‹ Histoire des protestants de Provence, du comtat Venaissin et de la principauté d'Orange (volume 2)Chapitre 5 sur 69 · II. MANUSCRITS · texte numérisé non relu

II. MANUSCRITS

- Louis de Pérussis, Troisiesme Discours et Commentayres ; ensemble la Continuation et troubles de ce temps tant à la Comté de Venayscin que Languedoc (h64-i';7i), in-folio (à Carpentras et à Avignon).

Fornery Joseph, Histoire ecclésiastique et civile du Comté Venaissin et de la ville d'Avignon, ? vol. in-folio (à Carpentras et à Avignon).

Jean de Morelli, Discours des guerres de la Comté de Venaysin et de la Provence, in-4° (à Carpentras).

De Canibis de Velleron, Annales de la ville d'Avignon, 6 vol, in-fol. (à Avignon).

Laurent Drapier. Annales d'Avignon (à Avignon).

Bertrand, Journal sur les guerres civiles du Comté Venaissin (à Avignon).

Histoires d'Avignon de Morenas, Teyssier , Fransoy . etc. (à Avignon).

Sommaire de toutes les délibérations de conclusions des trois Etats du pays du Comtat "Venaissin depuis l'an i4oojusques 1700 inclusivement, etc. (Biblioth. de Carpentras, ms, 261).

XII SOURCES PRINCIPALES DE l"hISTOIRE DES PROTESTANTS, ETC.

Instruction baillée aux commissaires allans en Avignon pour le fait de ceux de la Religion prétendue réformée, du 22 septembre 161 2 (Arch. nation. TT, 329).

Recueil de pièces pour servir à l'histoire d'Avignon, du Comté Venaissin et de la principauté d'Orange (Bibl. nation., fonds Brienne, n» 81).

COMMENCEMENTS DE LA RÉFORME DANS LE COMTAT VENAISSIN. PERSÉCUTIONS PRÉCOCES ( I 5 2 2- 1 5 3 8),

E premier habitant du comtat Venaissin (i) qui embrassa la Réforme paraît avoir été le célèbre François Lambert, d'Avignon , le réformateur de la Hesse. Né en 1487, d'une famille originaire

d'Orgelet en Franche-Comté, et fils du secrétaire de la légation du palais apostolique d'Avignon, il était entré en 1 502, âgé seulement de seize ans et quelques mois, dans le couvent des Frères mineurs, où il prononça le triple vœu d'obéissance , d'abstinence et de pauvreté. Sa vive

(i) Ce petit Etat, qui était sous la dépendance immédiate des papes, et leur propriété, comprenait, à peu de chose près, en retranchant la principauté d'OranLje, qu'il entourait presque de toutes parts, les arrondissements actuels d'Orange, Carpentras et Avignon, ressortissant au département de Vaucluse.

intelligence et son talent oratoire remarquable, rehaussés par un noble visage et une taille imposante, le firent choisir comme prédicateur de son Ordre et lui acquirent une renommée dont ne tardèrent pas à être jaloux ses confrères , qui l'abreuvèrent de tels dégoûts qu'il demanda à entrer dans l'Ordre des Chartreux, mais sans pouvoir en obtenir la permission de ses supérieurs.

Quelques traités de Luther, tombés entre ses mains à cette époque , lui révélèrent la grande doctrine de la justification par la foi prêchée par le réformateur. Les moines brûlèrent les traités ; mais la semence évangélique avait porté ses fruits , et Lambert , profitant d'une mission que lui confia son Ordre en 1522, quitta son couvent et se retira à Wittemberg, où il publia en latin, dès le mois de février de l'année suivante, les motifs de son changement de religion : « Ayant prononcé jadis, » dit-il , « dans un état d'entière ignorance , des vœux complètement opposés à la profession chrétienne, j'abjure toutes les inventions des Frères mineurs, déclarant tenir le saint Evangile pour la seule règle nécessaire de ma foi et de celle de tous les chrétiens... Je désavoue tout ce qui, dans mes anciennes prédications, n'est pas en parfait accord avec la simplicité de l'Evangile. J'adjure tous ceux qui m'ont jadis entendu prêcher ou qui ont lu mes écrits de rejeter tout ce qui n'est pas conforme à la vérité maintenant révélée. » Quelques mois après , il fit paraître , également en latin , des commentaires évangéliques sur la règle des Frères mineurs, qui n'étaient pas autre chose qu'un éloquent appel adressé à ses anciens confrères pour les engager à embrasser la foi évangélique. « Je ne veux pas attaquer, » dit-il dans sa dédicace, « le peuple monacal, parce que jadis moi-même j*en ai fait partie dans mon égarement; mais je désire que ceux qui sont égarés reçoivent de Christ

la connaissance indispensable de la vérité, afin qu'ils ne périssent point, mais qu'ils viennent au salut. Je voudrais pour cela devenir moi-même anathème. » Les anciens collègues de Lambert reçurent fort mal son invitation. Il existe pourtant une lettre d'un franciscain d'Avignon qui s'informe de lui plutôt en curieux qu'en ennemi, et il est vraisemblable que ce moine ne fut pas le seul à être impressionné par les écrits de Lambert.

La conversion des Vaudois du village de Cabrières et autres lieux du comtat Venaissin aux idées luthériennes (i 550) favorisa la diffusion de celles-ci dans ce pays. A l'instar de leurs frères de Provence , ils reçurent de la Réforme comme un nouveau baptême qui les remplit d'un zèle missionnaire ardent, et, de proche en proche, leurs doctrines, devenues plus pures par l'étude de la Bible et la pratique de la piété , se propagèrent rapidement. Mais les persécutions ne les laissèrent pas jouir longtemps de leurs succès. Le moine jacobin Jean de Roma, dont il a été déjà parlé (t. 1, p. 4), s'acharna à leur perte, et, comme en Provence, il commit à leur égard toutes sortes d'exactions et d'atrocités (1532). Le trop célèbre Jean Maynier, seigneur d'Oppède, marchant sur ses traces , suscita des procès d'hérésie à ceux d'entre eux qui étaient établis sur ses terres comme vassaux , et refit sa fortune aux dépens de la leur (t. I, p. 58). Deux ans après, l'évêque de Cavaillon persécuta à son tour les Vaudois de son diocèse et en fit condamner plusieurs au feu (t. I, p. 11) (i).

Ces violences n'arrêtèrent pas le mouvement de la Réforme dans le Comtat; car, en 1538, on comptait dans Avignon même un certain nombre de luthériens.

(i) Pour ne pas rompre le fil de l'histoire des Vaudois du conj*at Venaissin, qui se lie intimement à celte des Vaudois de Provence, nous avons réuni les faits qui regardent les uns et les autres dans notre t. I, p. 2-101.

Pierre Caroli, de Rozay en Brie, ancien docteur en théologie et prieur de Sorbonne, leur prêcha l'Evangile « tant purement qu'il a pu , » dit une pièce du temps, « dont ceux qui aiment l'Evangile (desquels y a grand nombre de par de là) étaient grandement consolés. » La cité papale renfermait même à cette époque des prisonniers pour la foi , car le même document ajoute que Caroli « leur faisait toute assistance , même aux prisonniers..., admonestant aucuns secrètement et priant pour eux et pour leur délivrance (i). »

MARTYRE d'uN LIBRAIRE A AVIGNON (1540).

Il a été parlé , dans V Histoire des protestants de Provence ,. du conciliabule que les archevêques d'Aix et d'Arles et plusieurs autres gens d'église tinrent à Avignon, en 1540, pour hâter l'exécution de l'arrêt de Mérindol (t. I, p. 29). Immédiatement après la réunion, l'archevêque d'Aix voulut partir pour remplir la commission dont l'assemblée l'avait chargé auprès du président du Parlement; mais comme, le lendemain, devait avoir lieu un grand banquet chez l'évêque Rieux, à Avignon, on le pressa de rester un jour de plus pour y assister, et il accepta. Les « dames d'Avignon les plus belles et renommées » avaient été invitées. « Après avoir dîné, dansé et joué à la manière accoutumée, les Révérends s'en allèrent promener en attendant le souper. Or, comme ils passaient par la rue des Changes, menant les damoiselles , ils s'arrêtèrent à regarder des peintures et portraits déshonnêtes... Ils achetèrent ces belles images, et, s'il y avait quelque énigme ou qucl-

(i) Hcrminjard, t. I, p. 118-128 et note 5 de la page 128: — Crespin, loi. I i 1 ; — Bèzc. t. I. p 27.

que chose difficile à entendre..., ils. en donnaient joyeusement prompte exposition. » En continuant leur promenade par la ville , ils arrivèrent devant la boutique d'un libraire qui avait exposé des Bibles latines et françaises. Les « prélats, le regardant, furent ébahis et lui dirent : — Qui t'a fait si hardi de déployer une telle marchandise en cette ville ? Ne sais-tu pas que tels livres sont défendus ? — Le libraire répondit : — La sainte Bible n'est-elle pas aussi bonne pour le moins que ces belles images et peintures que vous avez achetées à ces damoiselles ? — Il n'eut pas sitôt dit cette parole, que i'évêque d'Aix dit : — Je renonce ma part de paradis, s'il n'est luthérien. — Sur-le-champ le pauvre libraire fut empoigné et bien rudement mené en prison , » au milieu des cris : Au feu! au feu! poussés par la populace, qui se mit sur l'heure à le maltraiter, de telle sorte qu'il arriva à la prison tout couvert de sang. Dès le lendemain, on lui fît son procès. Les évêques opinèrent pour qu'on le brûlât ; mais le juge Laber et quelques autres , n'estimant pas qu'il fût digne de mort , voulurent le "contraindre seulement à reconnaître l'archevêque d'Aix et ses collègues comme de vrais pasteurs de l'Eglise de Jésus-Christ; mais le Hbraire , s'y étant refusé, fut condamné au feu et brûlé le même jour. « Pour l'enseigne de la cause de sa condamnation, il portait deux Bibles pendues à son cou, l'une devant, l'autre derrière. Ce n'étaient pas fausses enseignes , car vraiment le pauvre libraire avait la Parole de Dieu au cœur et à la bouche, et ne cessa, par le chemin et au lieu du supplice, d'exhorter et admonester le peuple de lire la sainte Ecriture, tellement que plusieurs furent émus à s'enquérir de la vérité. » Les prélats, voyant cela et apprenant que plusieurs personnes trouvaient inique la condamnation du martyr et coupable

l'injure qu'on avait faite à la Bible , firent publier à son de trompe, à Avignon et dans tout le Comtat, que « tous ceux qui auraient des livres en français traitant de la sainteté de l'Ecriture » eussent à les apporter sous peine de mort.

On ne peut s'expliquer une pareille susceptibilité chez des hommes dont la conduite, comme on vient de le voir, était si peu en harmonie avec leurs charges. Jean Montaigne, professeur de droit à l'université d'Avignon, écrivait à ce propos, le 5 janvier 1528, à Boniface Amerbach, de Bâie , son ancien pensionnaire : « La peste a cessé presque partout chez nous..., mais nos prêtres n'en continuent pas moins de hanter les mauvais lieux, de jouer, d'écorcher , de piller le peuple, de perdre les âmes, de commettre des injustices (i). »

BADUEL, RECTEUR DU COLLÈGE DE CARPENTRAS. SES LIAISONS AVEC SADOLET , d'aLLEINS, VALÉRIOLE ET DES ISNARDS (1544, 1545)-

Pendant que les luthériens étaient martyrisés à Avignon, ils trouvaient à Carpentras des protecteurs et des amis, grâce à la douceur de moeurs et à l'élévation d'esprit de révêque de cette ville, le célèbre cardinal Sadolet (2). La présence de Claude Baduel à Carpentras en est la preuve. Ce savant professeur du Collège des arts de Nîmes, qui était luthérien de cœur, avait noué d'étroites relations avec le pieux évêqiie, et à la suite de luttes pénibles qu'il eut à soutenir avec son collègue

(1) Herminjard, t. Il, p. 5; : « Apud nos ferè ubique cessavit pestis... Nec tamen presbiteri nostri propicrea minus scortantur, ludunt, populum excoriant, expillant, animas perdunt, injusticias faciunt. » — Crespin, fol. 144; — Sur l'ignorance et la corruption du clergé, voy. aussi deCambis de Velleron, Annales de la ville d'Avignon, t. IV, fol. 206 (ms.).

(2) Voy. t. I, p. 57.

Bigot, et dans lesquelles nous n'avons pas à entrer, il fit connaître, en 1 544, à Sadolet, son intention de chercher un champ de travail plus paisible. Le cardinal et les consuls de la ville, qui étaient précisément à la recherche d'un principal pour leur collège , furent heureux de s'assurer le concours d'un humaniste aussi éminent et lui proposèrent la direction de leur collège avec un traitement de 300 livres. Baduel envoya aussitôt son adhésion, et, pour préparer ses nouveaux amis aux réformes qu'il se proposait d'introduire parmi eux, il fit imprimer, le 26 août 1544, sous forme de « lettre au cardinal Sadolet, » un traité latin « des devoir et charge de ceux qui entreprennent l'instruction de la jeunesse (i). » C'est une exposition magistrale, écrite en un style cicéronien , quoique un peu diffus, de la marche à suivre dans l'enseignement de la grammaire , de la rhétorique et de la dialectique, en même temps qu'une critique de la façon défectueuse dont les études étaient conduites dans les collèges de Nîmes , de la Gaule Narbonnaise et de la Provence. Baduel dépeint, sous de tristes couleurs les maîtres qui y enseignaient et qui passaient leur vie à courir d'école en école, témoin cet alchimiste dont les services, refusés par le Collège des arts de Nîmes, furent accueiUis par le collège de Marseille.

Baduel s'établit à Carpentras en septembre 1544 et, quelques mois après , donnait à Calvin d'intéressants détails sur son enseignement. « Les jours de fête , » dit-il, « j'exphque les Proverbes de Salomon et je forme mes élèves , dont le nombre est fort considérable , à la crainte de Dieu et à la vraie piété. Beaucoup d'habitants assistent à ces leçons. Dans le reste de mon en-

(i) De officia et munere eorum qui erudiendam juventutem suscipiunt, epistola ad Carol. Sadoletum; Lugd. Gryph., 1544, 2626. Aug.

seignement, je ne traite aucun sujet qui ne renferme quelque pensée sérieuse et quelque sainte leçon. Je vois, avec cette manière d'instruire, des progrès s'accomplir non seulement dans le savoir élégant, mais encore dans la piété, et naître chez beaucoup de personnes un grand zèle pour la sagesse divine et la religion. Et je dois m'attacher à cette voie avec d'autant plus de soins qu'il n'y aucune ville en Provence et dans la Gaule Narbonnaise qui ne soit grandement plongée dans la barbarie et la superstition. Celles-ci me paraissent devoir céder la place au culte des belles-lettres et de la piété. Je suis secondé par des hommes excellents et jaloux de la gloire de Christ, notamment par le trésorier du prélat, personne d'un grand crédit, particulièrement bien disposé et d'une sainteté de vie admirable. Grâce à son zèle et à sa bienveillance, l'Evangile a fait de grands progrès dans ces quartiers. C'est pourquoi je désire, lorsque tu m'écriras (ce que, certes, tu peux faire quand tu as affaire à des hommes sûrs), que tu lui écrives aussi pour lui montrer que son zèle et sa foi te sont agréables et pour l'exhorter à la persévérance. Je ferai tous mes eff^orts pour ne pas être au-dessous de mon devoir et des grandes facilités que Dieu me donne. Prie Dieu qu'il soutienne mes forces spirituelles et corporelles pour que je puisse remplir une si grande tâche. J'espère surmonter, par sa grâce, toute inquiétude et toute peine. »

Le. trésorier du pape, mentionné par Sadolet et dont nous regrettons d'ignorer le nom, rendit en 1 540, comme on l'a déjà vu (t. I, p. 40), d'importants services aux Vaudois de Cabrières du Comtat, qui avaient toutes ses sympathies. Quant au cardinal lui-même, il était en communauté de sentiments religieux avec Baduel. « Avec lui, » dit ce dernier dans la lettre à Calvin citée plus

haut, « et dans mon enseignement, j'ai som de me souvenir de ma vocation chrétienne et de confesser Christ autant que je le puis et que je le dois. »

La méthode classique de Baduel rencontra un ennemi acharné dans la personne d'un certain Norman, dont le recteur du collège de Carpentras dit pourtant du bien dans ses lettres , et ses opinions évangéliques ne tardèrent pas à le rendre suspect de luthéranisme. Ce fut sans doute là ce motif qui l'obligea à partir de Carpentras , car, dès le mois de décembre de cette même année 1545, il était de retour à Nîmes et reprenait sa chaire au Collège des arts. Les Vaudois de Mérindol et de Cabrières avaient été massacrés dans l'intervalle (avril) , et ce tragique événement avait dû abattre le courage des luthériens de Carpentras et des environs , de telle sorte que le mouvement religieux mentionné par Baduel et auquel ses leçons avaient donné un nouvel essor disparut après son départ.

Pendant son séjour dans le comtat Venaissin, le recteur du collège de Carpentras s'était lié d'une étroite amitié avec quelques hommes d'élite, qui continuèrent leurs relations avec lui lorsqu'il fut de retour à Nîmes. Nous citerons en premier lieu Jacques Reynaud, seigneur d'Alleins , gentilhomme d'Arles , qui prit victorieusement la défense des Vaudois auprès de Barthélémy Chassannée , président du Parlement de Provence (i), et qui confia son fils Robert, en 1548, à Baduel : ce qui fournit au professeur l'occasion d'aller plusieurs fois à Arles avec son élève. Baduel avait également pour ami un autre habitant de cette ville, le célèbre médecin Valériole , que La Lauzière , dans son Abrégé chronologique de la ville d'Arles^ dit avoir orné d'emblèmes, de

(I) Voy. t. I, p. 53 et 545,

lO HISTOIRE DES PROTESTANTS

guirlandes et de devises les arcs de triomphe sous lesquels Catherine de Médicis et Charles IX passèrent lors de leur voyage de pacification à travers la France en 1564. Ces deux hommes, luthériens de cœur, ne sentirent pas la nécessité de se séparer de l'ancien culte, et , comme beaucoup de bons mais timides esprits de leur temps , se bercèrent de l'espoir d'en opérer la réforme sans schisme. Ils moururent sans se déclarer partisans des idées évangéliques et reçurent les plus grands honneurs funèbres d'une église qui les eût excommuniés si elle avait connu leurs véritables sentiments.

Baduel se lia encore d'amitié avec le docteur en droit Gabriel des Isnards, de Carpentras, qui laissa, en 1 560, sa femme, son état, son pays et ses biens pour embrasser le ministère évangélique et se réfugia d'abord à Orange, oij il mourut en septembre 1573 , au moment où il briguait la charge de conseiller au Parlement de cette ville. Ses biens avaient été confisqués pour crime d'hérésie, et Fabricio Serbelloni, général des armes du pape, posa en 1 564 la première pierre d'une église élevée sur l'emplacement de la maisori qu'il possédait à L'Isle (i).

Huit ans après le supplice du libraire d'Avignon, Nicole Grenier, que nous ne connaissons pas d'ailleurs, publia dans cette ville , pour défendre la doctrine catholique , un livre de controverse dont voici le titre : Le bouclier de la foy en forme de dialogue, extrait de la S. Escripture, des sainct;{ pères , etc. Avignon, Imbert Parmentier, i548,in-i6.

(i) Deux lettres de Baduel à Calvin, du 6 janvier 1545 {Calvini opéra, vol. XI, n° 270, et vol. XX, n" 4141) ; — Gaufrés, Claude Baduel, p. 129-1)4; 197-200. 219-225 ; — Pérussis, dans d'Aubais, t. I, p. 152 ; — Justin, p. 212 ; — La Lauzière, à l'année 1549-

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