‹ Histoire des progrès des science naturelles, depuis 1789 jusqu'a ce jour (volume 3)Chapitre 2 sur 6 · BUFFON. COMPLÉM. T. III · texte numérisé non relu

BUFFON. COMPLÉM. T. III

priocipale part dans le développement du bois, et par conséquent dans le grossissement du tronc.

M. Féburier, cultivateur à Versailles, a essayé de recueillir séparément ces deux sèves ; pour cet effet il a pratiqué une entaille profonde à un tronc d arbre, et adapté une vessie contre la paroi inférieure , de manière qu'il ne pût y entrer que le liquide qui viendroit des parties de larbre situées au-dessous ; il a fait une autre entaille , et il a placé la vessie à la paroi supérieure, en sorte quelle ne pouvoit recevoir qup des sucs venus d'au-dessus.

M. Féburier considère la sève recueillie dans la vessie inférieure comme de la sève montante; et l'autre comme de la sève descendante , et donne des observations nombreuses sur les proportions de lune etde l'autre en diverses circonstances. Voulant ensuite s assurer du chemin que chaque sève parcourt dans lintérieur du végétal, il a plongé alternativement, par les deux bouts, des branches d'arbres dans des teintures colorées. Dans les deux cas , ces teintures lui ont paru suivre les fibres ligneuses de Tétui médullaire, ce qui lui fait attribuer la même marche aux deux sèves , en quoi il «e rencontre avec le résultat dautres expériences laites par Mus^el.

M. Féburier pense d'ailleurs que la sève ascendante contribue principalement au développement

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des branches; la descendante, à celui des racines : mais il croit que le cambium, ou cette humeur qui transsude horizontatement du tronc y tt que Ion regarde comme la matière qui donne à l arbre son accroissement en épaisseur, résulte , ainsi que les sucs propres, du mélange des deu^ sèves.

La présence des feuillel nécessaires pour produire la sève descendante Test en conséquence aussi pour laccroissement en épaisseur ; mais les bourgeons, à qui M. du PetifvThouars fait jouer un grand rôle dans cette opération, n^ ont aucune part, selon M. Féburier, ear elle a lieu, dit-il , tant que les feuilles existent, et elle cesse aussitôt qu'on les enlève, soit qu'on laisse les bourgeons o« non.

Quant à ce qui regarde les fl«urs et les fruits, M, Fébufier assure avoir observé que la sève ascendante , lorsqu'elle prédomine, tend à déterminer la production des fleurs simples et le développement complet des germes; que la sèl^e descendante au contraire, lorsqu'elle est surabondante, opère la multiplication des fleurs et des pétale^j et le grossissement des péricarpes , et par conséquent de la partie charnue des fruits : principes d'où il seroit facile de déduire beaucoup de pratiques utiles à la culture, et qui expliqueroie^ aussi plusieurs des pratiques déjà indiquées par l'expérience.

Selon M. Féburier, l'aubier mis à nu, mais ga-

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ranti du contact de Fair, est en état de reproduire, par le moyen du cambium, le liber et Técorce nécessaires pour le recouvrir, comme i*écorce produit habituellement, et même lorsquon Fa en partie écartée de son tronc , du liber et de laubier. Eu ce point il a }K>ur antagoniste noire collègue, M. Palisot de Beauvois , qui s'est occupé de ces questions toujours difficiles, de la marche de la sève et de la formation du bois. Selon ce botaniste, ce suintement d*une humeur glaireuse , que quelques physiologistes supposent émaner de laubier ancien , et qui contribueroit à la formation du liber, n est pas fondé sur des expériences probantes. Au contraire, quand on- a enlevé une portion d'écorce à un arbre, et qu on a bien frotté la plaie , de manière à n y laisser ni liber ni cambiuni, ni laubier ni 1% bois ne reproduisent rien; mais les bords de la solution de continuité faite à Técorce s'étendent, recouvrent le bois resté à nu , et produisent alors du liber et de laubier incontestablement émanés de cette écorce. M. de Beautois annonce qu'il mettra bientôt dans tout son jour cette proposition , qu'il n*a énoncée que par occasion dans un mémoire sur la moelle des végétaux.

L opinion desphy#ologistes a été jusqu'à présent très partagée sur l'utilité et les fonctions de la moelle des végétaux. Suivant les uns, cet organe est néces-

saire à la vie des plantes durant toute leur existence ; suivant d autres, elle ne leur est utile que dans les premières années , et tout le temps seulement qu elle est verte , succulente , et lorsqu'elle peut encore être aisément confondue avec le tissu cellulaire. M. de Beauvois a fait, à ce sujet, des observations qui tendent à établir que la moelle exerce, pendant toute la vie des plantes, des fonctions sini^n dime nécessité absolue pour leur existence, du moins très importantes pour leurs progrès, et les développements de leurs branches, de leurs feuilles, et sur-tout des organes nécessaires à leur reproduction.

Il a remarqué que Tétui médtillaire, c est-à-dire la couche circulaire de fibres qui entourent immédiatement la masse de la moeHe, a toujours une forme correspondante à l'arrangement et à la disposition des branches , des rameaux , et des feuilles ; que, dans les végétaux, à rameaux et à feuilles verticillées , par exemf^e, la coupe horisontale de Vétui médullaire montre autant d angles qu il y a de rameaux à chaque étage et à chaque vertieille.

Ainsi Fétui médullaire du laurier rose offre un triangle équilatéral si la branche au - dessous des verticilles est à trois rameaux et à trois feuilles ; mais si on le coupe en dessous du vertieille le plus inférieur, dont souvent un rameau et une feuille avortent, il n'aura que deux angles et le vestige d'un

troisième ég[alement avorté- Cette loi $*est trouvée constante, même dans les plantes herbacées.

M. de Beau vois a commencé des observations semblables sur les plantes à feuilles opposées, alternes, distiques, en spirales répétées, et composées de quatre, cinq, et un plus grand nombre de feuilles et de rameaux. Il r^arde comme probable qu'il y trouverez les mêmes rapports entre la forme de Tétui médullaire et la disposition des branches, des rameaux, et des feuilles. Par exemple les feuilles oppo&ées semblent nécessiter un étui médullaire rond , et qui devient ovale , ayant les extrémités de plus en plus aiguë», phis il se rapproche du point de Finsertion des rameaux et des feuilles.

Lorsque les feuilles sont alternes, le cercle est moins parfait, les extrémités s amincissent également, mais alternativement, et chacane du côté où doit paroltre le rameau.

Lorsque les feuilles sont en spirale , le nombre des ang^les de Tétui médullaire est égal k celui des feuilles dont se composent les spirales. C-est ainsi que Tétui médullaire du tilleul n a que quatre angles; celui du chêne, du châtaignier, de la ronce, du poirier, de presque tous les arbres fruitiers, etc. , est à cinq angles plus ou moins réguliers , parceque les spirales se multiplient et se succèdent constamment de cinq en cinq.

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Grew et Bonnet paroissent avoir été seuls sur la voie de ces observations. Le premier avoit observé des formes très variées dans Tétui médullaire , surtout dans celui des racines pivotantes des j[^ntes potagères ; mais il n a point saisi les rapports de ces formes avec des dispositions des rameaux et des feuilles. Le second s'est attaché à distinguer les vé-^ gétaux à feuilles opposées, verticillées, alternes, en spirales, mais n^a pas fait le rapprochement de ces dispositions avec la forme de Tétui médullaire.

M. de Mirbel a continué ses recherches sur la structure des organe^ de la fructification dans les végétaux, où il a été secondé, avec un zèle et une intelligence qu il se plaità reconnoître, par M. Schubert, que le gouvernement du grand -duché de Varsovie a envoyé en France pour se perfectionner dans la botanique, quil doit bientôt enseigner en Pologne.

Ces deux botanistes ont examiné tous les geni»s de la famille des arbres à aiguilles ou conifères, luïia des plus importantes à connoitrc a cause de la singularité de son organisation, de la grandeur des espèces qu'elle renferme, ettle Futilité de ses produits. Il n est personne qui ne distingue très bien , au premier coup d'œil , le cèdre , le mélèze , le pin , le«apin , le thuya , le cyprès , Vif, le genévrier; mais, quoique les botanistes aient étudié av£c une atten^^

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tion particulière les organes de la reproduction de ces. végétaux , ils ne sont point d^accord sur les caractères de la fleur femelle, ou pour mieux dire la plupart conviennent que le stigmate du pin , du sapin, du cèdre, et du mélèze, est encore à trouver. On pourroit donc dire que ces arbres sont, à cet égard , des espèces de cryptogames. MM. de Mirbel et Schubert vont plus loin : ils assurent que la fleur femelle de Tif, du genévrier, du thuya, du /cyprès, etc., nest pas mieux connue, et que, sans exception, tous les genres de la famille des conifères ont un caractère commun, qui jusqua pré* sent a trompé les observateurs , et qui consiste dans 1 existence d'une cupule, non pas telle que celle de la fleur du chêne , qui ne couvre que la base de Fo- Taire, mais beaucoup plus creuse, cachant entière* ment lovaire , et resserrée en manière de goulot à son orifice. La fleur femelle, renfermée dans cette euvetoppe, a échappé à l'observation . Dans le thuya, Tif , le genévrier, le cyprès , etc. , la cupule est redressée; et, par une erreur qu'explique l'extrême petitesse des organes, on a pris de tout temps l'orifice de cett^cupule pour le stigmate. Dans le cèdre, le mélèze, le pin, et le sapin, la cupule est renver-* sée, et son orifice est très difficile à apercevoir. C'est seulement dans ces dernières années qu'elle a été observée, en Angleterre par M. Satisbury, en France

par MM. Poiteau, de Mirbel, et Schubert. Ces bota- DJstes n^ODt pas hésité à la considérer comme le stigmate; et cela étoit naturel, puisqu'on saecordoit à placer le stigmate de Tif, du thuya , du cyprès, etc. , à lorifice de la cupule. Mais des recherches ultérieures ont détrompé MM. de Mirbel et Schubert. Par le moyen d une anatomie délicate , ils ont reconnu que ce que Ion prend général^nent pour la fleur femelle dans les conifères n'est autre chose que la cupule, dont la forme imite assez bien celle d'un pistil, et qui recèle dans sa cavité la véritable fleur, laquelle est pourvue d'un calice membraneux adhérent à lovaire, et d'un stigmate sessile dans tous les genres, excepté dans Yephedra.

On conçoit que cette structure, si différente de ce qu'on avoit imaginé jusqu'ici, amène de grands changements dans l'exposition des caractères de la famille et des genres.

Selon M. de Mirbel, la fleur femelle des plantes de la famille du cycas a une organisation analogue à celle des conifères; oe qui viendroit à l'appui du sentiment de M. Richard, qui pla4:e ces deux familles l'une à côté de l'autre parmi les dicotylédons ; mais M. de Mirbel pense que, tant q ue les caractères de la végétation serviront de base aux deux grandes divisions des végétaux à fleurs visibles , les cycadées ne pourront être éloignées des palmiers*

L'organisation de la fleur mâle des mousses a été aussi Im sujet des recherches de MM. de Mirbel et Schié>ert. Après Hedwig il eût été difficile de découvrir quelques faits neufs sur cette matière. Mais la rupture des anthères et rémission du pollen étoient des phteomènes que plusieurs botanistes révoquoient en doute. Nos deux botanistes assurent qu'ils se sont offerts de la manière la moins équivoque à leurs regards. Les organes qu Hedwig appelle mâles, dansle pofyirichum commune^ placés sur leau, se sont fendus en bec à leur sommet, et ont lancé une liqueur oléagineuse , qui 8*est étendue comme un léger nuage à la surface du liquide. MM. de Mirbel et Schubert ont alors soumis comparativement à lobservation le pollen d'un grand nombre de plantes phanérogames, et ils ont vu qu'il se comportoit tout-à-fait de même que les parties mâles des mousses ; ce qui les porte à croire que CQS parties , désignées sous le nom d anthères par Hedwig, pourroient bien n'être que de simples grains de pollen nu, d'une Ibrme particulière.

M. de Mirbel en particulier a continué ses recherches sur la germination. Il remarque, contre l'opinion asses généralemeq^ répandue , que la radicule ne perce pas toujours la première. Par exemple dans beaucoup de cypéracées c'est constamment la plumule qui parirft d'abord.

Le même botaniste a reproduit sous un nouveau jour, et avec des modifications et des additions importantes, ses opinions sur lorganisation des tiges , sur leur développement , et sur la structure , tant interne qu'externe, des organes de la fécondation des plantes.

M. Henri deCassini, fils de lun de nos confrères, et dont le nom est si célèbre en astronomie, a présenté à rinstitut un mémoire qui fait bien augurer de ses succès dans une autre science. Il a ejiaminé avec un soin particulier le style et le stigniate dans toute une famille de plantes bien connues sous les noms décomposées^ desyngénésieSyOn desynanthérées; et des organes si peu considérables lui ont offert une foxile de différences curieuses, qui lui ont suffi pour proposer une division de ces plantes, uniquement fondée sur les modifications de ces deux parties du pistil.

Nous regrettons de ne pouvoir suivre cet habile observateur dans les détails où il est entré, et qail a décrits et dessinés avec une netteté singulière ; on ne doute point qu'ils ne servent beaucoup un jour à perfectionner la classification de cette famille si nombreuse et si naturelle, et dont la subdivision doit être en conséquence plus difficile qu aucune autre.

Il est peu de familles de végétaux aussi directe-

ment utiles à rhomiue que celle des graminées, où Ion compte le blé, le seigle, le riz, le maïs, le sorgho, la canne à sucre, Forge, lavoine, le mil ou millet, le roseau, le sparte, etc.

Nommer ces plantes c'est assez faire sentir Timportance d'un ouvrage qui apprendroit à les connoître avec certitude.

Les caractères dont on s est servi jusqu'à présent sont généralement regardés comme insuffisants. A chaque pas l'observateur se trouve arrêté ; il lui est difficile, souvent même impossible, de trouver le véritable genre de la plante qu'il examine ; souvent aussi les caractères adoptés ne conviennent qu'à quelques espèces, et ne se retrouvent plus dans le reste du genre.

M. Palisot de Beauvois a entrepris sur cette famille un travail général, qu'il vient de publier sous le titre d'Essai d Agrostographie. Il s'est attaché à écarter toute espèce de confusion , et à donner à clwique genre des signes constants et faciles à saisir, de manière que l'observateur ne puisse plus être égaré.

Pour cet ^et il a été obligé d'adopter de nouvelles bases , qu'il a déjà annoncées dans sa Flore dOware et de Bénin, et qui tiennent princijpalement à la séparation ou à la réunion des sexes , à la compositioi^ de la fleur, et au nombre de ses enveloppes.

Vingt-cinq planches, dans lesquelles tous ces caractères sont représentés, facilitent Tétude de ces plantes, qui intéressent tous les ordres de la société, et les personnes même qui ne font pas leur occupation essentielle de la botanique.

M. de Beauvois continue sa FUxre dOvoare et de Bénin, dont la treizième livraison est publiée, et son Histoire des insectes recueillis en Afrique et en AmériquCy dont la huitième livraison a paru.

M. de La Billardière a continué et termine le Recueil de ses plantes rares de Syrie et du Liban, par les quatrième et cinquième livraisons.

Le même naturaliste a communiqué à llnstitut plusieurs observations particulières et intéressantes d'histoire naturelle, q u'il avoit faites dans son voyage au Levant, dont la publication a été interrompue par le voyage plus long et plus dangereux qu^il a fait depuis avec d'Ëntrecasteaux , et dont le public a la relation depuis plusieurs années.

M. Gouan, correspondant de llnstitut à Montpellier, a publié une description des caractères génériques du ginho biloba, arbre singulier du Japon, que Ton possédoit depuis long -temps en Europe, mais qui n y ayant point encore fleuri n'avoit pu être mis à sa place dans le système des végétaux.

Il est une famille de plantes bien moins importantes que les graminées par ses usages, mais beau-

coup plus singulière par ses caractères, et que Ton né peut observer 'en vie quaux bords de la mer; c est celle des fucus et des plantes marines qui leur sent analogues. M. Lamouroux , professeur d'his* toire naturelle à Caen , placé favorablement dans une ville si peu éloignée de la côte, en a fait Tun de ses principaux objets d'étude. Il leur donne le nom commun de thalassiophytes ^ et les divise en plusieurs tribus, dont il a été obligé de prendre les caractères dans toutes les parties du végétal, feute d'en trouver assez dans les organes de la fructification , qui servent ordinairement de base à ces sortes de distributions, mais qui sont trop peu connus dans la plupart des fucus pour que Ion y ait uniquement recours.

C'est encore là un de ces travaux aussi pénibles qu'utiles que nous avons regret de ne pouvoir analyser dans un récit aussi sommaire que le nôtre ; qu'il nous suffise de nous joindre aux commissaires de rinstitut pour en demander la prompte publication.

liC phénomène si connu de la chute des feuillefâ en automne est encore le sujet dé quelques discussions par rapport à ses causes , et donne encore lieu à diverses observations sur ses variétés. Ainsi

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M. Carnot, membre de la sectron de mécanique, mais dont Fesprit observateur ne néglige rien de ce qui lui parolt pouvoir fournir des sujets de méditations , ayant remarqué que certains arbres commencent à se dépouiller par le haut de leilr cime , et d'autres par le bas, M. Palisot de Beau vois , membre de la section de botanique, a recherché la raison de cette. différence. Il a trouvé quen général les espèces où la pousse automnale consiste en de simples prolongations des extrémités des rameaux se dépouillent d abord par le bas , et que celles où cette pousse se fait par de petits rameaux latéraux commencent à se dépouiller par le haut , ou , en d'autres termes , que les feuilles venues lès dernières sont aussi les dernières qui tombent. Duhamel , qui avoit fait une remarque analogue, s'étonnoit que ces fi&uilles , qui doivent être plus tendres , rési«tossent davantage à la gelée; c'est que ce n est point essentiellement la gelée qui fait tomber les feuilles, mais que leur chute est un effet nécessaire et coordonné à toute la marche de la végétation , et que , soit par le développement du bourgeon , soit par une altération intérieure et préparée parla nature, le pétiole se détache quand le progr^ de sa nutrition a amené lé moment où doit se dissoudre le tissu qui lui servoit de lien. Aussi quand un arbre, par une cause quelconque, vient à périr dans la

saisoti de la végétation , ses feuilles conservent leur adhérence.

On sait que plusieurs Beurs s'ouvrent et se ferment à des heures déterminées , et que la chaleur et rhumidité ont une grande influence sur ce phénomène ; M. Desvaux , botaniste à Paris , a fait à cet égard des observations sur les mésembriantliémums, plantes où ces mouvements alternatifs sont si remarquables qu on en a tiré leur nom générique, et il a trouvé que la cause en réside, non pas dans la corolle , comme on le croyoit , mais^ dans le calice , qui eu se fermant force la corolle à obéir à ses contra<?tions, au point que si on retranche le calice la corolle reste épanouie la nuit comme le jour.

M. de Mirbel , notre confrère , nous a présenté cette année deux séries de recherches; la première sur la graine et sur les membranes qui la revêtent; la seconde sur le péricarpe y c'est-à-dire sur le réceptacle où la graine est logée. Il a d'abord examiné jusqu'à quel point l'on peut regarder comme exacte l'analogie établie par Malpighi entre les tuniques qui revêtent dans la matrice le fœtus des animaux, et celles qui enveloppent la graine des plantes. L'embryon composé de la plu mule et de la radicule étant considéré comme un fœtus,, Malpighi crut reconnoître dans le testa, où tunique e:Ktérieure, le représentant du chorioriy et dans le tegmen , ou tu-

nique intérieure, celui de Yamnios; le périsperme lut parut représenter la liqueur qui remplit Famnios , et dans laquelle le fbetus nage. M. de Mirbel trouve au contraire que, dans les premiers temps, la graine n'est qu un tissu cellulaire mucilagineux et continu , dont une .partie devient d abord Ferabryon , et dont le reste forme ensuite le périsperme et les tuniques séminales, sans qu'à aucune époque on puisse dire que Fembryon Qage dans une liqufnir . L'état mucilagineux de ce tissu et sa transparence auront donné lieu , à ce qu'il croit, à la comparaison peu juste de Malpighi.

M. de Mirbel passant à 1 examen du péricarpe est parvenu à en ramener les formes à une loi gé^ nérale, qui, déterminant ce quHl y a d'essentiel dans cette partie du végétal , réduit presque à rien les anomalies qu'elles sembloient offrir dans- certaines familles. Le type général de toute capsule péricarpienne lui a paru pouvoir se représenter par une petite botte aplatie par les côtés , et composée de deux valves dont l'union forme deux bords ou deux sutures, une plus courte et Fautre plus drcHte; à cette dernière suture adhèrent les petites graines , soit du corps de la plante , soit du style ou de Fergane qui leur transmet l'action fécondante. Cette disposition est sensible dans les gousses des légumineuses, telles que les haricots, les pois, etc. On

BUTFON. GOMPLBM. T. III. A

5o BOTANIQUE

laperi^it encore fort bien dans les noyaux des amandes , des pèches , des cerises , etc, , où Fun des côtés a toujours un sillon et quelquefois un canal qui imlic|ue le passage des vaisseaux. M. de Mirbel donne Iq nom de camare à une telle capsule simple. Les plantes que nous venons de citer n en ont qu'une par fleur. Quand il y en a plusieurs leurs sutures séminifères ou vasculaires sont toujours du oùté de Taxe idéal du fruit , et si on se les représente soudées ensemble elles forment une seule boite péhcarpienne divisée en plusieurs logées , et portant les graines le long de son âxe central.

Cest ainsi que dans une même famille les camares sont tantôt distinctes , tantôt réunies selon les genres, comme on le voit dans les renonculacées, les rutacées; cest encore ainsi que certaines camares , soudées d abord , se séparent à Fépoque de la maturité, comme dans la rose trémière, 1 euphorbe^ le hura crepitans, etc.

Une fois ces idées admises Von trouve que les péricarpes, très différents au premier coup d^ceil, ne sont cependant que des modifications assez légères d'un dessein, commun ; mais ^ comme il arrive aussi delà que des familles très éloignées ont des péricarpes très sen^blables, on ne peut tirer que rarement de cette partie des caractères propnes à bien grouper les plantes.

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 5l

Il nen est pas ainsi de la structure intérieure des graines, qui difïëre beaucoup d*un groupe à Tautre, et fort peu dans Fintérieur du même groupe; et c^est en partie ce qui a décidé M. de Mirbel à diviser la Ëimille des orangers de M. de Jussieu en quatre familles; savoir, le& aurantiacées y déjà fort bien circonscrites par M. Corré^; tes olacinées, qui comprennent ïolax, lefissilitty le heisteria, et le ximenia; les théacées , où se placent le thé et le camélia ; et les temstrcemiées , qui renferment le tems^rœmia, et le fresiera.

Dans la famille des olacinées n'est point compris le ocimenia œgyptiaca, dont M. Deiile a fait avec raison un nooveau genre sous le nom de balanites. Ce Tëgëtal , qu on ne sait encore où classer, a présenté à M. de Mirbel un caractère qui est peut-être uni^ que dans toute la végétation. On connoit ce corps glanduleux qui est placé sous le pistil de beaucoup de fleurs^ et auquel les botanistes ont donné le nom de di&jue ou de nectaire ;i\ existe dans le balaniie sous la forme d'une bourse à jetons ; le pistil y est d abord renfermé tout entier et ne parott point; mais en grossissant il écarte les bords de la bourse , et se montre au jour.

M. Henri de Cassini , dont nous avons annoncé Tannée dernière une suite considérable d observa* lions sur le style et le stigmate cie la grande famille

de plantes connues sous les noms de composées, de syngénésées, et de synanthérées, pénétré du principe développé par les naturalistes philosophes, qu une classificaton, pour donner des idées justes des êtres, doit li&poser suj 1 ensemble de leurs caractères , a porté cette année ses recherches sur les étamines de la même famille, où il a découvert plusieurs particularités i{][nbrées des botanistes. Aucun d'eux par exemple navoit remarqué larticulation qui partage le filet dans le voisinage de Panthère , caractère que M. de Cassini a trouvé beaucoup plus constant que celui de Tunion des anthères entre elles. Il nous promet incessamment ses observations sur la corolle, Fovaire, le péricarpe, et la graine; et, comme on ne peut douter qu'il n'ait mis à ses recherches la même attention qu'à celles qu'il a déjà communiquées, nulle &mille dç plantes ne sera aussi bien connue. La botanique aura tout à attendre d'un aussi habile observateur, lorsqu'après avoir ainsi étudié une famille si naturelle, que l'on peut presque la regarder comme un grand genre , il exercera sa sagacité sut ces familles équivoques dont les caractères variés rendent les limites incertaines.

La physiologie végétale, comme toutes les autres sciences, offre de ces questions difficiles dont la nature ne fournit pas de solution évidente, et qui

feront eneore long-tqmps l'objet des discussions des savants.

Telle est entre autres celle de Texistence d«s^xes dans les plantes connues sous le nom de cryptogames. Bien des botanistes, rebutés par ht diffîcuké d en découvrir les organes , en sont venus^à pegmer que ces^ végétaux pourroient se passer de sexes , et se propager par des bulbes ou par de simples bour^ geons, aussi bien que certains anim'aux, tels que les polypes, où la reproduction se fait incoiitestablement ainsi. D autres au tontraire , frappés de la complication de lappareil de reproduction dans les fougères , dans les mousses, etc. , ne peuvent croire qu'un genre de propagation aussi simple que. celui des bourgeons ait pu rendre nécessaires des organes si multipliés et si variés. Us cherchent donc à retrou-ver les étamines , le pollen , le pistil , les grajnes , les embryons, et tous cesi agents de £écon^t|oB si reconnoissables dans les plantes ordinaires; mais, comme l'analogie def forme les abandonne, quoiqu'ils se réunissent sur lepTincipe, ils dïvergewt dans les applications: ce que les uns prennent pour le pollen, d'autres le regardent comme la sem^cé, ou réciproquement; de sorte que ces sexualistes, cbii^me ils se nomment, n'ont guèrJMiioins deebntestations entre 'eux qu'avec leurs adversaires communs ou les aganiistes.

Nous avons déjà rendu oompte dans nos rapports précédents de plusieurs de ces discussions. Cette, année en a vu renaître une partie à propos d'un grand travail de M. Desvaux sur la famille des lyco^ /Hxles. On sait que ces plantes , récemment séparées des autres mousses par les botanistes, portent dans de petites capsules une poussière jaunâtre fort combustible, qui est bien connue sous le nom de pou^ dre de lycopode, et dont on fait plusieurs usages. Ssi ressemblance avec les anthères la fait considéra par M. de Beauvois conmie un véritable pollen. Cependant, selon quelques observateurs, eUe Ae crève pas dans leau comme le pollen ; et, de laveu de tous , quand on la répand sur la terre , elle lève, et donne des lycopodes. Mais la première propriété nest pas d*uue nature essentielle, et M. de Beauvois attribue la seconde à de petits globules qu il a distingués parmi cette poussière , et qu'il regarde comme de petits bulbes ou bourgeons ; en sorte que, selon. lui, ce ne seroit pas la poussière jaune qui léveroit, mais quelques uns de ces bourgeons» que Ion n auroit pu en séparer. Quant aux véri-^ tables semences que le pollen seroit destiné à fécon** der, M. de Beauvois les trouve dans d autres capsules placées tantôt entre, tantôt au-dessous des premières , et ne contenant que des petits grains ronds , transparents , et plus gros que ceux de la poudre

jaune. Mais ces capsules particulières ue se sont en- ^x>re trouvées que dans un tiers environ des espèces de lycopodes , et on les a vainement cherchées dans les autres.

M. Desvaux, à-peu-près d'accord sur les faits avec M. de Beau vois , en conteste les conséquences : il ne voit dans la poussière jaune que des hulbes ou bourgeons , ou , comme il les appelle, des propagules^ lesquelles n'ont pas besoin de fécondation pour germer. Les autres grains observés par M. de Beaavois ne sont probablement, dit-il, à en jugçr par leur petit nombre, leur transparence, et leur figure variée et irrégulière, que des propagules avortées.

M. deBeauvois répond en faisant voir que toutes les définitions que les plus savants botanistes ont données de la graine sont applicables à ces globules; et partant du principe que Texistence d'une graine suppose celle du sexe féminin , et que lexistence d'un sexe suppose celle de l'autre, il se maintient dans ses premières idées. ?

Son adversaire réplique qu'une définition nominale formée d'après les idées reçues ne« peut. déci* der un procès où ces idées mém<is sont mises en contestation , et que les caractères visibles de structure , reconnus dans toutes les graines , «ont loin de pouvoir être vérifiés ici , à cause de la petitesse de l'objet.

Oa voit que la discussion commence à devenir métaphysique. T^e seul moyen de la juger aux yeux de& physiologistes difficiles seroit d*opérer 1^ fécondation de ce qu'on regarde comme des pistils, par le moyen de ce qu'on regarde comme du pollen; mais qui pourroit seiSiatter de faire sur des organes si déliés lexpérience qui a si bien démontré Fexis* tenee des sexes dans les plantes ordinaires?

M. Desvaux a donné d'ailleurs une distribution méthodique de tous les. lycopodes connus , en ajoutant quelques subdivisions à celles qu'avoit établies M. de Béauvois dans un travail précédent sur la même famille, et en prenant pour bases principales 1 existence des deux sortes de capsules et la division des capsules en loges plus ou moins nombreuses.

M. DecandoUe , correspondant de llnstitut et professeur à Montpellier, a fait connoitre des chan^pign#ns*parasites d uanouveau genre , qu'il nomme rhizQi^tones^ ou mort des racines, parcequ'ils s'attachent aux racines des. plantes, et les font périr assez raj^ement. M. Persoon avoit réuni sous le nom de sclerotium les fongosités charnues à l'intérieur comme des truffes , mais dépourvues de ces veines qui d(HikieïIt à la chair des truffes une apparence marbrée. He4lirig en avoit séparé les érysiphes, qui vivent à la surfaire des feuilles ; maison pouvoit en^

core observer dans ceux qui restoient des carac* tères suffisants pour en faire deux genres : les ûn^, qui ne sont pas essentiellemeiit parasites , et nsKssentdans les fumiers et les plantes décomposées, n ont à leur surface ni fibres ni racines ; les auîres , et ce sont les rhizoctones , émettent des filaments simples ou branchus, vivent sur les racines des plantes vivantes , les attaquent par rextérieur,^t1es épuisent en absorbant leur nourriture. Ils se multiplient avec rapidité au moyen de ces filaments qui les propagent d'une plante à Tautré, et causent ainsi des maladies contagieuses dont plusieurs <)e nos cultures ont beaucoup à souffrir. On n'en connoissoit bien qu'une espèce, qui produit la maladie trop fameuse en Gâtinois , sous le nom de rilbrt du safran. Une autre, que M. DecandoUe décrit pour la première fois, exerce ses ravages sur la luzerne, dont ses filets, d une belle couleur de laque, embrassent étroitement les racines : les^ieds attaqua, se fanent, jaunissent, et meurent promptement; et, comme le champignon se* propage en rayonnant , 1 on voit bientôt dans les champs de luzerne des espaces circulaires assez, larges ainsi décolorés. L'auteur conseille de creuser tout autour èes en* droits infectés des fossés assez prof<Aids pour qiie les filaments cramottis ne puissent aller plus loin, en observant de rejeter la terre du fï^ssé en dedans

du cercle , afin de ne pas étendre le mal en Toulant Je guérir.

* L'une des plus grandes difficultés de la botanique consiste à bien fixer les limites des espèces, et à ne point regarder comme telles les variétés produites par le sol et le climat; et le principal moyen d'éviter ce genre d'erreurs est de ne point admettre parmi les caractères des espèces les particularités d'organisation dont on a constaté par le fieiit la mutabilité. M. Desvaux ayant appliqué cette méthode aux rosiers , et s étant aperçu que plusieurs de leurs prétendues espèces ne diffèrent entre elles que par des caractères qui varient sou vent su r le même individu , est parvenu à réduire de beaucoup les espèces nominales de ce genre. Il a fait voir par exemple que la rose sauvage la plus commune (rosa canina) offre jusqu'à vingt-une variétés , dont les différences pourroient être exprimées par des descriptions, mais qui passent insénsibieraeQt les unes dans les autres^ et que treize de ces variétés ont été indû^ mentélevéesau rang d'espèces par certains auteura: six autres prétendues espèces sont également dé* ^bues de ce rang^ ut ramenées à la rose des Alpe$; cinq à la rose des baies y etc. La même sévérité portée dans toute l'histoire naturelle la simplifieroit et l'é» clairciroit beaucoup; mais il faudroit pour cela que les naturalistes s'exerçassent aux recherches

critiques, et renon^jassent au vain honneur daùç*menter sans cesse la liste des espèces connues. Dans Fétat actuel de la science il y auroit certainement plus de peine, plus d utilité, et plus de gloire, à diminuer cette liste.

M. Delile, membre de lln^titut d'Egypte, a lu à rin&titut une histoire bien intéressante des plantes, cultivées et sauvages de ce pays fameux. Il la destine àÊiire partie du grand ouvrage sur TËgypte, auquel tant de talents ont concouru , et qui se publie avec une magnificenc proportionnée à la grandeur d'une entreprise dont il sera le monument le plus dura^ ble. L auteur distingue les plantes propres à l'Egypte de celles qu'y apportent les inondations du Nil et les vents du <iésert, et de celles qui lui sont communes avec dés pays voisins ou éloignés; il fixe les limites assignées à chaque espèce dans cette longue et étroite vallée , par les latitudes , par la qualité plus ou moins saline, pi us ou moins sablon*neuse du sol ; il fait connoître les variations pro* duites par chaque sol sur les plantes qui croissent dans plusieurs , et il expose avec soin les espèces, cultivées et les attentions que chaciine exige en raison de la constitution toute particulière à cette contrée peut-être unique dans son genre sur le globe.

Nous r^rettons beaucoup qu'u u ouvrage es»en-^

6o BOTANIQUE

tiellement composé de détails ne se prête point à une analyse aussi abrégée que lexigent les bornes qui nous sont prescrites.

M. DecandoUe a publié une Théorie élémentaire de la botcmique, où il explique toutes les variétés de forme et de combinaisons des organes , ainsi que les termes qui les expriment , où il établit les régies de toute nomenclature raisonnable , et où il donne une théorie générale des méthodes de distribution , et partictilièrement de celle que Ton nomme natu-relie y parcequ elle est fondée sur les rapports essen-* tiels des végétaux entre eux. Il entre à ce sujet dans plusieurs considérations qui lui sont propres sur la valeur de ces rapports et sur les organes et les con^ formations d'organes où ils doivent être puisés ; il propose des vues nouvelles sur les différences en apparence très considérables entre certains végétaux , et qui ne tiennent cependant qu'à lavortement ou à la soudure de quelques uns de leurs organes. Partant des espèces où cet avortement et cette soudure sont manifestes pour les moins clairvoyants, il conduit habilement à d'autres espèces où Ton peut encore les^apercevoir , quoique moins aisément, et il n a qu un pas à faire pour arriver à des avortemeiks #u à des soudures que Tanalogie indk|ue lorsque la vue ne peut plus leS saisir, et dont ladmission ressemble à ces hypothèses auxquelles

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 6l

les physiciens sont obligés de recourir , quand les faits les abandonnent, pour ne point laisser de lacunes dans lensemble de leurs développements. C'est un moyen qui pourroit être dangereux en des mains moins adroites que celles de M. Decandolle, mais dont il a fait 6n général un emploi aussi modéré qu'ingénieux ; son ouvrage ne peut que rendre de grands services en introduisant de plus en plus lesprit philosophique dans une partie delliistoire naturelle trop livrée à la routine , et qui , malgré tous les progrès que lui ont récemment fait faire les grands maiti^es , compte encore parmi ceux qui la eultivent un trop grand nombre ^^iniitateurs servies.

M. de La Peyrouse , correspondant et professeur à Toulouse, a publié une Histoire abrégée des Plantes des Pyrénées, en un volume in-8**. Cet ouvrage, qui manquoit à la botanique , est principalement dû aux nombreux voyages faits par l'auteur dans cette chaîne ititéressante, et comprend les descriptions abrégées de toutes les espèces qui y ont été observées soit par hii , soit par ses prédécessurs, rangées selon le système de Linnœus , avec Findicâtion des lieux où elles croissent , elles meilleures figures que Vx>n eu possède. C'est un complément important à la Flore française , et un guide utile pour ceux qui voudront visiter ces montagnes.

M* de Huinboldt, dans un mémoire sur la végë*^ tation des îles Canaries, s*est élevé à des considérations générales sur la géographie des plantes ; et en combinant les résultats de Tobseih^ation avec la double influence que la latitude et la hauteur dans Tatmosphère exercent sur la température, il a fixé, pour un certain nombre de points , le3 limites des neiges perpétuelles, la température moyenne de lair à cette limite, prise pendant toute Tannée, ainsi que la t^mpératurie particulière des mois d'hi<ver et des mois d'été ; et il a montré que Von peut déduire de ces différentes données la distance ha* bttuelle «itre cette limite et celle des hauteurs où «e portent les arbres et les céréales ; et même que les variétés en apparence bizarres, que les mêmes espèces d arbres présentent en différents climats , peuvent s expliquer quand o^ joint à ces données la considération des époques de Tannée où chaque arltf'e pi^nd son développement.

On savoit depuis long^temps que le nombre des stigmates n est pas constant dans la famille des cy-pacérées; et Ton ne croyoit pas même que ces variations fussent assez importantes pour servir de base à des distinctions de genres.

M. Schkuhr, botaniste allemand , remarqua le

ET PHYSIOLOGIE VÉCÉTALE. 63

premier que, dans le genre des carex ou laiches , il existe des espèces à deux et à trois stigmates , et que le nombre de ces organes est toujours le même que celui des angles du fruit.

Notre confrère , M. le baron de Beauvois , vient de généraliser cette observation à toutes les plantes de la famille; il en a sur- tout remarqué quelques unes qui ont quatre stigmates, et où le fruit est manifestement quadrangulaire , au moins dans quelqu'une de ses parties; tels sont particulière* ment le scfiamus mariscus, le gabnia psittacorum de M. de La Billardière , et un nouveau genre très remaixjuable , rapporté du Cap par M. du Petit- Thouars, et que M. de Beauvois nomme tetraria, à cause de la répétition du nombre quartenaire dans les diverses parties de sa fleur.

M. de Beauvois conclut de ses observations que le nombre des stigmates a une importance plas que suffisante pour fournir des caractères génériques, qui seront d autant plus avantageux que quelques genres de cypéracées sont très nombreux en espèces, et fort difficiles à débrouiller.

M. de Beauvois a fait aussi de nouvelles observations qu'il juge devoir confirmer de plus en plus lopinion qu'il a depuis long-temps conçue et soutenue, sur la fructification des mousses ; savoir, que la poussière verte qui remplit les urnes , et qu'Hed-

wig reg^arde comme la semence , n'est autre chose que le pollen , et que la véritable semence est con-r tenue dans ce que les botanistes appellent la columelle de lurne.

M. de Beauvois a en effet remarqué que la poussière verte n est d abord , comme le pollen , qu'une masse compacte, informe, qui prend successivement de la consistance , et finit par se diviser en poussière, dont les grains sont liés par de petits filaments , et formés chacun de deux ou trois petites loges pleines d'une humeur comparable à Yauraserminalis du pollen ordinaire, et entremêlés d autres grains plus petits, opaiques, et ovoïdes. Cette division successive a lieu également pour la poussière contenue dans les corps réniformes des lycopodes, et dans Fintérieur des champignons appelés lycoperdons ou vesses de loup. Le petit corps central , regardé jusqu'à présent comme une columelle qui varie de forme d'un genre à l'autre, mais conserve à-peu-près la même forme dans le même genre, et auquel dans aucun cas la poussière verte n'est attachée> se termine par un appendice qui se prolonge dans lopercule de l'urne, et qui tombe avec cette opercule ;,^n sorte qu'alors la prétendue columelle est ouverte, sans doute pour faciliter la sortie des petits grains que M. de Beauvois y a observés, et qu'il considère cpmnie des semences.

Ce savant botaniste a observé enfin que dans les poly tries et dans d au très mousses les petits filaments que Hedwig regarde comme des anthères sont encore dans leur intégrité à une époque où la poussière de lurne a acquis son plein développement. Or le contraire devroit avoir lieu si ces filaments étoient des organes mâles ; ils devroient avoir rempli leur rôle, et être vidés avant que la poussière verte , qui seroit la semence /eût atteint toute sa maturité ; dbù M. de Beauvois conclut que les filaments en question seroient plutôt des organes femelles. Les mousses seroient alors ce qu on appelle polygames; car M. de Beauvois montre d^ailleurs que ces petits grains opaques, qu'il a vus dans la columelle, ont aussi été vus et même représentés par Hedwig, au moins dans le bfyum siriaium; ainsi les urnes des mousses sont incontestablement, selon M* de Beauvois, des fleurs hermaphrodites.

M, du Petit-Thouars a fait coonottre à llnstitut quelques observations Intéressantes de physique végétale. Il y en a une entre autres qui montre asses^ bien la liaison des feuilles avec la couche ligneuse de la même année. Quand une feuille tombe on voit à la , base de son pédicule un nombre de points variable selon la. forme de la feuille et le nombre de folioles qui la composent. Ce sont les cocipes d autant de filets qui sont les vaisseaux, ou

BUPFOM. COMPLKM. T. III.

plutôt les faisceaux des fibres de la feuille : si on observe sur i ecorce la cicatrice d'où la feuille s^est détachée, les mêmes points s y montrent, et Ion peut suivre les filets jusque dans Tintérieurdu boia ; mais si r<Mi £iit la même observation an printemps sur une feuille nouvellement développée , les filets ne vont que jusqua ki surface du bois. Ce n^est qu après deux ou trois mois qu'une nouvelle couche de bois venant à se former les enchâsse dans son épaisseur.

IjC même botaniste a ^itdes remarques cdrieuses sur le rapport du nombre des étamines avec celui des autres parties de la fleur, et a trouvé que dans plusieurs genres, comme les polygonum , les rheum , etc. , où ce rapport sembloit fort irrégulier et fort inconstant, le nombre des étamines est égal à la somme des divisions du calice et dés pistils pris ensemble. Ge&t un fait singulier, dont la liaison avec la structure générale de la fleur n est pas aisée à apercevoir.

M. Desvaux a présenté uti mémoire sur une famille de plantes à fructification cachée, connue sous le tioia d'algues, et qui comprend entre autres toutes les plantes marines, appelées/ucus^ varecs ou goémons. lia proposé d'y établir plusieurs nouveausç genres ; et a fait des. expériences pour s'assurer si les filets par lesquels les fucus adhèrent aUx roefaes et

au fond de la mer soat ou non de véritables racines.. Pour cet efFet, après en avoir détaché q^ielques pieds de leurs adhérences naturelles, il les a fixés sur des pierres par des cordes ou d'autres moyens arti^ ficiels, et les a replongés dans la mér ; les ayant vi* sites quelque temps après, il y a constaté un accrois^ sèment très sensible. On savait d'ailleurs depuis longHtemps que plusieurs espèces^ telles que le/u* eus natans, vivent et croissent très bien sans être aucunement attachées.

M. Lamouroux, professeur à Gaen, a adressé suc-» cessivement à Flnstitut plusieurs mémoires sur les mêmes plantes, que le voisinage où il est de la mer le met plus que personne à portée d'observer, et auxquelles il donne le nom comimun de thalassio^ phytes. Après avoir indiqué toutes les divisions dont elles sont susceptibles, il les. a considérées sous le rapport de leurs usages pour la nourriture de riionune et des animaux , pour l'économie rurale et domestique, et pour les arts nécessaires ou da^ gréfuent. On est étonné d apprendre combien de parti» utiles ou agréables les diverses nations tirent de végétaux si peu rentarqués : les un« se mangent immédiatement, ou donnent une gelée sapidè et nourrissante; d autres sont une ressource importantes pour ie& bestiaux dans les climats glacés du nord; tous peuvent donner de la soude ou des ea-

68 BOTÂI9IQUE

grais, et ce sont là leurs emplois d'une véritable importance. Quelques uns fournissent du sucre, d autres des teintures. Il y en a dont on fait des nattes, des vases à boire, et jusqu^à des instruments de musique. Celui qu'on appelle mousse de Corse est un remède précieux , etc.

M. Auguste de Saint -Hiiaire, dont nous avons déjà cité plusieurs travaux considérables sur la botanique, en a fait un cette année sur plusieurs familles de plantes où le placenta, c'est-à-dire la partie du fruit à laquelle adhèrent les graines, est simple et placé au milieu de ce fruit comme une colonne ou comme un axe.

Lorsque le sommet de cette colonne est libre , la voie par où les influences du pollen sont transmises du pistil aux semences paroît devoir être assez compliquée, et se feire par des vaisseaux qui rampent le long des parois mêmes du fruit pour pénétrer dans le placenta par sa base, et se rendre aux semences côte à côte des vaisseaux nourriciers. Telle est en effet la marche de ces vaisseaux dans les ama-' rantacées, selon M. de Saint-Hilaire ; mais cet obser->> vateur a remarqué que, dans la plupart des plantes de la catégorie qu'il étudie, et nommément idans les primulacéeSy les portulacéeSy \e§^êaryophy liées, la fécondation s'opère par une voie plus directe, et qu'il y existe pour cela, dans les premiers moments,

des vaisseaux très tenus, allant de la base du style au sommet du placenta. Ces filets se détruisent après la fécondation , et c est alors seulement que le sommet du placenta devient libre.

M. de Saint- Hilaire adopte aussi, comme constante , l'existence d^un point ou d'un pore différent de l'ombilic, par lequd les vaisseaux fécondants arriveat à la graine , et auquel M. Turpin , comme nous l'avons dit dans un de nos précédents rapports, a donné le nom de micropile.

La partie purement botanique du mémoire de M. de Saint-Hilaire offre beaucoup d'observations de détails, malheureusement peu susceptibles d'a<nalyse, sur les caractères particuliers de certaines plantes, des familles qu'il a examinées, dont les unes lui paroissent devoir servir de types à de nouveaux genres, et les autres devoir passer dans des familles différentes de celles où des observations incomplètes les avoient fait placer jusqu'à présent.

Le pisang bananier, ou figuier d'Adam , est une plante herbacée, de la hauteur d'un arbre , très remarquable par l'énorme étendue de ses feuilles, et célèbre par Futilité de ses fruits, qui fournissent aux habitants de la zone torride l'un des principaux articles de leur nourriture; La culture en a multiplié les variétés, au point qu'il y en a peut-être au-

tant de sortes quejiious en possédons de poires ou de poratnesy etqu'il est assez dii&eile de distinguer parmi elles les espèces primitives qui pourroi^ent s^ trouver; aussi les botanistes diffiSrent- ils beaucoup dans leurs énumérations des espaces^ et dans les caractères qu'ils leur assignent.

M. Desvaux, qui a recueilli to»t ce que les ob^ servateurs disent des divers bananiers, des difFérenocs dejeurs fruits et de leurs usages, a cru pouvoir compter quarante-quetre^ariétés dans 1 es* pèce commune, ou musa pamdisiaca de hinnams^ et trois espèces distinctes de celle-là : savoir, le tnusa sapientum de Linns&us^ le musa coccirtea, aujourd'hui assez répandu dans nos serres, et Henseté, décrit par Bruce dans son Voyage aux sources du NiL

Un «rbre dont le fruit à éprouvé encore plus de modifications de la part de la culture que celui du bananier, c'est le figuier. M. le marquis de SufFren, qui habite la Provence, cette contrée si anciennement célèbre par lexcellence de ses figues, s'étant aperçu que les cultivateurs et les propriétaires sont fort éloignés de connoître exactement toutes les bonnes variétés qui peuvent convenir à chaque sol et à chaque exposition , et qu'ils ne tirent point de cet arbre précieux tout le parti qu'il offre à la province, a entrepris d'examiner et de décrire avec attention les diverses figues cultivées sur les côtes de

ET PHTSIOLOOIE TtGÉTALB. 71

h Méditerranée, depuis Gènes jusqu a Perpignan. Il a déjà recueilli les figures coloriées, les descriptions exactes et la concordance de la nomenclature de cent soîxante^douze variétés , et sa revue générale n est pas encore terminée , car il n a pas épuisé la Provence, et il n a point encore visité le littoral du Languedoc.

La partie de ce travail qui a été communiquée à rinstitut annonce un ouvrage qui deviendra fort utile à nos départements méridionaux, sur-tout si r&uteur y ajoute les détails convenables sur les feuilles et sur les bourgeons , et s*il perfectionne ses caractères par des rapprochements et des comparaisons immédiates.

M. Thiébaut de Bern^aux, qui se propose de donner une traduction en françois des œuvres de Théopbraste, et qui, pour reconnoitre plus sûre* mait les végétaux dont ce célèbre successeur d'A-ristote a parlé, a entrepris et en partie exécuté des voyages dans le pays où ces végétaux croissent, a présenté à Flnstitut quelques uns des résultats qu'il a déjà obtenus non seulement sur les espèces indiquées par Théophraste, mais encore sur celles dont il est question dans les autres auteurs grecs et latins»

Ainsi le chara, que les soldats de César découvrirent si heureusement sous les murs deDyrrachium,

et dont la racine les préserva delà famine, méritoit bien d'être retrouvé. On donne aujourd'huix:e nom à une petite herbe aquatique, qui certainement ne |)eut nourrir personne ; et il y a sur le cAara de César presque autant d'opinions qu^il y a de botanistes qui s'en sont occupés.

M. de Berneaux , après avoir examiné et éliminé successivement toutes ces opinions , en élève une dont Glusius seulement avait eu quelque soupçon : il montre que le chara devait se rapprocher des choux, et pense que c'était la plante connue aujourdliui sous le nom de crambe tataria. En effet cette plante croit abondamment dans les environs de Dyrrachium, et dans toute la Hongrie et la Turquie; elle a des racines très longues et très grosses, fermes, et de bon goût, que Ton mange crues ou cuites dans tous les pays dont i^ous venons de parler, et qui y rendent encore de grands services dans les temps de disette.

Plusieurs Latins désignent sous le nom d*ulva différentes plantes de marais ; mais ils en indiquent spécialéipent sous ce nom une qui donnoit, disentils, un fourrage excellent pour les moutons.Gomme il n'y a guère parmi les plantes aquatiques que l'herbe à la manne (^festucajluitans) qui soit recherchée par les bêtes à laine, et comme ce gramen couvre une grande partie des marais d'Italie , M. de

Berneaux croit y retrouver cette espèce particulière d'ulva; il montre que tous les passages où il en est question se -rapportent très bien ^uféstucay et il fait voir que c est précisément aussi ce gramen que Théophraste et les Grecs ont désigné par le nom detypha.

Les anciens vantentbeaucoup les propriétés utiles du cytise, mais ils ne le décrivent que très imparfaitement, et les modernes ont beaucoup varié sur la plante qui doit porter ce nom. Quelques uns ont pensé que c'est la luzerne en arbre ( medicago arborea , Ti.) M. de Berneaux, qui a fait à ce sujet de très longues recherches , croit que c'est plutôt nôtre faux ébénier {cytisuslabumum,lj. ). Mais comme Pline parle clairement de ce dernier arbre sous le nom de labumum, et qu'il le regarde comme différent du cytise; comme d'un autre côté quelques traits de la description que Dioscoride donne du cytise ne lui conviennent point entièrement, il a paru que lopinion de M. de Berneaux à ce sujet souffroit encore quelques difficultés. Ce qui en mettra toujours beaucoup dans les discussions de ce genre c'est que ni Pline ni la plupart des naturalistes anciens n'avoient assez de critique pour que, dans les compilations qu'ils nous ont laissées, ils ne parlassent pas quelquefois, sans s'en apercevoir, de la même plante sous des noms diffié*

74 BOTANIQtTB

rents, ou de plantes difFéreotes sous le même nom.

M. deLaBillardîère,quiadéja publié un ouvragée si intéressant sur les plantes qu'il a recueillies à la Nouvelle-Hollande Jorsquî^faisoit partie de lexpédition de feu d'Ëntrecasteaux, a commencé à entretenir TAcadémie de celles que lui a fournies dans ce même voyage la Nouvelle-Calédonie. Cette île escarpée, inculte, habitée par de malheureux anthropophages, produit un grand nombre de beaux végétaux. M. deLaBillardière y a trouvé en peu de jours vingt-neuf espèces de fougères, dont douze sont entièrement nouvelles pour les botanistes , et n ont point été trouvées ailleurs, le reste croit aussi dans d autres iles de la mer du Sud , et M. de LaBil* lardière en donne la liste pour servir à la géographie botanique. Il range ces fougères d après la méthode de Smith , en y faisant quelques correction^. Les figures très exactes dont ses descriptions sont accompagnées donneront aux botanistes une idée complète de ces importants accroissements de leur science.

Chacun connott au moins de vue la lentille d*eau que les botanistes appellent lemna^ ce végétal mobile et nageant qui couvre de ses tapis verts les

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. yS

eaux dormantes dans presque tous les pays ; mais ce que Ton n a point examiné d assez près ce sont les fleuf s et les iruits de celte pedte et singulièrcplante.

M. le baron de Beauvois a été le premier botaniste assez heureux pour en recueillir des graines mûres, et pour les faire germer. Il a suivi dans tous leurs développements les lemnas ainsi obtenus , et en a complété Thistoire que Micheli et MM. Ëhrhardt et Wolf n^avoient fait qu'ébaucher.

II résulte des observations de M. de Beauvois que la fleur des lentilles d'eau est hermaphrodite à enveloppe d^une seule pièce, à deux étamines qui se développent successivement, à style unique, à ovaire supère devenant une capsufe uniloculaire , se déchirant circulairement à sa base, et contenant dune à quatre semences, lesquelles germent à la manière des monocotylédones, mais avec des circaiDstances fort particulières, dont la plus remarquable est que les parties que Ton peut regarder comme la radicule et la plumulese détachent de là première feuille qu elles ont produite , et la laissent pousser à elle seule des racines et d^autres feuilles.

JQne autre sorte d êtres organisés, qui couvrent et remplissent souvent les eaux dormantes, ce sont les conferves ou ces amas de filameiits verts semblables quelquefois à une sorte de feutre, et que certains naturalistes ont voulu revendiquer pour

le régne aDimal. Leur propagation est assez diverse, et il s en trouve dans le nombre dont les filaments d abord tout dune venue se renflent d'espace en espace, et produisent ainsi des nœuds d où paroissent naître des filaments nouveaux ; ce qui a fait donner à ces espèces le nom deprolifères par M. Vaucher ; mais ce botaniste avertit qu il ne faut pas confondre avec ces filets, naissant de la plante même, certaines conferves parasites qui viennent s'attacher sur d'autres conferves, et qui présentent le même aspect.

M. Leclerc de Laval , membre de la chambre des députés, et observateur très assidu, a présenté à l'Académie un mémoire d'après lequel il paroîtroit qu'il n'y a point d'autres filets accessoires que de ces parasites, et que la propagation des conferves, mal-à-propos nommées prolifères, se fait, comme celle des conferves dites conjuguées, par la concentration de la matière verte contenue dans chaque intervalle de deux cloisons, en un globule isolé qui sort de la plante à une certaine époque, et va se fixer au premier corps qu'il rencontre en tombant, et, après avoir jeté autour de lui quelques filets comme pour s'attacher, se développe en une longue série de cloisons.

L'auteur voudroit donner à ce genre le nom d'autarcite, au lieu de celui de prolifère, qui, d'à-

près son observation, deviendroit impropre; mais comme M. Desvaux, diaprés d autres considéra-^ tioDS, Favoit appelé cyrtinus dans un mémoire présenté il y a plus d un an, l'on a jugé qu'il n étoit pas nécessaire d'introduire encore un nouveau changement de dénomination.

M. Henri de Ca^sini avoit présenté à l'Académie, en 1 8 1 2 , un mémoire sur le style et le stigmate des synanthéréesou de ce qu'on appelle communément plantes à fleurs composées, et un autre sur leurs étamines. Vers la fin de 1 8 1 4 il en a présenté un troisième dont nous n'avons pu rendre compte dans notre dernière analyse , parceque le rapport n'en avoit pas été fait , et qui a pour objet la corolle de cette même famille de plantes.

Dans ce dernier mémoire l'auteur établit que toute corolle de synanthérée qui n'est point accom* pagnée des étamines est monstrueuse ou défigurée, au point de ne pouvoir offrir aucun caractère pour la définition de sa famille ni de ses tribus. Il en ré* suite que les demi-fleurons des semi-flosciileuseset ceux des radiées n'ont qu'une analogie apparente , et qui ne supporte pas un sévère examen.

Il assigne à la corolle des synanthéréès trois caractères principaux, dont l'un est extrêmement re* marquable : c'est que chacun des cinq pétales dont il suppose la corolle composée est muni de deux

nervures très simples qui le bordent dnn bout à Tautre des deux côtés , et confluent par conséquent au sommet; et il attache à ce caractère une telle importance qu'il propose de désigner la famille par le nom de névramphipéiales. M. Robert fe'own a décrit cette structure dans un livre anglois publié à Londres en 1 8 1 4 ^ Qiais M. Cassini la voit indiquée avant lui en termes non équivoques dans le second des mémoires que nous venons de rappeler.

Combinant ses observations sur la corolle avec celles qu'il a faites précédemment sur le style et le stigmate et sur les étamines, Fauteur divise la £simille des synanthérées en dix-sept tribus naturelles, qui sont les lactucées^ les. labiatiflores, qu'il n admet qu^avec doute, les canfuac^es^ les carlinées, les xéranthéméeSy les échinopsidées, les arctotidéeSy les caienduiacéeSf les hélianthéesj les ambrosiacées^ les antkémidées, les inuUeSy les astérées, les sànécionéeSy les tussilaginées, les eupatoriées, les venumiées; et il dispose ces dix* sept tribus non en ligite droite, mais en.Kérie circulaire qui rapproche les vernoniées des lactucées.

Un résultat inattendu et très curieux de cet intéressant mémoire c est que sur linf pectton dun seul fleuron on peut, dans presque tonales cas, déterminer à quelle tribu ^ à quel genre appartient lespéee qui la. produit.

U est à souhaiter que Mv Henri de Gassioi ne

tarde pas à publier ses recherches sur Tovaire des synanthérées : ce sera le coi»|:>lément du travail le plus profond et le plus original auquel cette grande famille ait jamais donné lieu.

M. le baron de La Peyrouse, professeur de botanique et correspondant de Tlnstitut à Toulouse , a donné un mémoire sur quatre plantes des Pyrénées qui appartiennent au genre orobus, lun de ceux de la famille des papilionacées. La première de ces espèces avoit été recueillie par Tournefort, et nommée par lui orobus pyrendicus latifolius nervosus : elle n'a pu être retrouvée vivante , et on ne la connôit que par les herbiers deToumefort et les botanistes de son temps. La seconde, gravée sous le même nom dans Plukenet, mais très différente, a toujoui*s été confondue avec celle de Tournefort : élte est réellement assez commune dans les Pyrénées.'Après avoir nettement distingué ces deu^ espèces par des descriptions comparatives , M. de La Peyrouse en décrit detix autres toutes noiivelies qu'il a trouvées dans les mêmes montagnes.

M. Des vaux a cherché à subdiviser lés genres de plantes connus sous les noms de x^erastium et d^arenariay qui commencent à devenir nonàbi^éUx en espèces. C'est principalement dans le plus ou moins de profondeur des divisions de la capsule, dans le plus ou moins de^dilatatitm des bases

8o BOTANIQUE

des filets, et dans quelques autres circonstances analogues, qu'il croît avoir trouvé des caractères suffisants pour fonder les dispositions qu'il propose.

Un travail plus général du même botaniste a eu pour objet la grande classe des plantes à Jleurs en croix ^ ou crucifères f si remarquables par luni Formité de leur structure et par les services que nous rendent un grand nombre de leurs espèces. Dans la seule division des crucifères à silique courte , ou siliculeuses, il a déjà établi jusqu^à douze genres nouveaux.

M. Kunth, botaniste prussien, a encore entrepris une nouvelle classification des gramens, après les travaux récents de MM. de Beauvois et Robert Brown sur cette matière. Il en fait dix tribus, fondées chacune sur beaucoup de caractères, tels que le nombre des styles, celui des ét^mines, la disposition des épillets, le nombre des fleurs de chacun d'eux , la consistance et la structure des glùmes et des paillettes.

On sait aisément que ces sortes de travaux veulent être étudiés dans les ouvrages mêmes, et que l'analyse la plus étendue n'en donneroit qu une idée imparfaite : nous nous contenterons donc de les avoir indiqués.

Depuis a$sez long-temps les cultivateurs préten-

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 8l

dent avoir remarqué que le voisinage de Tépinevinette nuit au blé, et lui donne, ou favorise du moins ^ cette espèce de maladie quon appelle la rouille; et depuis le même temps les savants se moquent de la prétention des cultivateurs.

M. Tvard, notre confrère, qui est à-la-fois culti«vateur et savant, a mieux aimé s assurer du fait par Texpérience que de prendre aveuglément Tun ou lautre parti; et ses essais, sans être encore décisifs, lui ont paru plus conformes à 1 opinion que Ton étoit le plus porté à regarder comme un préjugé. Le blé planté autour d'un buisson d'épine -vinette a été rouillé, tandis que celui du reste du même enclos est demeuré intact; et il ne paroit pas à M. Yvard qu'il y ait eu d'autre cause de cet accident que larbuste qu'on en accuse.

Malheureusement on peut objecter qu'il existe des cantons entiers sans épine-vinette, et qui ne sont pas pour cela exempts de la rouille.

Une autre fâcheuse maladie des céréales c'est Yergot, ou cette production alongée et pointue qui remplace souvent les grains du seigle et d'autres graminées. M. Decandolle a présenté à l'Académie un mémoire où il cherche à prouver que l'ergot est un champignon parasite du genre des scierotium, qui prend à-peu-près la forme du grain, parceque dans sa jeunesse il s'est moulé dans l'en*

BUFFON. COMPLBM. T. III.

veloppe de ce grain : sa substance est analogue à celta^des autres sclerotiums; son développement, cotame celui de tous les champignons, est favorisé par rhumidité; sa^. nature chimique est plus semblable à celle des champignons qu'à celle des graines de graminées; enfin son odeur, sa saveur, et ses propriétés véijéneuses , sont d'aècord avec sa nature fongueuse. On sait que le pain fait avec du seigle ergoté occasione des maladies gi^ves, et on lui attribue entre autres la gangrène sèche si commune en Sologne. M. Decandolle, sentant Timportance de détruire une production si dangereuse, ou de diminuer du moins sa propagation , croit que Ion y parviendroit si , d,àns les pays sujets à l'ergot, on obligeoit les propriétaires à en fournir chaque anoéc une mejÀire convenu|B.que Ton brûleroit sur-le-champ. »-

Ce sax'^nt botaniste, qui a déjà tiré un si grand parti de 1 étude des aberrations des formes ordinaires pour éclairer la théorie de la botanique , s'est occupé , «ous ce point de vue , de ces brillantes monstruosités que nous appelons des fleuri doubles. On attribue d'ordinaire leur production à la transformation des étamines en pétales ; mais M. Decandolie montre que la transformation ou la multiplication de plusieurs autres parties de la fleur peuvent également y contribuer. Les pistils se cbangent par

exemple en pétal^ dans cert^ii6$ Vfiriëté$ d an^^nonés; les étamin^ «Iles-mêmes peuvent se transfoi^ mer, ou par leny fil«t, ou ^r l^ur anthère s§ul^ ment, et c est ainsi que lancolie donneaiix fleuristes deu3LSc^s de fleurs doubles toutes différentes; et eomme ces deux manières d^ doubler ti^ont lieu que daj;is les fleurs qui ont elies-mêm^ dai^s Tétat s^t^el deuX'SOrtes^e pétales, 1 auteur en tire upe nouvelle preuve de son a^^ertipn que les pétales d<^ plantes ne sqfnt^s des organe# spéciaux , ipaaîs se»*lement ya certain état dçs Staminés. Il £siit reiiiar^ quer une autre sorte de fleurs doubles qui vient 4^ ce que les organes se transforment non pas en péià}m planes, mais en faisceaux de pét0le$, c§iqui arrive|:^us souvent dans les familles où les coi*ollej$ pré^jçntent déjà dans le^at naturel des iiidice^ de duplicature , comme dans les oeillets. Il porte i^nn suite l^t|;ention sur les fleurs qù ravorten^enf; d^$ orgai^ sexuels n occasione pas de transformation, mais augmente outre ngy^sure le volutne de c^Yi^in nés parties colorées , (îomme il arrive dans rb^rten* sia^ la boule de ne^e; enGin^ appliquant à ces diverses métamorphoses une méthode de ,désigtJalion analogue à celle dont s^ sert M* Qaûy po^r hà$ variétés de^s cristaux;, il parvient à le$ ramener, malgré \mv irrégulari<4 apparente, à de^ 1<W cfsrr* iai»es et à MAiB flAïuepçlfltw^ pf4ci8(9,

Ml de Beauvois, désirant prévenir les accidents funestes que cause si souvent Fignorance du peuple sur les qualités des divers champignons, a composé un Manuelà [usage des amateurs de champignons, où il décrit, dans un langage à la portée de tout le monde, les espèces de ces végétaux dont on peut se nourrir sans danger, et où il indique les précautions à prendre, même avec ces espèces innocentes,, pour ne pas s*exposer à en soufFrii. La plus sûre de toutes sera cependant toujours de ne manger que des champignons de couche, et de n'en point trop manger*

M. de Mirbel a publié des Éléments de physiologie végétale et de botanique^ en deux volumes , avec un volume de planches. Tout ce qui peut se dire d'important sur lanatomie des végétaux, sur la marche de leurs fonctions, sur leurs produits, et sur la variété de structure de leurs diverses parties, y est exposé avec clarté et rendu par un très grand nombre de belles figures dessinées par l'auteur lui-haème avec le talent qu'on lui connott. L'immense terminologie de la botanique y est expliquée, et les applications appuyées sur des exemples; on y trouve aussi une histoire intéressante de la science ej des hommes qui lui ont fait faire le plus de progrès. Enfin l'ouvrage est terminé par des tableaux des principaux systèmes, et sur- tout

par une nouvelle exposition des caractères des &r milles naturelles des plantes.

Une des considérations les plus élevées de la bo* tanique , et qui lie plus qu aucune autre cette partie de rhistoire naturelle au grand ensemble des scien*ces physiques, cest la géographie végétale, ou la science des lois de la distribution des plantes selon la hauteur du pôle , Télévation du sol , la température et le degré d'humidité ou de sécheresse du climat.

M. de H'ùmboldt, dont les voyages ont fait faire à cet ordre de connoissauces comme à tant d autres des progrès si remarquables, ](ientdVn donner en . quelque sorte un traité complet sous le tkre de Prolegometia de distributione geographicâ plantarum secundùm cœli temperiem et altitudinem montium\ ouvrage où il offre en même temps des recherches profondes sur la distribution de la chaleur, soit relativement aux positions des lieux, soit relativement aux saisons de Tannée ; car non seulement les lignes sous lesquelles régne la même chaleur annuelle moyenne sont loin d'être parallèles à Téquateur, mais les lieux qui ont au total une chaleur moyenne égale sont loin d'avoir des étés et des hi-

■ Paris, 18x7; an Yolume in-8?.

Térâ semblables : cette chaleur moyenne pout être plus ou moins inégalement répartie sur la totalité de l'année , et l'on conçoit que toutes ces différences doivent influer fortement sur la propagation des plànte^i L'auteur passe ensuite aux différen<3*é^* qui rlésultent des élévations ^ et qui elles-mêmes ne sont pas semblables^ t^ ne suivent pas les mêmes lois datas tou8 les lieux. Enfin M* de Hûmboldt arrive à une tonsiîtération toute nouvelle, sur laquelle ila aussi donné une dissertation en François ; c'est celit d<6s lois de la distribution des foi*mes végétales^ Bn-compprant, dans chaque pays\ le npmbre des plantes de certaines familles bien détermiiiées avec te nombre total des végétaux on découvre des rappiôi*t^ numériques d^uiie radiante frappante. Gertàiûôs formes derîenneat plus.commuûes à m«suée qu'on avance vers le^pèfe^ d'autres au contraire augmentent ?erk réquateur; d autres enfin atieii^ gncnt l^ur maximum dans la zone temj^rée et di* ttiinuerit également par le trop de chaleur et le trop de froid; et, ce qui c&t bien rebiarquàble , *cett^ distribution reste la méiée tout «utour du g4obe en suivant, non pas 1^ parallèles géographiques, Hï^i^ ce que M» de Hum^ldt appelle les parallèles isi§tbetiiîes ^ c'est-à-dire les lignes dé même chaleiir TUoyèHile. Ces lois sont si constantes que , si Ion connoît dans un pays le nombre des espèces d'une

ET PHYSIOLOGIE ^^ÉGÉTALE. 87

de c€!6 famUles dont M. de HumI>oldt a donné la tabfe ,on peut presque en conclure le nombre' total des végétaux et celui des espèces de .chacune des âytres £iii)<illes. * .

Les prolégomènes dont nous venons de parler sont placés en tête du grand ouvrage que M, de Humboldt publie en ce moment avec MSl^ Bon^ pland et Runtb , sur les plantes noiiveUes qu il a découvertes dans l'Amérique équinoxiale. Cette augmentation , la plus Vidhe et la plus brillante peut-être que la botaniq^ ait reçue en une seule fois, sera exposée en six volumes in-4'' qui contien-* dront six cents planches , et les descriptions de plus * de quatre mille espèces. Le premier volume , ren-^ fev^nant toutes les monocotylédones , a paru cette année"; on y trouve trente-trois nouveaux genres, et fniM^mi les seuls palmiers vingt-trois espèces nouvelles. MM. de Humboldt et Bonplaud ont fait paroitre en même temps la fin de leur description dea mélastomeS) travail d'un extérieur plus magnifique, mais qui nauroit pu être imité pour |a,iotalilé des végétaux sans entraîner à des dépenses et à des longueurs préjudiciables à la sciqace autwt qua ceux qui la cultivent.

En recueillant ainsi sans interruption les produits ijqnmenses de là grande et pénible entreprise de qet illustre voyageur, les a ràis des sciences sont en doute

s'ils doivent plus de reconnoissance au courage qui la soutenu parmi tant de traverses et de fatigues , ou à la constance qu'il met à leur faire partager ses jouissances. Non seulement il a fait par ses seuls moyens plus que bien des hommes envoyés et spécialement entretenus par des souverains , mais il a eu sur-tout le mérite unique de ne pas imiter la plupart des gouvernements qui, après avoir consacré des sommes immenses à une expédition , négligent presque toujours d'en faire publier les résultats d'une manière un peu complète.

En ce moment même M. de Huniboldt fait pa-^ roître à Londres , avec M. Hooker, un volume in-4** qui offrira trois ceuts espèces de mousses, de lickens, et d'autres cryptogames: Il en a présenté une planche à l'Académie.

M. de Beauvois , dont on doit également louer la persévérance à publier les plantes et les insectes recueillis dans ses voyages , a donné cette année les quatorzième et quinzième livraisons de sa Flore ctOware et de Bénin; et , non content de ses anciennes récoltes , il a profité de l'humidité extraordinaire et si fâcheuse dé cette année pour suivre son étude des plantes de la classe des champignons. Les pluies continuelles en ont tant développé qu'il s'en est montré plusieurs qui a voient échappé aux botanistes précédents , même les plus heureux dans ces

sottes de découvertes. Telles ont été une variété de sclerotium , qui a diminué de près des deux tiers la récolte des haricots non rames, sûr lesquels elle s*est propagée ; une nouvelle espèce de sphéria , qui a détruit prodigieusement d'ognons ; une nouvelle espèce d'urédo , qui leur a été encore plus pernicieuse ; enfin , ce qui est très remarquable et offre peu d'exemples dans le règne végétal, un nouveau genre de plantes parasites qui croit sur une autre parasite, et nuit considérablement au végétal obligé de les nourrir toutes deux. C'est une espèce de tubercule qui se fixe au-dessus de la racine de l'orobanche rameuse que Ton sait être la parasite du chanvre. Ce tubercule présente des caractères qui le rapprochent des truffes et des sclerotium, mais avec des différences qui le constituent genre nouveau et intermédiaire. Se proposant de répéter ses observations Fannée prochaine sur cette plante très remarquable , M. de Beauvois a remis à cette époque à lui assigner un nom , après avoir mieux reconnu sa manière de croître et tous les détails de son organisation.

On sait que les plantes de k famille des dipsaçées , telles que les scabieuses , sont assez voisines des composéespar plusieurs des caractères de leurs fruits : la marque la plus apparente qui les en dis^ tingue est que les anthères sont entièrement libres.

go BOTANIQUE

Les botanistes oui découvert quelques plantes à fleurs également formées de. plusieurs fleiÉrs plus petites , dont les anthères sont réunies par leur partie inférieure seulement. On doi^it de la place qu'il falloit leur donner : M. Henri de Gassini, qui les a examinées à la suite de son grand travail sur la famille des synanthérées otu cmiiposées, dont nous avons eu plusieurs fois occasion de parler^ a trouvé qu elles diffèrent des synaïubéiées parceque» leurs anthères n ont point d appendices au sommet ; parceque leur style et leur stigmate ont une autre conformation; parceque Ja graine est suspendue au sommet de la cavité de lovaire , et contient un albumen épais et charnu. Elles diffèrent des dispa-*cées par les anthères réunies inférieureip^it , par leurs feuilles alternes ; mais la plupart de leurs autres caractères leur sont communs avec ces deux familles. En conséquence M. de Cassini croit qu on peut en faire uile famille distincte qui servira de lien aux deux autres , et qu^il désigne par le nom de boopidées. Elle comprendra les genres calycera de Cavanilles, boopis, et acicarpha de M. de Jussieu. Nous avons annoncé lannéc dernière lopinion de M. DecandoUe sur cette substance nuisible que loo appelle ergot, et qui se montre dans les épis du seigle et de quelques autres céréales^ sur^toutdans les pays et par les temps humidesT L année 1 8 1 6 en

a iMiIhe^eusement beaucoup produk, et M. Virey a^ail sur ce sujet quelques recherches qui la portent à regarder Fergot, ainsi qu'on le foîsôit autrefois, comme une dégénérescence du grain, et non pas comme un champignon du genre sclerotium^ ainsi que le croyoit M. DecandoUe. Il dit avéir observé des grains ergotes qui non seulement avoient conservé lei^r formé naturelle, mais où Ton voyoit enoôre des débris de stigipates ; et il rappelle l'assertion de M. Tessier, que Ion observe sur beaucoup d'épis des grains qui ne sont ergotes qu'à moitié, et tantôt vers le sommet, tantôt vers la base.

M- Vauquelin a £ait à cette occasion une analyse comparative du seigle sain , de l'ergot du seigle , et d'un sclerotium bien reconnu pour tel.

On ne* trouve dans l'ergot ni l'amidon ni le gluten dans leur état naturel, quoiqu'il y ait une matière muqueuse et une matière végéCo-animale abon* dante et disposée à la putréfaction* Il contient une huiH fixe toute développée* Les principes du scie* rotium sont fort différents. Sans être- décisives ces esjiérîences ont porté quelques personnes à douter, comme M. Virey, que l'ergot soit un champignon.

M.Gail, lûiembre de l'Académie des Belles-Lettres^ nous a comuMniqué quelques recherches crî tiques sur les plantas dont parle Théocrite. Elles ont nK)ins pour objet de déterminer autrement l'espèce de ces

plantes que d'expliquer comment Théocrite a pu leur.donnercertainesépithétesouen tirer certaines comparaisons : elles rentrent donc autant dans la philologie que dans la botanique , et le public les connoîtra plus en détail par lanalyse des travaux de FAcadémie à laquelle appartient ce célèbre bel^ léniste.

AVNÉE.1817.

Les botanistes suivent aujourd'hui , par rapport aux fougères , les idées de M. Smith , qui , en 1 791 , les a divisées en vingt -quatre genres répartis en deux sections , selon que les petites capsules qui contiennent leurs semences sont ou non munies d'un anneau élastique, et distingués entre eux da<* près larrangement des capsules , Fabsence ou la présence de la membrane qui les recouvre avant la maturité, diaprés la manière dont un des bords de cette capsule se détache de la feuille, d après le nombre de leurs loges , enfin d après la manière dont elles s'ouvrent, soit en deux valves, soit par des fentes longitudinales ou par des pores.

MM. Svirartz, Willdenow, Robert Brovra, et autres, ont encore ajouté de nouveaux genres à ceux de M. Smith, au point que leur nombre s'élève à plus de cinquante.

M. Desvaux, directeur du jardin botanique de

Poitiers, a poursuivi ces recherches; et dans un mémoire adressé à FAcadémie, où il décrit beau-* coup de nouvelles espèces, et où il ajoute huit genres à ceux qui avoientété établis avant lui, il divise les fougères en quatre sections; savoir:

Les polypodiacéeSj dont les capsules, réunies en groupes ou disposées en lignes , sont entourées d un aûûeau articulé, et s ouvrent transversalement dans le plan de cet anneau ;

Les osmondacées y dont les capsules, striées en. étoile à leur sommet, sont dépouvues d*anneaux;

Les gléichéniacées, dont les capsules, entourées dun anneau strié non articulé, s'ouvrent longitudinalement dans le sens opposé à cet anneau ;

Enfin celles dont les capsules solitaires, nues, non striées, à plusieurs loges, s ouvrent par une fente ou par un pore.

Ce mémoire présente aussi des considérations sur les lycopodes, sorte de cryptogames intermédiaires, à certains égards, entre les mousses et les fougères. L auteur les divise en trois sections: les stachidées à capsules d une seule loge, disposées en épi ; les psylotées à capsules de deux ou trois loges ; enfin les ophioglossées à capsules d'une seule loge souvrant transversalement en deux valves : mais d'habiles botanistes pensent que cette dernière sec-

rion appartient aux vraies fougères plutôt qu aux lycopodes.

M. Richard a publié iin mémoire latin sur les orchidées, famille de plantes célèbres depuis long* temps par la structure particulière des diverses parties de leurs fleurs, dont les formes bizarres décorent abondamment nos prairies et nos bois. La singularité de leur organisation ne pouvoit être clairement rendue qu'en adoptant quelques termes nouveaux , et c'est ce que Fauteur engage les botanistes à faire. Les racines, par exemple, il les divise, suivant leurs formes, en bitubéreuses, fibreuses, rameuses, bulbeuses, et parasites. Aucun genre ne réunit deux de ces sortes de racines. Ce n'est qu a certains genres parasites qu'appartiennent des feuilles articulées à leurs pédicules. Quelques espèces offrent des individus dont les fleurs sont toutes stériles, par l'imperfection de l'ovaire ; d'autres où elles sont toutes fertiles ; d'autres enfin où quelques fer«tiles sont mêlées irrégulièrement à un grand nombre de stériles. La présence ou 1 absence de pédicelle sous l'ovaire fournit pour les genres des moyens faciles de distinction.

La structure du labelle, autrefois la base essen* tielle des caractères génériques , n'y joue plus qa*uil rôle secondaire. L'existence et le manque d'épero»

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. gS

continuent d'indiquer une différence générique. C'est une chose digne de remarque que parmi le^ nombreuses orchidées parasites découvertes en Amérique il li](e s en trouve pas une seule éperonnée, tandis que l'Asie et l'Afrique en produisent un assez grand nombre pourvues d'un éperon, qui quelquefois est d'une longueur inconnue dans les terrestres. C'est a tort qu'on .a confondu avec Féperon une sorte de petit sac, formé par la connexion et le prolongement des hases de deux divisions extérieures du calice. Ce petit sac, que M. Richard distingue par le nom de p<^ru/e, établit une diversité de genre.

Le corps multiforme, résultant de la soudure des deux sexes, et désigné jusqu'ici par le nom insignifiant de colonne f prend maintenant celui de gynos^ tème mieux approprié à sa nature. Cette soudure s'opère par l'intermède des matières filamen taire et stylaire, dont l'une est terminée par l'anthère et l'autre par le stigmate : ces deux organes ne «ont donc pas, comme on Ta avancé, unis immédiate* ment ou portés l'un par lautre. -

Une cavité, pratiquée au sommet du gynostème pour recevoir l'anthère, tire de cette destination son nom de clinandre.

L'aféole visqueuse, regardée par les botanistes comme constituant seule ie stigmate , «t que M. Ri-

chard nomme gynise, est ordinairement surmontée par un processus appelé rostelle. Tantôt celui-ci est terminé par une bursicule, tantôt il porte une pros* colle ou glande glutineuse, à laquelle s attaché le pollen sortant de l'anthère*

L anthère, considérée quant à son mode dmsertion, est dite i^ continue y 2°stipiiée, 3®5C5si7e. Le point d'origine de la première n'est pas distinct du reste de la matière filamentaire ; la seconde a un petit support propre ; la troisième est immédiatetement fixée par un point plus étroit que sa base. Chacune d'elles non seulement indique une diversité générique, mais elle prouve aussi l'affinité des genres dans lesquels elle se trouve. Toujours biloculaires, ses loges sont le plus souvent subdivisées en plusieurs locelles par des sepiules: ceux-ci, étant d'une substance rétractile dans la plupart des genres, s'oblitèrent au moment même de la déhiscence de Panthère.

Le pollen contenu dans chaque loge forme une masse pollinique rarement simple, et le plus souvent composée de deux ou quatre massettes. Sous le rapport de leur tissu ces. masses ou massettes sont i** sectiles, 2° granuleuses ^ S"" solides. Les premières sont fendues par leur face externe en un grand nombre de corpuscules réunis par leurs bases sur un seul plan. La caudicule résultant du prolonge-

ment filamentiforme qui les réunit est o^di^ai^ement terminée par un rétinacle visqueux , qui est d'abord niché dans la burstcule stigmatique ou fixé au bout du rostelle. Comme pulvéracées au premier aspect , les secondes sont composées d'innombrables particules , amoncelées avec plus ou moins de cohérence, quelquefois aussi elles sont baignées par une humeur qui les rend comme pultacées. Les troisièmes sont des corps d'un tissu uniformément continu.

Deux -appendices, ordinairement existants aux côtés de lanthère ou du clinandre, et nommés staminodes, s,emblent indiquer que la substance filamentaire est formée de trois filets monadelphes , doqt lintern^diaire est setii anthérifère.

Le tégument propre des graines étant d'un tissu celluleux susceptible de subir, dans son accroissement, une dilatation extraordinaire, a été mal-àpropos pris pour un arille. Sa surface et sa forme , jointes à celle de lamande , donnent un moyen très facile de distinguer les graines en réticulaires etfusiformes: les premières indiquent les orchidées terrestres , et les secondes celles qui croissent sur d'autres végétaux.

L'embryon constitue toute l'amande, et n'est pas renfermé dans un èndospernie, comme on l'a dit d'après Gaertner.

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