNCK.
Ârdennes, a 80 mètres de puissance à l'extréinité opposée de cehii de la Meuse, et son épaisseur de 75 mètres, tout à fait exceptionnelle dans le département de TAube, était en rapport a¥ec an amincissement proportionnel et local de Tétage de Portlaud.
La coupe S.-O. , N.-Ë. , de iMontblainviUe, dans la vallée de TAîre ï Tbonne-la-long, au nord-est de Montmédy, que nous reproduisons ci-après (voyez pi, 1, fig. t>), montre les rapports du gronpe supérieur avec les dépôts crétacés d'une part, et avec le groupe moyen de Tautre.
Nous n*avons cité que quelques-uns des fossiles les plus répandus dans ce gronpe, et nous sommes obligé de renvoyer le lecteur aux listes fort étendues que donne M. Buviguier (p. 405 et 367), mais nons ajouterons avec ce géologue que les corps organisés les plus riemarquables dans les couches à Exogyres du Kimmeridgeclay sont les ossements qu'on y a rencontrés dans presque toute l'étendue du département de la Meuse, et qui ont api>artenu à des Ichthyosaurus, des Plesiosaurus, des Crocodiles, des Tortues et des poissons (i). Ces débris abondent particulièrement aux environs de Souhèmes et de Wadlincourt. On y a reconnu, entre autres, d'énormes fragments d*os longs et de grandes phalanges unguéales de sauriens, peut-être voisins de l'Iguanodon et du Megalosaurus, mais les restes d* Ichtkyosaurus sont de beaucoup les plus fréquents. Dans les assises calcaires inférieures, on rencontre encore plusieurs espèces qui avaient vécu pendant les derniei*s dépôts du groupe précédent ou des calcaires à AstarteSy telles que des Céromyes.des Thracics, des Gervillies, des Natices et des Ptérocères. Mpartement L'étage dc Portlaud se montre seul dans la partie orientale da la ifcrne. département de la Marne, et encore ne l'observe-t-on que sur les territoires de Sermaize, de Cheminon et de Trois-Fontaines, dans le prolongement des couches de la Haute-Marne et de la Meuse. J^a seconde' feuille de la belle carte géolc^ique de ce département qu'a publiée M. A. Buviguier (2) montre très bien les rapports géographiques de ces derniers lambeaux avec les dépôts contemporains mieux suivis de l'arrondissement de Saint-Oizier. Dëporumeiit La zoue ooUthique supérieure se recourbe en se rétrécissant an Ardtoues. N.O. pour pénétrer et expirer bientôt dans le département des
(1) C'est par erreur que ces restes de vertébrés ont été signalés comme se trouvant dans le lias. {L*Jfistitut, 4 6 juin 4 842. ^^Ann. des se. géoL, vol. I, p, 545. 4 842.)
(2) Carteau t/80,000% en six feuilles, Paris, 4850..
GBOUPK OOLITHIQUE SUPÉRIEUR. 201
Ardâmes. Les marnes de Kimmeridge et le calcaire de PortlaDd, fût remarquer M. Élie de Beaumont (1), se montrent encore aux environsde Bozancy et de Grand- Pré, constitoant le fond des vallées de l'Âgron et de ses affluents, celui de la vallée de 1* Aire, presque jusqu'au confluent de cette rivière avec T Aisne, la petite ligne de par« lage où la Bar prend sa source, et d*où le groupe s'étend de Drieulles ï Noirval, au nord de Vouziers. La rivière d'Aire forme sa limite occidentale, et au delà il disparaît sous la formation crétacée pour ne plus se montrer que dans le Bas-Boulonnais où nous l'avons étudié. Sur la rive gauche de l'Aire, entre Marcq et Chevière, nous avons signalé (2), à quelques mètres au-dessus du niveau de la rivière, les derniers rudiments de l'étage de Portiand reposant sur les marnes argileuses bleues à Exogyra virgula. Les monticules jorassiques qui entourent Yarennes à l'est présentent la même disposition, et, dans toute cette partie de la vallée, les argiles et les sables verts crétacés recouvrent immédiatement les affleurements do groupe oolithique supérieur. MM. Sauvage et Buvignier (S), qui l'ont également étudié et lui assignent une épais.Heur de 8 à 10 mètres seulement, y signalent le Cidaris trypterigia, Ag. , Nucleolifes granulariSj Gold. , Lutraria Jurassi, id. , les Exogyra viraula^ Defr., spiraliSy Gold., auriformis, id., Ammonites gigas, Ziet., A. LaUierianus, d'Orb., A, (rifurcatus, Ziel., A. longispina^ Sow. (4), des AptychuB, des débris d'Ichthyosaurus, de PlesiomuruSj de Crocodiles et de poissons.
Nous avons déjà fait pressentir (5) que l'influence des axes du Résume. Merlerault et de l'Artois qui s'est manifestée sur la distribution et les caractères de la plupart des dépôts crétacés, dans le nord de la France» s'était aussi dcju plus ou moins exercée pendant les
(4) Explication^ etc., vol. Il, p. 549, 4 848.
(2) D'Archiac, Mém, Soc. géoU de France^ 4"sér., vol. III, p. 285. 4 839.
(3) Statistique mi/wr. , géoi. , etc, du départ, dcx Ardennes, in- 8, avec carte réduite, Mézières, 4 842 ; carte en six feuilles à 4/80,000*.
(4) On peut douter, avec les auteurs, de l'existence, dans cet étage, de \J. Humphnesianus ^ Sow., que nous trouvons encore cité par M. Buvignier dans le département de la Meuse (Statist. rut- Mér., etc., p. 370). .
(6) D'Archiac, Mém. Soc. géoi» de France, 2* série, vol. H, p. 129, 4846. ^£<//., 2« série, vol. II, p. 452, 4845.
iOi MOftD DE LA FRANCI.
période» secondaires précédentes; or, rexamenqaenoasYeaonsde (aire du premier groupe ooUlhique justifie comptétemenl cette présomption, surtout en ce qui regarde Tétage supérieur on de Portland. En effet, si Ton jette les yeux sur une carte, on vmt de suite qtie les dépôts de cet âge sont encore compris entre ces deux lignes, en France, comme l'était le groupe néocomien , dont ils dépassent à peine les aflDeurements au M. et au S. , et qu'en Angle* terre ils ne dépassent pas le prolongement de ces lignes, non plus que le groupe wealdien. Il y a donc une relation à la fois géograpiiiqoe et stratigraphique entre ce dernier et l'étage de Portland an nordouest du détroit, et, de part et d'autre, une certaine indépendance, au contraire, entre les deux étages oolithiques supérieurs, car le Kimmeridge-clay nous a présenté, en Angleterre comme en France, une beaucoup plus grande extension que les dépôts qui l'ont suivi Éuge Sous ce point de vue , nous eussions donc pu les considérer
ForUand. comme des groupes distincts. Mais si, d'une part, l'étage de Portland, de ce côté de la Manche, borné vers le nord au Bas-Bouloonais, ne nous a plus offert au sud que des rudiments dans le pays de firay, pour manquer tout à fait à l'embouchure de la Seine, se conduisant en cela comme le groupe wealdien, de l'autre nous ne Cuvons douter qu'il ne soit de nouveau représenté an sodest, le long des côtes formées par le second groupe, avec un développement comparable et même supérieur à celui qu'il présente depuis le Dorsetshire jusque dans le Buckinghamsliire.
Vers le centre de cette zone sud-est, dans les portions contignés de la Haute-Marne et de la Meuse, là où il atteint jusqu'à kOO mètres d'altitude, il acquiert non-seulement une grande puissance, mais encore des caracières beaucoup plus complexes et qui nous ont obligé d'y admettre trois sous-élages au lieu de deux, divisés euxmêmes en un certain nombre d'assises distinctes. On pourrait, jusqu'à un certain point, assimiler le second et le troisième de ces sous-étages au Portland- stone ou oolilbe de Portland, et au Portland-sand du rivage opposé ; mais le premier, celui des calcaires du Barrois, n'y a évidemment aucun représentant, les couches lacustres et fluvio-marines de Purbeck succédant immédiatement à la pierre de Portland, que caractérisent de part et d'autre V Ammonites gigas et quelques autres fossiles communs. Il ne paraît donc pas hors de vraisemblance que ce même sous-étage du sud-est ne soit le représentant marin de la portion inférieure du groupe wealdien tel que nous l'avons d'abord considéré, ce qui s'accorderait ak>rsavec.la.(|er-
GRODPI OOLtTHlQUI SDPKRIBOR. 20$
Bière dassificatioo adoptée pour le Geological Svrvey (antè, p. \U). Quoi qu'il en soit, il reMerait toujours de ce côté du détroit un hiatus énorme , comblé de Tautre par cette longue série wealdienne si compleie^ si variée, et dont la faune si riche n*a point d'analogue bien développé dans le nord de la France. On a vu quelle était . l'identité des premiers dépôts néocomiens , dès que , dans le Kent et nie de Wight, on a pu observer directement les couches les plof basses en contact avec l'argile wealdienne, et celle de toute la série crétacée au-dessus ; on ne peut donc songer, dans l'état actuel de nos eonnaissances, à démembrer la formation crétacée pour mettre en parallèle son terme inférieur, dans le nord de la France, avec les deax étages wealdieus supérieurs.
On remarquera seulement que, vers le milieu de l'ancien détroit dont nous avons parlé, c'est-à-dire vers la partie qu'on devait supposer avoir été la plus profonde, le groupe crétacé inférieur, le groupe wealdien et l'étage de Portland ont cela de commun qu'ils sont excessivement réduits, au point de manquer même tout à fait du de n'offrir que des caractères douteux, tandis que , plus tard, lors du dépôt du gault, et surtout de la craie tuffeau, comme pendant le dépôt du Kimmeridge-clay, les sédiments s'y montrent très puissants et caractérisés par des faunes partout bien tranchées. En outre, l'étage de Portland, fort épais an S.-E., est immédiatement recouvert, soit par le gault, soit par le groupe néocomien, caractérisés tous, deux comnie dans le Kent et File de ^igbt, oà ils surmontent le groupe wealdien là où celui-ci est le plus complet, tandis que, plus à l'ouest, ce même Portiand-stone, recouvert par l'étage de Purbeck, n'est nulle part en contact avec de véritables équivalents néocxmiiens. En effet, il ne dépasse pas* dans cette direction, les dépôts wealdiens, et les couches créucées qui s'étendent an delà n'ont plus les caractères propres aux sédiments les pli» inférieurs de la formation.
Il y a donc eu dans l'étroit espace que comprennent les lignes da Merleranlt et de l'Artois, depuis l'étage de Kimmeridge jusqu'au gnult, des phénomènes physiques très complexes qui , à plusieurs reprises, ont fait varier la profondeur des eaux , déplacées tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, mais jamais partout à la fois ni de la même quantité. Ces changements se traduisent par la variété et lorigine des sédiments, par leurs épaisseurs très différentes, à un moment donné, sur les divers points que l'on considère, et qui Mwvent même manquent tout à fait, enfin par la variété non nxMiis
remarquable des êtres qui se sont succédé dans cet espace, où deux séries ezcinsivement mannes ont été séparées par une série exdast?ement lacastre, fluvio-marine et même terrestre par places. Éucfl L*étage de Kimmeridge ne participe pas aux modifications de
Kimairricige. ceioi de Portiaud ; nous le retrouvons avec des caractères beaucoup plus constants dans ses divers affleurements, le long de la Manche , dans le Bas-Boulonnais, le Bray, et vers Temboucbure de la Seine Dans le petit bassin de la Touques, il nous a cependant offert on sous-étage sableux à sa partie inférieure. Au sud de l'axe du Merleranlt, nous n'en avons aperçu que de faibles traces. Au midi de la Loire, un affleurement extrêmement restreint s'est montré à l'ouest de Buzançais, et d'autres plus étendus nous ont préparé à sa réapparition complète sur les bords de l'Arnon, point à partir duquel îl forme une zone continue jusque sur les limites du département des Ardennes. Il atteint, comme le Portiand-stone, sa plus grande épaisseur et sa plus grande altitude normale vers la partie moyenne de cette zone.
Les ai^iles ou marnes de Kimmeridge, qui constituent l'horizon le plus étendu du grou|>e oolithique supérieur, sont aussi , pour le paléontologiste, un champ très riche de recherches. En France, comme en Angleterre, les débris de grands reptiles, à* Ichtkyosaurus, àePlesiosaurus et d'autres genres voisins y sont extrêmement répandus; les restes de poissons et de crustacés ne sont pas rares non plus. Les Ammonites et les Nautiles, sans y présenter beaucoup d'espèces (AwmomVes erinus, d'Orb ., A, Lallierianus, id., ^4. decipiens, Sow., Nautilm subinflatus, d'Orb., N. gtganteus, id.), sont cependant remaix{uables par leurs grandes dimensions , et certaines coquilles acéphales ne sont pas moins caractéristiques. On a vu qu'en Angleterre VExogyra virgula s'y trouvait exclusivement, et que VOstrea deltoidea était très constante; il eu est de même dans la partie de la France qui avoisine la Manche, où cette dernière ostracée forme à elle seule un lit distinct entre deux bancs A'Exogyra virgula. Mais, dans la zone sud-est de la Bourgogne, de la Champagne et de la Lorraine, VOstrea deltoidea^ qui paraît manquer tout à fait dans Tétage de Kimmeridge, se trouverait au-dessous dans la division désignée sotis le nom de calcaires à Astartes, tandis que VExogyra virgula s'élève très souvent audessus dans une partie de l'étage de Portiaud. Parmi les radiaires échinides on a souvent cité le Cidaris trypterigia^ mais, comme dans tous les dépôts argileux, les polypiers sont excessivement rares.
GROUPE OOLlTfllQUB MOYEN. 205
§ }. Groupe ooHtbiqne moyen.
Les deux étages de ce groupe se montrent dans le Bas-Boulon- D^p^tement Dais, mais avec un développement très diiïérent. M. Rozet (1) divise Pai-de-CaUit. celui du coral-rag, désigné sur sa carie et dans ses coupes par Tex- Bu-BoiâoBiiaif. pression de premier groupe oolithique, en quatre assises distinctes : cor«rr«t,
1" Celle qui succède aux argiles de Kimmeridge, dont elle se sépare nettement, bien qu*on y rencontre encore quelques Exogyra virgula dans les premiers bancs, est un calcaire marneux, d'abord bleuâtre, puis blanchâtre, â cassure inégale ou imparfaitement conchoïde (faubourg de Brequerèque, près le four à cbanx de Boulogne, et route de lAJ ont-Lambert à Baincthun). Ce serait le représentant do calcareous-grit supérieur.
2*' Calcaire passant à une lumachelle , et devenant de plus en plus oolithique. La roche sans solidité, sans stratification distincte, passe à un sable calcaire lorsque les oolithes sont désagrégées. L'épaisseur de la portion oolithique n'est que de 2 mètres, et les fossiles y sont très nombreux, particulièrement les Nérinées.
3^ Le calcaire précédent passe à une roche siliceuse, oolithique, à grain plus fin. £ile est mieux stratifiée, mais elle renferme les mêmes fossiles.
k' Les plaques siliceuses de la base du n" 3 , exploitées à Baincthun , "Wirvigne , Alincthon , etc. , alternent plus bas avec des sables ferrugineux rarement bien développés , et qui constituent la partie inférieure de l'étage. Ils ressemblent, au premier abord, à ceux de la formation crétacée du même pays, mais sont moins épais, ii'en distinguent par leur position straligraphique comme par leurs fossiles, et peuvent être mis en parallèle avec le calcareous-grit inférieur.
\>s quatre assises, dans le bassin supérieur et moyen de la Liane, de même que dans les plateaux qui le séparent de celui de la rifière de Vimereux, et celle-ci de la Slack, aux environs de Marquise, se représentent partout, suivant l'auteur, dans le même ordre et avec les mêmes caractères. Les coquilles très nombreuses sont, dans l'assise supérieure, assez différentes de celles des trois aotres. On y trouve les Ostrea solitaria et gregarea^ Sow., la Modiolaplicata, id., le MytUiis pectinatus, une Ammonite et une
(t) Descript, géogn, du bassin du BaS'Boulonnais^ p. 62, in- 8, Paris, 4828. — Mém, de la Soc, d'hist. natur., vol. III, 4827.
SM NOftD DE LA FRANGE .
Nérinéc(î). Dans les autres, ce sont des Nérinées, les Melcmia lineata et heddingtonensis, Sow. , les Trigonia duplicata et costata^ Sow., une Pinna, la Trichites spissa, Desli., des Térébratules plîssées et VAstarte pumila^ Sow.
L'altitude du plateau du coral-rag atteint 120 mètres, mais l'épaisseur de Tétage ne serait que de 6 à 8 mètres, malgré Tétendoe saperûcielle des couches, qui occupent, en effet, plus de la moitié de la surface du Bas-Boulonnais. Comme M. Fitton, M. Rozet fait remarquer l'analogie des caractères de cet étage avec ceux qu'il affecte dans les comtés du centre de FAngleierre. L'assise supérieure a son analogue dans i'Oxfordshire, où elle comprend Xepisolithe de Smith ; les assises 2 et 3 représenteraient le coral-rag proprement dit, et la quatrième le calcareous grit inférieur [an/^,p 5^). Les coupes du cap Gris-Nez à Bazinghen, données plus tard par M. H. Fitton (2), montrent successivement plongeant au N.-O. le calcaire de Portiand, le sable de Portiand, l'argile de Kimmcridge avec des bancs de pierre à chaux subordonnés , le pisolithe ou oolithe d'Oxford, le sable avec des grès calcarifères , et l'argile d'Oxford divisée en trois assises (1* argile avec Serpules, Béiem- ■ites et Gryphées ; 2* pierre à chaux ; :<" argile inférieure) qui reposent sur le calcaire du groupe inférieur (grande oolKhe) ; de sorte que l'auteur réunit ici, sous le nom de pisolithe, les trois assises supérieures de M. Rozet (3).
j^rgUa Sur le chemin qui descend d'Alincthnn à la grande route de Bou-
logne à Saint-Omer. comme au pied du Mont-Lambert, le calcaire odithique siliceux repose directement et à stratiGcation concordante sur une marne bleue alternant avec des calcaires marneux {k)\ vers le bas les calcaires tendent à dominer et à constituer une assise ou un sous-étage distinct. Les bancs inférieurs sont d'une teinte jaune
«POzford.
(4) Nous nous abstenons le plus ordinairement, malgré uotre irresponsabilité, de reprpduire des nQms d espèces dont la détermi* nation est trop éviden^mept erronée.
(2) Bull., 4" sér., vol. X, p. 451, pi. 4, fig. 7 et 7»>". 4839.
(3) Malgré l'attention que nous avons mise à étudier les travaux de M. Fitton, nous ne sommée point certain s'il comprend sous Is nom à^ oolithe d* Oxford le pisolithe .avçc le coral-rag sous-jacont, distingués par W. Smith comme par M. Cooybeare, ou bien le pisolithe seulement ; c'est à cette dernière interprétation que nous nous sommes arrêté dans le tableau p. 4 3.
(4) Eozet, loc, cit., p, 68
CROUPI OOLITHiOUB MOTEN. !207
«le. Ao-dessom de Colembert, et au pied des talas crétacés, une marne argileuse bleuâtre renferme les Serpula flaccida et quadrangularis, le Pecten fibrosus^ VOstrea pennaria, la Gryphœa dilaiûta^ les Belemnites late-sulcatus et hastatm (i). La superposition da coral-rag à ces assises de l*étage d*Oxford s*obserYe également aux enTirons de Marquise, à la carrière de TEcalode et à la fosse Horeau, le long du ruisseau de Leulinghen. Les fossiles des deux assises paraissent différer assez notablement, mais, à l'exception de la Gryphœa dilataia, la détermination des espèces citées nous semble trop douteuse pour que nous les rappelions ici. Suifant M. Rozet, les calcaires inférieurs pourraient être assimilés au Kelleway-rock.
Nous avons observé les marnes argileuses au nord de Marquise, i giucbe de la grande route, où elles recouvrent un calcaire jauoitre fissile du groupe inférieur (2). Elles nous ont offert des tubes de Serpules, le Pentacrinites cinyulatus, Munst , Gold., des débris de crustacés, la Nucula Menkii, Roem.? la Terebratulavariçtni^ Schlotb., le Belemnites semi-hastaius, Blainv., les Ammonites Leachi, Sow., Lamberti^ Id., crenatm, Brug., Baàeanus, d'Orb., Erato, id.? diplex, Sow. (apud d'Orb., p. 509, pi. 191-92) (3), et une espèce rappelant TA. subradiatus, Sow.
 l'ouest de la ville nous avons également reconnu les mêmes coQches indiquées sur la carte de M. Rozet, et mentionnées plus tard, lors de la réunion extraordinaire de la Société géologique dans cepays(&). Dans la coupe de Bazinghen les argiles avec Serpules et de grandes Belemnites renferment aussi la Gryphœa dilatata. Des calcaires marùeux, tendres, leur succèdent, et près du fort de Hoal ils contiennent, suivant M. Pitton, des Nucules, les Cardium striatum et dimmile, la Modiola scalprum, etc. Puis vient une argile v^ec Gryphœa dilatata j Ammonites cordatus, A. Lamberti, A, crenulatus^ Phill., sous laquelle, au bas de Hope, affleurent les calcaires oolithiques. L'inclinaison très faible des couches dans la partie sud-est du bassin fait qu'elles y occupent une surface beau-
(4) Élie de Beaumont, Explication, etc., vol. II, p. 559, 1848.
(2) D'Archiac, Notes inédites, 1837.
(3) La persistance des sillons d'arrêt dans tous les individus de cette localité, comme dans ceux des couches correspcndantes de la Fraocbe-Comté, pourrait la faire regarder comme distincte. Elle resfl^blQ d'ailleurs beaucoup à VA. rotula, Ziet.
(4) Bull,, l'* sér.. vol. X, p. 433 et 452, pi. 4, fig. 7, 7^^ 10,
DtfptrUmcot
de
la Seine*
Inférieure.
Dëpartnneot
du
Celradot.
Cor«lH-«g.
208 NORD DE LA FRANCg.
coup plus grande qu*au nord, où elles disparaissent assez vile i le groupe supérieur (1).
Au sud du Bas -Boulonnais aucun affleurement naturel et aucan travail exécuté de main d'homme n*a permis de constater la présence du groupe moyeu avant que Ton atteigne l'embouchure delà Seine, où Ton a vu {antè, p. 175) que le sondage entrepris sur b place do Havre avait traversé, au-dessous des marnes de Kimmeridge : l"" des bancs calcaires et marneux alternants de 6",i2; 2** environ 56 à 60 bancs aussi alternants de grès gris, de marnes grises et de calcaires argileux, de 22'",38 d'épaisseur totale, représentant les sables calcaires et le calcaire sablonneux de la vallée de la Touques, de Saint-Aubin-sur-Âlgot. de la Houblonnière, etc. (Calvados) ; 3" une argile noire divisée par des lits de grès gris et de marne calcaire dont la base n*a pas été atteinte (2). Cette dernière assise représenterait Targile d*Oxford ou de Dives qui» dans les falaises des Vaches-noires, offrent les mêmes lits de grès et de marne que la sonde a traversés au Havre. Il y a ainsi ime identité presque complète entre les détails de ce forage et ce que nous allons voir dans les falaises du Calvados, avec cette différence, cependant, que le coral-rag qui, d'ailleurs, s'amincit quelquefois extrêmement, doit être si atténué à l'embouchure de la Seine, qu'il aura échappé à l'attention des personnes qui suivaient les opérations du sondage.
Le groupe oolithique moyen est bien développé dans le département du Calvados, et peut être étudié facilement dans les vallées de la Touques, de la Dive, et le long des falaises qui séparent Tembouchure de ces deux rivières. Les étages du coi^l-rag et de l'Oxfordclay s'y subdivisent en sous-étages plus ou moins bien caractérisés.
Nous distinguerons dans le coral-rag les sous-étages suivants :
\ . Calcaire de Blangy ou de Lisieux (calcareous-grit supérieur).