SECONDE PÉRIODE
L'ordte et la méthode seront toujours en histoire naturelle, et particulièrement en botanique, deux objets de la plus (prande importance : ils servent àla-fois à établir les rapports que les êtres ont entre eux et à guider Tobservateur au milieu des productions innoinbrables de la nature. Les naturalistes les plus profonds en ont fait le sujet spécial de leurs études , et les connoissances que la science des méthodes exige ne pourront même jamais être embrassées que par eux.
M. de Jussieu qui peut, à si juste titre, être considéré comme le législateur des méthodes en bota-
BUFFON. GOMPLÉM. T. III. I
nique a formé un nouvel ordre de plantes sous le nom de monimiées; les genres dont il le compose sont le ruizia, le monimia, Yambora, et peut-être le citrosma, lepavonia, et Vatherosperma. Cet ordre devra être placé immédiatement avant la famille des urticées ; mais à la suite des monimiées , M. de Jussieu place le calycanthus réuni jusqu'alors aux rosacées; il le considère comme le type dun nouvel ordre qui servira de passage entre les monimiées et les urticées.
M. Palisot-Beauvois a porté ses recherches sur Tordre des graminées ; il en a étudié les organes de la fructification plus exactement quon ne lavoit fait avant lui , a fondé sur l'organisa tion de chacune de leurs parties les caractères qui doivent distinguer les graminées entre elles , et obtenu les moyens de diviser les espèces nombreuses de cet ordre en genres beaucoup plus naturels que ceux qui a voient été adoptés jusqu'à présent.
M. Labillardière nous feiit connoître une plante nouvelle de la famille des palmiers dont il a fait un genre, sous le nom de ptychosperma y voisin des élates et des arecas. Cette plante a été découverte par l'auteur à la Nouvelle-Irlande; elle s'élève souvent à plus de soixante pieds, et son tronc n'a cependant que deux à trois pouces de diamètre. Ces propurtioas lui ont fait donner le nom 4e gracilis.
Il est étonnant , comme l'observe M. Labillardière , qu un arbre aussi frêle puisse se soutenir lui-même ; mais on sait que dans tous les monocotylédons la partie ligneuse la plus dure est à Textérieur, et cette structure donne aux plantes de cette classe une force que ne peuvent avoir celles dont les fibres les plus solides sont au centre.
M. Lamouroux a présenté à Tlnstitut un travail très étendu sur les plantes marines. On s'étoit à peine occupé de ces singuliers végétaux ; ils étoient généralement réunis d une manièi'e peu naturelle , et M. Lamouroux, en formant un seul groupe, de toutes les plantes qui habitent les mers, paroit avoir opéré un changement utile. Le peu de progrès qu'on avoit fait dans Fétude des algues étoit cause du peu d'accord qui régnoit entre les botanistes sur les organes qui servent à la reproduction de ces^ cryptogames. M. Corréa , dans un travail spécial sur cette matière, avoit reconnu des organes mâles et des organes femelles dans les tubercules placés aux extrémités des ramifications de ces plantes. C'est cette opinion que M. Lamouroux partage ; mais il caractérise avec précision les difierentes parties de ces organes, et répand ainsi beaucoup de clarté sur l'étude de ces singuhers végétaux. Cet auteur a de plus observé que les espèces d'algues qui croissent sur le granit ne sont jamais
les mêmes que celles qui se trouvent sur la pierre calcaire ou sur les sables, et réciproquement. Quant à leur organisation intérieure , M. DecandoUe avoit reconnu qu elle étoit dépourvue de vaisseaux et entièrement formée de tissu cellulaire. M. liamouroux. distingue deux sortes de cellules, les unes hexagones très alongées , qui forment les tiges et les nervures des ramifications ; les autres de la même forme que les précédentes , mais à côtés presque égaux et qui constituent la substance membraneuse ou foliacée.
M. Lamouroux pense que les premières pourraient être analogues aux vaisseaux , et les secondes au tissu utriculaîre des végétaux plus parfaits. Ces travaux généraux ont conduit Fauteur à former dans cette famille plusieurs genres nouveaux qu'il a également présentés à la sanction de llnstitut.
M. de Mirbel a continué ses recherches sur la physiologie végétale. Jusqu'à présent on avoit bien reconnu que l'albumen des graines servoit ordinairement à nourrir la jeune plante après la germination ; mais cette opinion avoit peut-être besoin d'être encore appuyée sur des observations positives , et M. de Mirbel, au moyen d'une expérience aussi simple qu'ingénieuse, paroît avoir levé tous les doutes îiur cette question. L'embryon contenu dans la graine de ïallium cœpa se recourbe ^ en se développant, de manière à former un coude qui sort de
terre , tandis que la plumule et la radiciile y restent cacbées. Si à ce point de la végétation Ton (ait une marque quelconque et à égale hauteur sur les deux branches du germe , on verra la tache la plus voisine de la radicule s'élever seule dans le cas où la plante ne recevroit d aliments que par les sucs de la terre : si au contraire , elle n'est entretenue que par ralbumen de la graine , la tache de la plumule s'élèvera au-dessus de l'autre; enfin les taches s'élèveront à-peu-près également, si la terre et la graine concourent au développement du germe. C'est ce dernier phénomène qui a lieu ; il cesse lorsque l'albumen est entièrement absorbé : alors la jeune plante a assez de force pour puiser dans la terre ou dans l'atmosphère la nourriture dont elle aura désormais besoin.
Ce mémoire est accompagné d observations intéressantes sur la germination de l'asperge, et sur la manière dont les feuilles de cette plante, d'abord engainantes comme touteà celles des monocotylédons, deviennent, par l'accroissement de la tige, latérales et opposées , et ensuite latérales et alternes.
Dans un autre mémoire , M. de Mirbel a entre-r pris de nouvelles recherches sur la germination du nélumbo. Les botanistes n'étoient point d accord sur la classe à laquelle cette plante devoit être rapportée , et sur la nature des deux lobes charnus au
milieu desquels elle prend naissance. Les uns n'observant point de radicules se développer dans la {germination de cette plante , croyoîent qu'elle en étoit entièrement dépourvue; d autres regardoient les lobes dont nous venons de parler comme des racines, et d'autres comme des organes particuliers et analogues au vitellus. C'est au moyen d'observations a natomiques que M. deMirbel cherche à lever les doutes que font naître ces diverses opinions. Il reconnoît d'abord au nélumbo tous les caractères qui distinguent les plantes à plusieurs cotylédons, des plantes à un seul cotylédon. Il trouve ensuite dans les lobes de cette plante des vaisseaux analogues à ceux des cotylédons, et il observe, au point où ces lobes se joignent, d'autres vaisseaux qui se réunissent de la même manière que ceux qui caractérisent les radicules dans les embryons pourvus de cet organe; et il conclut que le nélumbo ne diffère point essentiellement des autres plantes de sa classe.
M. Corréa, en regardant avec M. de Mirbel le nélumbo comme une plante à deux cotylédons , ne partage point son opinion sur la nature des lobes; il croit, avec Gaertner, que ces organes ont beaucoup d'analogie avec le vitellus, et il les compare aux tubercules charnus des racines des orchis. Les plantes^ comme lobserve ce savant botaniste, ont
une organisation double et relative , d une part , à la terre où elles doivent s enraciner, et de Tautre, à lairoù leur feuillage se développe. Les racines sont destinées à la végétation descendante, et c'est au point où ces deux systèmes d'organisation se réunissent que les cotylédons sont ordinairement placés : or les lobes du nélumho sont à la partie la plus inférieure de la plante, et conséquemment dans le système de la végétation descendante ou des racines. Cette manière d'envisager le nélumbo ôteroit, à la vérité, les moyens d'y reconnoître les cotylédons; mais Texeniplede beaucoup d'autres plantes privées de ces organes montre qu'ils ne sont point du tout essentiels à la végétation, et que les caractères qu'on en a tirés pour partager le régne végétal en trois divisions sont insuffisants, et qu'ils doivent être remplacés par ceux que donnent la direction des vaisseaux et les rayons médullaires.
C'est aussi dans la vue de détruire les doutes que font naître les différentes opinions de plusieurs savants botanistes que M. Poiteau a entrepris un travail qu'il a soumis à llnstitut, sur la germination des graminées. On n'étoit pas d'accord sur la partie de la graine de ces plantes , qui devoit être régardée comme le cotylédon : mais observant que Fécusson, que Gaertner prenoit pour un vitellus et M. Richard pour le corps de la radicule, étoit
placé dans le point où la plumule et la radicule îse séparent , il considère cet organe comme un véritable cotylédon. Ces recherches ont, en outre, conduit M. Ppiteau à une observation qui, pour être accidentelle , n en est pas moins intéressante , puisqu'elle se lie à un des phénomènes les plus gér néraux de la végétation. Aumoment où la radicule des graminées se développe, elle prend la figurç d'un cône et représente la racine principale ou Iç pivot des autres plantes ; mais bientôt , et dès que les racines latérales ont un certain accroissement, ce cône s'oblitère et se ^détruit , de sorte qu'aucun plant de cette famille na de pivot. Et comme ]y|[, Poiteau a fait^la mçrae observation sur plusieurs autres plantes à un seul cotylédon, on peut supposer que cette substitution de racines nombreuses et secondaires à une principale a lieu , parceque chaque faisceau de fibres des monocotylédons a sa racine? propre : ce qui rappelle naturellement la belle observation de M. du Petit-Thouars , sur l'accroissement en grosseur du dracaena, dont il a déjà ét^ question dans les années précédente^.
M. du Petit-Thouars , qui s'occupe avec une constance digne d'être citée en exemple de l'anatomie et de la physiologie des végétaux , et qui a déjà pro-
posé à llnstitut plusieurs aperçus nouveaux sur cette branche de science, la entretenu cette année de la moelle et du liber, ou de cette pellicule située sous Técorce, et que Ion a regardée long -temps comme la mère de Faubier et du bois. Il pense entièrement le contraire sur ce dernier point, et saccorde à cet égard avec M. Knight , botaniste anglois, qui vient aussi de publier de belles observations sur la physique des arbres. Quant à la moelle, M. du Petit-Thouars assure que Ion s*est également trompé quand on a cru qu elle pouvoit être comprimée, etdisparoitreàlalonguepar raccroisscment du bois qui Tentoure; il a montré de très vieux troncs de plusieurs sortes d arbres où le canal médullaire est aussi gros que dans les branches de Tannée.
M. de Mirbel, qui a publié depuis long-temps de belles recherches générales sur la structure intérieure des végétaux, et les fonctions de leurs diverses parties , s occupe maintenant de comparer encre elles sous ce rapport les diverses familles. Il a traité cette année des plantes à fleurs en gueule ou labiées ; mais , cherchant toujours à revenir à ces principes généraux, qui seuls peuvent élever nos observations à la dignité d'une véritable science , il a fait précéder son travail par des considérations sur la manière d étudier Thisioire naturelle des végétaux, où il essaie de prouver que, pour établir unçi
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bonne classification des plantes , le botaniste doit appeler à son secours les faits que fournissent lanatomie et la physiologie ; qu'aucun caractère n a une importance telle quelle s'étende indistinctement sur toutes les familles ; et que par conséquent une méthode conçue d'après la considération d'un seul principe est nécessairement en opposition avec tes rapports naturels. Il n'excepte point dans ce jugement les caractères tirés du nombre des cotylédons, de la présence ou de l'absence du périsperme , et de l'insertion des étamines. L'analyse rigoureuse, ditil, démontre que la valeur proportionnelle des traits caractéristiques varie dans chaque groupe, en sorte que le même caractère a plus ou moins d'importance, selon qu'il existe dans une espèce ou dans une autre ; et cette importance n'est, en dernière analyse, que le résultat de Tenchaînement nécessaire des diverses modifications organiques ; il convient que, s'il est difficile en général d'apercevoir le nœud qui unit les traits caractéristiques dans les êtres organisés , les obstacles sont sur-tout multipliés quand il s'agit des végétaux . à cause de l'extrême simplicité de l'organisation; mais il croit néanmoins qu'on a trop négligé jusqu'à ce jour cette partie rationnelle de la science , sans laquelle l'histoire naturelle des plantes est réduite à n'être qu'un assemblage de faits sans relation.
Il disting[ue dans les caractères ceux de la végétation et ceax de la reproduction, et pense que les uns et les autres offrent des considérations également importantes pou rie rapprochement des espèces en ^milles.
11 distingue dans les familles celles qui sont for-* fflées en groupe, et celles qui sont formées par enchainement. Dans les premières lensemble des traits est conforme pour toutes les espèces, et la définitioD caractéristique n admet presque point d exceptions: telles sont les labiées, les ombellifères, etc. Dans les secondes les traits se modifient par nuances insensibles , de manière que les dernières espèces finissent par être assez différentes des premières pour qu'il soit impossible d'exprimer leurs rapports par une définition courte, simple, et affirmative: telles sont les borraginées, les renonculacées.
Le mémoire sur les labiées offre un essai de la méthode analytique que Fauteur propose pour l'étude des familles naturelles. Il examine les labiées dans toutes leurs parties. Non seulement il fait entrer en considération les caractères extérieurs , mais encore l'organisation interne, et même les phénomènes qui en dérivent. Après avoir parlé delà ger? mination , il passe à l'organisation de la tige ; il dé-! crit en détail les glandes et les poils : il pense que Ton s'est trompé en considérant comme des jxores
les aires ovales mêlées aux cellules plus ou moins hexagones qui forment Tépiderme. Ces aires ne sont à ses yeux que de petites élévations , ou si Ton veut que des poils extrèmements courts. Il trouve dans la structure interne de la tige la cause de sa forme et de la disposition des feuilles par paires. Une bride vaspulaire s étend d une feuille à l'autre, et les retient dans une situation opposée.
Nous ne suivrons pas Fauteur dans ses recherches sur le calice, la corolle, et les étamines. Les observations que contient cette partie de son mé* moire se composent d'une multitude de faits particuliers qui ne sont point susceptibles d analyse.
Le pistil a présenté à M. de Mirbel une organisation très remarquable , et qui cependant n avoit encore été observée que superficiellement. Un corps glanduleux placé au fond du calice porte quatre ovaires , du milieu desquels s eléve un style. La base de ce style ne communique pas directement avec les ovaires : elle pénétre dans la partie qui les soutient, et donne naissance à quatre conducteurs ^ lesquels, réunis aux vaisseaux nourriciers qui se rendent du pédoncule dans le fruit , remontent vers les ovaires. Cette disposition du style et des conducteurs , par rapport aux ovaires, existe également dans les borraginées.
Le corps glanduleux est semblable , par son or-
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ganisation interne , à la glande du cobea , dont M. de Mirbela publie ranatomie il y a quelques années. Cet appareil organique est destiné à la sécrétion du suc mielleux qui se dé))Ose au fond du calice.
La forme du style et du stigmate lui a fourni aussi matière à plusieurs observations absolument neuves.
La plupart des auteurs considèrent le fruit des labiées comme étant formé de quatre graines nues. Gaertner lui-même n a pas évité cette erreur. M. de Mirbel montre que ce fruit est composé de quatre drupes, dans lesquelles on reconnott facilement Teiistence d'une enveloppe pulpeuse et d'un noyau plus ou moins solide. Il (ait voir en outre que Tembryon, ordinairement droit, mais quelquefois replié sur lui-même, est revêtu de deux téguments , que l'extérieur est mince , et porte toujours à sa partie inférieure la trace du cordon ombilical ; que l'intérieur, tantôt mince et flexible, tantôt charnu et cassant , est un véritable périsperme.
Ce résultat inattendu n est que la conséquence d'un fait général qui avoit échappé aux recherches des botanistes ; savoir, que tout tissu cellulaire, homogène, distinct de sa membrane externe, et appliqué immédiatement sur l'embryon , quelles que soient son épaisseur et la nature delà substance inorganisée qui remplit ses cavités, est un périsperme ;
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d OÙ il suit qu'il est très peu de graiues dans les-* quelles on ne puisse trouver, même après la maturité , des vestiges de cet organe.
Pour rendre cette vérité plus sensible , M. de Mirbel donne l'histoire circonstanciée du développement de l'embryon et de la formation du périsperme dans les labiées et dans d'autres plantes.
En6n il croit pouvoir conclure de l'ensemble de ses observations que , dans les familles des labiées, les principaux caractères de la végétation , aussi bien que ceux de la reproduction , ont une liaison si étroite que l'on ne peut supposer le cbangement d'un de ces caractères sans admettre en même temps le changement des autres , c'est-à-dire que l'existence de chacun d'eux est visiblement liée à l'existence de tous ; ce qui fait que chacun acquiert pour la classification une valeur égale à l'ensemble des traits caractéristiques dont il est en quelque façon le représentant.
Tous les botanistes savent que la division première des végétaux , fondée sur l'unité et la plu ralité des cotylédons , est, généralement parlant , d'accord «vec les rapports naturels; cependant cette règle n'est pas sans exception : d'une part la cuscute , le cyclamen , quelques renonculacées , n'ont qu'un cotylédon, quoiqu'on ne puisse, sans déroger aux lois
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de la nature, les séparer des plantes à deux feuilles séminales ; d autre part le zaïnia et le cycas ont deux cotylédons, quoique leur place semble iuvariablement fixée entre les palmiers et les fougères, qui, comme Ton sait, n offrent qu'une feuille séminale. M. Richard, frappé de ces anomalies, a cru pou voir substituer à la division des monocotylédons et des dicotylédons celle des embryons endorrhizes et exorrhizes. Suivant lui , les endorrliizes cachent legerme de leur racine dans une poche particulière qui s ouvre ou se déchire durant la germination, et lesexorrhizes au contraire, n ayant point de poche, présentent au-dehors leur racine naissante. Il pense que cette division est à-la-fois plus générale et plus naturelle que la première. Ce n*est point le sentiment de M. deMirbel ; ce botaniste a annoncé dans un mémoire lu à Tlnstitut qu'il a fait germer un grand nombre de plantes à une et à deux feuilles séminales ; il en a représenté la forme à différentes époques de leur développement, et il lui a semblé qu'en adoptant le sentiment de M. Richard on se verroit forcé, de réunir souvent dans le même groupe les plantes les plus hétérogènes , telles par exemple que le gui et le blé . ou le cycas et le cèdre. L auteur de ce nouveau système, dit -il, croit que toutes les vraies monocotylédones sont endorrhizes ; mais le fait est que les seules graminées dans cette
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grande classe offrent ce caractère , et qu'on le retrouve bien distinctement dans plusieurs dicotylédones. Il cite le gui et le loranthus ; il montre ensuite qu'il existe une analogie frappante entre les graines du nélumbo, du nymphaea, du saururus, et du piper, que l'embryon des deux derniers genres est renfermé dans une sorte de sac tout-à-fait semblable à celui du nymphaea, et il conclutqUe les quatre genres appartiennent à la classe des dicotylédons. Enfin il pose en principe que les caractères tirés de la structure des tiges , combinés avec ceux que donnent le nombre et la forme des cotylédons, sont encore les meilleurs pour établir une première division naturelle dans le régne végétal.
Quant aux subdivisions des rangs inférieurs , ou à ce qu'on appelle des familles , il y a à-la-fois moins de difficultés à découvrir des bases sur lesquelles on puisse les faire reposer , et plus de liberté sur l'étendue qu'on leur donne, et il arrive souvent que des botanistes jugent à propos de les multiplier. (
Ainsi M. de CandoUe a donné un mémoire qui renferme la monographie de deux j&milles qu'il a établies , les ochnacées et les simaroubées. Les arbres dont ces familles sont composées sont tous origi* naires des régions situées sous la zone torride , et paroissent même y être assez rares, en sorte que
leur histoire et leurs descriptions a voient été fort négligées : on les avoit confondues ou avec les annonacéeS) ou avec les magnoliacées, ou avec les dilléniacées : M. Decandolle prouve qu*elles différent de ces trois familles par un grand nombre de caractères , et sur-tout par la structure de leur fruit, qu'il décrit avec détail, parcequelle offre une conformation remarquable. Dans les ochnacées et les simanmbées la base du pistil se renfle en une espèce de disque charnu, sur lequel les loges des semences sont articulées : ce disque, que Fauteur nomme gynobase, avoit été pris pour une partie du réceptacle de la fleur; mais il appartient réellement au pistil, puisqu'il est traversé par les vaisseaux qui vont du stigmate aux ovaires. Il résulte donc de cette structure , mieux appréciée , que les ochnacées et les simaroubées n'ont pas u n fruit agrégé , mais u n fruit simple, et par conséquent se rapprochent davantage des rutacées que de toute autre famille de plantes. Les deux groupes qui font l'objet du travail de M. Decandolle se rapprochent beaucoup entre eux par la structure de leur fruit ; mais on est obligé de les considérer comme deux familles distinctes ^ quand on a égard à leurs autres différences. Ainsi les ocAnacies ont des fleurs toujours hermaphrodites, des pétales étalés en même nombre que les divisions du calice , ou en nombre double, des étamines in*
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sérées sous le germe des fruits, dont les loges, un peu semblables à des noix , ne s ouvrent pas d ellesmêmes, et renferment une graine droite sans périsperme, et deux cotylédons épais. Ce sont des arbres toujours lisses, à écorce peu ou point amère, à suc propre aqueux , à feuilles simples , à deux stipules axillaires , à fleurs en grappes dont les pédicules sont articulés au milieu de leur longueur: les simawubées au contraire ont des fleurs souvent unisexuelles par avortement, à quatre ou cinq pétales droits , à cinq ou dix étamines munies d'écaillés à leur base, à loges du fruit en forme de capsules s ouvrant d'elles-mêmes , et dont la graine attachée au sommet est pendante dans la loge : ce sont des arbres à écorce très amère, à suc propre laiteux, à feuilles composées , dépourvues de stipules et à pédicules non articulés. Les ochnacées , qui renferment les genres ochna, gomphia^ et un nouveau genre nommé elvasia, se trouvent augmentées d'un grand nombre d'espèces nouvelles, mais n'ont encore aucune importance quant à leurs usages; les simaroubées,qui renferment les genres quassia, simarouba, et simabay sont d'un grand intérêt, puisqu'elles offrent deux d^s remèdes les plus actifs de la médecine.
D'après la description donnée par MM. de Humboldt et Willdenow de la plante qui forme l'écorce
connue en pharmacie sous le nom de cortex angus^ ùirœ, on devait présumer qu elle appartenoit à la famille des simaroubées; et M. DecandoUe 1 y avoit en effet placée, mais en conservant quelque doute. M. Richard , qui a eu occasion d analyser la fleur de cette plante très rare, assure au contraire qu*elle appartient à la famille des méhacées, dont elle se rapproche par sa corolle monopétale seulement en apparence, par ses étamines unies k leur base, par Tabsence des écailles de la base des étamines, et même par le fruit , observé il est vrai dans sa jeunesse seulement : les poils rayonnants qui couvrent la surface de la feuille et de la fleur confirment Topinion de M. Richard , laquelle ne peut être démontrée ou renversée que par Tinspection du fruit mûr de cet arbre qui est encore inconnu. Ce genre a été décrit par M. Willdenow sous le nom de bon* jflandiay mais^ comme il existoit déjà un genre dé» diéà M. Bonpiand, nos botanistes pensent qu'il est plus convenable de désigner celui-ci ou sous le nom ÔLOngusturay qui est le nom officinal, mais qui est un nom de pays , ou plutôt sous celui de cusparia, qui est le nom américain latinisé, et que M. de Humboldt a déjà employé dans son ^Tableau de la géographie des plantes.
I M. de Cubières a présenté la description d un
n arbre intéressant de TAmérique septentrionale , le
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magnolier auriculé , dont les grandes fleurs peuvent, par leur odear et par leur éclat , faire lornement de nos parcs.
ANNÉE ISII.
Notre confrère M. Palisot de Beauvois a communiqué à rinstitut le résultat d une expérience propre à étendre les idées que Ton se fait de la marche de la sève.
Au lieu d*enlever seulement une bande d^écorce au pourtour d une branche, comme on le fait d ordinaire, il en a isolé entièrement une plaque, en faisant une entaille tout autour, et de manière que ses fibres n*avoient plus aucune communication avec le reste de Técorce, ni par en haut, ni par en bas , ni par le côté. Il a aussi enlevé le liber, et bien essuyé le cambium, ne laissant intact que le bois dans le fond de lentaille. Les bords de cette plaque d^écorce ainsi isolée n'ont pas laissé de reproduire des bourrelets, aussi bien que 1 ecorce du bord externe de Fentaille ; la plaque à même sur quelques arbres donné naissance à un bourgeon qui s^est bien développé. Rien ne prouve mieux la communication générale de toutes les parties du végétal, et comment elles peuvent se suppléer mutuellement dans leurs fonctions ; car cette plaque d'écorce n a pu tirer sa sève que du bois caché sous elle.
Dans notre rapport de 1 806 nous avons exposé l'opinion particulière à M. de Beauvois sur la fécondation des mousses, et nous avons rappelé en même temps les objections qui empêchent encore plusieurs botanistes d adopter cette opinion , laquelle consiste à regarder comme pollen , ou pou-* dre fécondante , la poussière verte qui remplit fume des mousses, et comme semence une autre poussière que M. de Beauvois place dans une capsule située dans Taxe de cette même urne, tandis que Hedwig prend la poussière verte pour la semence , et cherche le pollen dans d'autres organes, et que des botanistes plus récents ne veulent pas même admettre de sexe dans ces sortes de plantes, et ne prennent leur poussière que pour un amas de petits bulbes ou bourgeons.
M. de Beauvois a fait cette année une observation qui lui parott confirmer son opinion. Ayant examiné avec soin Turne du mnium capillare, il a trouvé, i"" que la poussière verte de l'urne n'adhéroit point à la capsule centrale , comme elle devroit le faire, si elle étoit la semence , et si cette capsule étoit une columeÙe, ainsi que le prétendent les sec* tateurs dlïedwig; 2** qu'il y avoit dans la capsule des grains transparents et plus gros que ceux de la poussière verte ; 3"" que dans la poussière verte ellemême il y avoit des grains de deux sortes , les uns
verts y Opaques, anguleux, unis par des filets; les autres transparents et sphériques.
M. de Beau vois examinant epsuite la poussière dès lycopodes y a 'trouvé également deux sortes de grains ; les uns étoient opaques et jaunes , les autres ronds et transparents comme des bulles d'eau^ et au plus dans la proportion d'un à trente, par rap^ port aux premiers.
M." de Beauvois , qui regarde les grains opaq^ies comme le pollen, pense que ces corps transparents qui s'y trouvent mêlés sont des espèces de bourgeons ou de bulbes, propres à donner de nouvelles plantes , et que ce sont eux qui ont germé , quandHedv9^ig et les autres observateurs ont obtenu de jeunes plantes en semant la poussière des lyco-^ podes et des mousses-; ainsi Ton ne pourroit plus lui opposer ces expériences.
Quant aux véritables graines , elles sont placées , selon lui, dans les lycopodes autrement que dans les mousses ; les aisselles des feuilles de la partie inférieure de lepi recèlent, Jàns quelques plantes de la première famille, de petites capsules contenant chacune quelqxies grains plus gros que la poussière des capsules supérieures, qui ont été considérés comme des semences par Dillenius, et par tous ceux qui regardoient avec lui la poussière comme un pollen.
M. Wildenow les regarde comme des espèces de bulbes j et c'est lopinioii commune de ceux qui ne reulent point admettre de sexes dans les mousses , ies lycopodes, et les autres cryptogames.
lilais M. de Beauvois trouve que ces grains ont tous les caractères d'organisation assignés aux se> mences par les botanistes les plus exacts , et que Ton ne peut en conséquence hésiter à les regarder comme tels, quoiqu'on ne les ait pas encore découverts dans tous les lycopodes; il convient cependant quil n a pas réussi à les faire lever^ mais il croit que cest faute de les avoir eus dans un état assez frais; d ailleurs , quand ils lèveroient, ceux qui prétendent que ce sont des bulbes ne se tiendroient pas pour battus.
Nous avons indiqué brièvement dans nos rap-^ ports des deux années dernières les discussions élevées entre nos deux confrères , MM. de Mirbel et Bichard , sur la composition intérieure des graines de certains végétaux. Comme ces discussions ne tendent à rien moins qu'à ébranler de3 systèmes accrédités, elles ont pris une chaleur proportionnée à leur importance , et il nous a paru nécessaire de rendre compte du point où la question en est venue. Pour cet effet il faut la prendre d'un peu plus haut.
Quand on m^t dans Teau une graine de haricot
par exemple, elle ne tarde pas à se fendre, et au point de jonction des deux lobes , qui forment la plus grande partiç de sa masse, on observe d'un côté un petit corps charnu , de figure conique, et delautredeux petites feuilles assez reconnoissables. Si on avoit fait germer cette graine , la partie conique se seroit enfoncée dans la terre, et auroit formé la racine^les deux petites feuilles se seroient élevées dans l'air, et d'entre elles se seroit continué le reste de la plante; les deux grands lobes, adhérents au point de jonction des deux autres parties, après avoir joué pendant quelque temps le rôle de feuilles , se seroient bientôt desséchés çt auroiént disparu.
Le petit tubercule conique porte en botanique le nom de radicule; la partie opposée , qui en se développant donne le tronc entier deC la plante , se nomme plumule, et les deux lobes latéraux sont appelés cotylédons.
Des expériences nombreuses montrent que là fonction des cotylédons est de fournir la substance nécessaire au premier développement de la plùmule et de la radicule , jusqu a ce que la petite plante soit assez forte pour tirer de la terre et dé latmosphère les sucs propres à son accroissement ultérieur.
Des observations non moiqs répétées ont appris
que les plantes à deux cotylédons , qui sont les plus nombreuses dans la nature, ont entre elles un grand nombre de caractères communs, et qu*elles diffèrent par la plupart des détails de leur organisation de celles qui n'ont qu*un seul cotylédon , et encore plus de celles où Ton n*en observe point du tout; en conséquence les botanistes ont fait de cette composition du petit embryon végétal la base de leur première division des plantes.
M. Desfontaines, dans un mémoire dont noua avons donné lanalyse en son temps , sembloit avoir mis le sceau à cette division , en prouvant que les troncs ligneui^ des plantes dicotylédones ont une autre texture interne et une autre manière de croître que ceux des monoçotylédones et des acotylédones.
Mais , comme il arrive souvent en histoire naturelle, sur-tout quand les caractères fondamentaux ne reposent que sur des ob^rvations empiriques, et dont on n a point apprécié les rapports rationnels avec le reste de Torganisation , Ton s est aperçu petit à petit que ces règles n'étoient pas sans exception. On a découvert que les semences de certaines plantes qui par toute leur structure ressemblent aux dico* tylédones ou n'ont point du tout de cotylédons , ou en ont plus |le deux ; on a cru remarquer aussi des exceptions en sens inverse , et ces idées ont en-
gagé à examiner avec plus de soin que jamais les semences de toutes les plantes. Or dans cette recherche il s en est trouvé quelques unes dont la structure a paru problématique , et où le même organes reçu différents noms , selon la manière dont chacun la envisagé.
Le n^/um6o est une des plus remarquables de ces espèces douteuses. G est une plante des Indes qui a beaucoup de rapport avec notre nénuphar; sa graine recèle un corps divisé en deux lobes aux deux tiers au moins de sa hauteur, et entre ces lobes est un petit sac membraneux d*où sortent les premières feuilles , et ce nest qu après que la tige qui porte ces feuilles s'est un peu alongée qu'elle produit latéralement quelques petites racines.
MM. de Mirbel et Poiteau , conformément à une ressemblance au moins apparente, ont avancé que les deux lobes sont les deux cotylédons ; que les pre* mières feuillea forment la plumule, et le sac qui les enveloppe une espèce de gaine; que la radicule reste inactive et san» développement, et que les fibres qui naissent de la petite tige sont analogues à ces racines qui sortent de la tige des plantes rampantes.
M. de Mirbel en particulier croit avoir trouvé dans l'intérieur de ces lobes vm appareil de vaisseaux tout-$i-fatt semblables à ceux des cotylédons,
dans les plantes qui ont les cotylédons doubles. Ces deux botanistes ont donc rangé le nélumbo parmi les dicotylédones.
M. Richard au contraire a soutenu que c*e6t le petit sac qui doit être considéré comme le seul coty« lédon , et que les deux lobes appartiennent a lextrémité de la radicule ; il a comparé ces corps à ceux que Ion observe dans d autres embryons , et auxquels il a donné le nom d'hypoblastes, les mêmes que Gaertner appeloit vitellus; et cette analogie lui a paru d autant plus certaine que les lobes en question, ainsi que les autres hypoblastes , ne prennent point d accroissement lors de la germination , an contraire de la plupart des cotylédons. I^ production latérale des racines est une conséquence natu* relie et générale de la présence dun hypoblaste, qui empêche la radicule de s alonger directement. D après ce raisonnement, M. Richard a classé le nélumbo parmi les monocotylédones.
Alors la discussion s'est portée sur la nature même de ces hypoblastes. M. de Mirbel a comparé ce que M. Richard nomme ainsi dans les graminées , et qui est le scutellum de Gaertner, avec le cotylédon des asperges, des balisiers, et de quelques autres des plantes qui n en ont qu'un , et il a conclu de sa comparaison que rhypoblaste des graminées est précisément leur cotylédon-; ce qui met-
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troit de son côté toutes les analogies citées par M. Richard.
M. Poiteau a £iit aussi sur cette question un mémoire où il se montre du sentimentdeM. deMirbel.
M. Richard a répliqué qu'il y a plus de di£Fé-^ rence que M. de Mirbel ne croit ; que la plumule de lasperge et des ^autres plantes citées est enveloppée dans le cotylédon ; qu elle le perce pour se montrer au jour ; que c'est un caractère essentiel à la plumule de toutes les plantes monocotylédones ; que dans les graminées au contraire la plumule est enveloppée dans une tunique en forme de cône, distincte de Thypoblaste , et que c'est une tunique qui, enveloppant la plumule , doit être le véritable cotylédon ; mais M. de Mirbel n'a voulu voir dans ce petit cône qu'une excroissance résultant de ce que la plumule prend dans la graine un accroissement proportionnellement plus fort dans les gra-r minées que dans les autres monocotylédones.
On a cherchéalors des arguments auxiliaires dans les plantes plus ou moins voisines du nélumbo.
M. de Mirbel a fait voir qu'il existe une grande ressemblance entre les graines du poivre et de quelques autres plantes bien reconnoissiables pour dicotylédones par la structure de leurs souches et les graines du nélumbo. A la vérité on ne voit pas dans le nélumbo ni dans le nymphaea les couches
ligfnenses annuelles qui distinguent les dicotylédones; mais c est à leur tissu lâche qu*on doit, selon M. de Mirbel , attribuer cette différence.
M. Richard a produit en sa faveur les familles des hydrocharidées et des hydropeltidées, dont il croit que le nélumho et le nymphaea se rapprochent le plus, et dont plusieurs genres ont des hypoblastes épais , dans un creux desquels est logée la plumule enveloppée dune bourse cotylédonaire, quoique ces hypoblastes ne soient pas divisés aussi profondément que dans le nélumho.
Mais parallélenient à cette discussion partielle, il s'en est élevé une autre , dont la première ne sest plus trouvée faire qu'un épisode.
Il y a déjà deux ou trois ans que M. Richard , reconnoissant que la division des plantes, diaprés le nombre de leurs cotylédons , ou lobes séminaux , est en quelques cas obscure ou même insuffisante, eu a proposé une nouvelle, prise dune autre partie de l'embryon ; savoir, de la structure et de Fenveloppe de la radicule.
Dans les plantes communément appelées dico* tylédones , la radicule ou le petit tubercule conique dont nous avons parlé ci-dessus , devient elle-même , en s'alongeant , la racine du végétal ; dans les autres elle n est qu'un petit sac renfermant des tubercules qui deviennent les racines.
3o BOTANIQUE
M. Richard nomme les plantes de la première forme, exorrhizes, et celles de la seconde, eridor^ rhizes.
M. de Mirbel a prétendu que cette nouvelle di-* vision est encore moins applicable que lancienne ; qu'à la vérité la radicule des graminées est con<^ forme à cette description des endorrhizes, mais que dans les autres monocotylédones il nY a d^apparence de sac qu*un petit nœud à la base de la ra* cine naissante , et que ce nœud se retrouve dans des plantes analogues aux dicotylédones, telles que ce même poivre , auquel il avoit déjà eu recours dans la question particulière du nélumbo.
Ici M. Richard affirme que le poivre est tout aussi monocotylédone que le nélumbo; et il se pourrpit bien que Ton vînt jusqu'à remettre en doute la structure des tiges de la famille des pi-^ péracées , ou que Ton fût obligé d'apporter à la ré^ gle générale de la structure des tiges de nouvelles déterminations propres à rendre son application plus précise , et à faire disparoître ces diverses apparences d'exception.
U ne nous conviendroit pas d'exprimer un jugement quand des botanistes si habiles sont encore partagés; mais leur discussion aura toujours pro«^ . curé à la science cet avantage incontestable que , chacun d'eux cherchant à soutenir son opinion
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par des feits , ils ont découvert et fait représenter la structure intérieure de la semence et le mode de germination de beaucoup de plantes qui avoient été peu ou mal observées jusqu'à ce jour sous ce rapport; en thèse générale, cependan%, nous pensons que Ion ne pourra jamais 6tre sûr de la constance d'un caractère , tant que la raison de son importance n'aura pas été démontrée par le genre dmfluence qu'il exerce; car tout ce qui ne repose que sur de simples observations empiriques , quelque nombreuses qu elles soient , peut être renversé par une seule observation contraire ; or l'influence du nombre et des diverses formes des parties dans les végétaux est encore trop peu connue pour que Ton puisse espérer de long-temps de donner aux caractères botaniques ce degré de certitude rationnelle auquel ceux de la zoologie sont parvenus:
Nous devons encore faire observer q ue la description détaillée de la famille des hydrocharidées, que M. Richard a donnée dans le cours de cette discussion , a un mérite indépendant de l'objet en litige , celui de dféterminer plus exactement les genres dont cette famille se compose , et dont M. Bichai d a porté le nombre à dix , parcequ'il en a ajouté cinq nouveaux à ceux qui étoient connus auparavant.
M. Desvaux a présenté a l'Institut les prémices d'un travail sur la famille des fougères , où il a
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ajouté quelques observations à toutes celles de MM« Swartz et Smith , où il propose de démembrer encore quatre genres de ceux que ces savants bo^ tanistes ont établis ^ et où il décrit exactement plu^ sieurs espèces peu ou point connues.
M. Leschenault de La Tour^ Tun des naturalistes qui ont voyagé avec le capitaine Baudin, nous a donné des détails sur les arbres dont les naturels de Java 9 de Bornéo et de Macassar , emploient le suc pour empoisonner leurs flèches , et qui ont fait encore dans ces derniers temps, sous le nom d'upas, le sujet de relations si exagérées. Il y a deux sortes de ces poisons : Yupas antiare et ïupas thieute. Tous les deux tuent, en quelques. minutes^ par la plus légère blessure ; mais le dernier est plus violent ; c'est lextrait de la racine d'une espèce de strychnos ou noix vomique, plante ligneuse de la famille des apocins, qui s'élève en grimpant jusqu'aux branches des plus grands arbres. Les expériences faites par MM. Delile et Magendie prouvent qu'il agit sur la moelle épinière , et cause le tétanos et Tasphyxie. L*autre découle d'un grand arbre que M. Leschenault nomme abtiaris toxicaria , et qui appartient à la famille des orties. Ceux qui en reçoivent dans leurs blessures rendent d'abord des évacuations vertes et écumeuses, et meurent dans de violentes convulsions. On mange sans danger la chair des
animaux tués avec ces poisons , en retranchant sihilemeot la partie blessée.
M. Decandolle, correspondant et professeur à Montpellier, se propose de publier les plantes nou^ velles ou peu connues du beau jardin confié à ses soins, en donnant, toutes les fois que 1 occasion sen présentera , des observations sur les genres auxquels ces plantes appartiennent, et il a présenté à rinstitut des échantillons qui ne peuvent que faire bien augurer de son travail ; les cent planches, que cet ouvrage doit contenir, sont déjà dessinées.
Notre confrère, M. de Beauvois, continue tou-^ jours les livraisons de sa Flore (fOware et de Bénin, dont il a fait paroitre cette année les douzième et treizième livraisons. Il annonce dans la douzième, une nouvelle division des graminées, fondée sur la réunion ou la séparation des sexes, et sur la composition de la fleur et du nombre de ses enveloppes*
La plupart des physiologistes admettent depuis long^temps dans les plantes une sève ascendante, qui monte des racines aux branches, et contribue au développement des branches en longueur; et une sève descendante, qui descend des feuilles aux racines , et à laquelle quelques uns attribuent la