‹ Histoire des progrès des science naturelles, depuis 1789 jusqu'a ce jourChapitre 34 sur 37 · Pollen solide · texte numérisé non relu

Pollen solide

A. Masses composées de deux massettes.

a. Loges de l'anthère simples.

Calypso. Liparis, Malaxis.

h. Loges de l'anthère bilocellëes.

Corallorhiza.

Il donne ensuite au caractère de chaque section tout le développement dont il est susceptible.

Il termine son travail par Tindication des espèces de chaque genre.

Une planche, où les principales modifications de la structure des organes sexuels sont figurées avec exactitude, en rend Tintelligence plus facile et plus claire.

Quoique le mémoire de M. Bichard ait principalement pour but d éclairer les orchidées d'Eu- ' rope, les botanistes y trouveront des principes généraux applicables à celles de toutes les parties du inonde.

Il y a lieu d espérer que ce travail, résultat de nombreuses et difficiles recherches , les excitera à coopérer au perfectionnement de cette famille intéressante par des descriptions plus complètes et plus exactes qu elles ne 1 ont été jusqu a ce jour.

Il nest presque aucune des subdivisions de nos analyses que nous ne puissions enrichir des obscrvatkODs que M. de Humboldt a recueillies dans son grand voyage, et qu'il à toujours lattention de communiquer à TAcadémie à mesure qu'il les rédige. Ses observations astronomiques, son nivellement barométrique dés Cordillères , sa géographie des plantes, son tableau des régions équinoxiales,

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ses recherches sur les monuments des peuples indigènes de l'Amérique, et une partie de ses observations de zoologie et de la relation historique de son voyage, ont été annoncés dans leur temps par nous ou par notre collègue, et sont maintenant livrés au public ; mais parmi toutes ces belles acquisitions, celles qui se distinguent peut-être le plus par leur nombre et parleur magnificence sont celles qui se rapportent à la connoissance spécifique et systématique des plantes.

Le choix de plantes équinoxiales, les monographies des rhexias et des mélastomes, en nous faisant connoitre tout leclat dont la nature a embelli la végétation des pays chauds , nous font admirer le zèle et la sagacité des deux voyageurs qui en ont recueilli les productions, et le talent des artistes qu'ils ont chargés de les représenter.

Mais lun des naturalistes, M. Bonpland, est retourné dans le pays qui lui a procuré de si riches récoltes. 11 veut y en faire de nouvelles, et enrichir encore une fois nos jardins et nos musées ; et pour accélérer la publication du nombre immense d'espèces qui restoient à faire connoître, M. de Humboldt a dû chercher un autre collaborateur. M. Kunth, professeur de botanique à luniversité de Berlin, s'est chargé de décrire les genres et les espèces nouvelles ou peu connues rapportées par

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MM. de Humboldt et Boapland. Le nombre en sera de quatre mille, dont trois mille au moins sont entièrement nouvelles pour les botanistes. Elles occuperont cinq ou six volumes in-folio, dont le premier, qui renferme les monocotylédones au nombre de huit cents, est déjà publié, et dont le deuxième sera bientôt terminé. On imprimera en même temps le quatrième qui sera entièrement consacrée la famille des composées.

M. Kunth, en décrivant un si grand nombre d*espéces , a été conduit à envisag^er les Êimilles des plantes d après aes vues générales. Il les a soumises à une nouvelle révision, et a établi des sections nouvelles et des nouveaux genres en grand nombre, revu et rectifié les caractères des genres anciens.

A la fin de chaque section M. de Humboldt fait connoitre dans des notes spéciales la variété des formes qui abondent le plus sous chaque latitude , et llnfluencede la lumière, de la chaleur, et de rbumidité, sur la multiplication de chaque tribu de végétaux.

Le plus anciennement connu et le plus utile des palmiers est sans conti^edit le dattier, lune des principales richesses de la Barbarie et de l'Egypte, et qui se cultive aussi avec avantage dans plusieurs

contrées de l'Europe méridionale. M. Delile , qui en a observé la culture avec soin pendant qu'il étoit attaché à l'expédition d'Egypte, la décrite avec détail dans un mémoire qu'il a présenté à rAcadémie. Cet arbre vient de graines, de drageons, et même de bouture. L'opération de la bouture, qui consiste à replanter le sommet après Tavoir séparé de son tronc , avoit déjà été mentionnée par Tbéophrasteet par Pline ; et M. Delile a entendu des Arabes lui assurer qu'on la pratique encore. On sait que le dattier a les sexes séparés sur des individus différents ; les drageons de chaque arb/e produisent des individus du même sexe. Les habitants, pour tirer le plus de parti possible de leur terrain, ont soin de ne replanter que le petit nombre de mâles nécessaires pour la fécondation artificielle des femelles ; et lorsque des causes quelconques empêchent que l'on ne place en temps convenable les régimes de ces dattiers mâles à portée de répandre leur poussière fécondante sur les fleurs femelles , les fruits ne mûrissent point et la récolte est perdue.

Une espèce de palmier heaucoup moins connue que le dattier est celle du nipa , qui croît spontanément dans l'Archipel des Indes le long des bords de la mer, et dont Rumphius et M. Thunberg ont donné des descriptions incomplètes; on en mange leë jeunes amandes confites. Son régime, coupé

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avantson développement, donne une liqueurdouce qui, en fermentant, devient spiritueuse et agréable à boire. On fait avec ses feuilles des paniers , des nattes, et d autres menus ouvrages.

M. Houtou La Billardière en a observé et décrit avec soin la fructification, et rectifié sur plusieurs points les idées que Ton s*en faisoit. La fleur femelle a trois stigmates , et le jeune fruit trois ovules ; Fembryon est placé à la base de la graine ; ses chatons mâles à fleurs sessiles, ses anthères portées sur un seul filet, quoique non ramifié, ses fleurs femelles dépourvues de caliee, et ses fruits agglomérés, lui donnent des rapports sensibles avec les pandanus. Mais ses spathes, les calices à six divisions de ses fleurs mâles, ses feuilles pennées, le rapprochent enœre davantage des vrais palmiers.

Les anciens parlent beaucoup d'un arbre de VÉ^ gypte, auquel ils donnent le nom de persea, qui ressembloit à un poirier, mais dont les feuilles duroient toute Tannée, dont le fruit à noyau étoit très doux et très sain , et dont le bois dur et noir avoit une grande valeur. On trouve encore dans les auteurs arabes du moyen âge des descriptions d un arbre qu'ils appellent leback, et qui offre tous les caractères attribués par les anciens à leur persea; mais aujourd'hui cet arbre est devenu si rare, au moins dans la Basse-Egypte, que les botanistes ne

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Font pas reconni^ avec certitude : les uns , comme Lécluse, et LinDaeus d après lui, ont donné le nom de periea à une espèce de laurier; opinion d autant moins admissible que ce laurier vient d'Amérique. D'autres, comme Schréber, ont cru le retrouver dans le sébestier (cardia mtra), dont le fruit visqueux est tout différent. M. Delile a été plus» heureux ; ayant observé dans un jardin du Caire un individu de l'arbre appelé par Linnaeus ximenia œgyptiaca, il lui trouva la plupart des caractères du persea: une hauteur de dix-huit à vingt;. pieds, des branches épineuses, des feuilles ovales persistantes, longues d'un pouce à dix-huit lignes , traits qui ont pu donner lieu à la comparaison avec le poirier ; un fruit de la forme d'une datte, doux lorsqu'il est mûr, contenant un noyau un peu ligneux, etc* Parvenu dans la Haute-Egypte, M. Delile en rencontra deux autres, et il apprit, par les habitants des contrées supérieures, que l'espèce estcommune en Nubie et en Abyssinie , et très estimée dans le Darfour ; cependant il n'a pu savoir si le cœur du bois est noir comme le disent les anciens de leur persea.

Cet arbre se nomme aujourd'hui en Nubie eglig. M. Delile lui trouve des différences assez marqijiées pour le séparer des autres ximenia, et il en fait un gmr^ sous le nom de balanites.

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Parmi les vég[étaux d*où découle un suc d apparence laiteuse , Fun des plas remarquables est celui que les colons espagnols ont nommé Yarbre de ta vache, parceque son lait, loin d avoir, comme celui des euphorbes et de la plupart des autres plantes laiteuses , des qualités acres et malfaisantes , fournit au contraire une boisson saine et agréable. M. de Humboldt a lu à TAcadémie une description de cet arbre, et des expériences sur le suc qu'il fournit. Ce célèbre voyageur n'ayant pu le voir en fleur n en détermine pas le genre ; mais d'après son fruit il paroît appartenir à la famille des sapotilliers : son port est élevé, ses feuilles longues de huit à dix pouces, alternes, coriaces, oblongues, pointues, marquées de nervures latérales et parallèles. Quandon y fait des incisions il en découle un lait gluant , d'une odeur de baume très agréable, dont les Nègres mangent beaucoup en y trempant du pain de maïs ou de manioc , et qui les engraisse sensiblement. A Fair il s y forme à la surface des pellicules qui prennent, en se desséchant, quelque chose de lelasticité du caoutchouc, et il se sépare un caillot qui s aigrit avec le temps , et auquel le peuple donne le nom de fromage. *

M. de Humboldt s est livré , à ce sujet , à des considérations générales sur les différents laits végétaux dont les qualités malfaisantes dépendent de

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certains priocipes vénéneux qui s y trouvent assez abondants pour se manifester par leurs effets , tels que la morphine dans lopium; mais dans les fa* milles même les plus délétères, il existe des espèces dont le suc nest pas malfaisant , telles que Yeuphor* bia bakamifera des Canaries , Yasclepias lactifera de Ceylan.

MM. de Humboldt et Bonpland ont continué la publication de leur grand ouvrage de botanique , intitulé Nova gênera et specîes plantarum œqniMfctia- Uum\ Le troisième volume, qui sera achevé eix quelques mois, et le quatrième ^ qui est déjà imprimé , mais non encore publié , compléteront la série des plantes à corolle monopétale. Ces quatre volumes renferment plus de trois mille espèces nouvelles réparties en six cent vingt-trois genres , dont près de cent nouveaux. M. Runtfa , correspondant de FAcadémie, auquel la publication de cet ouvrage est confiée, a décrit, dans la famille des composées , près de six cent espèces rangées d après une méthode qui lui est propre. Des notes ajoutées par M. de Humboldt offrent les hauteurs auxquelles croissent les plantes des Cordilières , et des coiisi-

' « Nova gênera et species plantarum quas in peregrinatione ad « plagam aequinoctialem Orbis novi collegerunt , descripserunt et « partim adumbraverunt Am. Bonpland et Al. de Hnmboldt; ex sche- « dis autographis A. Bonplandii in ordinem digessit G. S. Runth.

dërations sur les distributions des formes végétales sur le globe. Il reste encore deux volumes à publier, consacres aux familles des plantes à corolle poly* pétale.

Mais comme le plan adopté pour les Neva gênera et species ne permet pas de donner les figures de toutes les plantes rapportées par les voyageurs, M. Kunth a commencé de donner, dans un ouvrage particulier, sous le titre des Mimoses et autres plante^ du nouveau continent de la famille des légumineuses y le choix des espèces les pl^is belles. Les dessins, exécutés Avec tout le luxe auquel se prête Ticonographie françoise, seront accompagnés d'un travail général sur les légumineuses. Les dessins appartenant au premier cahier de cette monographie ont été présentés à TAcadémie.

Pour assigner à chaque genre sa place dans l'ordre naturel, M. Kunth a été obligé d'étudier particalièrement toutes les familles des plantes, d'examiner rimmense nombre de genres et d'espèces conservés dans les herbiers , et de compulser tous les différents auteurs qui ont traité les mêmes objets avant lui. C'est à la suite de ces recherches qu'il nous a donné, dans des mémoires particuliers, des observations générales sur les familles des graminées, des cypéracées, des pipéracées, des aroidées, et encore dernièrement la révision de la fa-

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mille des bignoniacées. Ces travaux ont pour objet, ou d'indiquer les groupes ou sous-divisions qu'on peut établir dans ces familles , ou de circonscrire avec plus de précision les caractères de leurs genres.

En même temps, le savant auteur de la MonchgrajAie des jungermannia , M. Hooker, continue à Londres la publication des plantes cryptogames que M. de Humboldt lui a confiée. Il a réuni ces plantes à celles qui ont été rapportées par M. Menzies. L'ouvrage de M. Hooker porte le titre de Musci exotici.

M. de Beauvois continue toujours avec la même persévérance la publication des plantes recueillies dans ses voyagies ; et il a fait paroître cette année la dix-septième livraison de sa Flore dOware et de Be^ niny dont nous avons déjà plusieurs fois entretenu nos lecteurs,

Une des plus belles entreprises de Thistoire naturelle philosophique dans ces derniers temps a été celle de faire voir qu'un grand nombre d'organisations en apparence très différentes se laissent ramener cependant à un plan commun , et se corn-» posent de paires 4e même nature, variant par les proportions seulement.

M. Turpin vientde faire en ce genre un heureux

essai dans son mémoire sur Tinflorescence des graminées et des cypéracées , mlémoire où il étend ses vues au régne végétal presque entier. Les bouquets si varié» dont ]a nature couronne les végétaux, ces épis, ces chatons, ces grappes, ces ombelles, les fleurs composées elles-mêmes, ne sont, selon M. Turpin , que des dispositions semblables , dont lapparente diversité ne tient qu au plus ou moins de prolongement de la tige commune et des pédicules particuliers de chaque fleur. En réalité toutes les fleurs sont solitaires, et presque toutes sont axilliaires; ce qui veut dire qu'elles sortent des aisselles des feuilles, ou de parties analogues aux feuilles, quelque nom quelles portent d ailleurs dans la langue de la botanique.

L auteur, pour appliquer sa théorie aux graminées, considère leur fleur comme une fleur nue , c est-à-dire sans corolle et sans calice, et composée seulement d u pistil et des étamines. Cette écaille qui lenveloppe à Textérieur, et que les botanistes, qui la nomment valve extérieure de la balle , regardent comme une pièce de la corolle, nest pour M. Turpin qu'une bractée. 11 nomme spathelle lautre pièce plus mince qui est du côté de la tige, et qui s ouvre au moment de la floraison pour laisser parottre les fleurs proprement dites; mais ces bractées et ces spathelles ne sont jamais que des feuilles. Le mé-

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moire de M. Turpiri contient d'ailleurs beaucoup d'observations intéressantes sur les pa^rtîes intérieures de la fleur, et notamment sur des bourrelets ou parties analogues qui entourent la base du pistil , sur les cotylédons , qu'il dit être au nrombre de deux dans certaines graminées , tellesque le froment ou l'avoine, et principalement sur la disposition des bourgeons , qui , selon lui , ont toujours dans les monocotylédons leur première écaille adossée à la tige , tandis que dans les dicotylédons elle est ou latérale, ou , ce qui est plus rare , opposée à la tige et adossée à la feuille dans l'aisselle de laquelle naît le bourgeon.

M. Loiseleur des Loncbamps , médecin de Paris, a présenté à l'Académie un traité botanique des plantes usuelles , à la suite duquel se trouvent plusieurs mémoires sur les plantes de notre pays qui pburroient être substituées aux végétaux étrangers pour l'usage de la médecine.

D'après ses expériences on pourroit substituer à l'ipécacuanha diverses espèces de tithymales, le cabaret ou azarum europeum, la dentelaire ou plum-^ bagOy etc. Il donne la préférence aux tithymales. Le séné pourroit être remplacé par le globularia a/jpum^ qui croît en Provence, par Tanaj'jris/œaV/a, par le camelea cneorum , et même par les* rameaux et

les feuillesde quelqnesdophnéSy réputés jusqu^à pré> sent caustiq^ues et hydrag^ogues , mais que M. Loiseleur prouve nêtre que drastiques. Au jcUap il substitue ^ssez naturellement d autres espèces de liserons., et surtout le convolvulus soldanella, qui haJbite les bords de la mer, la racine de concombre sauvage( momon/ica etaterium), et même les pétales de quelques rosiers , dont l'action est cependant plus foible. Quant à Topium , qui se tire aux Indes et daus le Levant dune variété du grand pavot à graines blanches et à capsules rondes , M. Loiseleur montre comment on pourroit l'extraire de notre pavot ordinaire des jardins à graines noires, qui en fourniroit abondamment. Il traite aussi de quelques autres narcotiques , teb que la stramoine et la laitue vireuse.

Les grands ouvrages de botanique entrepris par quelques uns de nos confrères se cDntmuent avec ardeur. M. Palisot de Beau vois, qu une mort prématurée vient denlever à la scienc , avoit conduit sa Flore cTOware et de Bénin jusqu'à la dix -neuvième livraison.

M. de Humboldt , aidé de M. Kunth , avance chaque année à grands pas dans son immense His^ toire des plantes de t Amérique équinoxiale.

Le troisième volume de ses Nova gênera et species.

plantarum œquinoctiatium a -^té achevé ; le quatrième, qui complète les deux tiers de 1 ouvragée, est imprimé en entier : on y trouvera les descriptions de trois mille espèces, parmi lesquelles il en est un grand nombre qui appartiennent à des familles trop long-temps négligées par les botanistes voyageurs. Il a paru trois cahiers des Mimoses, ouvrage spécial, consacré à Tune des plus belles familles de plantes de la zone torride , et pour la représentation desquelles les auteurs ont cherché à employer les artistes les plus distingués dans ce genre de travail.

M. de Humboldt a fait paroître la première partie du second volume de la Relation hisfqrique de son voyage, avec un atlas où se trouvent les cartes des côtes de Garaccas, des landes de Venezuela et des rives de TOrénoque. L auteur y traite de plusieurs objets relatifs à la zoologie, tels que la puissance électrique des gymnotes , la récolte des œufs de tortue, les mœurs du jaguar et du caïman , etc.

M. Kuitth en particulier a présçnté une révision de la famille des bignoniacées.

M. de Humboldt, qui avoit publié en i8i6 un ouvrage particulier dont nous avons rendu compte sur la distribution proportionnelle des espèces de

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végétaux de différentes Êimilles dans les difFéi ents climats, et sur les rapports de cette distribution avec la chaleur moyenne annuelle de chaque pays , ou ce que ce grand physicien a nommé les lignes isothermes , est revenu cette année sur le même sujet, riche d'une foule d'observations nouvelles, qui pour la plupart ont confirmé de la manière la plus frappaoté les régies qu'il avoit établies. Ces questions se lient intimement à toute l'histoire des hommes; labondance des graminées , celle des ipalmiers ou des conifères, ont influé sur letat social des peuples, sur leurs mœurs, et le développement plus ou moins rapide de leurs arts ; mais le nombre relatif de$ espèces de chaque famille n'exprime pas l'importance réelle de la famille , de l'aspect qu elle donne à un pays , de l'influence qu'elle exerce sur les habitants. Souvent une espèce d'une famille peut occuper à elle seule plus de terrain que de nombreuses espèces d'une autre famille. Le détail de cette étude fait voir qu'il y a des genres et des familles qui appartiennent exclusivement à certaines zones, à des conditions spéciales de climat , mais qu'un plus grand nombre a des représentants dans toutes les zones ; la proportion n'est pas répartie de même pour les espèces; dans la zone glaciale et sur les hautes montagnes, la variété des formes génériques ne diminue pas au même degré que celle des

BOPrON. COMPLBM. T. III. 8

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espèces. U y a d^ailleurs des difFérçnces qui tiennent aux communications des /continents, et à leur population végétale primitive. Ainsi Ion croit déjà pouvoir distinguer dans la zone torride quatre systèmes de végétation ; savoir, ceux du nouvcc^u continent, de TAfrique oocidentale, de ilndC) et de la NouvellefloUande. Malgré toutes ces complications, M. de Humboldt ne pense pas que Ton doive renoncer à une étude aussi importante, pas plus que Ton n a renoncé à dessiner des cartes , lorsque Ion s est aperçu des sinuosités infiniesrdes rivières et des côtes. Il a même dressé une table de ses observations, qui offre les résultats les plus intéressants ; Ton y voit dans quelle proportion , chaque famille de plante^ dans chaque zone et dans chaque continent, se trouve avec la ma$,&e entière des plantes phanérogames ou à fructification connue , et si cette proportion diminue en allant vers le nord ou vers le midi.

Ces fait» donnés par la géographie des végétaux se lient en quelque sorte à toutes les branches de la physique du globe.

Ainsi un habile ingénieur anglois, M. Webb, ayant mesuré trigonométriquement les plus hauts pics de cette grande chaîne de l*Himâlaya qui borne rinde au. nord , en avoit trouvé qui s'élèvent aude!>âus de tout ce que Ton connoissoit de plus élevé

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sur la terre. H en est un par exemple de^S^a métrés de bftuteur qui surpasse autant le Cbimborasso que le Mont-Blanc surpasse le Mont*Perdu; mais on attaqua la justesse de ces mesures, principale* ment parcequeau revers septentrional de la chaîne la Deige perpétuelle ne descend pas aussi bas qu'on ' devroit le croire d après la latitude, et parcequHl y croit des plantes qui ne viendroient mille part ailleurs à cette hauteur; et Ton avoit soupçonné que la réfraction avoit été pour quelque chose dans Terreur dont on accusoit ces évaluations.

M. de Humboldt a présenté a l'Académie des calculs qui prouvent que pour rabaisser ces mont^nes seulement au niveau du Cbimborasso il &udroit supposer que le coefficient de la réfraction est de 0,3 au lieu de 0,08 , quantité qui n est pas admissible dans une zone aussi méridionale.

Il est bien vrai que dans les passages et au revers de lUimâlaya qui regarde les plateaux de la Tartane la neige fond en été à la hauteur de cinq mille «oixante-dix-sept métrés, hauteur où sous Téqualeur même elle est certainement éternelle. M. Webb n^en a pas trouvé à trois cents pieds encore plus haut , quoiqu'il fh cette observation au 3 1 "^ de latitude nord. A cette même latitude, au nord de la crête de lUimâlaya , on trouve des pâturages , du froment , une belle végétation à quatre mille cinq

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cent quarante-neuf métrés de hauteur, tandis que sur la pente méridionale de ces mêmes montagnes les phénomènes ne sont pas très différents de ce que Fon observe dans les autres contrées du globe. Des circonstances aussi remarquables ne pou- ' voient manquer d attirer Fattention de M. de Humholdt. Il fait remarquer à ce sujet que la limite des neiges perpétuelles est un des résultats les plus compliqués des causes physiques ; qu'elle suit moins la loi des lignes isothermes ou d'égale chaleur moyenne de Fannée que celle des lignes isothères ou d'égale chaleur extrême de Fêté , deux genres de lignes qui sont loin d'être parallèles. On sait en outre que dans l'intérieur des gralids continents la chaleur annuelle* et plus encore la chaleur d'été , à latitude égale , sont plus fortes que sur les côtes à cause du rayonnement du sol. On conçoit donc que sur les montagnes adossées à de grands plateaux les neiges perpétuelles doivent être plus reculées vers les hauteurs; on observe des effets semblables jusque dans la chaîne du Caucase.

M. de Humboldt analyse et apprécie plusieurs autres causes qui contribuent à ces variations , et confirme ce qu'il en dit par les innombrables ob-^ servations qu'il a, faites à ce sujet dans toutes les parties de l'Amérique.

M; Fabbé Rigaud, directeur du séminaire. de

Meaux , ayant remis à M. du Petit-Thouars une fleur de pavot oriental d un aspect très^ »ngulier, ce botaniste reconnut de suite que les étamines s y trouvoient changées en pistil , et que , prodi* gieusement renflées par cette métamorphose , elles formoient une couronne de plusieurs rangs , qui avoient quelque ressemblance avec certaines anémones.

Le calice et la corolle étoient tombés, mais, suivant le rapport de M. Rigaud , ils n avoient rien de remarquable.

A la base se trouvoient quelques filets plus me^ nus; c'étoient des étamines, approchantes un peu de leur forme ordinaire, mais elles s^altéroient de plus en plus.

Enfin venoient plusieurs rangs où elles étoient entièrement dénaturées.

A la partie extérieure il se trouvoit une sorte de pédoncule, vert et renflé vers son milieu : c'étoit le filament ; sa partie postérieure étoit recouverte par une membrane mince et rabattue, contiguë au sommet, de forme triangulaire; deux arêtes velues le bordoient jusqu^au sommet; en retournant cette partie , on voyoit que l'intérieur étoit aplati , et sur son milieu se trouvoit une couche de grains détachés. M. du Petit-Thouars les reconnut pour des ovules, mais qui se trouvoient à nu. Quant à la

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membrane et à ses sillons , il n eut pas de peine à voir que c'étoit une portion analogue au stig[mate rayonné du vrai pistil.

Ces filaments se réunissotent à la base , mais en se groupant en plus ou moins grand nombre. G*est ce qui étpit plus facile à apercevoir en écartant le rang supérieur de Tovaire qulls entouroient ; ainsi ils formoient une sorte de monadelphie tendante vers la polyadelpbie.

Lauteur avoit déjà observé une monstruosité semblable dans la joubarbe : on peut Ito regarder comme use interversion dé Fordre dans lequel se font dWdinaire ces sortes de métamorphoses.

Mais M. du Petit-Thouars,Hantces phénomènes à d'autres , espère arriver à prouver sous peu de temj^,

i"" Que la fleur n est que la transfbrmui^ion d une i^^uille et du bourgeon qui en dépend ;

2^ Que la feuille donne les étamines , et en outre le calice^ la corolle , quand il y en a ;

3"^ Que le bourgeon devient le pistil , ensuite le fruit et la graine;

4^ Que le pistil ^nt la concentration d une ou de plusieurs feuilles ^ il doit donner naissance à une réunion successive de bourgeons dont les feuilles deviennent les ovules destinés à recevoir Fembryon.

Main à ces propositions , qui se déduisent en effet assez naturellement de la transformation dont nous venons de parler, il en ajoute d'autres qui ne paroissent pas y tenir d aussi près ; savoir ,

Que Tembryon est formé par la réunion de deujt molécules détachées , Vnxxe ligneuse , l'autre parenchymateuse , dont il parott probable que Tune est fournie par Tétamine , Fautre })ar le pistil ;

Que dès qu'une fois lembryon est perceptible aux sens il est détaché, ne présentant jamais d'ap<parence de cordon ombilical ; ainsi il ne croit que par intussusception ;

Enfin que, dans ce cas , Fembryon est renversé, les cotylédons faisant la fonction des racines , et la radicule celle de tige ou de partie aérienne.

M. Dutrochet a adressé, pour le concours de physiologie expérimentale fondé par M. de Montjon , un ouvrage de première importance sur Faccroissement et la reproduction des végétaux.

Tout en convenant avec M. de Mirbel que les fibres ligneuses ne sont qu un tissu cellulaire difFéremment modifié, il pense néanmoins quon doit les considérer comme des organes particuliers destinés à conduire la sève. Il regarde le parenchyme de l'écorce et la moelle de la tige comme des substance^ analogues disposées en sens inverse. Il donne à lune le nom de médule corticale, et à Fautre celui

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fie médule ccfitraje, et il en prouve Tapalogie par des observations nouvelles. On $ait que les pédoncules des fruits mûrs se séparent du rameau avec lequel ils sont articulés, et que la plaie qui en résulte se cicatrise très promptement. M. Dutrochet voulut voir si , en coupant une petite tranche d'un rameau de poirier, un peu au-dessous de la plaie du pédoncule qui se toit détaché natu rellem en t avec son fruit, cette plaie nouvelle se cicatriseroit. Il reconnut ^près avoir répété plusieurs fois la même expérience qu'il est constaninient arrivé qu'une portion du rameau ainsi tronqué s etoit desséchée au-dessus de la section, et qu'il s'étoit produit de lecorce entre cette partie desséchée et la partie restée vivante, en sorte qu'il y auroit eu encore ici une cicatrisation, s^ns que l'écorce extérieure ni les fibres ligneuses y eussent participé. Cette formation de nouvelle écorce est évidemment selon lui une métamprphose de médule centrale en médule corticale, et la preuve de l'identité de ces deux substances ; mais l^ cicatrisation ne peut avoir lieu que sur des rameaux très jeunes qui n'ont que peu de fibres ligneuses et dont la médule centrale est encore humide. Enfin l'auteur regarde la médule comme la partie çssentiellemept vivante du végétal.

Ainsi toutes les parties qui composent la tige des végétaux dicotylédons ont de l'analogie entre elles.

La médule corticale est analogue à la médule centrale; les couches de fibres corticales sont analogues aux couches de fibres ligneuses , mais elles sont disposées en sens contraire; Técorce et le bois ne sont que contigus sans avoir entre eux de communication. L'auteur donne à Técorce le nom de système cortical, et aux parties qu'elle entoure celui de système central. Ces deux systèmes ont chacun leurs rayons médullaires qui ne sont point contions, comme on la cru, mais seulement juxta-posés par leurs extrémités

L'accroissement en diamètre s'opère suivant deux directions différentes : i "" dans le sens de l'épaisseur par la formation de couches successives ; 2'' dans le sens de la largeur par l'augmentation d'ampleur des couches.

M. Dutrochet pour étudier l'accroissement en largeur du système cortical choisit pour exemple des racines de Vechium vulgare et du dipsacusfuUonunif où Ton en voit clairement le mécanisme. Ces racines coupées tansversalement offrent un système cortical composé de festons concentriques ; extérieurement elles sont cannelées dans leur longueur, et ce sont ces cannelures dont la coupe transversale se présente sous la forme de festons. Ces festons sont des faisceaux de fibres longitudinales, séparés les uns des autres par des lignes de tissu cellulaire

qui sont les rayons médullaires corticaux. Une i

li^ne du même tissu cellulaire se montre au milieu de chaque feston. Bientôt après un nouveau ; feston ou faisceau de fibres apparoît dans le milieu i de cette li^ne de tissu cellulaire qui occupe le cen- i tre du premier feston. Le nouveau feston se déve* i lopp^ et divise par le sommet cejui dans lequel il | est né. Alors les deux fragments latéraux du feston ^ divisé forment enoore chacun un feston nouveau ,j par la naissance^ dans leur milieu, d'une ligne ^ nouvelle de tissu cellulaire. Il résulte de là qu un feston simple primitivement se trouve en faire trois, ce qui augmente dans la même proportion le nom<r bre des rayons médullaires corticaux. Cette obser-vation nouvelle et intéressante ofïire doux faits très remarquables : le premier est la tendance des fibres longitudinales à dévdiopper dans leur milieu de nouveaux rayons médullaires^ le deuxième est la tendance qu'ont les rayons médullaires à dévelop-r per aussi dans leur milieu des faisceaux de fibres longitudinales. C'est ce que M. Dutrochet appelle production médiane.

L auteur traité ensuite de laccroissement en largeur du système central. Il choisit pour objet d'étude une jeune pousse du clematis vitalba dont là coupe est une aire à six angles saillants et à six rentrants; les angles saillants sont formés par des

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fiiMceaux de fibres lott^^itudinales, et la coupe trans'^ versale offre des festons analogues à ceux du système cortical de Vechium vutgare. Les faisceaux saillants du clematis appartiennent au système central ; ils sont séparés les uns des autres par des rayons méduHaires centraux, et ces rayons, ainsi que les &isceaux de fibres interposés entre eux , se multi^ plient comme ceux du système cortical de la racine de Yeckium vulgar^; d*où il résulte que le système cortical et le système central ont le même mode daccroissement en largeur.

L'accroissement des deux systèmes en épaisseur s'opère par la formation de couches successives. Lopinion de la transformation du liber en bois a long- temps prévalu; d'autres systèmes ont encore été proposés sur la formation des couches ligneuses; mais aucun d'eux, suivant M. Dutrochet, n'est admissible; la couche de liber et celle d'aubier n*ont aucune liaison organique entre elles, elles ne sont que juxta-posées ; la nouvelle couche de liber est une extension dn liber ancien, et la nouvelle couche d aubier est une extension de Fancien aubier.

La couche de liber et d'aubier de nouvelle formation est séparée de l'ancienne par une couche mince de tissu cdlulaire; c'est ce qu'on peut obseiv* ver fecilement su#la coupe transversale d'une tige du rUus typhinum; on y voit distinctement les coU"«

ches ligneuses séparées par des couches d un tissu cellulaire roussâtre, parfaitement semblable à celui de la moelle centrale, et les vaisseaux qu'on observe dans les couches de ce tissu sont analogues à ceux de 1 étui médullaire.

M. Dutrochet confirme encore les mêmes foits par des observations qui lui sont propres. Il a re* marqué que la moelle des bourgeons du sommet des branches et de ceux qui naissent dans les aisselles des feuilles correspond toujours à la moelle centrale et à son étui , et que la moelle des bourgeons adventifs correspond à la couche médullaire placée au-dessous de la couche extérieure d'aubier, et il a vu de même que les vaisseaux de letui médullaire de~ces bourgeons adventifs tirent leur origine de la même couche médullaire. Ces observations prouvent évidemment que les couches ligneuses sont séparées les unes des autres par des couches de moelle accompagnées chacune d'un étui médullaire.

' C'est par cette régénération de la moelle et de son étui que la végétation commence au printemps; la couche d'aubier vient ensuite , et recouvre en dehors cette couche médullaire que l'on n'aperçoit pas dans un grand nombre de végétaux à cause de son peu d'épaisseur, mais que l'on diftingue facilement sur la coupe transversale des tiges du rhus typhinum.

Ainsi ce nest point, suivant M. Dutrochet, une simple couche d^aubier qui se forme chaque année, il y a une reproduction complète de la moelle , de son étui, et des fibres ligneuses. Cest un système central tout entier qui enveloppe 1 ancien. Le même phénomène a lieu dans le système cortical : ce ne sont point de simples couches intérieures d*écorce qui se forment annuellement ; chacune de ces couches est un système cortical complet, composé extérieurement dune couche de parenchyme ou médule corticale, et intérieurement dune couche de fibres.

L'auteur compare ensuite laccroissement eu épaisseur avec Taccroissement en largeur, en rappelant que ce dernier sopère par des productions médianes, que des faisceaux de fibres naissent dans le milieu du tissu cellulaire , et qu'il nait aussi du tissu cellulaire dans le milieu des faisceaux de fibres; il pense que les couches concentriques se forment suivant les mêmes lois. Il voit les deux couches nouvelles de fibres naître entre les deux couches de médule. Tune centrale, 1 autre corticale, par la production desquelles commence la végétation au printemps; il voit réciproquement les deux nouvelles couches de fibres corticales et centrales j uxtaposées donner naissance à de nouvelles couches médullaires ; ce qui se rattache au phénomène gé-

néral de la reproduction médiane, et la manière dont s'opère laccroissement dans ces diverses circonstances , où Tanalogie est évidente, a convaincu 1 auteur que les couches ne sont point produites par le cambium, mais bien par un véritable développement du tissu, comme M. de Mirbel Tavoit déjà dit.

L'auteur jette ensuite un coup d œil général sur ' Taccroissement en diamètre des dicotylédons.

L'accroissement en épaisseur a lieu tant que dure la vie du végétal, maislaccroiasement en largeur s arrête dans les parties qui deviennent soli«des; ainsi le bois ne prend plus d'accroissement, mais lecorce, dont la texture a peu de densité, continue de s'élargir, et la partie fibreuse des végétaux herbacés continue* également de s'étendre en largeur.

A la suite de ces observations Fauteur dit un mot des rapports variables de volumes qui existent entre le système cortical et le système central. Le premier en a presque toujours moins; quelquefois cependant il l'emporte en volume: celui de la racine de Yechiutn vulgare a environ huit fois plus d'épaisseur que le système central ; et dans la racine de ïeryngitim campesire le premier est au second dans le rapport de 2 1 à 4*

. Enfin il explique la fcurmation des bourrelets d'après les principes établis dans sa théorie.

Dans la seconde partie de son travail M. Dutrochet traite de raceroissement des monocotyldéons. Leur accroissement en longueur s opère delà même manière que chez les dicotylédons ; mais comme ils sont privés do rayons médullaires , et que laccroissement par couches successives est essentiellement lié à 1 existence de ces rayons, Faugmentation en diamètre des monocotylédons, lorsqu ellea lieu, ne &e fait pas suivant les mêmes lois. Ainsi Texistence des rayons médullaires dans les dicotylédons est le caractère essentiel qui les distingue des monocotylédoDs.

Dans sa troisième partie 1 auteur donne quelques vues sur la cause qui détermine la tige à se lever au-dessus de la terre, et la racine à y descendre. Il offre des observations sur 1 origine et 1 accroisse» loent en longueur des racines du nympluta lutea et du typha latijhlia.

Ija tige souterraine du nymphœa est composée d'un système cortical fort mince et demi-transpa-> reot , et d un système central dont le tissu cellulaire, dune couleur blanche, renferme des fibres jaunes fléchies irrégulièrement. Lorsqu'une de ses fibres, en se ployant, £[>rme un coude qui s approche du système cortical, il se manifeste dans ce dernier une production hémisphérique, concave en dessus et convexe en dessous; c'est le système cortical de

la racine naissante dont la fibre coudée doit former le système central. Cette fibre , d abord séparée de la poche corticale, s en approche, applique le sommet de sa courbure contre la surface concave de cette poche, et s'en fait une enveloppe en forme de coiffe ; puis la racine naissante se produit au dehors , en déchirant 1 ecorce de la tige au-dessous de laquelle s'est formée celle qui l'enveloppe.

Il résulte de cettte observation, i® que le système* cortical et le système central de la racine sont primitivement isolés, mais que Tun et l'autre exis-^ tent avant de former un tout organique par leur assemblage ; 2** que le système central pénétre dans le système cortical ; 3° que le système cortical de la racine se forme au-dessous de Técorce de la tige d'où elle prend naissance, et qu'elle perce cette écorce pour se produire au dehors.

Le sparganiumerectum, ainsi que plusieurs autres plantes , a deux sortes de tiges , les unes aériennes , les autres souterraines ; les bourgeons qui produisent les dernières naissent dans les aisselles des feuilles qui enveloppent la base de la tige aérienne ; ils se présentent d'abord à la surface de l'écorce sous la forme d'une petite calotte hémisphérique composée de couches superposées. C'est le système cortical du bourgeon naissapt. Une saillie du système central de la tige s'approche peu à peu de

cette calotte tCOrtica|e , s*i&trodait dali9^sMi intë^ rieur, et s en enveloppe; la oAofàt «along^e et ^es couches deviennent de petits^ cônes 4^reux embot- Ips les ui^ dflp^les autres. L auteur ^r doiiae le ^|Q de piléolcf. he bourgeo;a', en se développant en longuenr, décliiré la pil&>les.terminale qui deviem une feuille engainante; 1» seconde se déchire ensuite, .puk la troiaî^e; ellM cfeviennent des feuilles comme la premi^é , et leulrs scissuMs sont . alternes. Ce|kObsçrvations^ou veut que le système ceit^l et le systè^pe cortical des tiges et des racines sont primitiveilfient isolés, cpie fe système ceotrtil pénétre dans le syst^mei cortical, que celui ^e^lu tige prend son écoiS^ à^a surface exté|iieure de la tigé-q^ui-l^pi donne naissance, et que. la raç|pe aucôntra|tte la^prend à la surface intérieure de Técorpe; qu'ainsi les tigeg^t l<ls racines opposées par leur direction., le sont aussi par le m<J9e dejeur origyie. Celles du iypha latifoUa^'6bgfi^ée^é lamente manièf^ et dans les. mêmes jQiifcfonstancés/ ont offert les mifanes résultats. j.^ f

L autiôut observe que la> pointevdes bourgeons est^coàîl^osél de coyches qui sont les rudiments dés feuilles. ^ *

IL térmii^cet^ie^jp^tie par \mhPOup d œil général s^r réloi%ation dés tig^ et des racines.'

L'éloqj^ation, des tigps et des |;acines se fait par

BUVSON. COKPtkU. T. I!f.

f3o BOTAKIQll»

up dévfoloppoinQiit ^ucoi^^^scil^jNp qui sortent (lii ceîftre d'un- Ijowr^eon , en ^orte que..lea plus noi^yêll^ ^i^t plu^Toisipes du^enlç^ de la tige quel^s pi iji^^'fpciennea ;, ainsi la proKttieiiop centra^ n app^rtiont poiat ^i^uement aux monocot^ér dppstvlYi^is Im diçotyl^oils fçMjment des couches q^i sont indépejidantes de rétongatioa.

Le$ pétiqles d|K^ feuilles reçoivent de liétui médiill^iirci des. vai^^x qtii pénétt eut dans leuir ti$^ ; * i|)nsi les feqillf^0oinniuM)qu6nt dans Iprigine ^veo }e centre du végé^^al, par où arme la séveasc^daEVte,^ ^ai)té3 Vobservatibn 4^ Couiomb, |^a formation de ip pçf Kftiare touche d atij^iei' jfonne en outre à ces feuilles uuf nouvelle coiïimqpica^ion vasculair^; içt, oltmme f$É|iii^ première couche d auhi^ e$| 4)n^ tiiyje avec la cauche d aubier la plus ii^téri^i^re du végéol, il en résulte que la feuill^^ çgalèiiient d«^ coipc(iunications valsoulbires avef^la couclpye ji^iôu-* vpUe fpnmUïmi par laq^uelli^ s opère k:ii[escentè de la ftévê; mnsi la.Xeuill^ a^s vaîsieaux add^icifear^ issus de letui q^éduSaire ..qui condiiisent h|. sève ascepQaàte, études vaisseaux rédiicteut» continus aVèe WcQvi^e d aubier qui conduisénf la sêVe (^n^ pendante^ ' • t .

Lqs abser<#tioi|^^^e laut^ui sttr J^'pfiginie des tiges et dcs^ racines liïi ont appris que leurs extré* Qiitë$ ^ont terminées par desfibres coudées , et fo'est

£T PBTSIOL€»etf» VÉGÉTALE. %'M

par l^dàgéloppement médian de ces fibres dans Fendroit où eU«à sont coudé^ quelles salongemt; mai» il y a aussîune ébÂgaâôn dans toutes les parties des tiges naissantes jusqu'à ce quelles soient . devenues iig<ieuse$. .

Mf Dutfochet s est proposé anssi de découiTÎr lorigine et la nature de Teiïfliryon de la g[r|iine, de connoMre ses enyeloppçfteC les autres or(][anes qui laceompagaerit. Dans cet^e vue il a e^caminé avec beaucoiljp de soin les ovutes de plusieurs espèces 4e végétaux' depuis le moment où Ibn-toinmtftuîe à les apercevoir jusqua leur maturité. J^es ovulas qu il a étudiés sont ceux éa phaseolus communis, du pisum satipum, ^]3ifagu$ castaifeoy du galium àparine, du sp^nacia oleracea", du jnirdbilisjalappà, du latfiym laiffoiius, et du nfmphœa lutea. ^

Il sevrât trtplong de rapporter icitoute^S lespbservatioDtde Fauteur^ ^i difficile de 1^ iaire entendre sans le seco|irs des figures. Nous^mmcs obligés de renvoyer au méinoire et aux dessms des dive^p orgaÂa que M. Dnjbrôchet a observes et décrits avec beaucoup de soins et <îe détails. ^'

£et ûuvrége offre une tbéorie nouvelle de Torgsiiiçatton végétale fondée Air des*'4)bservation» dont plusieurs ont été vérifiées. par les juges du concours; et il à pafutllgne du prix pour leqtiel il avcHteoti^uru. '» t» • %

l3a iBOT-âfWIQUl?

. Nous pfhsi»as^queDoâlefftetit«iiroi)âî^^r(]^t0ré d^ileur en avolf 4oQj^é dès à présent une Mée un peu «Dinplète; -» I4.

M/du Petrt-Thduai^ a soumis à FAcadémie un gran4 travail smr'i^s prçhidé^, famille non nijciins cclébfe^en botaniqijpe' parada beauté (Iss jlllaxites quelle renferme que pé^ lêé ^ing«Iarités deUi structur5.de ses fleurs. Ce travail commencé dags llnde ,^t avant que l'auteur pût prévoir tcfeït .ce que Tétùde deî^ orchidées *de voit faire de progrès par les travauxi^e MM. Swartz et Robert .Bro\vn, est déjà cpntti» par un tableau publié* il y aqiielques années, et qui offre vingt-un .g€5jH5es et plus-.<le qugLtre-vîng||espécer;4Q|J!ites \!es plantes ont été obsibrvées, an^lvs^l^s et décrites sur le frai^. M- àa Petit-'Çhoffcirs a mis sou^Jes ye«:x d^ TAcadémiit' trente -six planées déjà gravéça, et appartenantes au genre q^ill appelle €in^0]%At5. •

^ N^iis^v^ns parlé, dans notre analyse de 1816, de la famille des boopidées, fomnée par I^. de Ca^qi de quilques plantes à «fleurs composées, m^is où les authèreî réunies seulement par leur partie' inférieure nônff point d appendicN^^dans le haut^^^t où la^graine suspendue au somiâ«t, à la: voûte de la caVité de l'ovaire conSeut- un albumen ép^is et cBarnuf ,#<*.»

ET PHKSiOLOOrE YJ^ÉTALË. âH^

M. Robert Brown qui jiraraill^ de son côté sur les mêmes. plantes, leur dounoit le nom de calycé^-^ rées, etJMh Rithard vient d*ea faire Kob>it lun grand travail^ où it donne» là description la plils éêtaittée Ses çq>èces qu il a pu observer avec une analyse ti|^ exacte de leur fructiflca^foo. Celte &- * mille placée entr»les $yna]t|béréesoufl^pip(|sées, ^ et les dipsacées, se rapproêlhe davantage dc^ jffemières; leur involucre est d*ûae seule pièce j^iknr réceptacle garni de petite bractées -^ ^^v calice di- . #iié en cinq 4ioières^ souvent inégales ; leur coroilp régulière à très lon^ tobe ; iMl^ lanières opt clmcune trois nervures., D^'petites glandes alternent entré les bases des étamînes, le styie^i lisse et {|ef* miné par un stigmate renflé et simple, ^pi^ès que * la fleur est tombée les laniéjpes du califf|.se durcissent et se changent en'iépiniis ou en ^yrte d|[ cmies. La sê^es^, coqiin^ noiisriivoqs dit ^^ est renversée et contient ihuis son axe un embrun ^ . dl-ôft. / '

M. JaiMe Çaint-Hilaire a *ftrésenté une^itionograpfaj^desiroments, c'est-à-diro^Bne descrlpti^yi paTticùliàre des espèces et des variétés de ca^^pre de gramhlée^ important dans Thistoirede la ci* vilisation. Il ^ pprte le ûCNtnbre à fixante. Le mêc9e botaniste a do^^é un nouiteau iOivhil siir

. l34 ' BOTTINIQUE ,

les g;eûre$ ^§pa^c4t^u$/borbûnia, et liparia, ^uMlàvo^t .:déjfl décpîts en 1 8 1 3 ; nlftiis un vQydg^e qu'il a JEWt en Ai)gleterr#lui ajprocuré vingt- detix eépéces nou^ ¥iUes; il a d ailleun irectifié quel(||i6$ erreur» de s^noâymie daprè^^lfherbier de lionœus qu'il a en ' rQccQsion^dQ cotisult«i\ et apporté di^rste coi>reçtipas^ax caractères des deux derniers de ces ^nres. ^ . *

M. Richard fils en a li} une des hydrocotyies ou

* ^pjtiellesdeqii, genre dont il n'pxisteea France qu'une

^pèce,jet(jlpntonqpL4}onnoUmaiTitenantcinquant6-

neiif.âùr ce noijibre^ vin|{^«eptont-élé'décjpuvertes

:||aj lauiepr ^n visitant seuleiiient Jed' herbiers des

t botanistes de Parift*

M* iti|)bard les di^^ en sept tribut , établit leurs . eara^l^es, et cherche à*fixer plus exactement ceux qui distiijgueBt ce genre 4es genfes làs plu$ voisins. ». ■ " * ^ L'Aca4émie*a vu avec iotérêrdes figures de * , lisantes exécutées par les pi:océdés lithogi'aphiqu^s de M.^Guyot; il lui' a paru4!|ue ces prtidédés peu- "^ent, ^vea quelques légecs perfectiotipemeiits, arriver au point de précision nécessaire è l'histoire ' naturelle^^n même temps «j^ulls^bfForont leurs secours à cette science à iiiea meilleur marché que la gravuiy en lailleHlouqie.

KT PttYSrOLOCIB VÉGÉTALE. l35

j.e4|iuatriènie voittcne àe$ tioa vellés pl&ntet cqui*

noxialesdeMM. de HvÉïboldt, Botipland, et Runth,

a été pubMê en entier dans le* éourant de cette

année t aVec lui se termine une .des g^randes di^

visipns du règne véf^éttA , cdlle des dieotyiédons à

corolles itadbotopétalê^; les quatre volunles renfer-

misnt les descriptions de trois mille espèces* noti-

veiles , et lot figures de quatre cent douze; les deux

derniers volumes que^Mfal. de Humboldt'et Runth

espèrent mettre au jour daïif le courant de 183 1

contiendront encore plus de douze cents wpèces

des familles à corolles polypétales, et ces infati<-

^bkis 4Èituralfa(es ont donné en outre siX.Ëisci-

' cuies donleur magnifique oui^rage qui a pourotifèt

spécial les mhnoses et les genres voisins, et qui en

repf^ente les espèces par de si belles 'figures en

couleur.

La Flore dOùmr et de Bemtfy de t^n notrff confrè^M. dé ipeàuvois, ieSt closC à la vhigtièmè livraison^ qui termine le deuxième volume/

ANNÉE iSa*. *

Dam un otiVrage intitlilé Flore médiédle des An- ($Hes, M. Descourtils, qui a lonig-iemps exercé la médecine ^ns les îles, a ôherfché à faire connoltre lès pttttes usuelles qbi s'y trouvent, ainsi (fueles pro- {Métés que l'etpérience a cdtlstatëes ftour CifticUne

l36 BOTANIQUE '

d'elles dans levtraiteAieât des laeladies, et à ra^tâ^ cher ces propriétés aux principes immédiats que Tani^lyse cbimiqkré y déotavre. L'auteur décrit six cents plantes distribuées ai vingt-cinq classes , d'après Yactïon thérapeutique qui^leur §st<jBittribiiée,* cty^es représ^tç par aainntde figures toloiYées. 11^ traita *aussi de leur culture eides services qu'elles ^rendent aux arts et à 1 économie rurale. ^

M. Dehe^ert, associé librç, qui se plaft à faire ' servir une grande ^tbne aux progrès des sciei^ces utiles^n même temps qu'il l'emploie avec tant de s^e au soulagement de l'humânitésoufFrante, vient dé publier un premier recueil de" plantes raiW cikt^sies dans l«s bélèSifm les plus cbnsidéi^abks dé Paris, et sur-td^tdnDS le sien. * ^

Ce volume contient cent .planches exactaxiettf: gravées au irait d^'api^ les dessins dé l'hahile ar-^ tiste H. Tur]g|n-v avçc des "^caractères extr^s du Système deswégétcaâc de M. Becandolle* Les esp^^es qui y sont représentées soq^ presque toutes du nombre de celles que ce savant botaniste a c|pcrites pour la pren|ièr^ foîS; elles appartiennent aux familles naturelles. des renooculacées/des dilléniaçées, des raagnoliacées , des anonacées;*et des mé* nispermées, et jpjusieurs :son|>'fof*t remarquables par leur beauté on la singularNë de leurs- caractères. Les botanistes ne peuvent que désirer vive-

ET PHYSKWLOGIE VÉGÉTALE. l3j

ment la contiiAMliofi d*un ouvrage aussi intéressant. . , I. '-

M.deHunaboidt travaiUesans relâcbdàconipléter la publication de ses immensék Jlecherches su^CA^ mérique équinaxiak. hes Jfiwa generû et species, que M.Kunth rédige {leur cett€ gtande coliectiôn; sont arrivés audîn-neuviteie "et au vingtième cahiers, qui soni lies preonfirs do einquièoifte volume ; la sé'^ rie des plantes polypétales commeBce dansiiette partie de Touvrage. M. Kunth , en suivant généra- Itftaent Tordre établi pér M. de Jus^ieu dans 90û Gemm, y traite iiMreetitvenieiÉl; les aratiacée$, les om^' bfiÊ^èreSy les renonculacées^ les anones, les crucifères ^ et les capparidées. Toutes ces familles ont éprouvé une augmentation très considérable par les espèces découf^tes par MM. de Hujfiboldt et Bonplaod*. LiesJ)otanistes, qui s Wmpent plus particulièrement de la di^Hîbution des fonliies végétales , y remarqueroHiravee intévét que- la chaîne des Andes oifFre un grand nombre d omtielKf&res et de cru«- * feras, cftioique ces d«9iïL «familles appartiennent presqijie ^lysiusiveiftent à la zone tempérée.

tiis mîjpoioses et autres ^gamineuses, qui forment dans le recueil |][énérai de M. de Humboldt utae coyectiorî patticulière; exécutée avec plus de. magnificeoise , en sont à leur huitième livraison. *

M;4^ Huniboldt lui-même a fait imprimer' dans .

#38 BOTANIQW^E

le Dif^onnaire des Sciences mUUrett&^^y nouvelles •rechercfaesaur la distribution des fermes végétales à la ^urfacedu globe, ({«|)rè$ les climats et les autres iBflueaces physiques dont noiis avons déjà dcmné UQeanalyseïaaaée dernière ,içt qui rectifient beau^ coup dldées peu exactes que Tan s'étoit fartes sur ce sujet cottipliqué. *

M. decandolle s est aussi oceift|^4a4^e dijet d»ns un Jiiémoire imprimé depuis daps le Dictionnaire c/es Sciences naturelles. Il y analyse panticuli^ment ni>flu«nce vdes élémetit^extérieurs sur les vé^é-

vtaux; lesimodificattOââ qui résultent pour,chaqu« ^e^éce du besoin quelle a des ^versi^s subsfiiilâ^,

. et des moyens par lesquels elle peut échapper à leur a<rtîoa^ et leffet dé ces diverses tombinaisons ^ur ce f^e les botanistes tioinnent les habitati<||p$ des plantes et sur leups stations-, c est-à-dins »ur les pays où elles se propa^f^nt et sur les lieui;; déteritiinés quelles occupent dans ch^ue pays. *iiinsi parmi

' 1^ plantes de Frao^ , parmi les pknUls d'une pro^ vince de. France, \m une$ eependaïut ne (tiennent que'sur les hauteurs , les autres que danf^s marais ou sur les bords de la mér, etc. L étude des ^â^ns est eil quelque sorte la topographie^ et celle des habitations la géographie botanique; et une partie âe la bonfusiQU iini-a régné dans cette branche de la

ysc^enfceTÎent decequon na pa« assez "dis^ngiié ces

deuz sortes dé raf^rts.L'cspéce de ;^uerre que se font les végétaux en 9e disputant l'espace , les ctr* constances qui , en^favorisant la raultiplicatioQ duneespéee, (fa en-drrêtattti^cUe des autres, donnent à la premièi% rempireexclusif d une certaine iûftlIM f soiit encore en cette jnatièce d'importams objets d'étude auxquels M. Decandolle a donne toute s€» attention. fi|n quelques endroits ces cir* eonstjiDcesfQnt tellement impérieuses qu elles nôndent sociales en apparence des plantes qui partout ailleurs vivent épar^s.

M. Dtfcaâdolle, dans ce mëmoim, estime à cîfl* quaotè'six mtOe le nombre des espèces vcgfétales défi observées ou rassemblées dans les collections des botanistes , et peut-être àcent vingt mille celles qui existent sur le globe ; ce qdi Inisse encore tftr vaste ciiamp aux i?eclierches, et indique en mêpi^ temps Tabftolue nécessité de perfectionner les mé* Aodes.

M. Goqu^^ert delVfentbret, associé libre, a cqndltribué à donner de la précision à un point important de cette géogjJttphîe végétale , par une carte de la France 'où i\ a porté avec exactitude , et d'après des teose^nemoQts officiels, les limites de quatre de nos principales cullures ; savoir, de la vigne , du maïs, de 1 olivier, et de loranger. Les lignes fort irrégulières que ces eidtunBs ne dépassent point

l4o «OTANI^tJË

sont di^temiinées par des camses qui rcalretat toutes daos Tordre de celles que nous venons d*ihdk^uer. .'" ^'

Pltisièuré fois nous, avons cfterché à donner quelque idée ^e la. manière 5ont M. <|u Petit- Thouars envisage la végéta tioà. Ce savant botaniste a lui-même présenté à TAfiadémie une sotte de résumé de sa doctrine^ dmit nous allpn^ essayer de reprodliirale tableau. '

Ee bourgeon , selon M. du Petf^-Thôïiars , eàt le premier mobile de la végétation ; il en e.^statin à l^issellë de toutes les feuilles : il se nourrit aux dépens des sucs contenus dans le parenchymj^ itft^ rieur du végétal, et c'est là ce qui fait passèïr -ce -parenchyme à Tétat de moelle ; .on le prouve eii faisant voir que les changements dans laconsisiÀnce de\ ce parenckyme correspondent à ceux qui arrivent, au bourgeon. Dès que le bourgeb;i se manife$ter>tl obéit à deux mouvemeats génératiX'| l'un ascendant ou aiérien, lautre descendant ou terrestre : du premier résultentles embryons' «Je feuHles , du second la formation de nouvelles fibres ligneuses et corticaFes; et ce nouveau tliëorènie se démontre de même par la coïncidence dtns laccroissement des parties intérieures et extérieures du végétal j et c'est ainsi que M.. du PetitiTbftuars établit findépen-

ET PHYSIOLOGIE tACÉXULE. i4i

dance (^ Iq^ formation du Aber et de celle du bois.

Il ajoute qile les nouvelles fibres se fotrment m€ dépens du cambium., c est-à-dire de la sève prodi^i^ par les fibres plus'ancîennes^et déposée entre h bois et lecorce. Ces fibres nouvelles apportent eUes-mêmes la matière néces^ire à leur prolongement vers ^iQ^as, et cestce 0(v^ 1 on nomme la sève dafiendaâte. Ainsi se fait laccroissement des, arbres en épaisseur ; et M. dq Petit- Tbouars assure quH est une époque de Tannée où Ta plupart des . arbres peuvent être dépouillé» dt toute leur écorce , et la reproduire en moins de quinze jours , sans qu'il soit nécMsaire de leur aj)pliquer aucun enduit. Ce sont aussi les fibres n^uvdftes qui sollicitent et qui apportent la matière de l^rprolongementuen bau; teur, ou Ja sève montante. Ûgnx substances résultent de cette sève : le ligneux formé àe fibres qui , une fois complètes , ne varient plu8;<t le parenchymateux , composç d abord d unamas de petits grains qui se {gonflent en utricules. Le pareachymateux peut s eten'(âf>k çji tout sens, et est'seul susceptible de prendre la couleur vertç. Les parties Ijgneuses se forment ensemble depuis le solmmet de Farbre jusq^u^ sa base. L'auteur a vu dans Thélianthe an- Ruel ou grand soleil des fibres d'une 9or^e de liber se QiontiAiDt à Y^tév'wtir sous Tépiderme , se formant

l43 V «OTANiQUE ■

en. correspondance parfaite aypc rétti^oiiédfirtMiré ^^^ €t se laissant suivre Je niêine de la racine Jii6qu^x jleiHUes ou réciproquement.» ^«

La sève est laliment à^ {^ntes ; les racines la pom pent sous forme humide ; elje va dans les fedilfeB retevoir Vaçti^ de laîr ; elle ne |e rend qu aux points où elle est attirée .par lorganisation ; ^ , 'coinmeelle contient ^*ki-foi§ les éiéften^ du ligneuxet du parenchyniSteux; par- tout où elle prorfuiit de» fibres , il faut qu^le déposa du parenchyme , dans fe yoi^^agfe: M. du Petit-Thoi^urs a développa ce dernier théorèiûe tlk^n^un mémoire sur la sève,; publié il y a dpja quelques minées. , * ]

Cèmme c'est particulièrement sa manière d'en-^ ^isager la moelle, qui a éprotivédestcontrac^rtions delà pQjrt des autres botânistes, lauteiir a cru de^ voir s attacher de pr^érenjce à exposer et à démon-' trer-sa doctrine**ur ce sujet.

La ifioelfe Q6C une des trois parties du système parenchyme teux dù-végétal, qui^nest séparée d'a-r bord d*une^|iutre partie, celle qui forma le paYeQ-* chyme- cor tical«,>que par ce*^ue Ton nomme TétB) ' médullaire/et la première couqj^e du liber ;,mais à mesure qu'il sorforrite de' nouvelles conches de &bres ligneuses et cortical^ , il se montre uop trof^ &ième partie de parëticfayme qui entretient la coinmuiïication entre le^ deuii.premières im tra^t

ET PHrYSIODOeiE VÉGÉTALE. x43

versant tMItre les fibres; ^st ce t}Uon j|i|)pdfe les rayons médullaires. I^ modle se dis9in(jpMs par sa position dans 13iBi,e de la partie aérienne du véQ^hal^ par son homogénéité , qui n admet aucune fibre. Il n'y a peint de moelle dans les monocotyjédons y parçeque tout le parenchymateux ast répandu entre les fibres sansplislincticii. La moelle, dabor4 à letat giiuauleux, puis gonflCe em ntricoies polyèdres^ prend»sa consistance définitive lorsifue le bourgeon qui est toujotit*s placé si^ elle, et tiens l^iftet- il éçn montre déjà un proloagement , en absorbe les sucs.>dès*lors elle n'ar^plus qu'une existence passif, et peut mAipe être enlevée par la pourjture et par d autres causes , sans que la vitalité dn végétai en seuffre ; m2ttt ilaturcUement elle ne disparoît ni ne âfininue. (]:hacun sait quUle est légère, compressible , et éiastii|ue^ et qu après, avoir été desséchée elle repcend du volume en ab^ sorbant de Teau. •

Tout dans 1^ nature organisée, jusqu'atit pbé* nomàaes les plu9 con>mun%, les plus journaliers , est rempli de mystèies.iJEteputs ^s siècles les botanistes recliérchent jKfurquoi^ quand un^ graine genHi|, 4afi^ quelque position qu'on J ait placée, la racine descend et la ti{][e monte toujours. Om a attribué ces eflets à Thumidité, à la lumière, à

l44 'BOTANIQUE .

J^ir; lumU aucuj|a de ces causes ne les explique. M. Dqtrochet p placé des graines dans des trouer i>ercés;^u fond d*un vase rempli denfeerre huxai4je et suspendu au plafond d'une cèainibre«'|l s^blôit ijpieHe^duicsent pousser la ti{]nc en ba^; il nen fut rien. lies raicines descendolent dans Fair, et fe»4iges

^^e^prolongeoient daos la tifrre* humide^usqua ce quellçs- pussent pefcer sastïl^face supé|:ji0qre.

C'est, sekiu M. Dutrochet^^ar un principe iptérl(|ir,que le» végétaux se^diri^ent, et n^Uement parj attracticm des borps vel^s lesquels ils se p^rte^t: TJ^e graine de ^i|ji qù on faisoit g<prmer, attachée à la poilue d une aiguille parfaitement pi!t>bile sur un» pivot, et i proximité^de laquelle on avoit mis une petite plancha ^ dirigea bientôt ses racig^ s >vers la :p\^che , et la leur fit attej^rQ ej;i cinq jours , mais .sans qi^ IVguille sur kqueUe^lIe^il éprouvàt4e moindre mouvemQlit. • , ^ .

Les torsions des feuilles et (|^$ autres parties des planter ver^^la lumière se font àusi^i par if^ principe interne. Si on remplace leur pétiole par un cheveu , er^ ne se tordent poûit sur le cheveu , mafft leur partie Sjgpérieure.fe^rd'sur Finférieure*

D60 t^es d^gnon et de ppi^eau , coùchéciitidans lobsçurité aijeç leur bulbè^ se redres^i^t , bisque

, nipins vite qu a la lumière : <sjles se redressent même lorsqu'on Jes couche dans l'eau , ce qui prouve bien

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. tJ^S

que ce a est ni Fatr ni r-humidité qui leu r impriment cette direction.

Ce mémoire, rempli d*un grand nombre d autres expériences intéressantes sur ce sujet , avoit été présenté pour le prix de physiologie , et FAcadémie a dû regretter que ce prix fÙt restreint dès cette année à la physiologie animale : toutefois elle a arrêté qu'il seroit fait du travail de M. Dutrochet une mention honorable à la séance publique.

Depuis long- temps les physiciens recherchent quelle est la cause qui dirige toujours la racine des plantes vers la terre, et leur tige vers le ciel , dans quelque position que leur semence ait été placée ; et nous avons fait connoltre, dans notre analyse de Tannée dernière , des expériences très ingénieuses de M. Dutrochet, qui tendent à prouver que c'est une force intérieure qui leur imprime cette direction. Il vient d'en faire de nouvelles sur la direction de ces parties , quand la semence que Ion fait ger«mer est en mouvement.

Si Ion fixe des graines en germination sur les rayons d'une roue que l'eau fait mouvoir continuellement , les deux caudex séminaux se dirigent dans le sens du rayon de la roue ; la plumule se porte vers le centre ^ et la radicule vers la circonférence.

;bvffon. com^lém. t. m. lo

l46 BOTANIQUE

Cette expérience , qui , comme on le sait , e$t due à M. Knight, a été répétée par M. Dutrocbet, en employant un procédé particulier qui lui a donné le moyen darriver à de nouveaux résultats. Il place des graines, avec une suffisante quantité d'eau, dans des ballons de verre, au centre desquels ces graines sont fixées nar des fils métalliques. Ces ballons de verre sont ensuite attachés sur une roqe qui est mue par un mpuvement d'horlogerie avec une vitesse que l'observateur peut régler^ volonté. M. Dutrochet est parvenu par ce moyen aux résultats suivants.

liOrsque les graines, dans leur mouvement de rotation, parcourent plus de trois mètres par minute, les deux caudex séminaux prennent toujours la direction du rayon ; la plumule se dirige, vers le centre, et la radicule vers la circonférence. Lorsque les graines parcourent moins de trois mètres par minute, les deux caudex séminaux prennent toujours la direction de la tangente; la plumule se dirige en arrièrre, et la radicule en avant. Dans le premier cas les deux caudex séminaux affectent une direction perpendiculaire à celle du mouvement; dans le second cas la direction de ces mêmes eaudex est parallèle à celle du mouvement.

Lorsqu'on fait tourner des graines sur ellesmêmes, et que Taxe de leur rotation est incliné.

ET PHYS10LOGI15 VÉGÉTALE. l47

même fort légèrement par rapport fi Thorizon , tes deux caiidex sëmitiaux prennent la direction de cet axe ; ia phimule se porte vers Ta plumuie ascen* dante,' et la radieulè vers la {lartie déclive. Lorsque Ymfie est parfeitement horizontal, les deux caudex M^inaux prennent la direction de la tangente au ttH petit cercle décrit par Tembryon.

M. Dutrochet ayant fait tourner sur lui-même un ballon de verre, au centt-e dnquet des graines en ([ermination étoient fixées, fit en sorte que ce ballon recevoit en tournant de petits coups de marteau ffUT un p<imt toujours le nième de la périphérie. Toutes les pinmules se dirigèrent vers le point frappé; toutes les radicules se portèrent vers le point diamétralement opposé. Ici les deux caudex séminaux étoient dirigés parallèlement à la direction du mouvement de secousse. Ayant augmenté, dans une proportion déterminée, le nombre et' la forée des coups du marteau , les deux caudex séminaux prirent nne nouvelle direction ; ils se placèrent perpendiculairement à la direction précédente, c*é(Mi-dire qnils affectèrent une direction perpendiculaire à ^eHe du mouvement de secousse.

Ainsi ia ligne suivant laquelle se disposent les deux ca\idex séminaux considérés dans leur ensemble est parallèle à la direction du mouvement lôT^tjue la toftee de ce mouvement est inférieure à

un certain degré moyen déterminé par TobserVa^ tion; cette ligne est perpendiculaire à la di?e«ltaa. du mouvement lorsque la force de ce mouvefknent est supérieure à ce mêûie de^^ré moyen. Dans chacune de ces deux circonstances, la radicuWse df^ rige dans le sens de la tendance à laquelle elle est soumise, et la plumule dans le sens diamétralement opposé à celui de cette tendance.

M. Dutrochet a également soumis à la rotation des tiges garnies de feuilles, et renfermées dans des ballons de verre avec un peu deau. Les feuilles soumises à cette expérience ont dirigé leur face supérieure vers le centre de la rotation , et par conséquent leur face inférieure vers la circonfërentee. Cela s est opéré au moyen de la torsion des pétioles, c'est-à-dire de la même manière que s'opère lé re* tournement des feuilles dans Fétat naturel.

M. du Petit-Thouars , en continuant à donner la solution des huit problèmes dans lesquels il a résumé sa manière de considérer la fleur comme une transmutation de la feuille et du bourgeon qUMen dépend, a présenté plusieurs observations qui lui paroissent importantes pour la physiologie végétale. Il a cherché à pi-ouver, par des exem])le6 fay ciles à se procurer, que la partie quon nommoit depuis GreMT radicule, dans les embryons dicotylér

ET PHTSfOLOGlK VÉGÉTALE. l^g

dontiy est one véritable tige ou îigeUe: vérité déjà annoncée par M. Rnight en 1 809. Cela «t évident^ selon M. du Petit- Thouars, pour le plus grand nombre de ces plantes, puisque, lors de la germination , les cotylédons ^ont soulevés depuis le point où reposoit la graine jusqu a une distance plus ou moins grande au-dessus du sol, ce qui ne peut avoir lieu que par Télongation ascendante de la prétendue radicule qui s'exécutoit tout en montant. On dis* tingue par lepithéte d'épigée ce mode de germination par opposition à celui d'hypogée quon donne aux germinations beaucoup moins nombreuses où les cotylédons restent à la place où la graine a voit été placée ; dans le plus grand nond)re de ces germinations ia radicule prend une direction oblique et s arrête brusquement à peu de distance; tandis que dans dautres elle s'enfonce perpendiculairement en formant un pivot. Cette considération , qui sembleroit majeure, est pourtant de peu d'importance, puisque des plantes rapprocbées comme genre, telles que le hêtre et le châtaignier, ou comme simple variété, comme le haricot commun et Yécarlatey sont, Vuueépigëe, et Tautre hypogée. Aussi cela tientil à ujie légère cause; car» suivant M. du Petite Thoiiars, cela provient uniquement du plus ou moins de pesanteur des cotylédons. Leur masse devient telle que la tigellc ne peut plus les soulever :

alors jeUe.eeVobli^é^ de séchnppw i^térutktmÊo^ts^ au de »eai9B^i; p^pendic^\à^rei^alf^^^^ pivot^ tt ceiuhci porte toujours iniév'ieiirement la preuYe4^ son origine aérie^ne^^ ic^^stenipe de- ï^ moelle ju^ qn a u»e certaine profondeur. C'est ce fait malob^ tforvéquî avoit été allégué centre yofytniôn^^nérffr IçmeDt établie, que les racines «e distin^KtoieiH d«5 liges parce^u'ei^s n a voient pas de moeile. M. dxi PélitopTbouars a (perché à prouver directemeht^oQ assertion : fixant des graines .4^/>tjjr^«s^ il a jm^lôtn^ radicule se diriger latéralement et s<sii«êlçr br»sv qifeement cemme dans le plus grand nombre de$ hypogées y Mad\sq\kei dans celles - ci, en dimiûuaiit la poids de leurs cotylédonit pî^r le retrancbemont^ d'une piartie^jl les a. vus soulevés aiaklessiis> du sol par Télongation delà radicule* . /

..Pour^appuyer sa mipinièi'e d'envi^ger la fleur ccMpin^ provenant de Ufeuille M. duPetitrThonars a cité des observations générales avant den venirà de particulières. Ainsi^ suivant lui, les ^Vio« ^^ mooocotyléjoues présentifijit le nomln^e 3 dans^ Ic^ur fleur, tandis jr|ue dans les dicotylédones les^Vi<M dépendant du nombre 5 : il a fait remarquer que dan& celles-ci. on, trouve asse% fréquemment que leurs feuilles présentent cinq nervureis priucipales^^ q^i partent de leur base ,. et qu'assez ordinairement eUes vont se rendre chacune à ah lobe plus ou

ET Physiologie végétale. i5i

moine pranoncé: la vigne «a donne un exemple ( que ctëhs la fleur, assez ordinairement aussi, le aontbre des éta mines est en rapport simple ou composé avec celui du caKce ou de la corolle. Ceci pourroit donc être regardé comme un type pri« mondial qui se trouve plus ou moins déguisé; et c'est à le démêler à travers ses altérations que Ton doit porter son attention. Ainsi ramener une anomàUe à une régie générale est une véritable décou-» verte. M. du Petit*Thouars a été doublement heu^ reux de ce côté; car il a vu deux irrégularités que lui présentoit une ftimtile très circonscrite s'ex^* pliquer lune par lautre. Dan» toutes les cucurb»» tacées les feuilles ont cinq lobes plus ou moina prononcés; cepondantde la base il nepart que trois fmsceaux, le principal et deux latéraux ; mais on re* marque déjaque, contre FordiBaira, ceux-ci sont les plus renflés ; aussi à une distance plus ou moins gfrande ils se blfurquent^en sorte qu'ils reviennent au nombre cinq : voilà la première singularité. Voici lasecoade : daiksla fleur le calice et la corolle sont de tnèmeà^cinq divisions; au centre il n'y a que trois filaments réunis par leurs anthères ; mais on s a^ perçoit facilement que deux des anthères qu'ils portent sont beaucoup plus grosses, ce qui mène à-déooiivrir qoe les deux filaments qui les portent sont aussi plus larges, et laissent facilement voir

rSa botaniqcî: *

qu*ih sont la réunion dèa deux fidsceaux de fibre& intérieures. Il est donc certain que dans la fleur le nombre de trois filaments dÉns les éta miner n'éte^it qu apparent eomme celui des nervures primordiales de la feuille, d*où il résulte que par-là se manifeste la plus grande analogie entre ces deux par<^ tie$ , b Feuille et la fleur.

M* du Petit-Thouars ne s est pasbovUéà considérer la môeile^es plantes comme partie essentielle de la végétation, ila voulu l'observer intrinsèquement!' illui a reconnu des propriétés physiques qui lui ont paru très remarquables , et il a découvert entre autres quelle est douée d'un genre- particoiiei'iiVlasticilé.^ Ton détache sur une branche plus ou moins ancienne Fespace qui se trouve entre deux feuilles, ce que l'auteur nomme mérkhalley qu'on prenne le sureau pour eoiemple, attendu que c'est l'arbuste de nos climats dout la moelle est là plus ample; qu'elle dit six pouûes de long; que par le moyen d'une broche tenue du même calibre que la moelle on presse celle-ci, eHe cédera facilement en se tassant jusqu'à ce quelle soit réduite au sixième de sa longueur, d'un pemce par oonsé^ quent : parvenue là , elle résiste davantage à la {»ression ; mais avec un peu d'effort elle cède toutà-coup, et on la voit sortir par une sorte d'explosion en un cylindre de cinq pouces. Goi^tinuant la

ET PrfYSlOLOGlE TÉGÉTALE. ir53

pression aile sort tout entière, et se retrouve juste de sa longueur primitrr e , celle de six pouces. Dans cet état, quoique déjà trè» légère, ou s'aperçoit qu elle contient encore une certaine quantité d*humiditë ; elle ne tar^e par à la perdre, et parvient a un maximum de siccilé; alors si on la-soumet de nouveau à k preiMon , soit sur sa hauteur, soit sur sa largeur, eHe y obéit faciiement jusqu'à un certain point; cest à-peu*près le même que celui qu'on avoft trouvé torsqu on la chassécde son xnéri thalle ; lorsqu'on 1 abandonne à elle-même, elle reste dans cet état de dépression ; mais si on la plonge dans Feau elle revient plut ou moins promptement , sui* vaut ledegré de chaleur de cette eau , à son premier vokmie; si on la soumet de nouveau à la pression elle revient tout de suite à- son volume primitif, comme la première fois. On voit facilement que c'est parcequ'elle a repris derhumidité-; aussi redevient<«6lle susceptiUe de conserver la compression lorsqu'elle la perdue.

Le plus grand nombre des autres moelles, assez larges pour âtresoumises à ees épreuves, présentent les mêmes effets, notamment celles de vigne, d'hippocastane, d'hydrange^ eêc.

Mîiis celle de figuier se comporte différemment. Dabord elle est plus susceptible de pression , car ce n'est que lorsqu'elle est réduite au douzième de son

lS4 BOTANIQUi^

volume qu'elle s échappe* du mérithalleyinats elle r^te Jan$ cet état de compression : on peut la i^-tuener à soa volume primitif en la drant légèrement avea le doigft ; mais dans Teau-etle revient plus fa^ cilement^ et toujours dautant plus promptemént -qttefeau est plus chaude. C'est en se égorgeant du liquide quelle re|)rend son preinier volume, à tel point qu'elle devient plus lourde qite ieau, puisqu elle y pfenge.

Ici se trouve un point de recherche important pour la physique^. le volume de cette moeUcydana cet état^, nedevoitétre que de T^au plus la petite rondelle provenaiit delà compression du cylindre ; mais 0€ille-ût , qaoique l'éduite au douzième de sa matse, <^direncore plus légère que l'eau. Doù provient donc4e lest qui fait plon^r le total?.

. Dans les derniers jours de gelée de cet hiver, M. duPetit-Thouarsayantcoupédejl^uines branches de figuier pour voir si elles n'avoient pas sOufBirl^ après les avoir examinées sous ce point de vue, et sètre tranqiiillisé. pour la future récolte, a voulu ijn tirer parti pour renouvelerscs expérience* -pré* cédentes sur 1» moelle; mais, à sa grande surptèie, celle-A est sortie quoiqu'elle fût à peiile réduite au tiefs de son volume; en rexamri|0nt il s'est aperçu que c'étoit pareequ elle contenoit une plu$ grande quantité d'humidité : placée dans l'eau elle a repris

£T PBVSIObOGIEi TÉ6ÉTALE. I&5

sûo premieiv¥pluaie , et a pioa^ cooime les précédentes.

Ayant pknDé «oêuke le méritfaâlle, ou la porckm (te brancbed bu il avoit retiré la moelle, daàs Teau , illVvu ptongar; en aorte qull étoit plus lourd que leau, ce qui la surpris. Ije dégel étant survenu il %a pu réiiérerces épreuves ni les étendre à d autres piaules^ mais cela lui a donné les moyens de constata* que par radoucissement de températui^e la moelle ie %uier étoit redevenue telle qu'il 1 avoit observée précéd[eiiiment,cest4i«direnesedégageaDt par la pression quelorsqu elle étoit réduite au douziènie de son volume, et qu elle revenoit de même à soo pyi:emier point de dîfaitatien. Quant au méritfaaHe «privé de moelle il ne plongeoit plus, et restoiien équilibre à la Mriace (le leau. Il suit de li ^9(1^ ]iendai|t la gelée, il y avoit dans les branches deJSguier, soumises à Texamen, une plus grande quantité de liquide, soit lymphe^ soit sève, qu'il n'y en a lorsque le thermoitiitre est au-dessus de zéro.

M. dû Petit^Thouars a trouvé que cela saccordoit a?ee quelques unes des observatiofis qu'il a consi- (^aées^iddJiè sou mémoire aur les eftets de la ge)éé daos lis plantes^ oii il dit positivemefti que toutes i^ ciroonslanoes^ qu'il avoit exposées sembioietit protiverquil y a plus de liquide dans les plantes pendait I. la^ |;elée qu'avant Ott après. '

i56 BOTANIQUE '

. M« du Fetit-^Thouai» a ^éja annoncé plusieurs ibis à Y Académie que , par un procéilé aussi simple qu'expéditif, fla &it unexameaapj^roxitnatif du rapport de ipesanteur spécifique des différentes parties qui composent le corps ligneuse des arbres, suivant qu'il est plus près de la GÎrconfératice ou du centre, c est-à-dire qu'il fait psurtie d^ Ïat4bier ou du cœur. lia trouvé, hors quelques cas extraordinaires, que la couche étoit d autant plus lourde qu elle appi^ochoit davantage de Fécorce, en sorte que très souvent la seule couche annuelle ploj[ijuceûit, et que les autres étoient en équilibre ou surnageoient plus ou moins. Ce fait se trouve d^accord avec stes principes, puisque suivant lui €ètte couche extérieure est la réunion des racines des nouveaux bourgeons , et la ïseule qui soit en pleine végétalîon ; mais il est contraire à lopinion générale qui, regardant le cœur comme le bois dans son état de perfection^ le juge comme le plus lourd. -^

Il a profité de Toccasiou d'une palissade de thuia d*Orient qu'on a 'été obligé d'abattre pour multiplier ses recherches à ce sujet ; mais il a trouvé que dans. cet arbre où le cœur étoit l]^n disUugoé par une couleur fauve de l'auhier qui étoit blanc, celui-ci plongeoit comme étant gorgé de sucs, tandis que le cœur non seulement sumageoit de plus d'un tiers de^a longueur, mais étoit tellement sec qu'il

ET PHTSlOLOOtE VÉGÉTALE. 1 57

JbrûJoit rapidmoent en .flambant et répandant une od^r ^ès agréable 9 en sorte qu'il étoit à Tétai de bois taort, li a constaté que cela avoit lieu dans toutes le» saisons de Tannée, été comme hiver* Ces observations Tout conduit à expliquer comment un de ces thuia» à qui Ton avoit enlevé une ceinture eompléte d'éçorce a pu végéter pendant dix ans; la oDoleur blanche de Taubitr maintenue sous une couche fau ve de bois.»ort indiquoit la route de la sève. Malgré les exemples nombreux recueillis par tous ceux qui ont écrit sur la physiologie végétale, beaucoup de personnes répugnent à croire que non seulement les arbres écorcés peuvent, comme ce thuia Y vivre, plusieurs années , mais que dans dés circonstances particulières ils peuvent réparer complètement leur écorce. On ^voit rangé parmi les fables ce que Ffisch racontoit dans les Misçellanea de Berlin, an 1723, qu'un seigneur qui aimoit à soigner lui-même les arbres fruitiers n hésitoit pas à leur enlever totalement leur éoorce, quand elle devenoit trop raboteuse , depuis Torigine des branches jusqu a celle des racines, sûr que^ sans mettre aucun enduit, elle se répareroit, pourvu qu'il prit une saison favorable, le milieu de Tété: cette assertion avoit été peu répandue à cause de la répugnance qu'on avoit à y croire ; en sorte que ce n*estqu après avoir réussi que M. du Petit-Thouars a appris qu'il

l58 BOTANIQtJE

neiaisoit qiije confirmer cette découverte : mais il ft içultiplié les expérîences-à ce sujets il y a défi arbres qu'il aécorcés tBOÎ^nQnées.de suite sans qu'ils en paroissent sopfliriF,! Jusqu'à présentée n^t qu'un objet decurto^ité, mais il deviepdroit très important rilcchêneétottdunofnbrede ce.uxqui renouvellent leurécorce. Malheureusement c'est jusqu'à présent presque le setïl stir lequel' M. du Petit-Tbouôrs ait tenté cette expérience inutilement. L'auteur a mul^ ttplié ses recherches pour expliquer cette répat'ation de l'écorce. Il a vu d'abord que le premier travail de la nature , pour efFectuer la réparal^Ofq , é.toit de dessécher la superficie du nouveau bois en formaiit un ^iderme à Tabri duquel il se reformera une noliv^lk couche de liher et dVubier; et, comséquéfft À ses principes, il a regarde ces deux couches comme étant produites par lesbourgreons dju sommett-Pour s'en assurer, non content d'écorcertotaleraewt 'plusieurs espèces d'arbres, il les a étêtés, en sorte qufe cen'étoient plus que des bâtons enracinés.^m* taus il a vu paroître l'affluence du parencbyrafateot devenant vert et se recouvrant d'un nqnvql épiderme ; mais c'éloit une sorte d effervescence locaîe qui n'a pas duré longtemps, et tous les arbrfes ont péri excepté un seul : c'étoit un ortnei S^tant préparé comme les autres^, il se manifesta 'sur son nouvd épiderme des protubérances qui prirent

ET PI1YJ»I0|,0*IE VÉGÉTALE. iSp

une teinte vercjâtre; LiefUèt on puâ-les recbBpotIre comme 4^s bcMtrgeons advmiifs; Tbiyer «i^rvenant, ils disparurent firesque tous, Mai§ mi pi^mtemps suii:44?l ii ep reparut un assez (][raEuI. uombre pour (econrmei^r unnouveLarbre. Ilaara pour#ouebe un chicot desséché , et voilà la troisième année quil centipoe de végéter. ]^. du Peût«Thouarft n'a pasété surpris de vw que ce fût un orme qui eût réussi, panceque cest Tespée^qui produit le pins babîtoelr lement cles4>ourg^po$ adveniîfs. Cependaqt Tbipi» pocastane ^ qui est ««peu-près daqs le mè.nia cas, ki wccoiabédaoB. cette opér^tiou.

M. Fodera a faitdesexpériencessur Texteusion des eiSfetoquerattoucbemoiit produit sur les feuilles de laseiiskive. SiTcm en touche légèrement une foliole, eBe^e f(pri«^^a s^ule^ si Ton en loucl^e plusieurs, eQsemb}^0U«ucc»sivemei\t, Qlles se fermeront ei|core,^aiis que 1q mouvement se communiquf aux autr^; mais si on piqu^une fbli(^, ou si on la brûle au m#yen des rayons du soleil concentrés pqr une lentille^ noaseulement la foliole, mais toutes celles èifL même rameau de la feuille se fermeront très promptement, et bientÀt celles des autres rameaux se fermeront aussi , et la feuille tout entière s abaissera^ Si Fotwportela piqûreou la brûlure sur la tige ^ la plante, si Tan en coupé une branebe^avoc des

l6o BOTANIQUE

ci^eaiax san» eo agpîter les feuille9,t:^les->ci ne se £er» ment pomt: mais si x)a applique à cette tige une goutte d'acide nitrique ou vitriolique toutes les feuilles s abaissent et se ferment promptement , ainsî que M.,Desfbntaines la voit déjà observé il y a nombre d apnées^

A propos de ces .ftits M. Poderà en. rappelle d autres que M. Deeandolle a constatés autrefois ; çest que la sensitive a en quelque sorte des habitudes quelle ne perd quavec»le temps. Si on l'enferme, par exemple, dans un lieu obscur^ elle co% tinnera, pendant quelque temps, de fei^mer ses feuilles, seulement quand le soleil est au-dessous de l'horizon, même si on Féclaire, dans ces moments^là^ par une himière artificielle; mais avec de la persévérance on parvient à lui faire prendre des habitudes contraires, et elle finit par s épanouir, mèmependantla nuit, si on lui fournit unelumière artificielle très vive.

M. Desfontainesa constatéaussiqu^nno^nsitive, transportée dans une voiture rapide, se contracte d'abord , mais que peu à peu elle se Êiit à ce mouvement, et reprend son épanouissement ordinaire comme dans Fétat tranquille*

M. Fodera cherche à se rendre compte^e ces faits, en les comparant à ces mouvements que, dans les animaux , on a nommés sympathiques , et dans le^^

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. l6l

quels, selon son opinion particulière, le cerveau ni les centrés du système nerveux n Interviennent point. Cette dernière thèse deviendroit en effet très iacile à prouver s'il étoit prouvé que les mouvements de la sensitive sont de même nature, puisque la sensitive, ainsi que les autres végétaux, manque entièrement de système nerveux.

Tout le monde connott la cannelle , et depuis bien des siècles : larbre qui la produit , espèce particulière de laurier {laurus cùmamomum. L.), a été décrit aussi depuis bien des années par les bota- ' nistes; mais ses variétés et les détails de sa culture avoient besoin de recherches nouvelles , dévenues d autant plus . nécessaires que, grâce aux efforts suivis de 1 administration , nous avons aujourd'hui dans nos colonies des plantations de cannelliers , et quHl importe de ne rien négliger pour les faire prospérer.

M. Leschenault de La Tour, dans son voyage à Geylan, a soigneusement étudié cette partie de lagriculture indienne.

Il n'existe qn une espèce de cannellier ; mais son écorce varie selon lage de Tarbre, son exposition , sa culture, et la nature du sol; ce qui lui a fait donner plusieurs noms relatifs aux propriétés que les circonstances lui impriment.

iirPFOw. GOMPubf. T. m. 1 1

l62 BOTANIQUE

Dans un bon terrain cet arbre s élève à vingt-^inq ou trente pieda, et son tronc prend de quinze à dix-huit pouces de diamètre ; mais Técorce en est alor$ trop épaisse pour entrer dans le commerce.

Les corbeaux et les pigeons sauvages, très friands de son fruit, contribuent beaucoup à en disséminer les graines; mais on en fait aussi des semis et des plantations. C'est à lage de six à sept ans que l'on (commence à couper, pour les écorcer^ lés jets les plus forts , parvenus à huit pieds de hauteur. Il faut les prendre entre dix-huit lignes et deux pouces de diamètre : on choisit pour cela le temps des pluies , et Ton s assure d abord par une petite entaille que lecorce se détache aisément. On lenlève sur le plus de longueur qu'il est possible, et on la met pour vingt-quatre heures en paquets , où elle éprouve une légère fermentation qui en détache Fépîderme ; elle se roule sur elle-même , et après un jour de dessiccation à l'ombre, et un autre au soleil, elle est bonne à mettre en vente.

Les débris se distillent dans de l'eau salée , et donnent deux sortes d'huiles fort recherchées : l'une légère.^ l'autre pesante et qui brûle avec un parfum agréable; on en tire aussi des feuilles, mais de beaucoup moins . précieuse. Les racines donnent beaucoup de camphre , et le bois en contient en si grande quantité qu'à quinze ou dix-huit ans on eu

tireroit un meilleur parti pour le camphre que pour la cannelle.

Une partie de ces détails s'accorde avec ce que Seba et Burman avoient déjà publié sur le même sujet.

M. LeschenauU a envoyé à Tlle de Bourbon plusieurs pieds de cannellier, qui y réussissent fort bien, et qui, traités d après les procédés qu'il indique, seront plus productifs que ceux qui y avoient été transportés en 1772. Les rejetons de ces der«^ niers, multipliés à Gayenne, y donnent depuis loog-temps de la canndle ; mais il paroit que Thu-* midité du climat lui a fait perdre beaucoup de ses ({ualités^.

M. Rafeneau-Delile , professeur de botanique à Montpellier, et correspondant de FAcadémie , a décrit une plante $ing;ulière de la famille des courges. Elle diffère des genres voisins qui ont en général deux sexes séparés , parcequ'elle porte des fleurs hermaphrodites sur les mêmes tiges que les fleurs mâles. Son fruit, long de près de deux pieds et gros à proportion, se couvre d une poussière résineuse et inflammable assez abondante pour se laisser re«" cueillir en la raclant, et que Fauteur suppose ana*» loçue aux diverses sortes de cires qu'exhalent des végétaux d autres familles , tels que le myrica ceti^ fera d^ TAmérique septentrionale , et le ceroxylum

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andicola, découvert dans les Cordilières par MM. de Humboldt et Sonplànd.

Cette plante, dont les (fraines ont été adressées à M. Delile par M. Jacquin ^ est nommée par ce sa^ vant botaniste benincqza cerifera.

Les graùds ouvrages de botanique se'continuent avec une courageuse persévérance. M. de 'Humboldt ,qu aucune difficulté n'arrête dans la vaste entreprise à laquelle il consacre depuis vingt-cinq ans ses talents et sa fortune, a conduit pendant cette année à la dixième livraison sa superbe collection de mimoses , et à la vingt-deuxième celle des genres et des espèces nouvelles de la zone torride, qu'il publie avec M. Kunth.

M. Runth a donné en un volume in-8** le Syno-psis, on tableau général où Ton voit d'un coup dœil tous les genres et les espèces produits des immenses recherches de M. de Humboldt.

M. du Petit^^Thoùars a i^it paroitre cent planches et le commencement d'une histoire des plantes de la fisimille des orchis, qui doit faire partie de la F/bre des îles de France et de Bourbon, à laquelle ee savant botaniste travaille depuis long-temps.

M. Kunth a publié le premier volume d'un traité où il reprend et examine de nouveau les caractères des genres de la famille des mauves^ et de celles des

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buunères et des tiliacées; et feu M. Richard , que l'« cadémîe a perdu dans le courant de cette année , avoit laissé un écrit sur la famille des balanopho^ rées, qulna pu «>us être présenté que par son fils, M. Achille Ricbard^ jeune botaniste, digne héritier d'une iamille qui depuis près d*un siècle a rendu de si.^nds services, à la science des végétaux.

Ce seroitavec grand plaisir que nous entretiendrions avec plus de détail nos lecteurs du contenu de ces ouvrages importants ; mais tls«ontà-la-fois si riches et si concis qu'il fiiudroit pour en rendre un. compte utile les copier presque entièrement. Nous ne pouvons donc qu'y renvoyer les amis de lA botanique..

}lk Dutrochet vient de réunir en un seul volume les longues et importantes recherches qull à faites sur les forces motrices qui agissent dans les corps organisés; ses expériences sur la sensitive, dont nous avons déjà donné quelque idée ^ans nos analyses; précédentes^ occupent une partie essentielle de cet ouvrage. Un procédé nouveau qu'il a employé pour Tanatomie végétale Ta conduit à des résultats qui tendroient à infirmer une théorie célèbre. 11 assure que tous les organes élémentaires des

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plantes 9 ç*esl-i-<lireles cellules et les tubes dont leur corps est composé ^ ont une existence indépendante et forment des organes circonscrits ^ en sorte que ces organes n auroient entre eux tjue des rapports de voisinage et ne formeroient point par leur assemblage un tissu réellement continu. Il affirme qu'il n'y a ni pores ni fentes visîblas au microscope dans le tissu cellulaire , non plus que sur les tubes des v%étaux. On voit seulement ^r les parois de ces organes de petits corps glanduleux demi-transparents et des eorps linéaires qui deviennent opaqties par Taciion des acides, et qui sont rendus transparents par Faction des alcalis. M. Duts*ochet considère ce$ petits corps comme le» éléments d'un système nerveux diffus. Aux analogies de structure intime et de nature chimique qu'il met en avant pour étayer cette opinion, l'auteur joint des considérations physiologiques prises dlexpériences qui lui sont propres, et qui prouvent^ selon lui, que les mouvements des végétaux sont spontatiés , c'est-àdire qu'ils dépendent d'un principe intérieur, lequel reçoit inimédiatement l'influence des agents du dehors. Toutefois répugnant à reconnottre de la sensibilité cbea les végétaux , M. Dutrochet substitue à ce nom celui de nervimùtHitê.

Il s'agissoit de déterminer quel est l'drgané du mouvement ^ans les feuilles de la sensitive; M. Du-

trochet a prouvé, par des expériences décisives, que cet organe consiste dans un renflement du parenchyme ou de la médulle eorticale qui est situé à la base du pétiole, à la base de chacune des pinnules et (te chacune des folioles dont la feuille de la sensitivc çsl composée. Il a vu que cet organe, auquel iladoonéle nom de bourrelet, est spécialement com^ posé de cellules globuleuses disposées en séries longitudinales et remplies d*un fluide coagulable. Ce n'est point par le moyen d'articulations que la sensitive, non plus que lei autres végétaux irritables, meut ses parties mobiles; c'est par le moyen d une courbure imprimée à ces parties dans Tendroi t où se trouve lorgane du mouvement. Ainsi chez la sensitivece aont les seuls bourrelets qui en se courbant produisent la plicature des feuilles. M. Dutrochet a vu que cette courbure est le résultat d'une force élastique vitale qui se manifeste même dans les tranches milices que l'on enlève à ces bourrelets, il a donné à ce phénomène le nom ^incurvation. Ainsi l'irritabilité végétale ne consite que dans une incurvation élùstiqtte, laquelle est tantôtyîxe et tantôt oscillatoire. Par<exemple cette incurvation élastique e%tjixe dans les vrilles des végétaux , dans les valves de l'ovaire de la balsamine, etc. \ elle est oscillatoire chez les végétaux que l'on nomme irritables par excellence , végétaux qui offrent dans leurs parties mobiles un

état d'incurvation et de iredressement alternatifs.

On sait depuis long-temps que la sensitive ofire un phénomène de transmission sympathique. Il suffit de brûler légèrement une seule des folioles de cette plante avec un verre ardent pour que toutes les feuilles qui appartiennent à la même tige se ploient les unes après les autres. Ce mouvement de transmission sympathique méritoitd*être étudié avec soin. Il sagissoit de déterminer quelle est la partie de la tige par laquelle s*opère cette transmission. Pour résoudre ce problème M. Dutrochet a fait plusieurs expériences fort délicates, desquelles il résulte que cette transmission né s*opère ni par la moelle ni par Técorce, mais qu'elle a lieu exclusivement par la partie ligneuse du système central. Recherchant ensuite quels sont , dans cette partie ligneuse, les organes spéciaux de cette transmission , il arrive à cette conclusion qu elle s'opère par Tintermédiaire de la sève contenue dans les tubes qu'il nomme corpuscûlifêres. Il a trouvé que le maximum de la vitesse de ce mouvement de transmission est de quinze millimètres par seconde dans les pétioles des feuilles, et seulement de trpîs millimètres par seconde dans le corps de la tige. L'état de la température ne'paroît point influer sur sft vitesse.

La lumière exerce sur l'irritabilité de la seasitive une influence très remarquableetdontl'observation

appartient également à M. Dutrochet. Si on place une sensitive dans une obscurité complète , en la couvrant avec un. récipient opaque, cette plante perdra entièrement son irritabilité, et cela dans un temps plus ou mmns long, suivant un certain état dabaissement ou d^élévation de la température environnante. Ainsi , par une température de + 20 à 25 degrés B. , il ne faut que quatre jours d'obscurité pour anéantir complètement Firritabilité d'une sensitive, tandis qu'il faut quinze jours d<>bscufité pour produire lé même effet lorsque la tempéra* ture environnante est dans les limites de + 1 o à j 5 degrés; en sorte qu'engrenant seulement les degrés de température dans lesquels la sensitive peut vivre, on peut établir que lextinction de rirritabilité de cette plante dans l'obscurité s'opère dans un temps dont la durée est en raison inverse de Tâévation de la température.

M. Dtitrocbet a observé que la sensitive privée de son irritabilité par le moyen de l'obscurité la récupéroit par Texposition à la lumière, et que cette réparation des conditions de l'irritabilité étoit plus: rapide par le&position de la plante à la lumière directe du soleil que par son exposition à la simple lumière du jour, telle qu'elle existe à lombre. Fondé sur ces observations, M. Dutrocbet considère la lumière comme l'agent extérieur dans

liBfluence duquel lés végétaux puisent le renouvellement des conditions de leur irritabilité, ou plus généralement de leur motilité, conditions qui sont sujettes à déperdition dans Tétat naturel, et qui ainsi ont besoin d'être continuellement réparées.

Nous reviendrons un peu plus bas sur les expériences de Fauteur concernant la motilité des animaux.

Une plante dicotylédone peut -elle être distinguée dans tous les cas d une monocotylédone par la seule inspection de sa structure intérieure? Cette question s^est présentée àlVf. du Petit-Thouars à l'occasion de deux tronçons isolés qu^une sorte de hasard avoit fait tomber entre ses mains. Au premier aspect ils paroissoient avoir beaucoup de ressemblance : car l'un comme l'autare étoit un cylindre de matière fongueuse ou médullaire traversé dans sa longueur par des filets isc^és; de là on pouvoit présumer qu'ils étoient tous les deux monocotylédones , mais dans l'un on voyoit que ces filets étoient des faisceaux composés de différents tubes et sur-tout de trachées spirales, tandis que dans l'autre ils étoient delà plus grande simplicité. Cela suffisoit pour constater qu'ils avoient appartenu à des végétaux très différents ; mais l'écorce qui existoit sur le dernier et qui manquoit au premi^ a permis

daller plus loin. Par elle seule ce botaniste a pu prononcer que c'était une plante dicotylédone , et même qu'elle appartenoit aux ombdUifères; enfin quec'étoit une espèce du genre ferula^ tandis que la première étoit réellement monoootylëdone. Mais quelle étoit l'origine et la nature de ces filets disséminés dans la substance de la moelle? C'étoit une nouvelle question et très importante dont on pouyoit tirer des conséquences contre une des principales bases de la méthode naturelle , mais ce n'étoit (}ue par l'inspection d une plante vivante de ce genre qu'on pouvoit en espérer la solution. M. du Petit- Thouars s'en est procuré une qudques mois après : cétoit une tige dnferulaferulago ; et elle lui a donné une pleine satisfaction ; car ayant coupé net parle milieu un de ses entre-nœuds , il a vu de nombreuses gouttelettes d'une liqueur blanche suinter de toutes les parties delà tranche. lia donc reconnu que ces filets n'étoient autre chose que des vaisseaux destinés à renSermer un suc propre très abondant dans quet ques onabellifères, mats surtout dans les férules. Ce seroient des lacunes formées aux dépens de la substance même du parenchyme médullaire, et qui ne dépendent en rien du corps ligneux. Ainsi cette singuWîté ne porte aucune atteinte aux principes sur lesquels repose maintenant l'étude des plantes : les rapports naturds. Il est donc certain qu'on peut dis-

ttng[uer plusieurs grandes séries de végétaux aussi bien par leur structure intérieure que par lexlé-, rieuré. Cependant on voit, par cet exemple, qu*il est besoin d'ajouter quelques nouvelles considéra-; tions à celles qui avoient été employées jusqu'id.

,.Si le second tronçon eût été dépouillé de son enveloppe comme le premier, on n'eût trouvé de difFérfînce que dans la simplicité des filaments interposés dans l'un, 'tandis qu'ils étoient* faseiculés dans l'autre, et c'est justement dans ôette fascicu-z lation que M. du Petit- Thouars trouve des caractères solides pour distinguer les grandes séries de végétaux. Suivant lui y ces Êiscicula tions paroiss^t isolées dans les monocotylédones, tandis qu'elle» se combinent d'une manière déterminée dans les dicotylédones. De là suit une différente combinai-, son des deux substances primordiales qui doz^sti,tuent les végétaux : le ligneux et le parenchymateuxi Mais, par la manière dont ces substances s'entremêlent, Xeparenchymateux, quoique toujours continu , parott former trois parties distinctes dans le^ dicotylédones, qui sont , la moelle, les rayon$>m^dullaires, et le parenchyme extérieur, tandis qu'il semble homogène dans les monocotylédones.

Les bornes de cet extrait ne nous permettent pas de suivre l'auteur dans les développements qu'il donne à cette idée. Nous nous contenterons de dire

qu il a observé plusieurs modifications de ce principe qui peuvent souvent le masquer. Il trouve qull y a peut-être autant de différence entre la structure intérieure des graminées et celle des autres monocotylédones qaentre celle-ci et celle des dicotylédones. Il annonce que les fougères, que Ton regarde comme absolument semblables aux monocotylédones, quant à leur structure intérieure, en diffèrent prodigieusement.

Il est bien vrai que le stipe des fougères présente sur sa tranche des faisceaux isolés comme dans les monocotylédones ; mais on en trouve de semblables dans de véritables dicotylédones. C'est parle grand nombre et le petit volume de ces faisceaux qu'on distingue les monocotylédones , tandis qu^au contraire les fougères sont remarquables pour Tordinaire, parceque leurs faisceaux sont très gros et peu nombreux. Us y forment sur leur tranche des figures constantes. On connoit celle de la fougère femelle qui représente en quelque sorte un aigle déployé, ce qui lui a valu le nom de pterisaquilina. M. du Petit-Thouars a fait une étude particulière de ces tranches pendant son séjour dans nos colonies africaines ; il croit pouvoir certifier qu'il auroit été à. même de distinguer les cent vingt espèces quil a dessinées par ce seul caractère, et il lui a suffi pour reconnottre comme identiques quelques

uaes d entre elles qui croissent aussi bien dans les environs de Paris que dans ces contrées éloi*^ guées.

Entre plusieurs remarques qu*il fait pour distinguer ces grandes séries végétales il expose celles-ci , que dans les dicotylédones les feuilles croissent si«multanémenten tous sens, en sorte qu elles forment toujours une figure semblable à celle qui existoit dans le bourgeon; que dans les monocotylédones elles croissent du sommet à la base , en sorte qu'elles sont souvent sèches au sommet et tendres à la base ; enfin que dans les fougères elles croissent de la base au sommet : quelques unes même se développent si lentement qu'il leur faut plus d'une année pour parvenir a leur maximum , et il y en a qui périssent avant d'y arriver.

M. Lestiboudois , botaniste à Lille, a présenté un mémoire sur la nature de la tige des plantes monocotylédones. Il pense qu'elle ne grossit que par les fibres qui naissent dans son intérieur, en sorte qu'il la considère comme analogue seulement à lecorce de la tige des dicotylédones. Il cherche à établir sa proposition en soutenant que les feuilles et les rameaux sortent toujours du centre. On lui a opposé cette forte objection, que de grands arbres de cette classe, dont le tronc a son centre entière-

ET PHTS10L06I£ VÉGÉTALE. 176

méat détruit jNir la pouriture, ne laissent pas de produire encore des rameaux et des feuilles. C'est ce que M. du Petit-Thouars et M. de La Billardièrc ont observé souvent sur les dracœna des forêts de riIede-France.

Ordinairement le style est placé sur Tovaire , et quand il y a plusieurs ovaires chacun a son style. Mais il arrive aussi quelquefois que plusieurs ovaires ou plusieurs loges distinctes adhèrent autour de la base d'un style commun, et reçoivent par cette voie leur fécondation.

Cette partie de Fovaire se nomme alors gynobase. M. Auguste de Saint-Hilaire, qui lui a 'donné une attention particulière, a constaté et décrit les modifications qu'elle éproiive dans les divers genres où oniobserve. Il présente comme résultat général de ses observations que le gynobase n est autre chose qu'une columelle centrale déprimée.

M. Adrien de Jussieu, fils de notre célèbre confrère, entre sous des auspices favorables dans la carrière que sa famille a parcourue avec tant de gloire depuis un siècle et demi. Il a repris Fexamen de la famille des euphorbiacéeSj dont son illustre père avoit fixé les caractères dans son Gênera pUm^ tarum, mais que les découvertes des voyageurs de-

l'jS BOTANIQUE

puis trente ans ont troublée, et dans laquelle on connott aujourd'hui plus de mille espèces.

On sait qu'en général elles montrent des propriétés délétères qui se concentrent stir-tout dans leur embryon ; mais elles ne sont pas non plus sans utilité. Les graines de.plusieurs donnent de Tbuile; le suc laiteux qu elles répandent prend dans quelques unes, en se desséchant, la consistance de la gomme élastique : il en est qui possèdent un principe colorant.

Certaines euphorbiacées n^ont à leurs fleurs qu^une enveloppe qui est un calice. D'autres en ont deux , et il s'agit alors de savoir si la seconde est une corolle ou un calice intérieur. Ce dernier nom lui avoit été donné par une autorité particulièrement respectable pour l'auteur : mais comme cette enveloppe intérieure est souvent colorée, et qu'elle se flétrit et tombe avant l'extérieure, M. Adrien de Jussieu se permet d'énoncer l'opinion qu'elle mérite alors le nom de corolle ; et toutefois, comme elle manque très souvent, il ne croit pas que l'on doive y attacher dans cette famille grande importance. Il examine avec un détail et une attention singulière toutes les formes et les dispositions que prennent les parties de la fleur et du fruit dans lés différents genres qu'il décrit au nombre de quatre-vingt-trois, dont quinze sont nouveaux pour la botanique.

Les sexes séparés; les loges du fruit distribuées autour dun axe central; les graines au nombre dune ou deux suspendues au sommet de chaque loge ; le périsperme charnu , les cotylédons planes, la radicule supérieure, sont les caractères généraux dela'famille.

M. Adrien de Jussieu la divise d'abord en deux [][roupes , dont le premier comprend les genres qui ont deux graines dans chaque loge, et se subdivise en deux sections , selon que, dans les fleurs mâles , les étamines adhèrent immédiatement au centre de la fleur ou à la base d'un rudiment de pistil : le second comprend ceux qui n*ont qu'une graine par loge; et pour subdiviser ce groupe, qui est de beaucoup le plus considérable, 1 auteur est obligé de tirer ses caractères de Tinflorescence, qui tantôt est pourvue dW involucre, tantôt est en épi avec ou sans feuilles florales , tantôt enfin est en panicule ou en bouquet. Ce sont là les caractères des quatre sections de ce second groupe.

Ce travail très précis, plein de faits nouveaux et de vues ingénieuses, et accompagné de dessins soi- ^és de la main de l'auteur, vient d'être publié : il ne peut qu'annoncer bien avantageusement ce jeune botaniste dans le monde savant.

M. Poiteâu a présenté la description de cinq

BUFFOK. COMPliM. T. III. 12

fj^enres d arbres de la famille des |ii3r^tes, doat les botaaist;es n avoient encore les caractères que d'une manière incomplète: le léoytis, le berthoUetia, le couroupita, le gustavia, et le couratàri.

Le plus r^narquable est le lëcytis , dont Tespéce la plus connue, à cause de son grand fruit ligaeux en Corme de vase ouvert et rempli de graines que les singes aiment beaucoup , porte dans nos colonies le nom de marmite de singe. M. Poiteau en décrit trois espèces nouvelles dont une est un arbre de haute futaie, mais ne porte que d assez petits fruits. Le berthoUetia est un des arbres les plus utiles du Nouveau*Moude. Haut de plus de cent pieds, il porte des fleurs jaunes et lai^ges de deux pouces, disposées en grappes à lextrémité des rameaux, suivies de fruits gros comme des têtes d'enfants, contenant douze ou quinze amandes d'un goût exquis, et qui donnent une bonne huile. C'est un. objet considérable de commerce, et on en expédie du Brésil à la Guiane, en Portugal, et en Angleterre.

La partie botanique du grand ouvrage de MM.de Hiiinboldt et Bonpland avance rapidemcaxt vers sa fin. M. Kuntfa a terminé cette année le cinquième, et la plus grande partie du sixième volume dès Nova gm^ra et speçies plmtarum Atmri^ce œifuinoctiaUs.

Toutes les familles à corolle polypétale, à l'exception des légumineuses, des térébinthes et des rhamnées, se trouvent comprises dans ces deux volumes. Les im$ dernières £imilles restent encore à publier. JMbJS M. Kunth a fait connottre, dans k partie de Touvrage de M. de Humboldt qui estdi^ja entre les maim des botanistes^ plus de quatre mille espèces dont les neuf dixièmes au moins sont nouvelles , et appartiennent à cent trente*sept Êimilles et boit cent soixantOK^nq genres. Il n existe aucun autre ouvrage qui présente à-la-fois un si grand nombre de plantes exotiques « rangées d après la méthode naturelle, décrites et figurées jusque dans les moindres détails de leur fructification. Parmi les Floret de rAuérique méridionale, celle de Swartz, par exemple , ne renferme que mille espèces^

Il ae reste à publier qu un cahier des mimoses. Cet ouvrage, exécuté avec le luxe et la beauté de gravure que Thabileté des artistes françois a pu seule atteindre jusquici, sert de supplément au grand ouvrage- M. Kunth a publié en outre trois voluai4i in-^"* d un extrait raisonné des Nova gemm, eous lé titre de SynQp$i$ pUmiarum mfuinoo^ UaUumorbisnwi. Dans ees dlffôrents ouvrages il a établi plusieurs ftimill^ nouvelles, en a mieux cip* conscrit d autres , institué cent vingt*huit genres nouveaux, et déposé un grand nombre d'observa-

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tions sur des plantes étrangères à son premier travail. Quelques U|ies de ses idées ont été développées dans des mémoires particuliers qu^il a présentés successivement à FAcadémie, et dont nous citerons seulement une Notice sur le myrtus et Ceugenia^ deux genres qu il propose de réunir en un seul, et la Révision des familles des nu^lvacées, des bûttneriacées, et des tiUacées. Ce dernier travail a été adopté en entier par M. DecandoUe dans son Synopsis regni vegetabilis. Dans une notice historique sur Richard, M. Kunth a donné une analyse raisonnée des travaux carpologiques de cet illustre botaniste décédé en 1821, et dont nou^ lirons bientôt Téloge historique.

La Monographie des mélastômes et des rhexias, ouvrage rédigé en plus grande partie par M. Bonpland ,aété terminée par M. Kunth dans le courant de cette année.

Visoetes lacustris est une plante que 1 on range aujourd'hui auprès des lycopodes, et qui croît dans le limon des eaux stagnaates. D'une base bulbeuse à trois lobes , eUe pousse une touffe de feuilles étroites, pointues, tubuleuses, et plus ou moins longues, suivant le degré d*humidité dont elles jouissent, aux bases desquelles sont de petits boucliers membraneux qui couvrent chacun une petite cavité, et

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. l8l

servent de ré<^eptacles,)e8 uns, ceux des feuilles les plus intérieures, a la poussière mâle; les autres, ceux des feuilles extérieures, aux seiuenccs. On navoit point encore suffisamment observé ces semences ni leur manière de germer; et M. Raffeneau Delile , professeur de botanique à Montpellier, profitant de labondance de Fisoéte dans un petit lac des environs de cette ville , vient de les soumettre à un examen très attentif. Elles sont très petites , et contiennent sous un double tégument , marqué de trois arêtes , un petit corps vésiculaire, que M. Delile considère comme un embryon sans cotylédon. Les téguments s'ouvrent en trois valves dans le bautpour laisser passer la première feuille , en même temps que la première radicule les perce dansle bas ; les autres feuilles et les autres radicules poussent ainsi successivement ; et pendant ce temps le tubercule qui est entre elles grossit et devient le bulbe ou la soucbe qui les portera toutes. Les feuilles se dessécbent quand la plante est privée d eau ; mais le bulbe conservelong-temps sa vitalité, et repousse même après deux ans quand on Fbumecte.

Les licbens sont une famille de plantes cryptogames dont le nombre est prodigieux , mais don t la classification et la distinction sont accompagnées de grandes difficultés , à cause du peu départies

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a exposés, avec les précautions convenables et séparément, à Faction des pluies ofageuses, à celle des différents vents, à celle des oiseaux de passage, à celle des divers courants, etcompté, autant qu'il lui a été possible , le nombre des espèces que chacune de ces causes a amendées. Il a aussi cherché à apprécier ce que les communications des hommes peuvent apporter de semences et de germes de plantes avec les eaux prises en d -autres pays pour Fapprovisionnementdes navires , avec les matières qui servent à emballer des marchandises étrangères , avec les bois et les fourrages , et jusque dans le lest des vaisseaux et parmi les poils des bestiaux que Ton importe dans les lies.

Le plus puissant et le plus constant des agents naturels lui a paru être le grand courant équàto^ rial de FAtlantique. Il assure avoir reconnu qu'en deux mois il apporta des graines de cent cinquante espèces différentes; mais toutes les semences ne se laissent pas également transporter par tous les agents ; et pour pouvoir arriver dans ime direction et à une distance données , encore en état de reproduire leurs espèces, elles doivent réunir certaines conditions de légèreté, de mobilité, de résistance à la destruction, de difficulté ou de facilité de la germination , et autres semblables; ainsi parmi les cent cinquante espèces de semences apportées par

le courant, il n y en a que yingt-ûz qui germèrent. .

Quant à Taction des hommes , M. de Jonnès la croit bien supérieure à ceUe des agents naturels , et peDse qn*eUe peut en quelques siéides changer en* tièrement les rapports établis par ces derniers de»puis Torigine d'un pays.

M. de La Kllardière avoit présenté à FAcadémie en 1 802 un mémoire sur le lin de la NouTeHe-Zélande , plante nommée par les botanistes phormium tenaXf où il annonçoit la possibilité de cultiver cette plante en France , et fiiisoit voir que ses fils surpas» sent de moitié ceux du chanvre pour Texpansibilité et pour la force , deux qualités également précieuses dans la fabrication des cordes. Ces fils sont en même temps de la plus grande finesse, en sorte que Ton pourra les employer aux ouvrages les plus délicats.

M. Gachin, inspecteur- général des ponts et chaussées, est parvenu en effet à élever le phormium tenax à Cherbourg, et à lui faire porter des graine» qui , semées par plusieurs cultivateurs, ont germé avec facilité; et M. Gillet de Laumont a rendu compte à TAcadémie d'un succès qui promet à notre pays une nouvelle richesse végétale.

L un des Mestors de la botanique en France ,

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M. le doete»r Paiilet , de Fontamd:>leau , û connu par ses travaux sur les champignons, s'est occupé depuis lon]g[*«temp8 de reconnottre les plantes et les animaux dont les anciens ont parié ^ et a présenté cette année à FAcadénpiie un gmod coinment^re sur riiistoire des planiez da Théophraste, et un autre ouvrage de moindre volume iiatitulé Ftbre et Faune de Virgile. G est une des matières les plus difficilèft et lés plus sujettesii controverse die toute la criticfue dassiqiie.

ïSkyttdndmsy par exemple, est aux yeux de lia- VÊSEsos Je pied d^alouette («fei^Ainmm ajach ); Sprea*; gel soutient que c'est le gtmeul {gladiolus C(mimuuis^; Dodoèns veut que ce soit le mcartagon {litium marta" ^^)^etM^Hmie lis orangé{iihmn.croceîm).

Il nest guère de plantes, si ^on «n excepte les pln&<;ommimes, celles qui oint toujours été d^ ob* jets d'agriculture et d'éeonomiedqmestique , qui ne puissent exciter de semblables contentions. M. PetVh kt apportedonc aussi des ccmjectufes plutôt que des résultats décisifs ; mais plusieurs de ces conjecturés sont heureuses , eC réunissait de plus gpmndes pror babilitésr ott leur Êiveur quie ceUea de ises advei^ sairea.

M. de Humboldt a fak connoitre il y a plusteiftre^ années les propriétés de Tarbre dit ck la mcHe,

dont le SUC ressemble au lait non seulement pnr Si coukfur^ mais parœqu il est nouiirissant, et non pas ^éaéaanx, comme le sont la j^upart des kits v^étaux. MM. itivero et Boucingault en ont fait Faiialyse. Il s'y forme des peiUcules comme sur le lait de vache , et elles ressemblent à la frangipane. Dessous reste un li<]pide huileux y dans kquel nage uae substance fibreuse qui se racornit par la dha«leur et répand alors une odeur caractérisée de viande frite. Ge lait donne de la cire , de la fibrine • semblaUé à celle des animaux ^ et un'pea de sucre et d un ael magnésien^

M. Romain Féburier» de Versailles, tonnu par plasieuirs reeberches de physiologie végétale, a so4imîsa TAcadémie un petit traité Srur cettb matière, destmé àéclairear ks cnkivateurs,qui a été imprimé, et où il combine les résultats des auteurs qui lont précédé avec ses propres expériences.

Il décrit la moelle comme un amas de cellules polyèdres fiéparéea par des cloisons toujoura com* militas ^ deux d'emtre eUe$. Dans certaines espèces lear ensemble en se déchirant produit tantôt des espèces de doisons laransversales, tantôt un vide continu. Le& filets vascubires qu'on y voit quelquefois lui paroissent des> vaisseaux détachés de Télui

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médullaire. Cet éttd enveloppe la moelle. Il est composé '.de plusieurs iraisseaux , tels que tracliéesli», fausses trachées, tulies poreux et simples, entremêlés d*uii peu de tissu cellulaire. Selon rauteur, c^est la manière dont le fil élastique des trachées est enroulé qui dans les plantes grimpantes détermine la direction selon laquelle elles s entortOlent autour des appuis. Il regarde Tétui médullaire commie la base de l'organisation de Tembryon , et •croit que c'est lui qui détermine le genre et Tespéce du végétal. Chaque année ses vaisseaux s'alongent^ et des feisceaux s'en séparent pour traverser l'écorce et produire des bourgeons , les feuilles, et les boutons. Ces faisceaux fixent la position des gemmes et le nombre des angles saillants qui donnent la ferme à la moelle. Des suites de cellules alongées s'étendent horizontalement en rayonnant du centre à là circonférence : c*est ce qu'on nomme les rayons médullaires. A mesure qu'il se forme de nouvelles couches annuelles de bois qui grossissent le tronc ^ il se forme de nouveaux rayons qui se placent entre les autres sans atteindre jusqu'au centre. La dernière des couches du bois et la plus extérieure est Vaubier^ il est enveloppé par l'écorce, formée aussi par couches, mais dont la plus nouvelle et la plus intérieure se nomme /iéer. C'est à l'écorce qu'appartiennent les vaisseaux propres, ainsi nommés des

sues particuliers quils contiennent et qui ont été primitivement élaborés par les feuilles. La partie superficielle dû parenchyme prend à la lumière une couleur verte, qui la fait appeler tissu herbacé, et il est enveloppé d'un épiderme que M. Féburier ne croit pas simplement formé par la dernière et la plus extrême couche de ce parenchyme, comme le pensent la plupart des auteurs de physiologie végétale. Les racines ressemblent aux tiges et aux branches par leur organisation, mais leur position les empêche de devenir vertes ; les dernières ramifications de leurs faisceaux de fibres, au lieu de se réunir pour former des feuilles, s'isolent et ne donnent que du chevelu. L'auteur n'adopte pas Topinion presque générale que les racines n'ont pas de moelle; seulement, dit-il, elle est plus mince. Certaines espèces produisent indépendamment des racines des filets garnis ou terminés par des tuber^ cules remplis de substance amilacée ou mucilagineuse.

Les feuilles ne sont que l'épanouissement des filets médullaires à leur sortie du pétiole; ces filets en composent les nervures , dont le réseau est rempli d'un parenchyme semblable à celui du tissu herbacé, et revêtu de même dun épiderme. C'est delà distribution des nervures que dépend sur -tout la figure de la feuille.

dans une feuille sont continues jusqu a Textrémité d*une racine, en sorte que partant d'un point productif, soit d un bourgeon, soit d'une graine, elles ont été simultanément montantes et descendantes; que dans leur partie montante elles sont soumises à une loi d'association ou defasciculation; que c'est dans les différentes modifications numériques des faisceaux qu'il faut chercher la source de toutes les différences qui caractérisent les groupes comme dasses , genres , et espèces.

Un des arguments qui lui paroissoient les plus propres à justifier cette assertion c'étoit de voir que certains nombres sont beaucoup plus souvent employés que d'autres dans la structure des plantes.

C^ëst un auteur àuglois, Thomas Brown, qui, dans un petit traité peu connu , cherchant à prou* ver que la nature semble avoir plus de propension à employer le nombre cinq que tout autre, tirant ses principales preuves du régne végétal , annonça en i655 que dans le plus grand nombre des fleurs on trouve ce nombre simjple ou muUipte dans la distribution de leurs parties. Efiectivement il appartient au moins aux Yio ^^ plantes dicotylédones, tandis que le nombre trois ou ses multiples appartient peut-être au ^/joo ^^ monocotylédones. D'un autre côté, Bro>vn faisoit aussi remarquer que dans le plus grand nombre des plantes à

feuilles alternes, celles-ci se trouvent disposées de manière à former autour de la tige une spirale tellement régulière que la sixième revient constamment au-dessus de la première, et la onzième au* dessus de celle-là , en sorte qu'elles forment autour de la tige cinq séries régulières.

La première de ces observations paroissoit être une des preuves les plus spécieuses de la proposition de M. du Petit-Thouars, que la fleur n'est qu'une transformation d'une feuille et du bourgeon qui en dépend. Effectivement le nombre cinq se trouve, évidemment dans les nervures palmairesd'ungrand nombre de feuilles; de la vigne par exemple. Rapprochez-en les deux bords et supposez- les soudés en cornet, vous avez une fleur à cinq divisions, par conséquent à cinq étaniines, tandis que dans le marronier dinde, qui a. sept folioles, vous avez sept étamines. Ainsi, suivant l'auteur, la fleur n'auroit été composée que d'une seule feuille , tandis qu'il peut y en avoir plusieurs dans le fruit , ce qu'il feisoit dépendre de leur arrangement primordial.

Cette théorie paroissoit séduisante ; mais M. du Petit-Thouars ne dissimule pas que dans plus d'une occasion l'observation lui a semblé contraire ; et cependant il a été assez heureux pour démêler, dans beaucoup de cas , la cause d'anomalies apparentes. C'est ainsi qu'il trouvoit difficile de découvrir la

BUPPON. COMPLBM. T. III. l3

ig4 ÔOTArilQUK

sôUi^ce dû nombre 2 et de seâ puissances^, comme 4:, 8, etc. , dans les fleurs v attendu ff ue les nervures des feuilles doivent toujours être impaires. Pour leVèr fiette -difficulté îl eut recours à- lexameà dettois plantes annuelle^ qu'il prit dès \è moment dé leur germination ; de la rave pour représenter leé cHicifèrèSy du grateron pour les ruhiacées y et du tarnium pour les labiées. Il trouva entre dutres que la lïervure principale ou médiane èât double dan^ ctiplantes; que par coniëquent le nombre total devient pciir ; et ce qui le satifsfit beaucoup potir le moment ce fut de trouver pareillement la riervure principale des cotylédons ou protopbylies double; mais quoique temps après, ayant observé fivec le même soin thelianthiis annuus ou Èbtèily il trouva que dans ses cdtylédons la nervure médiane est pareillement double, quoique sa fleur soit à cinq divisions commet tontes celles des composées.

Il a même constaté que dans le plus grand nom* bre des dicotylédones la nervure médiane des cotylédons est évidemment double : mais elle parolt simple dans les ombellifères , et l'auteur croît que c'est sa ténuité seule qui lui donne cette apparence y car il est porté à croire que même dans les plantes adultes elle est origitràiremént double. Mais il remet à une autre occasion d'appnyèr mte opinion par des preuves matérielles. >

Il s'est contenté de donner coimne résultat de rexftmen. deJa ger^linaUoJ| des dicotylédones, qqe leur plantule est composée de deu;( plantas aussi complètes que possible, i^y^nt un, çAtre-ieqiUe qu méri(,haUe et une fegille; que de leur réuAion rér s^ul^ le bourdon prinu>rdi^ ou h jplqmulç; qu^ c'e^t ellç qui détermine les parties montantes 014 €^rmm€$y et qu'en menue te^ps ell^ formç les r§7 cimes qui partept de la b^se; mais on pe 1^ rpcoffnolt poijir telles qye lorsqu'elles soqt pgryeques k Fabri de l'écorce au point où coiçn^nce la. partiç enfouie. La difTérfncc entre les d<^u^. parties €i^rierm^ et ter^îre viendroit d^ ce que dans la prcr mière les fibres intégrai^tes seroient soumises à une sor^ç de fascLçqlatiop régulière, tandis qi|e 4ans F^q- ^e laUes tendroient à s'éparpiller irrégulièrement. Ainsi Içs r^^in^ ne prësenteroiept d'^g^égatio/ij^lf- ^^tcuiaire que par une sorte /de contrainte qu'elles (^rpuyeroient dans le corp^ de l'arbre, et il s^rpit d^ Leur ^essepce de devenir sin^pl^s dès qvie les c.ir«çonstanc^sjle leur perpiet^roiçpt. Di^ pipinsA|. du Pçt^jLrTbppars étpit porté à Ip croire, lorsqu'un çxçi^ple remarquable esj v^nu lui apporter 4e no^yell^ lumières si|r ce ^ujet. Ce sont les cucurbitacéej qui les lui ont procurées : il a reconnu qi^ e daps Ip grapd ppna4><'^ 4e Qf? plantes le cprps ipxéripur w UQQfiun4^U wcipiBpçit<îPfliposé deqviatrefaji^qgpjc

intégrants, formant un cylindre qui se divise sans effort en quatre quartiers. C'est de leur suture que partent les nouvelles racines ou les secondaires. On voit facilement que de chacun des deux qui se trouvent contigus il sort deux faisceaux pour former ces racines. Il faut remarquer que, par suite du développement de la plumùle, la tigelle des eucurbitacées devient pentagonale, étant composée de cinq faisceaux ; que c'est par conséquent de ce nombre cinq que se compose celui de quatre qui appartient aux racines.

Dans le momordica elaterium , la racine forme une , sorte de navet plus renflé que la tigelle. Par lexameu seul de son extérieur on voit qu'elle présente quatre lobes arrondis; si on la coupe en travers, on découvre au centre un noyau ou une sorte de mèche quadrangulaire, entourée de quatre lobes distincts qui paroissent sy être ajoutés. La bryone présente aussi quelque chose de particulier, mais lauteur n a pu encore remonter à la source de ces apparences par le moyen de leur germination; il na pu satisfaire pleinement au désir qu'il avoit de s'assurer si dans les autses familles il ne se trouve pas quelque chose d'analogue dans la structure de leurs racines; il a seulement reconnu qu'elles ont au moins beaucoup de propension à se séparer longitudinalement en deux portions égales. Gela se re-

marque entre autres dans la bourrache , la rave , le , haricot, et toujours cW des sutures qui s'y trouvent que sortent les racines souvent en séries très rapprochées, notamment dans le haricot. Il est porté à croire que cette séparation ou suture provient de la disposition binaire des cotylédons. Ces deux genres d'observations prennent un plus grand degré d'intérêt par la nouvelle relation qu'elles tendent à établir entre les deux parties qu'elles concernent, les cotylédons et les racines.

Les grands ouvrages, de botanique , dont nous avons successivement annoncé les livraisons, se continuent avec la même assiduité et les mêmes soins.

Toujours infatigables dans un travail d'une immense étendue, MM. de Humboldt et Kunth ont porté à trente-un fascicules leurs No\)a gênera et spedes plantarum œquinoctialium y et ils ont fait pa^oitre le tome troisième de leur Synopsis plantarum œquinoctialiun orbis novi. M. Kunth , en particulier, a exposé dans un ouvrage spécial les caractères des genres de la famille des térébinthacées.

M. Delesscrt a publié le second volume de ses Icônes selectœ.

M. Auguste de Saint-Hilaire a donné quatre cahiers de ses Plantes usuelles des Brasiliens, et quatre *

de sdn Histoire dés plantes les plus remarquables 'du

B'fésitétduPiù^d^cty. .. ;- >. "

La première partie du Setiutn àustrocaledùnicûtn , dè'M. dfeïia Billàrdièie, a été imprîrtiée.

M. Tfeûlet , èe Yèspectable vieillard qui a cdtisà- *ci^ isa vîe à fei bôtàbicjtle a!ile, k dûhiié la seizièine ëtia dix-hùitièmé lïvraison de âes Chdmpignofis. lia. àiiési Tait'impriiïiei^'sa Fibre de Virgile, dont nous avons parlé Fannée dernière.

Le nombre dés espèces 'nouvelles que ces ouvrages font connoître , celui des genres que les auteurs ëtâfbllssent, sont tels'que leur ^iittple eStalogUe exèéderdît lès bornes d*unè anal^'Bfe comttie la nôtre; tî'èst à peine s'il riôus sera possible d'indiq(lièr les remarques générales que ces savants observateurs présentent, relativement aux 'caractères et aUx limites dès familles, quelque intérèsisantés qu'elles soient pour h science del!a botaniqtie.

Eti éxamlhanf^cette mckiificàtion d*6rgtlhe*k|u'dn à ^appéVéè gynoha^e , "M. Auguste de Saltit-^Hilai^e

^âVoit discuté les rapports dès ochriacées , dessîmàroubéeSy et dès rutacëes. Pendant^ qu'il rédigeoit sdm

' mémoire iqnelques savants étrangers ie sont aussi occupés de cette dernière famille, et ont.cru* pouvoir' là' diviser en diflGérènts groupes/ Hyi. de Sâint- • Hîlairè examine leu r travail ; il 'établit quelques lôSs

ET PHT$IQ|I,OC4l£ yÉGÉTALB. \Qg

€;arpK)l<>gÎ9ue» très impor^tantes ; il pçi^e c^p revue les .différents geii^res cQwpris da^as la i^imlle des mtacées; et après avoir dgnné une aiialysie très détaillée de leur ovaire Qt de leur seuiQpce, il prouve.qiJ|e ces genres se nuancent entre eu« ,dVne manièiie trop insensible pour pouvoir être séparés. Il déiQontce qu'on ne peu|l.pas même éloigner des autres ruiOQ^es les e&pêces à fleuri irrégulières^ qui . étoÎQpt pe^ cQnnues avant ses vpjages » etiil conclut qu'il faut laisser subsister la famille des rutaçées telle qu qlle;a,^té foi:mée pqr*]VI. de Jussieu.

Dao^s un mén^ire, que,M. Auguste de 8aiat4Iil^ire ayoitlu plus anciennenc^ent à TAcadéniie, il avpit di$<;uté,l€(s rapports,des plaptes qui forinent aujourd'hui :les,quatre familles des droséracée^, des violacées, des cistées, et des frankeniées , et.il avoit montré que ces familles composent un vaste groupe de plantes à jauiais inséparables. 3pn tableau monographique des pl^i^t^s du Brésil qui appartieiifixent à ce groupe, présiçnte lappliçatipu des principes q^H avoit établis d^ps le mémoire qui vi^pt }d'étre rappelé* Il passe chaque gQpre çu revue; il examine lorganisation des plantes qui y,appartie|[ipeiit; il discute leurs caractères et jeuiis affinités ; il les.CQBsidère^WWS le r^p|)iOJ?t .gépgrapliiçiMe , et {longue .ujaeilesçription complète des espèces.

2bO BOTANIQUE

Dans un travail particulier sur les genres sauvagesia et lavradiaM. de Saint-Hilaire fait connottre des faits qui, s'ils viennent à être constatés, apporteront quelques modifications à des régies que Ton croyoit générales.

On ne pensoit pas qu'aucune plante dicotylédonefùt conlmune aux deux mondes. L'auteur n'a trouvé aucune différence entre des individus de sauvagesia erecta cueillis dans presque toutes les parties chaudes de l'Amérique , et ceux que Ton a reçus de Guinée et de Madagascar ; et cependant il ne croit pas qu'une plante peu remarquable , qui n'est d'aucun usage , et dont les graines ne sont ni ailées ni accrochantes j ait pu être transportée par les hommes ni volontairement ni accidentellement.

C'est sur-tout lorsqu'on s'attache à l'étude spér claie de quelque famille de corps organisés , et particuh'èrement des plus petits , que l'on parvient à se faire une idée de l'inimaginable richesse de la nature , et du nombre incalculable des espèces qu'elle a produites.

Les confervesy ces êtres aquatiques d'une nature ambiguë, qui semblent ne consister qu'en filets membraneux et articulés , remplis de grains ver-

dâtres , lorsqii elles ont été examinées en détail par les botanistes modernes , ont offert tant de différences dans les formes de leurs articulations, dans la manière dont elles s'unissent, dans celle dont leurs filaments se g^roupent , et dans une multitude d'autres circonstances, que dun g^enre seul, où Linnaeus les avoit classées, on a été obligé de former une famille entière qui contient déjà plus de cinquante genres^ et qui en voit établir chaque jour de nouveaux. C'est ce qui arrive aussi pour les lichens, ainsi que nous Tavons dit l'année dernière en parlant du travail de M. Delise, botaniste, demeurant à Vire , et de celui de M. Fée , pharmacien de Paris- Les conferves font aujourd'hui l'objet d uneétude assidue de la part de M. Bonnemaison, qui, demeurant à Quimper, est placé de manière à observer avec une égale facilité celles de mer et celles d'eau douce. Il a déjà présenté à l'Académie le commencement de son travail. Selon lui, les conferves forment une classe entière qu'il nomme hydrophyies loculés. Dans ce premier chapitre il ne traite que d'une de leurs familles, celle qu'il nomme 4^/){Viermée, et qu'il diviseen genres nombreux dontquatre sont établis par lui , et fondés sur ses observations, ou démembrés de ceux de ses prédécesseurs.

Chacun a entendu parler du manioc (Jatropha

2Q2 BOTAvAIQUfi

ouaniot, L. ), de oet arbuste <lcnt les cuises , après <fn^(men a extrait un suc vénéneux , donnent une <fé€ule oourntssante etsalubresnommée cassave, ifai est le iprincipal; alimentâmes peuples de la partie ehaiide<de rAmëriqofe , et desuégces qui y remplisseat les colonies européennes. Raynal a cru quil éloit originaire d'Afrique, et fqu'il avioit été, transporté ^ux Antilles avec les nègres,. auxquels il de- Toit servir de nourriture. « Les sauvages, dit-il, qui ofSrirent à nos premiers navigateurs des bananes , des 'ignames, des ^patates, ne leur présentèrent point de manioc. »> M. Moreau de Jonnès a prouvé au contraire , par des témoignages contemporains , quiis ne présentèrent point de bananes , mais bien une ra^cine qui , ^sôus le nom de juca, ne différoit point du tmanioc ; et sa fécule , nommée cassabion iemsave comme aujourd-bui : ce sont les Portugais qui ont'porté le manioc en Afrique, avec le mmn. M. de Jonnès a reoherdhé avec beaucoup de soin 1 origine primitive. et l'histoire <les irradiations de cet utile >végétaL Colomb , Drcdœ , Newport, lout trouvé'dès les quinzième et seizièmeâiècles chez les sauvages des diverses Antilles. Améric Vespuce la vu s^ervèr de nourriture ordinaire à la Guiane; Bartidasdans la province de Sain t^s^Marthe; Cabrai et Pigafetta au Brésil ; mais^ par une singularité re- »iarquable, ilétoit inconnu dans TAmérique sep-

ET PHTSIOLOG1E TÉGÉTALB. 2o3

4eCilrionale et dans toutes les prorvinces situées sur la mer du Sud ; cW parcequ on -a transporté le nom àejuea à Yarum virginicum 'que roa a cru le 'Uafnioc cukïvé par les habifants de la Floride.

Cotiime4e matiioc venu de grainesti*a pas de niciiies tubéreuses , il nWpas probable qu'il se soit réplindû dems le vaste espace qu'il occupe par les aig«enfs unturels ; ce sontplutèt les peuples qui se le sont transmis les uns aux autres.

Une ancienne tradition des Haïtiens , rapportée par Pierre Martyr, pourroit faire croire qu'il étoit primitivemait naturel de Saint-Domingue; mais aujotirdiiuron'ne ly trouve plus à l'état sauvage ; et M. de Jonnès ayant comparé les dénominations parlesquelies les différentes peuplades désignent le manioc et ses > préparations les a trouvées plus nombreuses au Brésil qu'ailleurs , et a reconnu que celles éojst on se sert plus au nord et en ^ moindre hombÉNe déHvent de celles du Brésil : d'où il couëlutique c^es^ ce dernierpays qui est la vraie patrie dn mani<>c,'et la contrée où il a d< abord été cultivé et employé par les hommes. Ce qui le confirme kïans'cette idée c'est que c'est aussi au Brésil que le manioc a produit le plus grand nombre de variétés , et qu'il y éïi àvoit déjà 'tirtgt-trbis du temps de 'l^arégréve^ tandis^ que les O&liris de la Guiane n'en ont jamais eu que six ou sept , et les Caraïbes que

2o4 BOTANIQUE

quatre; Saint-Domingue n'en possédoit que deux quand on le découvrit. Selon M. de Jonnès , c'est dans la chaîne des Andes et dans le peu de conimunication des habitants des Antilles avec le Mexique et la Floride qu'il faut chercher les causes qui )ont limitéla propagation du manioc à l'espace où il se trouvoit répandu lors de la découverte de l'Amçrique, G est-à-dire entre le fleuve de la Plataau midi, les Cordilières à l'ouest, et le canal de Bahama au nord.

Les auteurs latins parlent beaucoup d*un certain bois qu'ils appeloient citr-us ou citrum, et dont ils faisoient des meubles^ et sur-tout des tables d un prix qui aujourd'hui paroîtroit extravagant, même aux hommes dont le luxe est porté le plus loin ; Pline en cite des tables vendues une valeur de plus de 200,000 francs de notre monnoie actuelle , et une qui le fut 287,000, quoique les plus grandes n'eussent pas en une seule pièce quatre de nos pieds de diamètre. Ce n'étoit pas à beaucoup près notre citronnier d'aujourd'hui , qui est le malus medica des anciens , et dont les caractères sont tout différents, M. Mongès, membre de l'Académie des Belles-Lettres, a cherché à déterminer la véritable espèce du a7rw5 des Romains. A cet effet il a recueilli et comparé tous les passages des anciens où il en est

ET PHTSIOLOGIE VÉGÉTALE. 2o5

question. Pline est à cet égard son auteur principal. On trou voit , dit-il , le cilrus dansFÂtlas ; c etoit avec les loupes ou excroissances de son tronc et de ses branches, mais sur-tout avec celles de ses racines, que Ton Ëibriquoitdes tables précieuses. La beauté en consistoit dans des veines ou des tacbes qui rappeloient celles de la peau du tigre, ou celles de la panthère, ou les yeux de la queue du paon, ou d'autres figures variées ; le fond de la couleur ajoutoit à leur prix ; on estinioit de préférence celles qui imitoientla couleur du moût de vin : des taches d'une autre nature, des parties autrement colorées que la mode ne Texigcoit , y étoient des défauts. Oa employoit différents procédés pour mettre ce bois à Tétat qui plaisoitle plus aux acheteurs. Ou Pen-» fbnissoit dans la terre , on le mettoit dans le blé; on lenduisoit de cire; quelque séjour dans leau de mer le durcissoit; il se polissoit par la main de rbomme. Ce citrum étoit larbre qui avoit les plus grosses racines; ilsurpassoit à cet égard le platane et le chêne ; malgré sa beauté on lui auroit préféré férable si\ avoit fourni des pièces aussi grandes. On en tiroit de Thuile, qui, ainsi que celle du cyprès , avoit les mêmes vertus que celle du myrte. A ces détails Pline ajoute que le citrus est le thuion dHo* mère et de Théophraste, et cela est en effet très vraisemblable , au moins pour ce dernier, selon le-

qu€l(Uv. Vych. 5) «^lethuion, appelé irips^l thui,? ^ «c croît auprès du tem^Ja de Jupiteir Aminoii , çt '( dans le territoire de Cyrène ; ressejooble au çyprèS;, uet sur-tout au cyprès sauvage, par ]q^ br^llçK^s., «^ pa r les feuiUes ^ par le t rcinc i> et p^r Iç fr nii ; a le ubois mcorriipiibie> etdeS; racin^çs tr^ orépqos^ « dont on fait des meubles pi*écieux. «

M. Mongès croît aussi pouvoir rapporter acU même arbre un passage de Pliiîe, Uv, V^ chap, i, où il n est pps fait mention de son nom , m^^is où il est dit: qijiau rapport de SuétoniqsPaiiUaus le pied de FAtlas est couvert d'épaisses forêts d!uft arbre inconnu, remarquable par 1 élévation de son tronc luisant et sans noeuds, dont Ijbs feuille^ ressemblent à celles du. cyprès, d une pdi^ur forte ^ et couvert d'un duvet léger > dont avec Vart on poijr]x>it faire des vêtements comme on j^n fait du bombyx. ^ ....

M, Mongès après avoir fàil une revuis des difiRé-»rents arbres qui ont été considérés par divers bots* nistes, comme ie citruin ouïe thuium de&ancielis, et n'en trouvant parmi ceux de FAtlas auc«in q^i réponde à son gré àce quePiine etTbéophraste en ont dit, suppose que Tespéce en, a >éibé dktruUe sur cette cfaalnie de montagnes, comme <^dile du cèdre le sera probableanent bientôt sprie Lil»a«i^ et croit que si Je citrum existe encore quelque part

ET PHTSIOLOeiE TÉGÉTALE. HO*]

on doit le chercher dans nne espèce de genévrier, improprement appelé Juniperm thurifera par Lin^ oaeiud^ et que Tournefn*! et Oiîyier ont. observé smv le mont Tauras.

M; Deafoutaines pente que c'eat plutôt le knnarix orienialiSf ou VaUie dea Égyptiens modernes \ iDaîs il n'eat^ selon M. Mongës, ni assez grand ni assez précienxpour répondre aux dèscriptionsdncitruttLi. il o^arrive pas à la grosseur du corps d un homme, eté'est le bois de chaufibge et de menuiserie le plus commun en Egypte.

M. Sprengel ^dans ses notes sur Tbéophrasie imprimées en 18122, voit le citrum dans le thuia drtfculata de Vahl ; arbre fort semblable au cyprès^ de vingt-quatre à trente pieds de haut, sur douze à quinze pouces de diaméti^e^que M. DcsFontdinés a observé près de Tripoli, et que^M» Dellacella a sur-» tout trouvé en grande abotldanoe dans UCyrénaï-^ quei M. Mongès le regarde aussi tomme trop pettt^ Hidis peut-être n est-il pas nécessaire de beaucoup sarrêter aux difficultés prises de la grandeur. U> nVn est questioki que dans le passage tiréde Sdétonius Paiilinus, qui n*est pas très évidemment relaDîf au citrum. D-ailleurs il selMDit possible^ et M. Mongès lui>-méme semble le penser, que oes. grands ttioraôatix si recherchés pout- des meubles de lAie n& fusaent pas ies produits- ordinaires: de

2o8 BOTANIQUE

I arbre, mais des excroissances, des monstruosités ^ peu communes; et même cette circonstance expliqueroit mieux que toute autre leur énorme cherté.

II faudra donc retrouver parmi les arbres assez nombreux, auxquels conviennent plus ou moins les descriptions vagues données par les anciens de leur thuion ou de leur citrum , quel est non pas celui qui devient le plus grand ^ mais celui qui est le plus sujet à ces sortes d excroissances dont les veines et les taches pourroient produire un effet agréable.

G est aux voyageurs qui visiteront de nouveau TAtlas et la Cyrénaïque qu'il appartiendra de résoudre complètement ce problème.

M. Bory Saint -Vincent à rendu un service réel aux botanistes , en imaginant un appareil au moyen duquel les plantes destinées à entrer dans leurs herbiers se dessèchent plus vite et sans être autant altérées dans leurs couleurs qi)e par les procédés ordinaires.

C est une planchette percée de trous à laquelle s attache d un côté une toile garnie à son bord libre d une petite tringle de fer, et qui, au moyen de deux courroies , serre contre la planchette les feuilles de papier et les plantes que 1 on place entre elles après leur £lvoir foit subir une première compression. La

ET PHTSIOLOGIE VÉGÉTALE. 2O9

circulation de lair accélère la dessiccation, et empêche la fermentation qui noircit les couleurs; on réussit par-là à conserver des orchis , des liliacées et d'autres plantesqui sont communémentfort défigurées dans les herbiers.

Chacun a pu remarquer que les vieux arbres peuvent perdre leur moelle sans en périr, et il n'est personne qui nait vu des troncs d ormes ou de saules creusés par la pouriture de tout leur intérieur, et n'en produisant pas moins chaque année des feuilles et des branches. Mais M. du Petit-^ Thouars desiroit de savoir s*il en étoit de même dans les jeunes pousses dont la moelle est encore verte et enveloppée seulement d'une couche ligneuse tendre, et il éprouvoit quelque embarras sur la manière la plus concluante de faire cette expérience, lorsqu'un petit insecte, le callidium populeum, lui a donné une solution du problème. C'est un coléoptère dont la larve se loge dans l'épaisseur des jeunes pousses du peuplier blanc , en dévore la moelle et en écarte les parois ligneuses et corticales, de manière à produire dans la pousse un renflement dont les traces subsistent pendant quelques années. Ces pousses ne souffrent pas sensiblement de Taltération que cet insecte leur fait

BUPFON. GOMPliM. T. 111. l4

éprouver dans une partie que Ton pouvoit croire si essentielle.

On sait depuis long -temps que plusieurs des parties des végétaux sont essentiellement de même nature et peuvent se changer les unes dans les autres ; que les étamines se changent en pétales dans les fleurs doubles ; que les pétales se changent en feuilles; que les pistils eux-mêmes prennent cette forme ; et Linnaeus, dans une belle dissertation , a . établi sur ces faits une théorie daprès laquelle la fleur tout entière n'est que le développement simultané de toutes les parties d'une branche, et le bour^ geon à fleur ne diffère du bourgeon à bois que par une vie plus prompte et plus concentrée.

M. Baspail, jeune botaniste, dans un grand travail siir les graminées , a été conduit à étendre cette théorie jusqu'à la graine elle-même. Selon lui l'embryon ne seroit qu'une sommité de rameati que Faction du fluide du pollen a détachée du cône qui le supportoit, et laissé renfermé dans la cavité de la feuille, à l'aisselle de laquelle il appartenoit, feuille dont le tissu cellulaire en se gonflant lui sert de périsperme ; le style et le stigmate ne sont qu'un développement incomplet du chaume de ce bourgeon. I^ fécondation dans les végétaux n'est qu'un isolement ; tout bourgeon contient l'équivalent

d une graine ; et toute la plante se réduit primitivement a un cône ascendant, à un cône descendant, et à une articulation qui est le foyer et le centre de leur action et de leur existence.

Cette théorie repose sur des observations nombreuses et curieuses, relatives aux «parties de la fleur dans les graminées, et sur des hypothèses ingénieuses par lesquelles Fauteur cherche à expliquer leur origine et les particularités de leur structure.

Ainsi la paillette supérieure de ces fleurs a tantôt les nervures en nombre pair, tantôt en nombre impair; et, dans le premier cas, Tépillet auquel elle appartient a toujours plusieurs fleiirs. Au contraire, dans le second cas, il n y a qu une fleur : d où M. Baspail conclut que cette nervure impaire est le pédoncule d'une fleur avortée. Il a trouvé une confirmation sensible de cette conjecture dans cette variété de Tivraie que Ion appelle lolium compositum , et dont Tépi est changé en partie en panicules. T^s axes des épillets ainsi surajoutés y sortent de la base des paillettes, et ne sont que des développements de leurs nervures médianes.

L'auteur suit cette idée dans la graine qui germe. he cotylédon lui paroi t jouer à Fégard de la pre* mière feuille le même rôle que le chaume a Fégard de la première feuille du bourgeon, ou cfue le }ié-

doncule de la seconde fleur à Fégard de la paillette à nervures paires de la première : il en est la nervure médiane détachée; il représente, au milieu du périsperme farineux, le chaume encore renfermé dans la feuille qui lui sert de spathe.

Le8filament;3 des étamines paroissent à M.Raspail les nervures des valves du calice, et les anthères des portions de ces valves remplies de pollen ^ lequel ne consîsteroit lui-même quea cellules injectées et isolées. Les petites écailles placées entre les étamines, et que plusieurs ont nommées pétales, seroient les débris de ces mêmes valves du calice.

M< Gaudichaud, l'un des naturalistes qui ont accompagné M. Freycinet dans son expédition autour du monde, et qui est chargé de rédiger dans la relation de ce beau voyage la partie botanique, a présenté à l'Académie une flore des îles Malouines.

Situées entre le 5i® et le 62® degré 3o minutes de latitude sud , ces iles sont sujettes à des hivers très longs et très rigoureux , pendant lesquels la terre est chargée d'une neige épaisse. Le climat en est extrêinement humide. Les côtes sont bordées de rochers et de dunes, et l'intérieur composé de montagnes peu élevées et de plaineis couvertes de lacs et de marais. Le sol est une tourbe spongieuse qui s'étend sans interruption sur les plaines et les

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montagnes, et qui se refuse à toute culture ; aussi les diverses colonies européennes qui ont tenté a diverses reprises de s'établir dans ces îles se sont-elles vues obligées de les abandonner. Néanmoins ce sol produit beaucoup de plantes, mais qui appartiennent à des espèces peu nombreuses. Il n y vient pas un arbre; et 1 arbrisseau le plus élevé, la vero* nica decussata de Willednow, ne s y élève pas audessus de six pieds. L'une des espèces les plus re* marquables est une graminée (Jestuca fiabellàta dé T^amarck), dont les feuilles s étalent en éventail comme celles des iris y et dont la tige vers sa base si le goût savoureux du chou-palmiste.

M. Gaudichaud annonce que, malgré la pauvreté de leur végétation, les Malouines possèdent plus de quarante espèces qui n ont pas encore été trouvées ailleurs.

Les Êimillcs dominantes sont les lichens, les four gères, les mousses, les cypéracées, les graminées, les synanthérées, et les renbnculacées.

Nous regrettons que les bornes prescrites à notre travail ne nous permettent pas d'entrer dans les détails des espèces décrites par Fauteur, et des parr ticularités qu'il en rapporte; mais les botanistes trouveront bientôt ces résultats intéressants dans la suite du bel ouvrage où sont consignés tous ceux de l'expédition de M. Freycinet.

Nous regrettons égalçtnent de ne pouvoir don* ner asseaj d étendue à l'analyse du grand travail ée Mi Adrien de Jùssieu sur la famille des ruiacées. Lexamen qu il & fait du plus grand nombre des espèces connues ^ les dessins exacts qu'il à donnés de leurs fleurs et de l^urs fruits, et les rapports nombreux qu'il a saisis entre leurs différents groupes , donnent une grande importance à cette disser* tation! L auteur y divise les rutàcées en cinq groupes généraux V

Celui des zygophyllées est composé d'arbres, d'arbrisseaux, et de plantes herbacées à feuilles composées et accompagnées de stipulée. Les fleurs^ toutes hermaphrodites, ont un Calice à quati^ ou cinq divisioiiis^ autant de pétales ; des étamines hypogynes en nombre double des pétales ; un ovaire à deux ou cinq loges renfermant deux ou un plus grand nombre d'ovules;, une capsule également à deux ou cinq loges ; autant de valves ; une ou plw^ sieurs graine^ dans chaque loge; l'embryon vert; les cotylédons foliacé^ ; la radicule supérieure.

Celui des rutées se distingue des zygophylléçs par ses fruits divisés en lobes; par l'embryon en-r touré d'un périsperme charnu; par les feuilles ^ alternes, sans stipules^et parsemées dô glandes.» si l'on excepte cependant lepaganum dont le fruit est entier, et dont les feuilles non glanduleuses sont

accompagnées de stipules. Ce genre intermédiaire entre les deux groupes établit le passage presque insensible de Tun à l'autre.

Le groupe des diosmées le plus nombreux en genres et en espèces réunit des arbres et des ar* brisseâ u x . Leurs fleurs herma pbrodi tes régu lières et irrégulières ont un calice a quatre ou cinq divisions, quatre ou cinq pétales libres ou soudés; les étami-nés hypogynes en nombre égal ou double de celui des pétales, quelquefois moindre ; un ou cinq ovaires , deux ovules dans chaque loge ; la capsule composée de coques réunies ou distinctes ; lendocarpe cartilagineux , bivalve , se séparant du sarcocarpe à la maturité; une ou deux graines dan» chaque loge; les feuilles parsemées de glandes. H. de Jussieu divise les diosmées en quatre sections.

Les zanthoxylées, qui forment le quatrième groupe, sont des arbres et arbrisseaux à feuilles alternes ou opposées, simples ou composées, souvent parsemées de points glanduleux. lieurs fleurs régulières et unisexuelles ont un calice à quatre ou cinq divisions, des pétales en pareil nombre, quelquefois nuls ; quatre ou cinq éta mines dans chaque Qeur mâle, avec un rudiment de pistil. Les fleurs femelles ont souvent des étamines stériles. L ovaire est simple, à deux ou cinq loges, surmonté d'un

2i6 BOTANIQUE

Style, ou bien multiple, avec autant de. styles que dqvairés; deux ovules dans chaque loge, dont un avorte souvent; le fruit capsulaire ou cbarnu, la graine entourée dune enveloppe cassante, un périspermé, la radicule supérieure.

Le cinquième groupe, celui des simaroubées, a pour caractères des fleurs hermaphrodites, rarement uuisexuelles, des calices à quatre ou cinq divisions, autant de pétales et detamines, dont la base de chaque filet s'élargit en forme d écaille; quatre ou cinq ovaires contenant chacun un ovule, la graine recouverted uneenveloppe membraneuse, les cotylédons épais, la radicule supérieure, point de périsperme : les tiges ligneuses ; les feuilles le plus ordinairement composées et non ponctuées.

L'auteur rappelle quelques genres dont laffinifé avec les rutacéeslui paroît encore douteuse, et qui doivent être soumis à un nouvel examen.

On voit, d'après ce qut vient d'être exposé, que la famille des rutacées, formée d'un grand nombre de divisions et sous'di visions liées les unes aux autres par des affinités réciproques, a peu de caractères communs à tous les genres dont elle se compose, et qu'on ne peut conséquemment la définir avec une grande précision.

Il n'est pas possible non plus de ranger ces genres à la suite les uns des autres dans une série linéaire^

et cest ce qui a déterminé Tauteor à tracer une sorte de réseau sur lequel, autour du principal genre de chaque division générale, il a placé ceux qui ont avec lui le plus d affinité, mais de manière à indiquer aussi les rapports qu*ils ont avec d autres genres.

Ce qui est très remarquable c'est que ces divi^ sions et subdivisions établies sur des caractères botaniques se trouvent en rapport avec la distribution géographique des plantes dont elles se composent.

Les subdivisions des diosmées par exemple habitent Tune exclusivement dans TAmérique équatoriale, lautre à la Nou velle-HoUande, une troisième au cap de Bonne-Espérance, et une quatrième au midi de l'Europe. Cette dernière est celle qui a le plus de rapport avec les rutacées, et les rutacées habitent également le midi deFEurope. Les simaroubées sont indigènes de TAmérique équatoriale, et c'est de la division des diosmées américaines qu elles se rapprochent le plus.

Plusieurs plantes médicinales, mais dont les propriétés sont fort variables, appartiennent à cette iamille.Tels sontle^auic/la rue^ le zantoxylum y le cuspariafebrifuga, dont l'écprce est connue dans les pharmacies sous le nom d'augustura; le simarouba, Iç quassia amara; et elle réunit aussi des plantes d a^

2l8 BOTANIQUE

grément, comme la fraxinelle et plusieurs diosma du Gap, remarquables par Félégance de leurs formes et de leurs fleurs.

Le cycas est un arbre des Indes , très remarquable par sa moelle qui donne une sorte de sagou très nourrissant, et par sels fruits qui , tnangés sans précaution, sont un puissant vomitif, mais qui de^ viennent un aliment sabibre par la macération, et sont la nourriture obligée des Malais pendant les funérailles de leurs proches. Ses feuilles ressemblent à celles des fougères , mais ses organes de reproduction sont tellement singuliersque Ion hésite depuis long-temps sur la place que Ton doit lui assigner dans le régne végétal,

M. Robert Brown en fait une famille pai^titulière qu'il range entre les monocotylédones et les dicotylédones. M. du Petit-Thouars , qui la beaucoup étudié à rUe-de-FrancCi) lui trouve beaucoup d analogie avec les osmondes.

Cet arbre a été le sujet dds observations de M. Gaudichaud.

Il nous apprend qu'il répousse non seulement de lioutiires^ mais par de simples rondelles ou des fragments coup^ sur lies tètes des jeunes plants , et qu^il n est pas même nécessaire d enterrer, mais qui disséminés à la sur&cedu terrain poussent promp-

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. aiÇ

lement des racines. Ce sont des espèces de bour^ geons. Le troûc se ramifie comme celui du dracœna et du palmier-doum. lies naturels de certaines iles à qui le sagou de cyeas sert de principal aliment , après lavoir extrait de larbre, le macèrent dans FeaU , et ensuite le font sécher sur des feuilles de ptadmier. Les spadices des individus femdles sécrètent une espèce de gomme très semblable à celle que Ion nomme adragani, et qui sort d'un astragale ; et y selon M. Gaudicfaaud, il est tel arbre dont oa en retireroit cinq et six livres pesant.

L auteur croit en conséquence que le cyeas pour* roit être cultivé avec avantage dans nos colonies.

M* du Petit-Thouars a annoncé à ce sujet que, dans son opinion , le sagou est une production commune à beaucoup de fougères et de palmiei^, et peut-être à toutes les plantes monocotylédones.

Il croît même qu'on pourroit trouver un sagou indigène dans le blanc de lasperge.

Cette moelle diffère de la fécule des dicotylédones, de celle des pommes de terre, par exemple, principalement à cause de la présence de ce gluten ani-* mal qui caractérise aussi la farine des céréales.

Ma Lamourou x , professeu r à Gaen , q ue les sciences ont perdu cette année^ avoit présenté peu de jours avant sa mort à l'Académie, dont il étoit cor-

respondant, un grand travail sur la distribution géographique des plantes marines. Elles sont rér parties; d après des régies fort semblables à celles qui régissent la distribution des plantes terrestres. Celles des côtes de rAmérique méridionale, par exemple, difiFèrent de celles de l'Europe et de TAfrique tout autant que les plantes de la surface de ces deux continents.

Il y a dans la mer comme 3ur la terre de grandes contrées qui ont chacune en propre son système de végétation. Ainsi FOcéan septentrional, depuis le pôle jusqu au 4o^ degré de latitude nord , la mer des Antilles , y compris le golfe du Mexique , les côtes orientales de TAmérique du sud , celles de la Nouvelle-Hollande , celles de la mer des Indes , la Méditerranée et ses divers golfes, la mer Rouge, etc. , offrent autant de grandes régions marines à végé^ tation particulière.

Les plantes marines sont ainsi confinées dans certaines régions par dés causes analogues à celles qui limitent ou qui favorisent lextension des plantes terrestres , la nature du sol et des roches , les proéminences des terres, la profondeur de leau, les courants , la quantité de Teau douce que les fleuves jettent dans certaines plages. Les stations de ces végétaux aquatiques sont encore très dignes de remarque. Il y en a, par exemple, qui s^ëtablissenf

constamment dans les lieux que la marée couvre et découvre chaque jour, d*autres dans ceux qu elle ne découvre quaux syzygies ou même qu'aux équinoxes ; il en est enfin qui veulent toujours être cachés sous les eaux.

Dans certaines espèces les individus vivent rapprochés en société et couvrent de grands espaces ; dans dautres les individus vivent épars et mêlés pa rmi des espèces différentes. ^

Les plantes marines que la même saison voit naître et mourir se plaisent dans la zone polaire; les plus ligneuses sont plus multipliées entre les tropiques.

Au reste Fauteur ne donne pas encore ces régies comme immuables; 6t en effet Ton ne connoit pas à beaucoup près Thistoire des plantes marines autant que celle des plantes terrestres ; on n a décrit jusqu'à ce jour que mille six cents espèces des premières , et il s'en faut beaucoup que Ton ait pu suivre chacune d'elles dans tous les lieux où elle peut exister.

M. Delise a continué Thistoire des lichens ,' dont nous avons annoncé les premières parties en 1823. Iltraite , dans un deuxième mémoire , du genre roccella, auquel appartient l'orseille des teinturiers. Ses espèces ne croissent que sur le$ rochers des

bords de la mer, et se rapprochent des fucus par la forme alongée de leurs rameaux et par 1 empâte-* ment qui les fixe à laî pierre. Elles sont bien moins nombreuses que celles du genre ^icte, et lauteur n'en connoît que sept qu'il décrit avec beaucoup de sqin.

M. Delile, professeur à Montpellier, et correspondant de l'Académie, lui a fait connottre un accident arrivé dans la ville où il réside, et qui prouve de plus en plus combien il faut se défier des champignons sauvages. Deux personnes y sont mortes pour avoir mangé des champignons pris <lans une quantité dont le reste fut mangé sans inconvénient par une autre famille. Vagaricus bulbo^ sus, espèce très dangereuse, se trouvoit dans les deux portions ; et ceux qui lavoient fourni en fai'^ soient usage depuis long-temps sans en soufïrir, M. Delile attribue cette différence à celle de la praparation ; le sel , le vinaigre , lebullition , la pres^ sioQ^ neutralisent quelquefois dans un champignon ses qualités vénéneuses , et fout illusion sur le dan* ger qu'il peut faire courir si on le mange sans avoir au préalable employé les mêmes moyens.

Les balles collections qui enrichissent la botanique ont continué avec le même succès. Les Nova gênera et spedes de MM. de Humboldt et Kunth

sont terminée avec le septième volume. I^s trois coUectioas que publie M. Auguste de Saint-Hiiaire se continuent heureusement. Sa Flore du Brésil, en est au quatrième fascicule ; son Histoire des pUmtes les plus remarquables de ce pays au cinquième, et il y en a déjà huit de ses Plantes usuelles des Brasiliens. \je respectable M. Paulet, le doyen des botanistes, a donné encore deux cahiers de ses Champignons; et M. le chevalier Smith, correspondant, a publié le troisième volume de sa Flore angloise. Je nai pas besoin de dire quil mest impossible d'indiquei^ même en abrégé toutes les observations neuves dont, par leur nature, de tels ouvrages sont remplis. Il me suffîradonc d*en avoir rappelé les titres*

Les végétaux dont les racines doivent être plongées dans la terre dirigent vers le centre du globe la radicule de leur embryon ; et depuis long-temps les physiciens recherchent la cause déterminante de ce mouvement, qui tient sans doute , à quelques égards, à la gravitation, mais dans lequel il entre Décessairement aussi quelque ^utre action de la part du végétal lui-même. La radicule du gui ne présente pas ce phénomène : elle se dirige vers les corps sur lesquels la graine de çc|tte plante parasite est çoUàs; en sorte qi| en fixant des gratiïes de gui

sur la surface d une sphère on voit toutes les radicules se diriger vers le centre de cette sphère. M. Dutrochet a établi ^ par des expériences dont nousi avons rendu compte en 1 82 1 , que cette direction spéciale est le résultat dune action vitale; et il pensait que l'attraction des corps sur lesquels la graine du gui se trouve fixée en était la cause déterminante. Mais plus récemment, en plaçant des graines de gui dans une obscurité complète, il se$t aperçu que leurs radicules n'observoient plus aucune direction fixe vers les corps sur lesquels elles étoient attachées; et il en a conclu que leur direction vers ces corps a pour seule cause déterminante la tendance que manifeste la radicule du gui à fuir la lumière. Fixé sur un corps opaque, rèmbryon du gui dirige sa radicule vers ce corps, parceque c'est de ce côté seulement que ne lui arrive point la lumière ^fQuenté de tous les autres côtés.

Le même naturaliste a fait des expériences d un intérêt encore plus général et propres à éclaircir non seulement la physiologie végétale, mais celle de tous les corps organisés ; leur objet était sur-tout de trouver à lascension de la sève une cause qui ne fût point susceptible des mêmes objections que celles qui ont été imaginées jusqu'à ce jour, telles

ET PHYSIOLOGIR VÉGÉTALE. 225

que la capillarité des vaisseaux , la contractilité de leurs parois, levaporation à la surface, et autres semblables, dont le peu de fondement lui paroissoit démontré, parcequll n^en est aucune doiit on ne puisse prouver Finsuffisance. Le hasard lui fit re^ marquer que les capsules de certaines moisissures se remplissoicnt d'eau au travers de leurs parois , pendant qu'elles expulsoient par leur orifice une substance plus dense qu elles contenoient aupara vant. Ce fait éveilla aussitôt ses idées, et il chercha à le reprodu ire plus en grand . Des cœcums d oiseaux plongés dans leau , quoique liés au bout ouvert, se remplirent de ce fluide ; ouverts, leau y pénétroit par leurs parois en chassant devant elle les matières qu'ils pouyoient contenir, telles que du chyme ou du lait; et ces phénomènes duroient tant que ces matières n etoient pas putréfiées : alors Tinverse avoit lieu , Feau intérieure étoit chassée au dehors, et le petit intestin devenoit flasque.

M. Du trochet eut alors Tidée de fermer, au moyen d un des cœcums, Fextrémité inférieure d'un tube rempli d eau gommée, et de le plonger à demi dans Feau. Le liquide ambiant suivit la route accoutumée : il pénétra dans Fintestin, et avec assez de force pour soulever Feau gommée , et la faire monter jusqu a ce qu'elle s'écoulât par l'extrémité supérieure du tube.

nUFPON. COMPLKM. T. III.

En variant ces expériences, M. Dutrochet est arrivé à cette fconséquence générale, que toutes les fois que deux liquides de densité différente sont séparés par une memhrane organique, le moins dense se porte avec force du côté où est le pins dense, et que la cavité où étoit ce dernier se remplit et devient ce qu'en physiologie l'on nomme turgide; à moins toutefois que la nature chimique des liquides ne s'y oppose, l'alcalinité en certains cas produisant le même effet que la moindre densité« M. Dutrocliet nomme endosmose cette tendance d'un liquide à pénétrer dans Tintérieur d'une ca* vite organique, et e^o^mo^^ la tendance contraire; et l'on comjirend aisément que par le moy^n. des impulsions et des expulsions que ces tendances doivent produire il lui est aisé de donner des explications plausibles des mouvements qui ont lieu dans les fluides des végétaux ; il les applique même aux sécrétions des animaux.

Mais yendosmose et l'exoamose avoient ellesmêmes besoin d'une explication , et l'auteur la trouve dans l'observation faite il y a quelque temps par M. Porrett, que lorsque deux fluides sont séparés par une membrane organisée, si Ton élèctrise l'un des deux ^ il ^ porte avec force du côté de celui qui n'est pas électrisé; et dans là loi générale de l'électricité galvanique, qu'aussitôt que deux

corps de densité différente sont en contact, Fun des deux s electrise positivement et 1 autre négativement.

Gest ainsi qull est conduit à conclure que Té- Jectricité est Yagent immédiat des mouvements vitaux.

Il fait des applications ingénieuses de sa théorie aux mouvements du sang dans les vaisseaux capillaires, à ceux de la lymphe, et aux sécrétions; Imflammatinn et la turgescence érectile sont pour lui des endosmoses portées à un plus hailt degré, des hyperendosmoses : il voit, par exemple, la cause de Finflammation qu^ produit un corps étranger dans Fhyperendosmose amenée par la densité de ce corps supérieure à celle du sang environnant; et Fac1;îon autiphlogistique des cataplasmes et des autres substances humides lui parott dépendre de l'atténuation qu'elles produisent dans les matières dont la densité excitoit une endosmose extraordinaire.

Nous ne suivrons pas Fauteur dans tous les développements de sa doctrine; mais on en trouvera un exposé complet dans Fouvrage qu'il vient de publier, et qui est intitulé : t Agent immédiat du mouvement vital dévoilé dans sa nature et dans son mode d'action chez les végétaux et chez les animaux; I vol. în-8% Paris, 1826.

Depuis long-temps les botanistes ont remarqué dans la végétation des changements à-peu-prè$ semblables quant au nombre des plantes , et quant aux genres et aux espèces auxquels elles appartiennent, lorsqu'ils se sont rapprochés du pôle, ou qu'ils se sont élevés vers les sommets des hautes montagnes. Le refroidissement progressif de la température dispose les végétaux à se ranger sur le$ divers étages des chaînes, comme aux différentes zones de la terre, et Tune de ces échelles représente lautre en' petit. On comprend néanmoins que cette conformité ne peut pas être complète. Ni la succession des jours et des nuits, ni Tétat et le poids de lai r, ni la nature des météores, ni les facilités ou les difficultés de la dissémination des plantes , ne sont les mêmes ; et par cçs raisons il reste toujours intéressant d*étudier sous ce rapport la végétation des montagnes , sur-tout celle des pics isolés, dont par beaucoup de causes les caractères doivent être plus prononcés.

. C'est ce qui avoit engagé M, Ramond , que l'Académie a eu le malheur de perdre il y a seulement quelques semaines , à s'occuper, avec une suite toute particulière , de la végétation du pic du Midi de Bagnères , sommité de la lisière septentrionale des Pyrénées, élevée de plus de 3,ooo mètres audessus de la mer, et qui se trouve séparée des

sommets semblables ]es plus voisins par des intervalles rabaissés, et longs de deux et trois lieues. M. Ramond y est monté trente-cinq fois en quinze années différentes, et na rien négligé pour con-stater tous les points de sa constitution physique aussi bien que pour en recueillir tous les végétaux , quelque microscopiques qu^ils soient. La chaleur de lair s y porte rarement en été au-dessus de 1 6 ou 1 7*" ; mais son sol schisteux et noirâtre s'échauffe bien davantage, et il élève quelquefois le thermomètre à 35** lorsque lair libre ne le fait monter qu a 4 ou S"". A cet échauffement du sol se joint la vivacité de la lumière , la transparence de 1 air. L'évaporation que cette transparence provoque fait vivement contraster la froideur des nuits avec la chaleur des jours ; les neiges n y sont nulle part perpétuelles , et toutefois ce n'est guère qu après le solstice quil commence à sy montrer des fleurs : la floraison devient générale pendantlemoisd août, et se soutient pendant*celui de septembre; passé le 1 5 octobre il n y a plus rien ; l'automne y finit quand le nôtre comftience. Tout le reste de l'année appartient à l'hiver; mais pendant un été*si court la température varie encore souvent et brusquement, par Tinfluence des plaines environnantes : souvent au milieu du plus beau jour on voit le sommet du pic s entourer de nuages, et sa surface se couvrir d'une

23o BOTANIQUE

gelée blanche ; et c est sui^tout par ces vicissitudes que le climat des montagnes doit se dâfférencier de celai des régions arctiques, où tout concourt à donner aux phénomènes atmosphériques une continuité qu'ils ne peuvent avoir dans nos montagnes. Tel est un résumé fort court du tableau animé que M. Ramond a tracé de ce site singulier. Il le fait suivre de Fénumération des plantes qu'il y a recueillies. Malgré le peu d*étendue de lespace, elles sont au nombre de cent trente-trois espèlces: soixante-onze plantes ordinaires et soixante cryptogames; encore Fauteur ne se flatte«t-il pas de n^ep avoir pas laissé échapper quelqu'une de ces dernières ; d'autant que la facilité que la plupart ont de croître par-tout les rendoit moins importantes pour l'objet qu'il se propose. Parmi ces cryptogames il y a cinquante-un lichens; les hépatiques, les mousses, les fougères, nont £3urni que onze espèces. Parmi les autres plantes que M. Ramond croit avoir à-peu-près toutes recueillies une seule a la consistance d nu arbrisseau ; c est un très petit saule, salix retusa: des arbres ne pourf oient résister aux ouragans de ces cimes; rien n'y subsiste, dit M. Ramond , que ce qui rampe, ce qui se oache ou ce qui plie. Parmi les herbacées il n'en est que cinq dannuelli&s , toutes les autres sont vivaces. Les plantes annuelles n'ont qu'une existence pré-

Caire danf une ré^on dont les intempéries compromettent tour*à-tour la fécondation des germes ^ la maturation des fruits, la germination des grai* nés ; les plantes vivaces au contraire peuvent atten-^ dre les jours favorables. Ces plantes appartiennent à cinquante genres et à vingt-trois familles. Les composées seules forment un sixième du total; les cypéracécs et les graminées un septième; l«s cruci-^ fèrcs, les caryopby liées , chacune un douzième; les lysimachies, les joubarbes, les saxifrages, les rosa* cées , les légumineuses , autant de dix-huitièmes. A l'exception de quelques espèces communes , ces plantes sont généralement étrangères aux contrées limitrophes, mais il s'en retrouve une partie sur les Alpes; une autre partie est propre à la chaîne dés Pyrénées , et il en est plusieurs que l'on ne revoit que dans les régions polaires ; il y en a jusque dans l'île Melville , découverte récemment par le capitaine Parry ; la Flore de cette tle n'offre que cent dix-sept espèces , mais qui y sont dans des rapports très différents : les cryptogames en font les deux cinquièmes ; les cypéracées et les graminées prennent plus du quart du restant.

M. Turpin, qui joint à un grand talent pour dessiner les plantes une connoissance fort approfondie de leur organisation , a présenté des vues

géaéralcs sur leur composition élémentaire : il n admet point ces alternatives de vie végétale et animale, ni sur-tout ces réunions d'êtres séparés pour en former un seul, que les observations de MM. Girod-Chantrans, Bory Saint-Vincent, Gaillon , et autres naturalistes , semblent indiquer dans certaines espèces d'une organisation inférieure; il ne pense pas qu'un être organisé qui a eu son centre particulier d'organisation puisse s'unir à d'autres pour former par juxtaposition un être plus compliqué ; et il considère les faits dans lesquels ces apparences de réunion ont eu lieu comme des cas particuliers d'une théorie générale qu'il établit sur la végétation. Tout végétal lui paroît composé de vésicules; le végétal le plus simple , formé d'une vésicule unique, ou ce qu'il nomme ^/o6u/ine, lui paroît se trouver dans ces croûtes légères et vertes qui se montrent sur les murs humides , sur les verres de Tintérieur des serres chaudes , et que les botanistes ont nommées l^ra. Elles ne se composent que d'une agrégation de vésicules qui , bien que rapprochées, ont chacune leur existence indépendante, et qui se reproduisent par des vésicules plus petites formées dans leur intérieur, et qui en sortent lorsqu'elles ont atteint le développement nécessaire. D'autres de ces lepra offrent des globulines attachées et comme enchaînées à des filaments : les monilies,

les œnferves, ne sont que des globulines attachées les unes au bout des autres , et dont chaque vésicule devient une capsule, une prison , pour de la glo^ buline plus petite qui nait dans son intérieur ; c est ce que Fauteur nomme de la globuline captive. L*intérieurdu peridium des lycoperdons, les capsules desjungermaûnes et des marchantia, ne contiensnent que de ces fj[lobulines captives. Il en est de même du pollen et des anthères : ce que Ion a nommé aura seminalis consiste dans ces globulines captives qui s'échappent. Le tissu cellulaire tout entier des végétaux ne se compose que de globulines qui en contiennent d autres , ou , comme M. Turpin s'exprime, que de vésicules-mères dont chacune est une sorte d ovaire rempli d'ovules; ce sont ces petits ovules qui constituent la matière verte des feuilles, et qui produisent en général toutes les couleurs dont se parent les diverses parties des végétaux. C'est par le développement continuel , par le sur-ajoutemçnt de ces jeunes vésicules, que le tissu végétal s accroît sur tous les points et dans tous les sens. En soudant côte à côte par la pensée plusieurs conferves simples on aura une lame d'ulva : la feuille réduite à sa partie essentielle n'est qu'une lame , une écaille , qui en s'articulant, en se découpant, en se repliant, donne toutes les parties du végétal ; les papilles, les poils

simples et cloisoanés, ne sont que des extensions des vésicules placées à la surface. Ce sont dés extensions pareilles du pollen , favorisées par Thutnidité du stig^mate , que M. Adolphe Brongniart a considérées comme des pénis végétaux , et dont il vient de donner une histoire si curieuse. Lorsque Ton a eru voir la matière verte de l'intérieur des articulations des conferves s'agréger pour former ces glo* bules qui en sortent et qui les reproduisent, c'est qu'une vésicule avoit grandi aux dépens des autres qui setotent oblitérées; et lavortement de tant de corps reproducteurs n a rien d^improbable, puisque nous en voyons sans cesse des exemples en grand dans les fruits de tant darbres et de plantes. On a désigné trop vaguement sous le nom de matière verte ces substances qui se montrent dans les eaux (Croupissantes ; ce sont tantôt des globulines , tantôt de véritables animaux microscopiques, et non une matière sans forme et sans limites. Enfin, dans ridée de 1 auteur, c'est parceque laglobuline comme corps reproducteur existe dans l'intérieur de tous les tissus végétaux que ces tissus donnent ûaissanceàceque l'on nomme des embryons adyentifs; qu'il peut nattre des bulbes, des-bourgeons sur des feuilles; et que ces embryons, détachés des feuillesmères , peuvent devenir dès végétatix en tout semblables à ceux qui les ont produits. On comprend

qu*il restera toujours a demander comment chacune de ces vésicules isolées emporte toujours avec elle le type de la plante dont elle est sortie, et par quelle force les vésicules qui naissent de celle-là, ou, comme dit Fauteur, qui s'y sur-ajoutent, sont toujours contraintes de se ranger dans un ordre et de se renfermer dans un espace semblable à ceux de cette première plante; mais c est là le mystère de la génération , qu aucune de nos théories n est encore parvenue à percer.

Depuis vingt ans et plus M. du Petit -Thouars a publié presque chaque année les observations quil a faites sur la physiologie végétale; mais ses résultats contrariant quelques unes des opinions reçues, Us n ont pas été répandus autant que Tauteur pouvoit lespérer, et il s en est présenté de semblables à d autres observateurs qui les ont crus nouveaux et qui les ont publiés cornue tels ; mais il est arrivé plus d'une fois que Ion n'en a rencontré qu une partie, en sorte que, suivant M. du Petit-Thouars, on a mêlé des erreurs aux vérités qu'il avoit précé^ demment reconnues.

C'est pour détruire ces erreurs, plutôt que pour réclamer la priorité de ces découvertes , qu'il a entrepris de faire un résumé de ses travaux.

Il a rappelé que dès 180 5 il avoit annoncé que

les pousses du tilleul se trouvent arrêtées par le dessèchement subit du sommet de la jeune branche et par sa séparation, qui arrive six semaines ou deux mois après le premier développement du bourgeon qui lui avpit donné naissance; que poursuivant cette idée il Ta étendue à toutes les plantes, et en a fait le sujet d*uii mémoire , lu le 7 octobre 1816, où, sous le titre de Terminaison des plantes, il a fait voir que le bourgeon est une série de feuilles qui paroît avoir la faculté de se développer indéfiniment ; qu'une série pareille existe aussi bien dans une plante annuelle que danslarbrele plus vivace; qu'on peut l'observer dans le mouron par exemple, aussi bien que dans le chêne ; mais que par des causes qui paroissent accidentelles , quoiqu'elles aient toujours lieu , elles se trouvent arrêtées dans leur carrière : dans les herbes annuelles en périssant en entier; dans les arbres, tantôt par une dé-curtation comme dans le tilleul et le lilas, tantôt par la formation d'un nouveau bourgeon terminal comme dans le chêne et le marronier d'Inde, tantôt enfin parceque leur extrémité est saisie par les premières gelées.

Les palmiers et quelques autres monocotylèdones donnent, selon l'auteur, l'exemple de ce que pourroit produire un seul bourgeon par la perpétuité de son développement.

Mais pour établir cette proposition il lui a fallu étendre la signification du mot bourgeon en l'appliquant à toutes les nouvelles pousses qui paroissent dans 1 aisselle des feuilles , qu elles soient enveloppées decailles à leur base ou qu'elles en soient privées.

Un naturaliste distingué par de nombreux et d excellents travaux, M. Vaucher, a observé de nouveau cette décurtation du tilleul et d autres arbres, et il en a fait le sujet d'un mémoire ; mais en même temps , s en tenant à rancienoe définition du bourgeon donnée par Ray et Linnaeus , non seulement il a refusé des bourgeons aux herbes, aux arbres des pays équatoriaux, il en a refusé même aux conifères , parcequ'il a pensé que les écailles qui couvrent leurs nouvelles pousses n'ont rien de commun avec celles des autres arbres.

Sans s'arrêter à discuter ce point M. du Petit- Thouars s'est borné à faire connoftre une particularité de la végétation des pins qui peut être utile pour leur culture : c'est que, contre l'opinion vulgaire, lorsque le sommet du scion terminal ou de la flèche est supprimé , du milieu des couples de feuilles les plus voisins de la plaie il sort une proéminence ou un véritable bourgeon qui donne de nouveaux scions; mais au lieu d'écaillés il s'y montre des feuilles vertes et acérées , de l'aisselle des-

quelles sortent de nouveaux couples de feuilles. On a donc eu raison de regarder ces couples de feuilles ou les pinceaux du pin du liord comine de véritables bourgeons.

M. du Petît-Thouars avoit suivi l'opinion la plus généralement répandue parmi ses prédécesseurs pour la sortie dés racines çn soutenant que les nouvelles racines sortent indifféremment de toutes les parties des anciennes, sans qu^ily ait de lieu déterminé pour leur sortie; mais divers naturalistes ont avancé depuis qu il existe des parties prédestinées à la manifestation des racines , des espèces de bour-* geons souterrains.

Dans Un mémoire plus récent on a annoncé qu'il se trouve des organes semblables non seulement dans les parties enfouies, mais sur les branches les plus élevées. On les voit d^ns ce qu'on nomme les pores corticaux ^ ou ce que Guettard nommoit des lenticelles. .

On a montré que lorsque l'on plonge dans l'eau une bouture de saule, ses pores se crèvent en lais*^ sant apercevoir rintérieur de Técorte qui est d'un blanc éclatant et comme farineux. Cest de là que sortent invariablement les nouvelles racines.

Mais M. du Petit-Thouars fait remarquer qa'il avoit déjà sigulàlé ce pbénoméne en 1807 dans son sixième essai ; il avoit reconnu qn'il sort effective-

meot des racines de ces points. Il en avoil vu sortir iodifFéremment d autres parties, même sur les saules; mais dans le plus grand nombre les autres arbustes dont il avoit mis des boutons en expérience, tels que le sureau et la vigne, les racines sortoient de la partie inférieure ou de la plaie. Il avoit donc pensé que dans les saules ce n'est que pour obéir à la loi de moindre résistance que ces racines sortent par ces pores ou lenticeUes. Cependant il a trouvé récemment un arbuste qui appuie singulièrement Tassertion contraire.

G est le sokmum dulcamara ou la douce-^imère. Sa tige est parsemée de tubercules blancs qui paroissent absolument semblables aux lenticelles, mais qui oe s ouvrent pas. Si Ton enlève Técorce, on trouve vis-à-vis de cbaque mamelon une radicelle détachée du corps ligneux, et qui semble prête à sortir, et cela lui arrive immanquablement au bout de vingt-quatre heures si on en forme une bouture en la plongeant dans Teau.

Il est certain que dans oe cas, qui paroit unique k Fauteur, cette radicelle est prédestinée à sortir par le mamelon : on ne voit aucujie trace d'une partie semblable dans les saules, quelque promptitude qu'ils mettent à pousser des racines; mais M. du PetitrThouars présume que c est ce plus grand développement qui caractérise le sùUmum radicans.

24o BOTANIQUE

Cest encore en citant ses travaux précédents que M, du Petît-Thouars a entrepris de traiter de lorigine de la couleur verte des végétaux. Il se ti^ouve principalement en opposition avec ceux qui récemment ont agité cette question, parcequ*il soutient toujours que deux substances distinctes dès leur origine composent les végétaux : le ligneux et leparenchymateux. Il a voit déjà placé Tindividualité végétale dans les fibres ligneuses; il pàroit qu'il voudroit aussi l'accorder à chaque molécule déta« chée qui doit, par suite de la végétation, former les utricules du parenchyme. Il place la vitalité végétale dans Faction réciproque de ces deux parties. Gela le conduit naturellement à traiter cette autre question : Que doit-on nommer organes dans les végétaux? Il entre en matière en citant une tentative curieuse. Ayant détaché les embryons ou scutelles de plusieurs grains de maïs encore laiteux pour reconnoître quels étoient leur poids et leur volume en comparaison du reste, après avoir satisfait sa eu-* riosité sur ce point l'idée lui est venue de les planter dans cet état, c'est-à-dire privés de téguments et sur- tout de périsperme, et à sa grande surprise il les a vus presque tous germer et pousser aussi vigoureusement que les autres; et ce qui lui a paru singulier c'est que le scutelle a été soulevé au-dessus du sol. Il est donc devenu ce qu'on nomme^^i^^eau

ET PHTSIOLOOIE VÉGÉTALE. 24*

lieu d*être hypogée, ce qui est le mode général dé toutes les graines monocotylédones. Ce résultat a étéd'alDord pour M. du Petit-Thouars une nouvelle preuve que ce scutelle est un véritable cotylédon, ensuite que le périsperme n est pas un aliment indispensable pour la plantule, du moins lors de la germination; car il étoit déjà porté à le regarder comme lé superflu de la substance déposé dans le test de la graine pour fournir la nourriture de cette plantule. Aussi prétend-il qu'il ne s'y trouve pas de fibres ligneuses ni de parenchyme en état uttiéulaire, ce qui est en opposition avec une nouvelle doctrine.

M. du Petit-Thouars connoissoit cette opinion nouvelle; mais il n a voulu, dit-il, l'attaquer que par des faits constants. Il examiha successivement des grains de maïs à mesure qu'ils avançoient vers la maturité. Les écrasant entre deux verres il a toujours vu des granules suspendus dans un liquide; mais leur volume s'augnientoiten même temps que le test grossissoit. Lorsque celui-ci fut parvenu à son maxitnum, l'intérieur étoit une émulsion visqueuse ; à mesure qu'elle se séchoit il voyoit paroître des filaments; quelques uns sembloient se réunir en formant des hexagones. Mais lorsque la dessiccation a été complète, au lieu de ces figures régulières, il y a vu des ramifications ; elles ont pris

BUFFON. COMPLBM. T. III. l6

a42 BOTANIQUE

la forme ramifiée semblable à celle de^ agates arbo« ris^s pu à une espèce d'arbre de Diane. Il s'est persuadé que c etoit la partie glutineuse qui avoit pris cette forme ; il en a conservé des échantillons qui ne lui laissent pas le moindre doute sur ce point.

C'est donc par une opération artificielle que M. du Petit-Thouars est conduit à regarder le périsperrae comme un résidu étranger à la végétation; mais U n'abandonne pas l'observation du cours ordinaire de la nature sur les plantes les plus répandues. C'est ainsi qu'il tire de la comparaison de la feuille de capucine avec sa fleur dans l'état ordinaire une nouvelle preuve de l'une de ses. propositions j que la fleur n'est qu'une transformation de la feuille et du bourgeon qui en dépend. Il retrouve par la conformité des faisceaux ligneux dans les deux parties, soit dans leur nombre, soit dans leur conformatiQn,rorigine de toutes les anomalies que présentent leurs fleurs; la nature est venue lui offrir une pleine confirmation de tout ce qu'il avoit aperçu à l'apparition d'une chlorantie de c^ette fleur, c'est-à-dire d'une altération par laquelle toutes ses parties sont changées en feuilles vertes, M. Dutrochet l'avoit déjà découverte et annoncée, mais M. du Petit-Thouars étant à même de la suivre pendant deux mois a pu saisir toutes ses phases.

fc 1 ,

Ce qui loi a paru le plus remarquable o*est qu une pointe ou mucro qui termine la nervure principale ou médiane seule devient ï anthère dans Tétamine, et le style et le stigmate dans chacune des trois feuilles qui composent le pistil ou 1 ovaire. Il a pu suivre encore plus lon(]^-temjps les changements dune autre chlorantie, celle de la fraxinelle; cest une des plus anciennement connues, car elle a été décrite et figurée aussi bien que possible par Marchant dans les mémoires de TAcadémie pour 1 706. La rencontre de ces déviations organiques a été pour M. du Petit-Thouars Tévénement le plus heureux qu'il pût éprouver. Il regardoit comme très important d en observer au moins une dans chaque grande famille naturelle. Il en possède trois dans les ombellifères qui lui paroissent des plus instructives , sur-tout pour la théorie des insertions. Il a continué ses recherches sur les germinations et il a trouvé une pleine confirmation de ce qu'il avoit annoncé précédemment , que dans tous les protophylles ou cotylédons développés des plantes dicotylédones la nervure médiane est composée de deux faisceaux distincts et parallèles. Cela est manifeste dans plusieurs espèces, telle que la mercuriale , par la bifurcation constante qu éprouve cette nervure à son sommet. Gela arrive aussi par accident. Ainsi il a trouvé sur le scatidix pecten ou peigne de Fénus

quun de ses protophylles étoit profondément bifurqué au sommet; ce qui lui a donné le moyen de confirmer ce qu'il ne faisoit que soupçonner, que dans les ombellifères les nervures sont aussi doubles.

M. du Petit-Thou'ars s'est encore trouvé dans le cas de réclamer la priorité d'unie idée par laquelle il terminoit l'exposition de sa manière d'envisager l'action réciproque des deux substances composant suivant lui tous les végétaux phanérogames , le ligneux et le parenchymateux ; il demandoît aux physiciens si on ne pou voit pas y reconnoître un appareil galvanique bien coriibiné , capable d'exercer une action directe sur la marche de la sève. Laissant entrevoir toutes les conséquences théoriques qu'on pourroit déduire de cette action pour expliquer une de ses assertions, la sève arrive où elle est demandée, il se borne pour le moment à attirer l'attention sur cette portion du parenchymateux qui , se trouvant à l'extérieur, forme totalement l'enveloppe qu'on connoit sous le nom d'épiderme. Ayant rempli toutes les phases de la végétation c'est un corps inerte ou impassible. On pourroit, à l'imitation des chimistes, le dire brûlé; il sert donc à préserver tout l'intérieur du contact des actions extérieures : de là il résulte que cet inté" rieur est un monde à part» où toutes les lois physi-

ques qui le régissent sont dirigées dans le but de la conservation de Findividu.

Dans toutes les parties de Fhistoire naturelle il s'est trouvé des genres qui sont demeurés pendant quelque temps isolés et ne se rattachoient que foi* blement aux familles les plus voisines, mais près* que toujours ils ont été des indices de familles nouvelles que les découvertes graduelles des voyageurs ont complétées peu à peu.

Tel a été le genre brunia de Linnaeus , que M. de Jussieu avoit placé d abord à la suite des rhamnées. Les staavia, les linconia, ïérasma, le tanmea, sont venus successivement s'y rattacher, et MM. Brown et Decandolle ont composé de ce groupe leur fa-^ mille des bruniacées.

M. Adolphe Brongniart vient de soumettre cette famille à un nouvel examen; il y ajoute des genres nouveaux qu'il nomme berzelia, raspalia, berardia, et auduinia, et il en trace le caractère général. On y admettoit des pétales attachés sous le limbe d^un calice adhérent inférieurement à l'ovaire, et des étamines insérées au même point; suivant M. Adolphe Brongniart les pétales et les étamines sont in^ sérés non au calice, mais à la partie supérieure et latérale de l'ovaire , un peu au-dessus du point où il s'est séparé du calice. C'est ce qu'on nomme en bo-

tanique imeriion épigyne; et il en résulte que^ dam la distribution adoptéejusqu acejour, elles ne peuvent plus rester près des rbamnées , auxquelles elles resâémblent cependant pour le port« Ce seroit près des ombellifères et des araliacées , qui leur ressemblent fort peu, quelles devroient se ranger; mais il faut se souvenir que la distribution des familles et des classes , d'après lés caractères tirés. de l'insertion et de la présence ou de Ja division de la corolle, n est pas autant fondée en. nature que les famillei elles-mêmes,

M. Duv^u prépare un grand travail sur le genre des véroniques , Tuo des plus nombreux etdes plus répandus du régne végétal , remarquable d'ailleurs par les beautés délicates de ses fleurs et des bou*^ quels qu'elles composent. Il a présetité uti mémoire pu il passe en' revue avec un grand détail toutes les modifications que présentent leur calice, leur corolle , leurs étamines , leur ovaire , leur stigmate, leur fruit , et leurs graines. La longueur relative des étamines , le nombre et la forme des graines , le nombre des panneaux dans lesquels se fendent les coques de leur péricarpe, donnent des caradtères d'après lesquels leurs nombreuses espèces peuvent être réparties en certains groupes dont M. Duvau a donné le tableau. Il n'est pas jusqU^aux nervures

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 2i^']

de la corolle qui ne varient pour le nombre , et cela diversement dans chacun de ces lobes. Ces observations délicates forment une introduction piquante à la description détaillée ou monographie de ce genre que l'auteur fait espérer, et qui, d'après cet exposé préliminaire, intéressera infailliblement les botanistes.

Parmi ces productions marines d'une nature ambiguë , que Ion a rangées tantôt dans le régne animal , tantôt dans le régne végétal , il s'en trouve une de substance presque crétacée, remarquable par des tiges grêles, surmontées de chapiteaux en forme de disques minces, rayonnes, et un peu concaves dans leur centre : c'est Yacetabulum de Tournefort , lecoratlina androsace de Pallas, le tubularia acetabulum de Gmelin , Vacétabulaire méditerranéen de Lamark , Yacetabularia intégra de Lamouroux. Cette seule énumération de quelques uns de ses noms montre que les naturalistes les plus récents la regardent comme un polypier. M. Rafeneau-Delile , qui l'a suivie avec soin dans les étangs salés des environs de Montpellier, en a pris une autre opinion. On l'y observe souvent en touffes épaisses , soit sur des coquilles, soit sur des tiges à demi décomposées de zostera. A l'état de vie sa couleur est verte, les cellules rayonnantes de son disque renferment

des séries de globules visibles sans microscope. Elle se montre d abord comme de petits tubercules ou des mamelons verts dont la racine n'est qu'un cal un peu épaissi; elle devient tubuleuse et s'élève quelquefois à trois ou quatre pouces de hauteur sans développer encore son disque; mais le plus souvent, dès leur premier alongement, ses tubes présentent des nœuds séparés par de légers étranglements , et l'on voit sur le contour des par,ties dilatées de petites saillies qui sont comme des ébauches de bourgeons disposés en anneaux; et ces bourgeons se développent quelquefois en rameaux, divisés en deux, trois ou quatre fois de suite; les parties ramifiées ne diffèrent point des conferves marines ordinaires : ce sont des tubes fermés à leurs points de jonction et qui renferment une matière verdâtre. A mesure que les tiges s'alongent elles produisent de nouveaux cçrcles de rameaux , et en même temps les cercles précédents et inférieurs se détruisent; leurs points d'attache mêmes cessent de paroître. Il arrive enfin que les tubes d'un de ces cercles sont soudés, et forment ainsi un plateau celluleux à compartiments disposés en rayons , qui e$t d'abord transparent et qui s'élargit jusqu'à la maturité. Souvent il s'élèvç du centre de ce plateau UPC houppe de ramifications flottantes qui ne diffèrent point de celles qu'a voit produites la jeune

ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. 2^g

tige. Donati, qui avoit aussi observé cette production à l'état de vie, avoit considéré ces filaments comme des étamines. La pulpe de Fintérieur des cellules du disque se distribue par deg^rés en globules qui demeurent renfermés jusqu'à ce que ce disque se rompe par accident ou par vétusté; ils tombent alors au fond de Tcau, sans montrer aucun mou vement spontané.

M. Delile soupçonne que ces globules sont les moyens de reproduction de lacétabulaire, et il espère s'en assurer par de nouvelles expériences. D Câpres ces faits il pense que lacétabularia est un végétal de la famille des conferves.

Lanalyse chimique faite à sa prière par M. Balard lui a paru confirmer cette classification. Après avoir dépouillé lacétabularia de sa partie calcaire par Tacide hydrocblorique étendu d'eau, il en a letiré une matière verte analogue à celle qui colore les feuilles, une gomme et une matière ligneuse. A la distillation l'on en retire à peine une trace sensible d'ammoniaque. Sa cendre se compose presque en totalité de carbonate de chaux, mêlé seulement d'un peu de carbonate de magnésie, d'alumine , et d'oxyde de fer.

Aux grands ouvrages de botanique que les memr bres et correspondants de l'Académie continuent

25o BOTANIQUE

de publier, tels que les Plantes usuelles des Brasiliens et la Flora Brasiliœ meridionalis de M. Auguste de Saint-Hilaire, parvenus, le premier à la dixième, le second à la cinquième livraison , sont venus se joindre les Mémoires sur les légumineuses par M. DecandoUe, dont il a paru sept cahiers, et la Partie botanique du Voyage de M.Freycineiy par M. Gaudichaud , qui est déjà à sa quatrième livraison.

La seconde partie du Sertum austro^aledonicum , de M. de La Billardière, a paru dès 1826; mais nous croyons devoir en faire mention ici , parceque nous avions involontairement négligé den parler Fannée précédente. La première partie du même ouvrage a été annoncée dans notte analysede 1824.

Dans tous ces écrits Fart du dessin et celui de la gravure prêtent à la science le secours qu elle devoit attendre de la perfection à laquelle ils sont parvenus, et sur^tout du grand nombre de personnes que Fenseignement prodigué par no3 institutions â mises à même de les pratiquer.

M. Achille Richard , fils du célèbre botaniste que FAtiadémie a perdu en 1 82 1 , a mis au jour les deux ouvrages laissés par son père , sur les familles des conifères et des cycadées , et les a complétés par ses propres observations.

Ces deux ouvrages, qui forment un volume in^fo-

lio accompagné de treute-deux planches dessinées par M. Richard père avec lexactîtude et la supériorité que tous les botanistes s'accordent à recon- Doître dans ses dessins, contiennent non seulement les caractères de cet deux familles et des genres qui les composent, mais encore des développements et des discussions sur leurs différents organes et les modifications nombreuses qu'ils éprouvent dans ces genres. Voici La classification des genres que M» Richard a adoptée pour la famille des conifères :

r* tribu. Taxinees.

a. Fleurs renversées.

Podocarpus. Dacrydium.

b. Fleurs dressées.

Phyllocladus, Taxus^ Salishuria Ephedm.

a* triba. CupftESiiNÉBS.

Juniperus. Thuya* CalUtrU» Cuprtssus, Taxodium,

y tribu. Abiétinees.

Pinus, Abies, Cunninghamia, Agathis. Araucaria,

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