RÉPARTITION PAR PROFESSION DE \ 54O RÉFUGIÉS ORANGEOIS EN I
On trouvera dans Convenant , cité par Gaitte (Emigration , p. 79 à loi), la liste de quinze cent quarante protestants orangeois, sur les trois mille émigrés de 1703. Ne pouvant reproduire ce document à cause de son étendue, nous nous bornerons à indiquer II 26
les diverses professions auxquelles appartenaient les émigrés et le nombre de ceux-ci afférant à chacune d'elles (i).
Officiers de la garnison. . 1 5 Officiers du Parlement.. . 68 Officiers du bureau des domaines et des finances. . 20 Pasteurs et anciens des
églises 67
Femmes veuves et filles de
gentilshommes 65
Avocats et leurs veuves. . 61
Médecins et leurs veuves. 30
Apothicaires 8
Chirurgiens 24
Notaires et veuves 18
Bourgeois 72
Femmes veuves et filles de
bourgeois 81
Marchands et leurs veuves.. . . , 99
Tailleurs d'habits et couturières 51
Chapeliers 33
Cordonniers 106
Cardeurs de soie 102
Cardeurs de laine 63
Fermiers et principaux laboureurs 247
Boulangers et fourniers. . 29
Tisserands 49
Maçons 35
Chamoiseurs 17
Faiseurs de bas 8
Maréchaux . 6
Tanneurs 7
Tonneliers 14
Serruriers 10
Teinturiers 13
Menuisiers 2
Peigneurs 8
Armuriers. 10
Meuniers . , 8
Selliers 4
Tondeurs 5
Faiseurs de chaises .... 9
Faiseurs de chandelles. . . 2
Distillateurs, s 5
Passem.entiers i
Pour le môme motif que dessus , nous ne donnons pas davantage les noms de plusieurs centaines d'émigrés orangeois secourus par la bourse française de Genève. Ceux que la question intéresse les trouveront relevés avec soin dans J. César Auquier, Liste des assistés de la bourse française de Genève, de 1680 à 1710 (ms. des archives de M. Henry Bordier, de Paris).
(i) Dans les chiffres qui suivent sont compris les femmes, les enfants et les domestiques des émigrés.
ABJURATION DES PROTESTANTS d'oRANGE (i).
Les soussignés, citoyens de la ville d'Orange, considérant que la volonté de Dieu, dont les rois sont les principaux interprètes, est que tous les chrétiens soient réunis dans une même Eglise , pour témoigner leur soumission aux ordres de la divine providence et celle qu'ils ont pour les saintes intentions du roi , demandent qu'il lui plaise que les troupes commandées par M. le comte de Tessé sortent et que les frais faits et à faire soient régalés sur tout l'Etat sans distinction de religion ;
2° Déclarent qu'ils se réunissent à l'Eglise catholique, apostolique et romaine, en la manière qu'en use l'Eglise, pour y croire et professer toutes les vérités chrétiennes et orthodoxes contenues dans l'Ecriture sainte, que Dieu a manifestée à ses prophètes, apôtres et évangélistes, suivant l'interprétation et le sens de l'Eglise universelle,, renonçant à toutes erreurs et hérésies contraires ;
30 Que, pour leur plus grande consolation et édification, tous les dimanches, avant le service, sera lu un chapitre de l'Ecriture sainte en français du Vieux et du Nouveau Testament, suivant les traductions approuvées par l'Eglise, et que tout le service divin qui se fait en latin sera expliqué en français par les pasteurs de l'Eglise ;
4° Qu ils n'invoqueront que Dieu le Père , le Fils et le Saint- Esprit ;
50 Qu'ils ne croiront être nécessaire, de nécessité de salut, autre intercession et médiation que celle de notre Seigneur Jésus- Christ envers Dieu le Père ;
60 Qu'ils ne seront tenus de rendre aucun culte divin aux images qui seront dans les églises;
7° Que dans l'Eucharistie on adorera Jésus-Christ, qui est réellement, spirituellement et sacramentellement contenu dans cet adorable sacrement ;
8° Que l'on donnera cette consolation aux fidèles de commu-
(i) Pièce originale à Carpentras (bibliothèque publique).
404 ' PIKCES JUSTIFICATIVES.
nier sous les deux espèces si l'Eglise universelle voulait le juger à propos.
Fait à Orange, ce onzième novembre 1685 .
Suivent de nombreuses signatures.
Nous, J.-J. d'Obeilh , par la grâce de Dieu êvèque d'Orange, abbé et comte de Monfont, conseiller du roi en tous ses conseils, avons admis les ci-contresignés à la réunion de l'Eglise catholique , apostolique et romaine sous les conditions dont aux huit articles que ci-dessus. Fait à Orange, ce 13*" jour du mois de novembre 1685.
Signé : Obeilh.