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RÉTRÉCISSEMENT DE L'URÈTRE

11 ne suffisait point d'avoir constaté , à l'aide de l'observation et du raisonnement, que le plus grand nombre de rétentions

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d'urine dépend du rétrécissement du canal de l'urètre , par 1 epaississement de la membrane muqueuse dont son intérieur est revêtu , épaississemcnt qui lui-même est l'effet des inflammations chroniques et répétées de cette membrane. De importance que puissent être les notions pathologiques relatives à cet objet, il est plus important encore de déterminer quelle est la méthode préférable dans le traitement d'une maladie si fréquente et si fâcheuse. En cette matière, les progrès récens consistent moins dans l'invention .de moyens nouveaux que dans l'application plus rationnelle ou plus précise des moyens connus , et dans la fixation plus exacte des cas où telle ou telle méthode est particulièrement convenable. A l'époque où les bougies et les sondes dites de gomme élastique furent inventées , Desault proclama leur supériorité sur tous les moyens employés jusqu'alors , prononça qu'il était impossible d'en trouver de mieux appropriés au traitement des rétrécissemens de l'urètre , -et les fit exclusivement adopter. Mais bientôt l'expérience fit découvrir de graves inconvéniens dans l'usage des sondes de gomme élastique ; comme elles n'agissent que mécaniquement et par compression , à la manière de tous les corps dilatans , leur emploi laisse les malades exposés à des récidives en quelque sorte inévitables. Leur présence habituelle dans l'urètre et dans la vessie , bientôt incommode , devient à la longue insupportable ; enfin l'écoulement muqueux , l'état fébrile , le catarrhe vésical ou même la mort par la perforation des parois de la vessie, que perce à la longue l'extrémité de la sonde la plus obtuse , agissant toujours contre 4e même point des parois d'une poche irritable et contractile , tels sont les résultats très-communs de l'usage des sondes de gomme élastique , effets fâcheux dont la réalité et la fréquence ne sauraient être révoquées en doute par les partisans les plus déclarés de ce moyen. On revenait donc peu à peu , et par degrés , à l'emploi des bougies em-

quelque

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plastiques , qui , vers le milieu du dix-huitième siècle . jouissaient d'une faveur exclusive , et avaient procuré au chirurgien Daran un renom populaire joint à une immense fortune. Gomme celle des sondes élastiques , l'action des bougies emplastiques est toute mécanique ; mais la dilatation qu'elles effectuent est plus graduée , plus douce , et n'expose point au déchirement du canal et à la formation des fausses routes. Déjà flexibles et molles , elles sont ramollies et rendues plus souples encore par la chaleur du lieu dans lequel elles sont introduites ; en cet état , elles s'insinuent dans la portion retrecie de l'urètre en se moulant en quelque sorte sur elle , de manière qu'avec le temps on vient à bout de franchir , par leur moyen , les obstacles les plus considérables. Toutefois la lenteur du traitement en a fait négliger l'emploi à plusieurs chirurgiens , et surtout en éloigne la plupart des malades , partisans aveugles des méthodes les plus expéditives.

Sous ce point de vue , aucune n'est plus susceptible de procurer un prompt succès et de satisfaire le désir, et, pour ainsi dire , l'impatience qu'ont la plupart des malades d'une guérison rapide, que l'emploi des caustiques. Ce moyen de détruire l'obstacle à la libre émission des urines, a été mis fort anciennement en usage; abandonné et repris plusieurs fois , parce qu'à ses avantages se joint une foule de difficultés , d'inconvéniens et de dangers , il n'a jamais été tout-à-fait abandonné en Angleterre. Le porte-caustique de Hun ter, les bougies de Home , sur l'extrémité desquelles est implanté et comme enté un morceau de pierre infernale, étaient employés par quelques-uns de nos confrères comme bien préférables aux anciennes bougies cathérétiques , qui brûlaient tout l'intérieur du canal , lorsqu'il ne s'agit que de cautériser le lieu même du rétrécissement. Leurs succès mêlés de revers ne pouvaient triompher de la répugnance qu'on avait pour les caustiques ;

DE LA CHIRURGIE. 43 aucun chirurgien n'ignorait cependant que Henri IV avait guéri d ? un rétrécissement de l'urètre au moyen de l'application du caustique, quoique faite suivant un procédé défectueux. L'avantage de faire revivre les caustiques , comme méthode générale de traitement, était reserve à l'un des nombreux élèves sortis de la Faculté de Médecine de Paris , élève dont les talons et le mérite précoce justifient assez la célébrité de cette école , et l'excellence de son enseignement. M* le Docteur Ducamp , c'est le nom de ce jeune médecin , frappé dans ses débuts par une mort prématurée ; M. Ducamp pensa qu'il éviterait la plupart des inconvéniens attachés à l'emploi du caustique, s'il trouvait un moyen de le porter sûrement contre l'obstacle et de le faire agir uniquement sur le point rétréci. Dans cette vue , il imagina d'explorer le rétrécissement et d'en prendre l'empreinte en portant jusqu'à hii une bougie chargée d'une substance emplasu'que molle et capable de se mouler en «'insinuant dans les moindres vides. Cette manœuvre exploratrice est sans contredit la partie la plus recommandable , la plus nouvelle (C) et la plus ingénieuse du procédé. Le porte-caustique ne mérite pas les mêmes éloges. C'est une sorte de stylet cannelé qui conduit jusqu'à l'obstacle à la faveur d'une canule droite , agit latéralement et ne peut se diriger sur le reste de la circonférence de l'urètre qu'autant que le chirurgien le fait tourner sur lui-même en le roulant doucement entre ses doigts. Comme il importe surtout d'agir en ligne directe contre l'obstacle, et que c'est sur l'axe même du canal qu'il faut diriger l'action principale du caustique, pour éviter autant que possible la perforation de ses parois , plusieurs praticiens , en adoptant le procédé de Ducamp , ont substitué les bougies de Home à son porte-caustique. La perforation latérale des parois de l'urètre est effectivement l'accident le plus redoutable dans l'emploi de la méthode que nous examinons. Cet

accident est presque inévitable lorsque le rétrécissement existedans la partie membraneuse , endroit où les parois de l'urètre ont si peu d'épaisseur. Un peu moins avant , de graves hémorragies peuvent résulter de la cautérisation du bulbe. Il n'est guère que la partie spongieuse du canal aux rétrécisscmens de laquelle le caustique puisse s'appliquer utilement ; et cette judicieuse détermination des cas dans lesquels l'application de ce moyen peut être renouvelée avec avantage , n'est pas le résultat le moins intéressant des recherches de l'un de nos collègues , M. le docteur Aumont, chirurgien en chef de l'hôpital de la maison militaire du Roi. Espérons que la lecture du travail qu'il prépare sur ce sujet , rendra les hommes qui se disputent , dans les journaux , la succession du docteur Ducamp , plus circonspects dans l'emploi de son procédé, et que les abcès urineux , suite trop fréquente des traitemens par le caustique , deviendront chaque jour moins communs.

Ainsi limité à la guérison des rétrécissemens de la partie antérieure de l'urètre , le caustique sera employé concurremment avec les bougies emplastiques , plus généralement applicables à la cure des rétrécissemens de toute espèce , et avec les sondes de gomme élastique, exclusivement convenables dans les cas où il s'agit de procurer l'oblitération d'une fistule urinaire provenant de la perforation de l'urètre.

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