Sable et calcaire caractérisés par la Gryphœa fHlatata
6. Calcaire et sable avec Pallnurus squamijer et iongebrackimim,
des MontlivauUia, etc. (2).
7. Sable et calcaire dont tous les fossiles sont à l'état de moules*
D^wriameot Lcs étages du groupc oolitbique moyen se poursuivent au S., à la s^e. travers le département de la Sartlie, où ils occu|>ent une zone dirigée N.-N.-E., S.-S.-O., d'abord fort large aux environs de Mamers, puis se rétrécissant de manière à se terminer en pointe aux bords du Loir, non loin de Durtal. Masqués souvent à l'est par lescoaches argileuses et sableuses de la formation crétacée sous laquelle ila s'enfoncent, ils reposent à Touest sur le groupe inférieur.
Aux environs de Mamers, iM. Hébert (S) a constaté trois assisesdistinctes dans TOxford-clay. La plus élevée, dont les caractères participent de ceux du sous-étage supérieur, se lie aux deux autres qui représenteraient le sous-étage inférieur ou de Kelloway, Ces assises sont :
4. Sables argileux et grès calcaires alternant [Ammonites Lanhberti^ Sow., A. peranuatus^ id., A, modiolaris^ Lhw., A. ientfcuiaris, Phill. , aux environs de Marelles).
t. Calcaires argileux oaractériaés par le Dysasêer 0Wpté€us, Ag., des Térébratules, de grosses Pholadomyes. et qui, à CourgaiQ«. se terminent par un calcaire avec oolithes ferrugineuses [Ammonites coronatus, Bnig., anceps^ Kein., Jason^ Ziet., et Bak€' riœ^ Sow.).
3. Marne jaune argileuse avec des rognons ramifiés de calcaire «rgileux. Plus bas une argile sableuse d'un noir bleuâtre et des
(4) La M. elegansy Sow., est une coquille tertiaire du Londonclay. Nous n'en connaissons pas d'autres qui porte ce nom.
(2) M. E. Deslongchamps, en décrivant ces Palinurus, avait très bien rapporté la couche qui les renferme à l'argile d'Oxford ou de Divea [Mém, Soc. Linn. de Normandie^ vol. Vllj p. 53, 4S4Î).
(3) BulL, 2« série, vol. VIII, p. 4 42. 4880.
GROUPB OOLITHIQUE MOTfiN. 310
blocs argilo^calcaires, sont caractérisés par les Ammoniées rnu'» croce/jhaius, Schloth., et Bahriœ^ Sow, L« tout reposo sur la grande oolithe.
Noos avons suivi le groupe oolithique moyeu au sud-est de Ma* mers par Saint-Rémy, Champaissatii et Saint-Gosmc. Au delà de ce dernier bourg, les calcaires de Courteillon disparaissent sous les couches crétacées pour ne plus se montrer avant la rive gauche de THuisne à la Ferté-Bernard. Cette ville est bâtie sur le corat-rag dont les assises sont assez complexes. Les plus élevées dont nous avons doMué une coupe prise dans la carrière des Récollets (1), ouverte \ gauche de la roule de Cormes, comprennent un calcaire narneux grisâtre, subcompacte, de 1 métré d'épaisseur, très reoberehé pour la fabrication de la chaux, un lit de glaise et au-dessous le banc exploité pour pierre d'appareil. Ce dernier est un calcaire gris, marneux, avec des oolithes brunes on jaunes et rempli de moules et d'enapreiutes de très |)etites Astartes(A. minima, Gold., BonPhill., supracorailina, d'Orb.). Ces bancs, qui paraissent succéder immédiatement aux traces de Kimmeridge-clay signalées dans le même pays, représenteraient le sous-étage des calcaires à Astartes des provinces de Test, de même que le calcaire de Blaugy, le calcareous-grit inférieur et Toolithe d'Oxford de la Normandie et de FAugleterre. Ils plougent au S. -G. sous les marnes argilo^sableuaas et les psammites crétacés et reposent sur les calcaires blancs à Néri« nées et à Oicérates de Tescarpement qui borde THuisne à la sortie de la Ferté, sor la route du Mans. La coupe que nous avons prisa dans cette localité (2j montre la faille à laquelle uous attribuons h position actuelle des couches.
M. Dufrénoy (3) a donné auiisi, des environs de la même ville, une coupe qui rappelle beaucoup celle de Mortagne. Le sondage exécuté an Luart, au sud de la Ferté, après avoir traversé 42*,U de sables et de marnes rapportés au quatrième étage crétacé, a ren* contre, sur une épaisseur de 5^*^,56, des calcaires qui nous paraislent être le prolongement de ceux de la Fer té-Bernard, puis des marnes sableuses, des argiles et des calcaires sableux de l'étage
(1) D*Archiac,^t'//r Soc. géoL de France, 2* série, vol. II, p. 86, pL 3,fig. 5, 4 846.
(î) Id., Hist. des progrès de la géologie , vol. IV, p. 3i6, pl« 4, 1S5t.
(3) Explication^ etc., vol. H, p. %%0,
d'Oxford avec les caractères qu'il affecte sur la limite occidentale où nous allons l'étudier actuellement (1).
Le vallon de Saint-Jean-d'Assé que coupe la route d'Alençon, à trois lieues au nord du i^Jans, montre, au-dessous des glaises plus ou moins sableuses de la base de la craie, des calcaires noduleux et marneux, gris jaunâtre, entourés d'une marne terreuse, jaune ou grisâtre. Ces couches, que traverse encore la route à la descente de Saint-Marc^u, renferment la Trigonia cardissa, Ag., le Pecten fibrosus, Sow., des Térébratules , des Ammonites, des polypiers, etc (2).
Les mêmes assises sont également recouvertes par les argiles cré* tacées inférieures, au nord-ouest du Mans, à la ferme de Lantonnière, près Degré, et occupent le fond des vallées environnantes. Les calcaires marneux et sableux, jaunâtres, en rognons (rès durs et très tenaces vers le centre, sont entourés d'une roche terreuse friable. Nous les avons rapportés au groupe oolithique moyen en y signalant les fossiles suivants, qui paraissent indiquer ici l'horizon du sous-étage de Kelloway ou la partie inférieure du groupe.
Bcrenicea diUmanUy Lamour., Dîaderna priscum^ Ag., Dysaster elifpticus, id., Serpida tetragona^ Sow.,iV. conformiSyGold., Pholadomya carinata^ Gold., P. lœviuscula, Ag.?, Ltttraria Jurassi^ Grold.?, L, Alduini^ id. [Pleuromya^ id., Ag., Panopœa Brongniartina, à'Oth.)^ Amphidesma decurtatum, PhilL, Mya rrigosa^ Roem., Sanguinolaria undulata^ Sow., Isocardia excentrica^ Vollz (Ceromya, Ag.), Trigonia cardissa^ Ag., T. ctixpidata, Sow.?, Lima (forme de la L. pcctinoidea, Desh., Gold., avec les ornements delà L. duplicata^ id., id.), L. scmi-circularis, Gold., Avictda inœquipalvis^ Sow., Modiola, voisine de la M. imbricata^ Sow., Venus tenurs^ Koch (n'est sans doute pas une Fenus), Pecten deniissusy Bean, Phill., V.fibrosus^ Sow., Ostrca duriiiscula^ Phill. (O. /wcnoides y Mttnst., Gold.), Gryphœa, xnàéi.^ Terebratula coarctata^ Park., Sow., T. varions , Schloth., T. cmnrginata, Sow., T, deux espèces indéterminées, dont une voisine de la T, omithoccphala, Sow., Melania striata, Sow. [Phasianella\ Trochus ou Plcurotomaria y Ammonites macrocephalus , Schloth., A. Jonticola, de Buch?, A. anceps. Rein., A. nov. sp., voisine des A. mutabilis, Sow., et C/i/wto, d'Orb. (3).
(1) D'Archiac, Mém, Soc, géol, de France^ 2* série, vol. II, p. 86, 4846.
fî) Id., /6.,p. 84, pi. 2, fig. 4 0.
(3) \à.,ib.y p. 79, pi. 3, fig. 4.
GROUPB OOIJTHIOUB MOYEN. 221
D'aotres coupes sont venues conGrmcr ces caractères assignés à la partie inférieure du second groupe dans le département de la Sarthe. Ainsi, la Société géologique de France, lors de sa réunion extraordinaire, en 1850, a observé, un peu avant le villagede Domfront (en Champagne), précisément au nord du point dont nous Tenons de parler, des alternances de marnes et de calcaires bleuâtres avec des argiles, des cristaux de gypse et les fossiles suivants : Dysasterellipticus, Ag., Lyonsia peregrina^ d'Orb., Cypricardia subobesa^ id. , Isocardia tener^ Sow. , Mytilus solenoides^ d'Orb. , Lima obscura, id. , Avicula inœquivalvis, Sow. , Pecten fibrnsus^ id., P, lens^ id., P, Camillus, d*Orb., Plicatula peregrina, id., Osireaamor^ id., 0. alimena, id., Terebratula Boyeriana [Rynchonella, id., d*Orb.), Terebratula reticulata, Smith, {coarctata, Park.), T.bicaniculata, Schlolh.^ Ammonites macrocephalus^ id., Nautiius hexagonitSj Sow., Belemnites kastatus, Blainv. A Domfrout, ces couches de Kelloway reposent sur un calcaire très ooliihique du groupe inférieur (1).
M. Dufrénoy (2) a déjà fait remarquer la modification générale qn'éprouve TOxford-clay à partir des environs de Mamers ; toujours très argileux jusque-là, il devient au sud marneux et sableux, comme le prouvent les coupes que nous venons de donner et celles qu'il nous reste à indiquer. Les carrières des environs de la Suze (p. 217) montrent cet étage caractérisé comme dans les localités que nous venons de citer, renfermant les mêmes fossiles, reposant sur les calcaires blancs oolilhiques du troisième groupe, et recouvert par les sables et les argiles sableuses crétacées. Plus au sud encore, il constitue des îlots entourés par ces dernières, de sorte que la iJus grande partie des dépôts jurassiques de cette période, le long des collines du Maine et de l'Anjou, est représentée par des marnes, des sables et des grès calcarifères, tandis que les argiles proprement dites et les calcaires y mauquent presque entièrement.
A la tuilerie du Point-du-Jour, près de Louaillé, sur la route de la Flèche à Sablé, nous avons encore observé des relations semblables entre cet horizon du groupe oolithique moyen et les dépôts crétacés inférieurs (3). En cet endroit, des calcaires gris marneux
(4) £un.y 2« série, vol. VII, p. 756, 4850.
(2) Explication, etc., vol. Il, p. 247.
(3) D'Archiac, Mém, Snc. géoi. de France^ 2« série, vol. II, p. 74, pi. 2, fig. 9, 4846.
tSS NOUD Dt LA PftANCK.
av«c oolithas ferrogineoses et des marnes sableuses grises reposent sor des calcaires gris bleuâtre en bancs discontinus, et renferment! le Dysaster ellipticus, Ag. , le Pecten demissus, Phill. , les Terebratula obtusa^ Sow., impressa, Bronn, perovalis^ Sow. [identique avec la fig. 203, pi. Û86, du Miner, conchol.), intermedia, id., têtrtudra, kl. (type, in Davidson), et une Natice. Ces mêmes couches viennent encore au jour à la porte de Ourtal, sur la rive droite du Loir.
Quant k certains flots du second groupe qui percent k travers les roches créucées, tels que ceux d*Écomoy« à moitié chemin du Mans à Cbâleau-du-Loir, et de Souvigné, près de Cbâteau-ia-Yallière (1), ce que nous avons vu nous laisse encore des doutes sur le véritable niveau des calcaires qui les constituent. Le second ne nous a point d'ailleurs présenté les preuves de la dislocation que M. F. Dujardin avait supposée ; 2). Quant au premier, M. £. Quéranger (3) y cite, en le rapporunt au coraKrag, un assez grand nombre de fossiles, mais dont fort peu ont été déterminés spécifiquement Le même auteur a donné nne liste des fossiles de Tétage d'Otford compris dans ce département.
MputMnent Âu midi de la Loire, le groupe oolithique moyen ne coimnence k sortir de dessous le grès vert et la craie que dans le département de la Vienne oà il forme trois lambeaux principaux, à bords sinueux ce très découpés, le premier, allongé do S.-E. au 1^. -O. , est compris entre la vallée de la Veule, au sud de Richelieu, et la route de Loudun à Candes, à la hauteur de MOutier ; le second est allongé do N. au S., entre la route de Mirebeau à Loudun et la vallée de k l>ive ; le troisième, dirigé O. , E., de beaucoup le plus étendu et k plus irrégulier, traverse le département depuis la limite de cetoi des Deox-Sèvres, passe au nord de Poitiers pour se continuer jusqu'au Blanc, dans le département de Tlndre. Dans toute cette étendue, ou do nMins dans sa portion occidentale et Centrale, B •M peu probable que le coral-rag ait aucun représentant. Quant à l'étage d'Oxlbrd, il n'est phis argileux ni de teinte gris bleuâtre ftmcé comme au nord de l'axe dd Merlerault, ni calcàréo-sableux,
d« la Yienna.
(4) F. Dujardin, Mém. Soc, géol, de France^ 4 '•série, vol. Il, p. 24 3, pi. 24, 4 837.
(2) D'Archiac, Hist, des progrès de la géologie^ vOl. IV, p. 353, 4 854.
(3) Essai d'un répertoire paléontologique du département de la Sarthe, in-8, le Mans, 4 853.
GROUPE OOLITIIQUI MOYEN. 3U
griiov junSire comme au sod de cette ligne, mais il est compeeé de calcaires pias on moins marneux, terreoxoa compactes, bkinchâtres, d'an aspect crayeux ei très uniforme.
La route de Chinon à Poitiers par Louduu et Mirebean traverse iei de«x premiers lambeaux que nous décrirons d'après nos propres obserratîoiis, d'ailleurs parfaitement d'accord avec celles de M. Du« fr*wy(l).
Les calcaires blancs oolithiques sortent de dessous des glaises et dis marnes sableuses et glauconieuses, avec Exogyra flabeUata et cohméa^ an hameau du Pas, une demi-lieue au nord de Beuxcs, et se continuent sans interruption par le moulin du Grand-Pouça; juqa'ao ruisseau que traverse la route à la Cbaboterie, au nord-est de Loodan (2). En cet endroit, une fracture paraît avoir amené ea contact les marnes grises o(»lithiques qui plongent au N.-E. avec Il craie micacée de la rive gauche du cours d'eau. Les marnes calcaires sont d'un blanc grisâtre ; elles alternent vers le haut avec des Immb de calcaires marneux d'abord de même teinte, puis blan« cMires, plus nombreux et plus rapprochés li la partie supérieure de l'escarpement oà Us passent au calcaire blanc, marneux, tachant* qw nous rencontrerons jusque près de Poitiers, toujours caractériai par les mêmes fossiles. I..es marnes, d'une épaisseur de 6 mètres* nous ont présenté les fossiles suivants :
Scyphia claptformis^ Gold., S. iodét., Pentacrinites cingulatus^ Mtest., Oold., Rhtidoi'rinitrs echinatus, Scblotb., Terebratula ob» ftM»,Saw., T, coarctatii, Park., Ceromya tenera^ Ag.?, Btlemnittê hasiatus, Blaiûv.. B.^ id.,var., Ammonites canaliculatm^ MUnst.» Ziet., A. biplex, Sow. , A, Constantii, d'Orb., A. Eucharis, id., A, Voigine de VA, oculatusj Bean, Pbill. (in d'Orb., Pal. Franc. y pi. SOC, fig. 3 et 4). A. noT. sp. (3).
ÂQ nord-ouest de ce point, MM. Triger et de Lorière ont observé depuis peu un afflenreuient de ces mêmes couches sur les
(4) Explicaiion, etc.. vol. II, p. Î2E, 4848. — BulL, 4" aér., vol XIV. p. 308, 4 843.
(2) D'Archiac, Mêm. Soc. géol, de France y 2« série, toi. ÎI, p. %% et suivantes, pi. 2, fig. 6, 4846.
(3) Cette espèce rappelle un peu, par sa forme générale, XA, Los^ C9mbi, Sovr.; ses doisoDS la rapprochent de ÏA. /tetemphyUus, id. U dos. un peu déprimé au milieu, a ses bords arrondis. Les côtés sont ornés de plis peu prononcés, fins, inégaux, nombreux, à double coarUirt comme dans les A. Henrici, d'Orb., et canaliculatus ; ils sontoapeu phis relevés de chaque o^té du dos, oà ils continuent à rester inégaux et alternes.
bords du Tho^et, au nord de Montreail-Belley ; les fossiles très nombreux el très variés qui y ont été recueillis sont remarqoabks par leur parfait état de conservation.
Al. P.-Â. Millet (1) indique aussi la superposition de couches ï Belemnites hastatus au groupe inférieur dans une coupe faite sur la rive gauche du Thouet, 2 kilomètres au nord de Montreail- Belley, à la carrière du Chalet, puis les Ammonites Henrici^ d'Orb., plicatilis, Sow., octdatus. Beau, etc., sur les deux rives de la Dive, dans les communes de Méron, d'Antoigné, et dans d'antres localités situées à la limite de» départements de la Yienne e\ des Deux-Sèvres.
D'Angliers, au pied nord du coteau de Dandésigny, les calcaires blancs, compactes, sortent de dessous le grès vert pour coDStitaer toute la plaine qu'occupe le bois de Guesne, et se prolonger à 1*0. jusqu'à la vallée de la Dive. A partir de Yarennes, au sud de Mirebeau, les mêroescalcaires blancs se montrent de nouveau, le grès vert cessant de les recouvrir au delà. Ils forment toute la plaine qui supporte le petit tertre sableux du dolmen de Mavaut, où ils renferment les Ammonites biplex, Sow., Babearms, d'Orb. , elEucharis, id. (2).
A la descente de Migné, les calcaires blancs crayeux, qui par places se divisent en plaquettes très minces, reposent .sur un calcaire marneux blanc, tendre, avec quelques silex et des empreintes d'Ammonites [planulati). Le fond du vallon est occupé par les calcaires compactes, gris jaunâtre, très durs et caverneux du groupe inférieur. De l'autre côté de l'Auzance, et jusqu'à la jonction des routes de Mirebeau et de Partbenay, à Centrée du faubourg de P<mtiers, régnent les calcaires blancs, crayeux, avec des moules et des empreintes d'Ammonites biplex, de Trigonia clavellata^ de Pecten vagans ou fibrosus^ etc. , toujours déformés et peu déterminables. Ici les couches paraissent se terminer en biseau au-dessus du groupe inférieur qui forme les escarpements rocheux des bords du Glain.
La vallée peu profonde que parcourt la petite rivière de la Lanvigne, qui se jette dans la Vienne à Châtellerault, met à découvert les calcaires marneux compactes, blanc grisâtre, en lits minces qui afl9eurent sous le pont de la ville, recouverts, à peu de distance, par les grès crétacés très ferrugineux, schistoîdes, et par les marnes
[\\ Paléontologie de Maine-et-Loire^ in-8, p. 86-89, 4864. (2) D'Archiac, Mém. Soc. géol. de France, 2« série, vol. II, p. 39, pi. 2, fig. 6, 4846.
GROUt»! OOLITBIQUB MOYBN. 225
argitenses à grains verts (1). Le ibrage entrepris à Cbâtellerault a traversé, après 7'",33 de dépôts superficiels et crétacés, 255 mètres de calcaires compactes ou lithographiques dont les bancs sont séparés par des lits minces d'argile. Dans toute cette épaisseur, les caractères de la roche ont peu varié, et Fentreprise est restée sans succès. Si la sonde avait atteint le groupe inférieur, les caractères de celui-ci, bien connus dans tout le pays au sud de la Loire, l'eussent sans doute fait distinguer de suite. On peut donc admettre qoe le groupe moyen a ici une puissance qui dépasse 255 mètres. Cette grande épaisseur, révélée par le sondage à une certaine distance des aflSeurcments extrêmes des couches au sud-ouest, est conforme à l'expérience qui a presque toujours montré un accroissèment rapide des dépôts lorsqu'on s'avance de leurs anciens bords vers le centre du bassin.
Ix2s calcaires blancs marneux avec des Nérinées et des Ammo- Dites (pl(mulati)y dit M. Dufrénoy (2), sortent de dessous le grès vert, au point où la |)etite rivière de Palu se jette dans le Clain. La roule de Poitiers est ensuite bordée d'escarpements formés par les mêmes calcaires (|ue ceux des environs de Richelieu, et renfermant des rognons irréguliers de calcaire compacte. Mais le cours de l'Auzance ne suit pas la limite des deux groupes, car nous avons constaté la présence du second sur ses rives, de même que son prolongement au sud de Migné.
D'après la carte géologique de la France, le groupe moyen forme, à Test de Poitiers, une large zone arquée au N.-O., et qu'entament les vallées de la Vienne, de la Gartempe, du Langlin et de la Creuse. Noos l'avons observé sur divers points, et ses caractères ne diflèrent pas sensiblement de ceux que nous venons de voir au nord-ouest. Ainsi, à Cbauvigny, sur la roule de Poitiers au Blanc, la Vienne coole entre des talus de calcaire blanc terreux, recouvert d'un paissant dépôt sableux, brunâtre ei ferrugineux, rempli de cailloux (3). Dans les carrières ouvertes près du bourg, ces calcaires se voient sur une épaisseur de près de 20 mètres, et fournissent des pierres d'appareil assez estinaées ; on les suit encore quelque temps le long de la roule, puis ils disparaissent sous des marnes sableuses.
(4) D'Archiac, Métn. Soc. géol. deFrancCy 2* série, vol. II, p. 36,
(2) Explication, etc., vol. II, p. 2^29.
(3) D'Archiac, Notes inédites, 1852.
2M NORD Dl U riANCI.
gritt«, jauDM panicbéM, et «hu les meulières tertUirei do pbMo. lit 86 mooirent de noufeiu ud peu avant Paisey-le-Sec, et, à Saûito Savln, dans la vallée de la Gartempe, sont des calcaires parfoitemeot Qolilbiques, roses et jaunes, donnant une pierre de consirnction très rtroarquaUe. Le plateau qui sépare cette vallée de celle du Langlio est aussi recouvert de sable grossier tertiaire, et à Iiigrande les bords de la rivière sont formés par un calcaire blanc jaunâtre qui se désagrège facilemeot et ne fournit point de pierres d'appareil. Dëpariement Au nord-ouest de la ville du Blanc, ces calcaires blancs achis* l'Indre. toidçs svec quelques Ammonites (plantUati) bordent encore la Creuse, mais au delà de Bonavent, suivant M. Dufrénoy (1), la rodie qui leur succède est un calcaire compacte, d'un blanc par, à cassure eaquilleuse, renfermant des oolithes blanches, rondes, allongées ou irréguiières, quelquefois de la grosseur d'une noisetis, et divers fossiles ( Térébratules plissées , baguettes de Cidaris, tiges de crinoîdes, etc.). Ces bancs nous semblent , comme à Taetmir, appartenir à Tétage du coraUrag tel que nous le troavervns autour de Sancerre, et qui, à Fontgombault, contient le Thamnaâtrma Lamowrouxii et beaucoup d'Astrées à l'état spathiqne. A PreuUly*la-Ville, le calcaire compacte, mais toujours blanc» contient beaucoup de moules de Nérinées, et \ Saint- Martin-de- TournoH un calcaire terreux avec Dicérates lui succède. Enfin, ce dernier est recouvert par un calcaire blanc, terreux, souvent iriablt, alternant avec des lits minces de calcaire compacte, jaunâtre, à cassure esquilleuse, et très fendillé, que M. Dufrénoy a suivi jusqu'aux euvirons de Bourges, où il lui aasiinM une épaiaeeur da iSO mètres.
La vallée de l'Indre offre la répétition exacte des couches q«c noua venons de décrire dans celle de la Creuse (3). A partir dss attises siliceuses du groupe inférieur, on trouve, à l'ouest de Salnt- Gbartier, les calcaires blancs terreux ke délitant en strates nûoees, et contenant les mêmes Ammonites que dans le département de la Vienne. A liiaiut'Martin-d'Ardeuteson voit, leur succédant, le cal* eatre ooUthique blanc, terreux, à pâte compacte. Les carrières dis yHleinoiiJBin et de Clavières, ouvertes sur le bord de la rivière, présentent vers le bas un calcaire à oolithes miliaires, compacte, bien stratifié, donnant de bonnes pierres de construction, et vers le
iî!
Explication, etc., voL II, p. 136.
Ib., p. 238.
CROUPI OOLITBIQUI MOYEN. ^1
baot on calcaire à grain grossier, k oolithes irrégoliéres Bemblabies à celles de Fontgombault Ces bancs sont recouverts par les couches à polypiers et à Nérinées. An-dessus, on trouve jusqu'à Châteauroax des calcaires blanchâtres, à cassure terreuse, en bancs minces, réguliers, très nombreux, et dans lesquels sont ouvertes dès carrières asaex étendues, mais peu profondes, k l'entrée de la ville (1).
Les calcaires compactes qui sticoèdent au coral-rag proprement dit, foroMnt ainsi, depuis les forges de (Javières jusqu'à I^vrom lu nord, une bande d'environ huit lieues de large, en partie recou- < verte de dépôts tertiaires. M. Dufréooy (2) y signale de peiitea Ammonites plates semblables à ceUes de la base du groupe. Quel* ques bancs des environs de Châteauroui fournissent des pierres lidiegraphiques. Enfin, près de Levroux, ces mêmes calcaires sont sormontés de deux banes minces remplis à'Aitarte mintma, Goid. (A, nÊfutiCorallina, d'Orb.)« de petites Nucules, de petits gastéropodes, et qui représentent ici les calcaires à Astaries dont nous avons signalé quelques traces autour de la Ferté-Bernard. Nous les reutinverons plus développé» et plus constants à Test, entre l'étage de Kimmeridge et celui du coraUrag, auquel nous les rattachons. Si l'on se dirige vers Issoudun et au delà, les tranchées du cbe* min de fer ont mis à découvert la même série de couches jusqu'au Kimmeridge-clay de la station de Lamothe à Reuilly (S).
Ainsi, Tétage supérieur du second groupe, que nous avions perdu de vue depuis ses affleurements l^K)lés de la partie orientale do département de la Sartbe, reparaît seulement dans la vallée do la Grouse, entre le Blanc et Saint- Martin-de^Tournon, pour prendre bientôt une grande extension au nord-est. Or, si Ton joint par k pensée ces affleurements extrêmes de Saint-Martin-de-Tournon ot de Fontgombault avec ceux de Souvigné, au nord-ouest de Tours, d'Écomoy, de Porigné-l'Évêque, de Thorigné, de Connéré à Sooaox, et de la Ferté-Bernard, on aura une ligne brisée dont ks deux parties seront sensiblement parallèles aux rivages des groupes inférieurs situés à l'ouest, le long des terrains anciens de la Vendée, de l'Anjou et du Maine, de sorte que, durant ces périodes, les côteo, tout en se rapprochant de l'intérieur du golfe, Ont conservé^ pei prêt les mêmes oontours. Il n'en était cependant pas de même
O D'Arohiao, Noi^ in^ditâs, \%^%.
%) ExpUcatioii, •(«.« vol, II, p. 239.
3) D'Archiac, Notes inédites^ 4 852.
du Qmt.
ao find, dius la portion do périmètre comprise entre le Blanc et la limite du département des Deax>Sèvres, car il n*y avait point de rivage pendant que se formaient les deux groupes inférieurs. Ce ne fut qu'au commencement du dépôt de Tétage d'Oxford que la mer se trouva limitée par les plages soulevées de Foolithe inférieure. Alors lot interrompue la communication qui avait existé jusque là entre les eaux jurassiques du nord et du sud par le détroit qui séparait les massife anciens du centre de la France et de la Vendée.
Les calcaires marneux tendres du second groupe succèdent à ceux du troisième, près de Bnère, dans la vallée du Cher. On y trouve le Belemnites hastatm et des Ammonites de la section des planulati. Une couche d'argile, qui y est subordonnée près de Blei, et employée h la fabrication des briques et des tuiles à la Chaussée, renferme aussi les Belemnites hastatus et sub-hastatus, Blainv. Au-dessus des calcaires exploités dans la même localité vient une autre série de calcaires compactes où sont ouvertes les carrières de Dun-le-Roi, de Cliâteauneuf et d'issoudun, semblables à celles de Châteauroux. De même qu'au nord du Blanc, les calcaires terrenx à oollthes irrégulières terminent ici la série. A Bourges, ces strates, que M. Dufrénoy (1) compare à l'oolithe d'Oxford, sont très puissants, et M. J.-M. Fabre (2) en a donné une description à laquelle nous empruntons ce qui suit : o La pâte du calcaire de Bourges, i dit-il, est fine et compacte ; il est scbistoîde, surtout dans les » couches supérieures, qui se délitent facilement à l'air. Sa dureté • est variable, mais il est susceptible, sur plusieurs points, de » recevoir le poli comme aux environs de Châteauroux, et d'être » employé avantageusement pour la lithographie. Les bancs ont » ordinairement de 0",25 à 0",30, quelquefois 0"»,70 d'épais- » seor. «
I^ puits foré dans le jardin pubKc de Bourges, ouvert dans la partie supérieure du groupe qui nous occupe, a été poussé sans
(4) Loc. cit., p. 254.
(2) Description physique du département du Cher et considéra^ tions géologiques sur le mode de formation des terrains metazoiiques, p. \ 35. -^ Nous copions le titre de Touvrage tel que le donne M. Dufrénoy, mais celui que nous avons sous les yeux est iatitulé Mémoire pour sennr à la statistique du département du Cher, in-8, avec une carte des départements de Tlndre et du Cher, Bourges. 4838. — A la page 435 se trouve aussi, à très peu de différence près, le texte précité.
GBOUPS OOLITHIQOS MOYEN. 229
succès jusqu'à la profondeur de 223",33, où il a atteint un calcaire blanc, solide appartenant probablement au troisième groupe ooliibiqoe. Dans l'épaisseur traversée, les 80 mètres inférieurs représenteraient le Kelloway-rock et l'Oxford-clay composés de bancs aiiernes de grès calcaires et de grès argileux, et les 130 mètres restants, formés de calcaires bleus et de calcaires jaunes alternant chacun deux fois, représenteraient le coral-rag et l'oolithe d'Oxford ou le calcareous-grit supérieur.
Le calcaire blanc terreux se prolonge au nord de Bourges, et près du village de Bouy, sur le bord du ruisseau le Moulon, on retrouve la couche avec Astarte minima et Nucules, indiquée comme la limite supérieure du second groupe; et, en effet, les marnes et les lumacbelles à Exogyra viryulase montrent immédiatement après (1).
Le groupe oolithique moyen occupe ensuite une très grande surface entre la petite rivière de TAurou et la Loire, limité cependant à Test par le groupe inférieur, suivant une ligne qui, prenant au sud de Dun-le-Roi, passe par Yillequiers. Il est borné au nord par le groupe supériem* jusqu'au canal latéral de la Loire à Sainte- Bouise, et il ne se montrerait sans doute plus au delà sans le soulèvement des collines du Sancerrois et les dénudations ultérieures qui Tout amené au jour sur une assez grande étendue à l'ouest et iiu sud-ouest de Sancerre (2), où des escarpements naturels nous ont permis de l'étudier avec quelques détails.
Le cône isolé qui porte la ville de Sancerre, et dont nous avons fait connaître la constitution géologique {antèt vol. II, p. 5/i9, et vol. lY, p. 321), se rattache seulement au sud par une langue de terre fort étroite à une rangée de collines basses, limitant la vallée semi-circulaire qui entoure sa base. Cette première raugée de collines inférieures formées par l'étage du coral-rag est dominée eu arrière par une seconde disposée en amphithéâtre, et constituée par l'étage de Kimmeridge {aiitè, p. 18/i). Les collines inférieures sont composées de trois assises qui offrent la coupe suivante à partir des calcaires marneux à Exogyra virgula (3) :
1. Calcaires compactes, oolithiques, gris blanchâtre, se délitant en
(<) Dufrénoy, Explication, etc., vol. II, p. 258.
(2) y. Raulin, carte et coupes géognostiques du Sancerrois (Mém, Soc, géol. (le France, 2« série, vol. Il, pi. 4 0 et 4 1 , 4 847).
(3) D'Archiac, Études sur la j or motion crétacée, 2* partie ('^., pi. 2, p. 22, fig. 4 et 2, 4846).— Dufrénoy, /oc. c//., p. 266, 4848:
3S0 HOtD DE Là rtARCI.
plaquettes , ocoupant la surfaoe dea collineB at leur pente supérieure, où les débris arrachés par la culture sont ensuite accumulés en tas nu milieu des vignes. Les fossiles sont principalement les Nerinea siiprajurensis^ Voltz, et Gosœ^ Roem. Ces bancs paraissent représenter.le sous-étage des calcaires à Âttartes et peut-ôtre les calcaires lithogra- a. phiques précédents 8
t. Calcaires blancs, fissiles, friables, quelquefois pisolithiques (montée de la Querelle, sur le chemin de Sainte-Gemme), gris ou jaunâtres, et dans lesquels dominent des Nérinées encore pourvues de leur test, tandis qu'au-dessus et audessous ces coquilles, plus rares, sont à Tétatde moules. On y trouve particulièrement une Astrée, une Pinnigène, un Myocnncha^ peut-être le M. compressa^ d'Orb.?, Nerinea jasciata, Voltz, iV. MandeUlohi ^ Bronn, et la N. CiilUopc ou Cœcilia^ d'Orb? 8
3. Calcaires blancs, tendres, tachant et renfermant des oolithes irrégulières, de grosseur variable. Leur stratification ast peu nette, et ils renferment, entre autres fossiles, des Méandrines, des Astrées, Echinas voisin de VE, nodulosus, Munst., Oold. (Poiyryphns, id., Ag.) HemUidarfs crenu» iaris^ Ag., H. diademata^ id. , Diceras arictina, Lam., an, sinistra^ Desh.?, Piunigena Smusaurii^ d'Orb. {Pinna^ id., Desh.), Trigoma Meriani^ Ag., an, T. suprajurcnsiSf id.?, T. voisine de la T. carinatOy Ag., Cardiam corallinum^ Leym., Modhla pectine ta , Sow., Ceromyn Dcshayesea^ Buv. , Ostrea pulligera , Gold. , Terebratula insignis , Schubl., T, globata, Sow., T, inconxtnns^ id., var., Nerinea^ indét. , Natica remigiensis^ Buv., Trochus sub-Unea* tus, Munst., Gold.? 45 à «8
Cette dernière assise est exploitée au nord de Sancerre, sur le chemin de Sainte-Gemme, à l*ouest dans la carrière du Fond-Blanc, vaste excavation qui se prolonge sous la colline par des galeries étendues, puis au sud, à droite de la roule de Bourges. Sur ces divers points, ce sont les mêmes bancs que Ton exploite, qui conservent absolument les mêmes caractères et qui se trouvent ao même niveau. Les assises 2 et 3 forment Tisthme qui réunit II colline de Sancerre au plateau méridional que parcourt la route de Bourges à la sortie de la ville.
L*étage du coral-rag ne se montre pas à Fest de la faille de Sancerre (1). La ligne anticlinale du soulèvement qui court E. 26" N. à
(4) V, Kaulin, Métn. Soc. géoL de fra/êce^ %* aériti îol. Ht
p. tad, ml.
GROUPE OOUTHIQCIB MOTBN. 3)1
0. S6*S. 8*«bàÎ8M lin peu dans» cettedeniièredirection, caratteigiiaoi 363 mètres d'allitnde, ^ une deniMieue au sud-ouett de Sancerre« l«€ofal-rag n'est plus qu'à 260, à deux lieues de ce point, au nord* oaest de Yaugues* Il s'abaisse également au 8.-9.-E. k partir de cette ligne et se trouve seulement à 175 mètres en face de Vinon, Mr kl rive droite de la Yaumoise. La pente est plus iaible au M.-N.-O., car il est encore à 200 mètres au bas de Sainte-Gemme.
A un kilomètre au nord de Nevers, le troisième groupe est sttr< Département luooté par le second que caractérise la Gryphœa dilaiaia. On y u N?^re. observe deux assises : Tune inférieure, argileuse, bleuâtre, alternant avec des calcaires marneux et constituant le sol depuis Nevers jusqu'à Fougues; l'autre comprenant des calcaires terreux, tendres ou endurcis çà et là par de la silice (1). Tes fossiles très nombreux à Fougues sont, suivant M. Dufrénoy, Modiola plicata, M. renifarmist Mya anguliferay Pkoladomya dêltoidea, des Panopces, dei Cardium, Jsocardia lineata, /. minima, CucuUœa elongcUa, Trigwia coitaia, Lima ovalis, L. mdis^ Têrebratuia perovalis, intermedia^ bullaia^ biplicata, omitiwcephala, ovata, Avicula expansa. Ammonites Lamberii, plicatilis et plusieurs autres espèces* Belemnites subhastatui, Serpula limala, Dijsaster ovalis, Galerites depressits, etc.
Flus loin, le calcaire blanc à oolithes irrégulières du pied des collines de Sancerre recouvre le précédent. Cette assise inférieure du coral-rag, exploitée au nord de la Charité, y présente trois variétés de pierre qui ont chacune leur emploi particulier. Dans les carrières de Oonzy, ces mêmes strates renferment des polypiers. On y remarque surtout un banc presque exclusivement composé d'Aitrées. Ces calcaires blancs, tendres, avec quelques Térébratules, lont, avant Pougny, surmontés de calcaires gris en plaquettes, rem* plii des Térébratules déjà indiquées {aiUè, p. 185). Il en est de même au N.'Ë. , vers Entrains, et à la sortie de ce bourg lorsqu'on se dirige vers Bouy (2).
M. Joly a donné sur les environs de Clamecy une notice (3) dans laquelle il divise le coral-rag de ce pays en trois assises : la plus élsTéi comprenant des calcaires compactes plus ou moins oollthi'
(\) Dufrénoy, ioc. ek.j p. 362.
(2) D'Arôbiao^ Mém, Soc, géoi, de France, !• série, vol. Il, p. 13, 4846.
(3) Mém. Soc, d'émul, ékt Donbê^ vel< III, p. AiO, déo. 4 846.
252 NORD DE Là PRANCI.
qœs remplis de fossiles, près de Donzy, et des calcaires blancs,
crayeux, massifs, peu fossilifères; la seconde composée de calcaires
gris, compactes, souvent lithographiques, en bancs peu épais, séparés
par des marnes schisteuses grises; Tinférieurc, de calcaires blancs
avec des oolitbes de diverses grosseurs et passant à des calcaires
compactes. Les polypiers zoanthaires, les Dicérates et les Nériuées
y abondent ainsi que d'autres fossiles, et Ton doit encore \oir dans
cette assise le représentant de la base des collines inférieures qui
entourent Sancerre. Quant à Tétage d*Oxford, il serait composé
vers le haut de calcaires marneux compactes, avec des silex gris,
cariés, en plaques ou en rognons, de calcaires oolithiques avec des
coquilles brisées, puis, vers le bas, de marnes calcaires grises, de
8 à 10 mètres d'épaisseur, renfermant la Terebratula coarciata^
Park. (1), et le Cidaris aspej^a, Ag. Les Ammonites perarmatui
et biplex, avec beaucoup d'autres fossiles, se trouvent dans les
calcaires à silex. Aux environs de Donzy, de nombreux crustacés se
rencontrent avec des débris de coquilles dans des parties endurcies
du calcaire compacte. IVl . Joly ne donnant d'ailleurs aucune coupe
détaillée et ci'.ant à peine quelques localités, son travail, quoique
bien fait, n'a pas tout l'intérêt qui s'attache ordinairement aux
descriptions purement locales.
Département « La pointe grauitiquc que forment les montagnes du Morvan
rYoDBe. • n'influe en rien, dit AI. Dufrénoy (2), sur la régularité remar-
• qnable de la chaîne de collines que constitue le groupe oolitbîqiie
« moyen. Sa direction, presque S.-O. , N.-E., n'eu éprouve aucune
» altération, et sa limite avec le groupe inférieur court de Clamecy
» à Châiiliun-sur-Seinc, exactement suivant cette orientation. Le
» rétrécissement du troisième groupe, occasionné par le relief dn
> rivage de cette période jurassique, ne s'est pas reproduit dans la
» suivante dont les dépôts se présentent avec leur étendue et leurs
0 caractères habituels. Ainsi, au calcaire marneux de la base succède
» le calcaire blanc exploité dans les belles carrières de Coui-son et
» de Molesmes, entre Coulanges et Auxerre. »
La carte géologique de France montre la zone ooUlhique moveoBO s'étendant très régulièrement, avec la même largeur, du S.-0. au
(4) Nous adoptons la synonymie de cette espèce telle que Ta établie M. T. Davidson («^ monograph oj british brachiopoda, part, III, p. 59, 4854).
(3) Explication^ etc.» vol. 11, p. 870.
GROUPB OOUTHIQUS MOYEN. 233
N.-£., à traTers les départements de l'Yonne, de la Côte-d'Or, de l'Aobe et de la Hante-Marne. M. Élie de Beaumont (1) décrit le groope moyen du premier de ces départements et le représente ooupé par la vallée de l'Yonne aux environs de Vermanton. Il y est composé, sur nne épaisseur considérable, de calcaires marneux blanchâtres, repesant sur le groupe oolithique inférieur, et de caU caires blancs friables, souvent oolitbiqnes. Dans ces derniers se montre une grande quantité de polypiers. « Dans les parties supé-
• rieures et les plus solides surtout, ce groupe conserve, sur les
• bords de l'Yonne et de l'Armançon, les mêmes caractères qu'entre
• b Loire et l'Yonne, et la ligne de carrières ouvertes dans ses cal- » caires à la Charité, à Donzy, à Courson, à Alolesmes, etc., se » continue sur la rive droite de l'Yonne et de la Cure par les
• exploitations de Vermanton, de Bailly, de Saint-Bris, de Tonnerre,
• de Lizines et de Pacy-sur-Armançon. »
Le même savant signale, entre Précy-le-Sec et Jonx-la-Ville, nrla route d'Avallon à Vennanton, à la partie la plus basse des calcaires roarnenx représentants de l'Oxford-clay, un calcaire blanc jaunâtre ou bleuâtre, de 10 à 15 mètres d'épaisseur, renfermant desoolitbes ferrugineuses avec la Érry;?Aa?a dilaiata, le Belemnites hùMtùtm, des Ammonites, etc. (p. kli). « Ces couches inférieures ii du groupe oolidiique moyen constituent le sol sur lequel se dé-
> ploie la grande route d'Avallon à Auxerre jusqu'à Vermanton et » au delà. Elles différent sans doute beaucoup de l'argile oxfor*
• dienne ordinaire par leur composition presque entièrement cal-
> caire ; mais, outre qu'elles contiennent les fossiles habituels de
• KOifiord-clay, elles s'enfoncent sous des couches qu'on peut aisé- » ment reconnaître pour le coral-rag. Cette superposition m'a » paru évidente aux environs de Vermanton, de même que plus à » l'est, près d'Ancy-le-Franc. •
M. ÉKe de Beaumont mentionne ensuite, non loin de Vermanton et de Cravan, les calcaires blancs marneux qui atteignent jusqu'à 80 mètres d'épaisseur en formant les coteaux de la rive droite de l*Yoone et de la Cure. Les carrières de Bailly et l'escarpement dans lequel elles sont ouvertes offrent une bonne coupe de cette série. Vers le bas des carrières, à 5 mètres au-dessus du niveau de l'Yonne, est un calcaire blanc, terreux, tachant, rempli d'Astrées, de Caryophyllies, de Pinnigènes, de Diçeras arielina, d*Osirea
(1) Explication^ etc., vol. Il, p. 4t9, 4848.
254 NORD Dft LA FRANCl.
gregarea et de Térébratoles. La ■econde a8slte« de 50 meures d'épaisseur, consiste en un calcaire blanc aussi, à cassure terrtute, sans polypiers, mais où se trouvent encore la Dieerai Mietifm^ Im mêmes Térébratules (7\ perovalis (1) et /(Tcimosa) avec le M}ftUm solenoides et la Modiola hiportita. La troisième assise, élevée de 42 mètres au-dessus de la rivière, est encore un calcaire bUac* mais sans fossiles. Des carrières fort étendues y sont «uvenee it fournissent de belles pierres d'appareil. Une quatrième aniae oinbprend des calcaires oolitbiques blanc jaunâtre, avec des uoioleB disséminés de calcaire compacte, non oolithique. Son épaiaMir est de 6 mètres, et l'on y trouve beaucoup de Nerinea Moid, N^ eoêtulaia^ N. Bruntrutanat des Pinnigènes et quelques Astrées. Les bancs supérieurs, susceptibles de recevoir le poli, sont employés sous le nom de marbre de Bailly, Knfin, en arrière de ce plateau^ un coteau plus élevé est Iformé de marnes et de calcaires marneux à Exogyra virgula du premier groupe.
(P« 475.) Une coupe parallèle an cours de l'Armançon, entra Ancy-le-Franc et Tonnerre, montre successivement, k partir du groupe oolithique inférieur, les calcaires marneux de l'Oxford^clay et les calcaires blancs du coral-rag, recouverts k l'ooeft de Ton* nerre par l'étage de Kiromeridge.
Dès 1829, M. Elle de Beaumont (2) avait décrit les environs de cette dernière ville et, en en reproduisant plus tard la coupe, il a fait remarquer que la partie inférieure ou l'Oxford'Clay n'avait point, dans cette portion de la zone de la Bourgogne opposée au Morvao, la même netteté de caractères orographiques et minéralogiqnes qu'au sud-ouest, dans le Nivernais et le Berry, et au nord-est dans la Champagne et la Lorraine. Mais les fostflles caractéristiques ont persisté néanmoins et « cette modification de composition et de » relief extérieur n'est, d'ailleurs, dit le savant académicien, qu'ai » fait local; car, k partir de la vallée de l'Armançon, les » iniérieures du groupe oolithique moyen redeviennent i
(4) Cette Térébratule est probablement la T, insignis^ SehaU., fréquente à ce niveau, et qui ressemble assez, en effet, à la T. p^^ vaiiSf Sow.
(ô) Note .iur ^uniformité qui règne dans ta composition de la ceinture jurassique du grand bassin gMogique qui cûmprend Loih dres et Paris {Ann. des se, nat,y vol. XVII, p. 259-264, 4829). — Explication y etc., vol. II, p. 476, 484$»
GROOPI OOLITHIQUK MOYEN. 3M
• •( Je bord eitéritar de l'espace occapé par ce groupe reoointMoco « I tt deanner par ane ligne de coteaux trèa apparente (p. kli). »
A cat faita, que nous avons dû rappelé r« d*abord parce qu'ils ont été publiés depuis longtemps (1829) et qu'ils se rattachent direo* lement ï la carte géoiogiq^ue de France (1841) qui en est l'exprèssioi graphique, nous ajouterons les remarques suitantes avant d'ciposer les discussions auxquelles les mêmes couches ont donné lieD.
Considérées dans leur ensemble, les collines qui entourent la fiilt de Tonnerre et bordent la rive gauche de l'Yonne sont oooh posées de strates plongeant sensiblement au S. et )i l'O., par suite de leur indinaiaon naturelle combinée avec une brisure qui a relevé 00 pen les têtes des couches vers le N. Ceiles-H^i représentent l'élagn do coral-rag surmonté h l'ouest et au sud par une faible épaia« icar de calcaires en lits minces avec Exogyra virgula accumulée par places, formant des veines dans la roche et accompagnée de Gervillia solenoides, de Cardium, etc. , i l'état apathique (ferme dt Boumies, à l'ouest de la ville) (1).
L'horizon le plus nettement accusé dans cette série de l'étage tapérieur du second groupe est celui que marque l'assise exploitée diQS les carrières de la Heine ^ ouvertes dans un vallon au sud^est de Tonnerre, à peu près vers la moitié de la hauteur des collines. U roclie, exploitable sur une diiaine de métrés d'épaisseur, est on calcaire blanc, à structure massive, traversé par des fentes obliqoei. U est marneux et compacte à la fois, homogène et tachant, ou bien ooliihlque, \ oolithes inégales, noduleuses, rappelant les couches de Mortagoe et de Belléme et mieux encore les calcaires blancs do coraUrag de Sancerre. La pierre est sonore sous le choc du mar« tsio et pen gélive. Celle que l'on extrait d'autres carrières aux eaviroos, et particulièrement au nord, le long de la vallée, appartient UMjours à cette même assise dont les bancs inlérieurs sont à grains pltu fins que les supérieurs. I^s fossiles peu nombreux, et dans un BMQvais eut de conservation, sont quelques Térébratules, des Mo« <b4es, des Cardium, des Peignes et des Limes.
Au-dessus, les calcaires sont en bancs minces ou en plaquettes d'abord tendres, d'un blanc pur, puis grisâtres, plus ou nooins compactes, subschistoîdes, se délitant irrégulièrement et constituant le sol pierreux des vignes qui couvrent les coteaux. Les débris de ces
(0 D'Archiac, Notes médites^ 1852.
236 NOBD DE LA FftÂNC£.
couches supérieures, qni représenlent les calcaires à Astartes, accomoles sor les pentes des collines, leur donnenl encore une ressemblance frappante avec celles des environs de Sancerre dont la composition géologique est la même.
Sous rassise exploitée des carrières sont des calcaires gris, marneux, noduleux ou scbistoides, alternant avec des marnes argileuses de même teinte et renfermant des Térébratules, des baguettes de Cidaris Blumenbachii , etc. Les escarpements fort abruptes qui bordent la rive gauche de TYonne u*ont en face d'eux que des pentes très adoucies, basses, faiblement ondulées, jusqu'à ce qu'on atteigne les plateaux situés à une assez grande distance au nord d'Épineuil. Notre conclusion, en ce qui regarde cette localité, est ainsi conforme à celle exprimée par M. Élie de Beaumont (1) : toute la série des calcaires de Tonnerre con*espond à Télage do coral-rag, comme le calcaire marneux d'Âncy-le-Franc à TOxfordclay, et, d'après cette manière de voir, celui de Vermanton ne serait que le prolongement de ce dernier.
Si nous reprenons actuellement, dans un ordre chronologiqiie, les observations dont l'étage inférieur du second groupe a été plus particulièrement l'objet, nous verrons N. Moreau (2) signaler, en 1840, la Gryphœa dilaiata et des Térébratules sur les bords de la Cure, entre Saint-Moré et Àrcy, dans des calcaires qui reposent sur les calcaires oolithiques analogues à ceux dont est couronné le tertre de Montmartre, à l'ouest de Pont-Aubert. M. La Joyc (3), en mentionnant le même gisement de la G. dilaiata accompagnée étVOstrea flabelloides, Ziet. (0. Marshii, Sow.), de la Trigonia costata, Park., de la GervUlia aviculoideSj id, de Pholadomyes, de V Ammonites biplex^ Sovi?., etc., fait remarquer que dans cet étage se rencontrent aussi des couches siliceuses renfermant des polypiers, des échinides, des Térébratules, iïes Pinnigènes {P. lemceolata) et de nombreuses boules calcaires irrégulières, contenaot au cenUre des corps organisés. Ces boules sont assez analogues i celles des argiles à chailles du Jura, et au-dessous l'auteur indkpie une assise oolithique puissante, à petits grains souvent jaunes, mais sur l'âge de laquelle il ne se prononce pas.
Comme les auteurs de la carte géologique de la France, M. de
i{\ EjcpUcatioti , etc., vol. Il, p. 478. t) Bull., ^'sér., vol. XI, p. 288, 1840. 3) Ibid,, p. 231 .
GROUPK OOLITOIQUE MOYEN. 237
LoogoeiDar (1) place dans le groupe oolithique inférieur, en les rap* portant an forest-marble, des calcaires blancs, à texture grossière, soofent caverneux, recouverts par des roches un peu jaunâtres, à texture cristalline, qui enveloppent de nombreux polypiers et bordent TYonne de Conianges à >lailly-Ie-Château, etc. Les fossiles de cette assise sont tous changés en calcaire spalhique. Au-dessus viennent des couches argilo-calcaircs, rangées dans le sous-étage de Kelloway, puis des calcaires argileux grisâtres, se chargeant d'oolithes et passant à Tétat compacte on lithographique. Ils ren« ferment peu de fossiles et paraissent être analogues â ceux de Yermanton.
Le coral-rag est partagé en deux sous-étages qui correspondent aux divisions que nous avons déjà indiquées : Tun inférieur comprend des calcaires blancs , imparfaitement stratifiés , de dureté moyenne, faciles à tailler et très recherchés pour les constructions : c'est l'équivalent delà pierre de Tonnerre; l'autre supérieur est composé de calcaires argileux, généralement schistoîdes, gris-blanc 00 jaunâtres, compactes ou oolithiques. M. de Longuemar donne aussi la coupe des escarpements des bords de L'Yonne à Laize et à fiailly, mais il semble placer les calcaires â oolithes miliaires et le banc appelé marbre de Bailly beaucoup plus bas que les auteurs de la carte de France.
En 18/ii^, iVl. Cotteau (2) rapporta au coral-rag les calcaires niMOttion bbncsdont M. de lx>nguemar avait fait du forest-marble. En 18/i5, dm couche» la Société géologique (3) observa à Châtel-Censoir, sur le bord de ^'rTonnr llfonne, un lambeau d'Oxford-clay caractérisé par le Dysaster u cli«. I^ropinquusj Ag. , le Pecten fibrosus, Sow. , la Gryphœa dilatata, Sow., le Beiemnites kasiaius^ Blainv., le Nautilus yiganteus^ d'Orb. , les Ammonites bxplex et cordatus^ Sow. , et plongeant à la sortie de la ville sous le coral-rag, qui acquiert en ce point une grande épaisseur. Ce dernier, couronnant d'abord le sommet des nK)nUignes, les constitue ensuite entièrement près de Merry, à 2 kilomètres de Châtel-Censoir et renferme une grande quantité de polypiers. Il est surmontée son tour, vers Avigny, par des calcaires
(I) Etudes géologiques sur les terrains de In rive gauche de VYonnt^ p. 35-37, in-8, avec atlas in-4 de carte, coupes et fossiles, Auxerre, 4 843.
Annuaire statist. de l* Yonne y p. 236 et suivantes. Bull., V série, vol. II, p. 692, 4 845.
981 NOaD Dl U fRAlfCI.
«olitliiqtMS avee dos Nérinées et des Dicérateii. A YtmMDioo, h partie sapérieure de l'Oxford-clay , composée de calcaires coropaoïas, I caasnra conchoïde, en bancs peu épais et alternant avec des mahies, atteint près de 200 mètres d'épaisseur. Les grottes d'ârcy, ouvertes sur les rives de la Cure, se trouvent dans les couches de la partie moyenne de l'étage (p. 692) et dans le coral-rag snbait M. Royer (i). De ce point jusqu'à A vallon» la Société a obeervé la partie inférieure de l'Oxford-clay remplie de silex en rognons disséminés dans la roche avec la Grypkaa dilatala et VAmmonitwêèipiex, La substitution brusque du coral-rag i l'OxfordHslay, ao noid de Châtel-Censoir, avait été attribuée par M. Cotteau à la soppresaioii locale de ce dernier étage; mais M. Royer (2) y vit l'offac d'aoe £MUe. Plus tard, le premier de ces géologues (8), tout en adoptait It classement ci^dessus, rejeta l'eiislence de la faille et crut qos le coraUrag s'était déposé presque immédiatement nur une protobé^ rance de la grande oolithe. Dans une autre circonstance {k), il admit que les calcaires blancs passaient sous le système argîkoi et calcaire de Vermanton. Pour lui, rOxford*clay de ce pays se cou* pose seulement d'une asme ferrugineuse h la base et de cedcmts au-dessus. L'assise ferrugineuse repose sur les dernières couches du oornbrash ; elle est ici peu développée et n'est que le proloageinent de celle de Gbâtillon-sur-Seine (Côte-d'Or). fille compread des marnes et des calcaires subordonnés, les unes brun-rougeâtres remplies d'oolitbes ferrugineuses, les autres renfermant beaocosp de fossiles, particulièrement des céphalopodes et des gastéropodes (Cbilel-Gérard, Etivey, Gigny). Le minerai est exploité dans la dernière de ces localités. Le calcaire de la seconde assise, qui coastitue le massif d'Ancy-le-Franc et de Pacy, est en bancs épui, solides, exploités pour pierre de taille, et ne présenta que pe« de fossiles {Ammonites biplex, Sow,). M. Cotteau ne serait pas mêoie éloigné de le réunir aux couches suivantes avec chaiUes; aMî trouve-t-il (p. 98) que l'étage du coral-rag occupe dans le déps^ tament de l'Yonne une très grande surface. Il y éublit les quatre divisions suivantes, de bas en haut.
(4) E. Royer, Buli,, 2* série, vol. II, p. 748, 4846.
\%\ Jbid.,p. 746.
3j Bull, Soc, des fc. hisior. et natur, de l'Yonne, vol. I, p. W et 307, 4847.
(4) 7M., vol. IV, p. 4 87, 4850. --«^ Étudee sur le4 écldmdes fossiles du département de tTonue^ p« 77, in<4, av^ pl«, 4860.
GROUFB 001.1TBIQUS MOTRN. 3M
i^ Im eouekeê avec ekailles, qu*il tmt à la base dQ cQral'rag(l), «mbhot Jodiqaw \% passage entre lea conditions physiques sous les* qudies s'est déposé TOxfordclay et celles qui Tont suivi. Elles sont peu épaisses, mais remplies de fossiles. Dans les bancs calcaires iaftrieurs, les espèces de Tétage d'Oxford dominent encore; ce SMit la Pkoladomya trapezicosta, d'Orb. , P. exaltata, Ag. , Trigmia monilifera, Ag., Gervillia aviculoideê, Sow., Pectensulh' fUroius, d'Orb., P, vimineus, Sow,. GrypLœa dilaiata, id.. Naailus giganteut» d'Orb., Ammonites plicatilis, Sow., A.per* anmtus^ id. , À. canaliciUatus, Munst, A la partie supérieure, les écUaides sont fort abondants. Ces divers fossiles sont untAt cal« ciir«6, taiil6t siliceux, et les chailles siliceuses sont surtout très fréquentes vers le haut.
2** Dans l'assise désignée sous le nom de coral-rag inférieur^ le$ polypiers se multiplient extrêmement. Les eaux durent alors dépasaar les limites d#s couches à chailles et s'étendre jusque sur la panda ooUib# (Chàtel-Censoir). L'auteur y signale jusqu'à 20 «s^ pèees de Nérinées, les Dicera» arietina et sinittra, des polypiers loanthaires très abondants partout, et qui lui font comparer ces couches au coral-rag du département de la Mense.
3* Les calcaires lithographiques qui viennent ensuite foroiettl par leurs caractères un contraste frappant avec les précédents. Ils «QMituent un dépôt puissant, homogène dans toute sa hauteur, divisé en bancs d'épaisseur variable, mais très réguliers, gris, complètes, à cassure conchoîde, et renfermant peu de fossiles. Les polypiers, lescrînoîdes, les échinides et les gastéropodes ont disparu, ks céphalopodes sont peu nooabreux, mais les acéphales propres ¥0^ plages vaseuses reparaissent* Ces roches constituent le plateau qui sépare Lucy-le-Bois de Vermanton où elles atteignent une épanseur qui dépasse 100 mètres. Très puissantes ainsi dans la partie orientale du département, elles diminuent de plus en pins lonqu'on s'avance vers l'O.
4" Ënûn le coral'^'ag stdpérieur dénote de nouveaux changementl> dans les conditions de son dépôt. Les polypiers reparaissent avec tfls gastéropodes et les échinides. C'est à cette assise qu'appartien* draiaut, suivant M, Cotteau, les pierres exploitées à Tonnerre avec AmioQQiMis, Nérinées, Natices, Trigonies, Phoiadomyes, etc., le
(4 ) Bull, Soc. des se, histor, etnatur. du d^artement de F Yonne ^ ▼ol,m,p. 366.
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marbre de Bailly a?ec des polypiers, Nerinea Bt^ugètrutona, éLc Au-dessas s*étendent les calcaires à Astartes dont TenseBiUe rappelle encore les caractères de Tassise inférieure.
De son côté, IVI. V. Ranlin (1) était arrivé dès i8i^8 à une conclusion très différente des précédentes, savoir : que les calcaires ii |)olypiers de Châtel-Censoir, du Saussois, du Bois-du-Parc, ahisi que ceux de Coulanges-sur- Yonne, de ftlagny et de Mailly-le-Ghâteau, sur les deux rives de l'Yonne, en s'enfonçant au N. soos les marnes et les calcaires compactes de Sery et de Vermanton, représentaient la ^partie moyenne de rOxfic»rd-clay et non le coralnra^ Ayant fait ensuite un certain nomtMre de coupes dans les vallées qui traversent la zone jurassique du département, il en déduisit (p. i!i93) que Tétage de l'Oxford-clay peut s'y diviser en trois assises comme il suit.
L'assise inférieure , épaisse de quelques mètres seulement et composée d'argile gris jaunâtre, renferme du fer hydraté oolithiqae exploité comme minerai, tantôt en place (Étivey), tantôt dans a dépôt remanié de l'époque quaternaire (Sénevoy-le-Bas). Elle n'a pas été reconnue jusqu'à présent à l'ouest du Serain. L'assise moyenne, depuis la limite orientale du département jusque près de la vallée de la Cure, est formée d'argile, de marnes et de calcaires compactes alternants; les dernières prédominent vers le haut. Dais la vallée même de la Cure, la base de cette assise comprend des calcaires compactes massifs, le milieu des calcaires pisolithîqnes ï coraux et le sommet des calcaires compactes. Dans celle de l'Yonne et plus à l'ouest, la partie inférieure montre des calcaires marneux parfois compactes, avec des rognons siliceux ; au-dessus viennent des calcaires blancs, pisolitbiques avec de nombreux fossiles, des calcaires oolithiques ou des calcaires grossiers remplis de polypiers. Cet ensemble calcaire, dit l'auteur, ne saurait être distingué miné^ ralogiquemeut du coral-rag ; la superposition seule démontre qu'A ne fait pas partie de celui de TYonne, et qu'il est un équivalent de la partie moyenne de l'Oxford-clay de l'est. A Druies, où la roche est accidentellement marneuse , les polypiers n'y persistent pas moins. Enfin l'assise supérieure est partout formée de calcaires compactes, tubnlaires, où les lits marneux interposés sont d'auunt plus rares qu'on se rapproche davantage de l'ouest. A la jonction des vallées de la Cure et de l'Yonne, elle est grise et beaucoup plus
{{) Bail., 2* série, vol. X, p. 485, 4853.
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argileuse et marnease que partout aillears ( Vermanton , Cravaii,etc).
Si les saperpositions ne laissent aacan doute à M. Raulin sur r%e des calcaires blancs à polypiers de Châtel-Ceusoir qu*il rapporte ï l'assise moyenne de l'étage d'Oxford» nous pourrions, pour jofitifier l'opinion qui en fait du coral-rag, citer les principaux fossib qu'on y trouve, et que lui-même y signale; mais, au mois de mai 1855, M. Cotteaa (1) a repris la question au point de vue l^éontolc^ique d'une manière plus complète, et nous exposerons sommairement le résultat de ses recherches.
Tout en admettant le même point de départ que M. Raulin, tout en reconnaissani la justesse de ses observations en ce qui concerne la délimitation et la superposition des couches en discussion, M.Cotteau n'en persiste pas moins à les placer à la base et à la partie moyenne du coral-rag. Également d'accord avec la manière dont nous verrons que M. Buvignier a tracé la limite inférieure du même étage dans le département de la Meuse, il fait voir que, dans l'un et Taou-e département, 37 espèces sont communes à cette sous-division des calcaires aTec chailles, que les céphalopodes y sont fréquents, ainsi que les acéphales, tandis que les polypiers y manquent presque tout à fait; en outre, comme on l'a dit, un certain nombre d'espèces de rOxford-clay s'y montrent encore. Cette assise est celle qui, d'après l'opinion contraire, formerait la base de la partie moyenne de l'Oxford-clay, les calcaires blancs ooiitbiques et pisolithiques qoi sont au-dessus, et les calcaires compactes lithographiques qui surmontent ces derniers, complétant alors l'étage.
Ces calcaires blancs, ooiitbiques et pisolithiques, sont donc, poor H. Cotteau, les représentants exacts du coral-rag de Sainte Mihiel (Ueuse). Les caractères des roches sur les bords de l'Yonne, à Merry, à Mailly-le-Château, sont identiques avec ceux qn'elles affectent sur les bords de la Meuse, et, quant aux fossiles qu'elles renferment, on remarque de part et d'autre une extrême abondance de polypiers, d'échinidesetde gastéropodes, aussi bien que la rareté des céphalopodes. Sur 323 espèces fossiles déterminées et provenant des calcaires blancs et pisolithiques du département de l'Yonne, M leur sont propres, 225 appartiennent à l'étage du coral-rag, 17 à celai d'Oxford, et, sur ce dernier nombre, 11 avaient été signalées alHeors, ^ la fois, dans le coral-rag et l'Oxford-cIay ; 158 espèces
0) Buti.j V série, vol. XH, p. 693, 4855. VI. 16
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se retroQTem dans le coral-rag oon contesté, soit d'aatm putiet du même département, soit des départements voisins, oo eafin de pays plus éloignés. Les espèces les plus communes dans ces calcaires sont également celles que Ton regarde comme caracténsam le mieni le coral-rag {Eunomia lœvis^ d*Orb., Thecomnilia Buoignieri^ id., Echinm per lotus ^ Desm., Cidarii coronaia^ GoUL, Diceras arietina^ Um., Cardium corallinum^ Leym., Nerinea Defrancii, Desb«, iV. Cabanetiam, d'Orb., N. Jfosor, Desiu, K Maadehlohi^ Bronn).
« 153 espèces communes entre les couches de FYonne et celles
• de Saint-Mihiel, continue M. Gotteau (p. 7M), ne peuvent laisser » aucun doute sur leur synchronisme, surtout lorsque Ton conaîdère
• que quelques-unes de ces espèces, très remarquables par leur » forme, telles que le Purpurina Moreatuia^ VActeonina Dorma--
• iiana, VOpisparadaxa^ V Hippopodium CoUaldinum^ le Mytilm » petasuSj n*ont jamais été signalés sur d'autres points. Noo-seak- » ment ces deux dépôts sont contemporains, mais ils ont éié foroiés » sous la même influence. Dans les deux localités, nous retrouvons » la même association de genres et d'espèces. Certains bancs sont » presque entièrement pétris de Diceras; dans d'autres dominent
• les Nérites, les Trochus, les Turbo, les Gérites, les Pileolus. Le » seul genre Nérinée a offert aux environs de Saint-Mihiel 38 es-
• pèces, et 33 à Goulanges-sur- Yonne et Ghâtel-Censoir, et, sur ce » nombre, 22 sout identiques. Dans la Meuse comme dans 1* Yonne,
• les zoopbytes se sont partout multipliés avec une prodigieuse » abondance. Développement des mêmes genres , identité des 9 espèces, tout concourt à prouver que nos calcaires blancs et piso- » lithiques correspondent exactement aux couches coralliennes les » plus fossilifères de Saint-Mihiel. »
Quant aux calcaires marneux compactes si remarquables par Tuniformité de leurs caractères, et que tous les géologues aTaient jusqu'alors classés dans l'étage d'Oxford, leur superposition aux calcaires blancs et pisolithiques paraît être démontrée. Gomme ils semblent, malgré leur épaisseur à Joux-la-Ville et à Vermanton, n'avoir point d'analogues dans les départements voisins, M. Gotteau présume qu'ils s'amincissent vers le S.-O., n'ont plus que quelques mètres à la montagne des Alouettes , et disparaissent sur d'autres points, de manière à permettre la réunion du coral-rag inférieur ou à polypiers avec les assises les plus élevées de l'étage. L'auteur y a recueilli 58 espèces dont 12 leur sont propres, 22 appartiennent
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ao C0ral-rag. Des 12 qui se retrouveot dans le KJmmeridge-clay, 7 n'araient encore été citées que dans cet étage, et, parmi les i 7 qut ont leurs analogues dans l'Oxford-clay, 3 n'étaient connues que dans celni-ci. Cette dernière proportion est un peu plus forte que dans les calcaires blancs, sans doute à cause de Tanaiogie des sédi^ ments avec ceux de TOxford-clay. Ces espèces d'ailleurs ne sont pas essentiellement caractéristiques de cet étage, tandis que les. 7 do Kimmeridge-clay {Ceromya excentrica, Ag. , C. obovata^ d*Orb., Lavignon rugosa, d*Orb. {Mya^ id.^Roem.), Cardium ùwfrenoycum, Buv., Mytilus Medm, d*Orb., P^ien Minerva^ \A.,P, tuprajitrensis^ Buv., Ostrea solitaria^ Sow.), plus caractéristiques, sont assez répandues, et tendent à montrer que ces coQcbes se rapprochent déjà davantage du Kimmeridge-clay que de roxford-clay.
« En résmné (p. 709), sur 381 espèces recueillies dans les deux «assises dont M. Raulin veut faire de TOxford-clay moyen et supé- » rieur du département de l'Yonne, 93 leur sont propres, 2lil ap-. > partiennent à l'époque corallienne, et 9 seulement à l'époque
• oiibrdienne. 25 sont communes aux étages corallien etoxfordien,
* et 7 ont été rencontrées dans l'étage de Kimmeridge. t
Enfin les derniers documents que nous trouvons sur ce sujet sont exprimés d« la manière suivante dans la légende qui accompagne la Carte géologique du département de /' Yonne (1), que viennent de publier MAI. Âl. Leymerieet Y. Raulin. Les auteurs ont consacré au groupe oolitbique moyen trois teintes sous lesquelles ils réunissent ainsi les diverses assises :
. ( Calcaire à A»UrtM.
\ Calealre corallien blanc.