‹ Histoire des protestants de Provence, du comtat Venaissin et de la principauté d'Orange (volume 3)Chapitre 55 sur 65 · DESTINÉE DES ORANGEOIS FUGITIFS · texte numérisé non relu

DESTINÉE DES ORANGEOIS FUGITIFS

Sans vouloir suivre sur la terre d'exil les émigrés protestants d'Orange, dont les destinées appartiennent à l'histoire générale des réfugiés français, nous devons en dire quelques mots.

A peine arrivés à Genève , les pasteurs de la Principauté, Petit, Chion, Magnet , de Convenant et Aunet, adressèrent à Frédéric I^"", roi de Prusse, un placet où ils le reconnurent pour leur souverain légitime , selon la teneur du testament de leur ancien prince Frédéric- Henri de Nassau (2). En novembre 1703, leur exemple fut suivi par les conseillers du Parlement d'Orange : d'Alençon, président Gabriel de Convenant, Gaspard du Bois, Louis de Saint-Laurens , Jean de Sauzin , Doulès , Queyvadel et Thibaud.

Les exilés n'étaient point d'accord toutefois sur le parti qu'il leur convenait de prendre dans leur douloureuse nécessité. Les uns, nourrissant l'espoir de rentrer dans leur pays à la fin de la guerre de la succession d'Espagne, désiraient demeurer en Suisse; les autres préféraient se rendre en Angleterre, mais le plus grand

seillers au Parlement que nous nommons plus loin. Cela paraît vraisemblable; mais, dans tous les cas, ils ne persévérèrent pas dans leur apostasie puisqu'il passèrent à l'étranger.

(i) Gaitte, Emigration, p. 25-51 , 59, 75-75 , 79-ioj ; — Erman et Réclam , t. VIII , p. 107-121 ; — Mœrikofer, Hif:t. des réfug. de la Réforme en Suisse, p. 526-328; — Bastet, p. 149, 152, I5J, et Essai historique ; — Relation abrégée, etc. (Ms. Court, n° 17, F); — Ms. Court, n" 17, B; — Ms. français de la bibliothèque publique de Genève, 197"", portef. 15 ; — Pièces disperses relatives à riiist. des prot. de la princip. d'Orange (ms.) ; — Archiv. municip. d'Orange, GG, 51, 52; — Ms. de Carpentras, collection Tissot , n° 10.

(2) Voy. plus haut, p. 556.

nombre opinaient pour la Prusse, et, par l'entremise de de Lubières , ancien gouverneur d'Orange, ils prièrent Frédéric I*^"" de leur donner asile dans ses Etats. Ce dernier, craignant qu'on ne regardât l'établissement des Orangeois dans son royaume comme une renonciation à ses droits sur la Principauté , se borna, pour le moment , à leur faire passer des secours d'argent et à les assurer de toute sa sympathie.

Pendant ce temps , le pasteur Petit s'était rendu en Allemagne , de Convenant en Angleterre et Chion en Hollande pour provoquer des quêtes en faveur de leurs coreligionnaires. Celle d'Allemagne, recommandée par le roi de Prusse, produisit 25,393 risdalers 20 gros et 10 florins; celle d'Angleterre, ordonnée par lettres patentes de la reine Anne du 11 novembre 1703, et appuyée par une lettre circulaire des archevêques et évêques anglais, produisit 96,632 risdalers 8 gros. La Hollande , qui était en diff'érend avec la Prusse au sujet de la succession de la principauté d'Orange (elle voulait s'en tenir au testament de Guillaume III et repousser celui du prince Frédéric- Henri) , accueillit froidement le pasteur Chion , et quand elle sut que les réfugiés désiraient s'établir en Prusse , elle refusa nettement de leur venir en aide, prétendant que c'était aux pays qui bénéficiaient de ce surcroît de population à en supporter les charges.

Frédéric I®"", voyant que l'Angleterre fournissait des subsides considérables pour l'entretien des -Orangeois, et, d'autre part, que la Suisse, qui avait déjà supporté une grosse part du fardeau de l'émigration survenue à la suite de la révocation de l'édit de Nantes, ne pouvait se charger encore du soin de faire vivre trois mille nouveaux réfugiés , se décida à ouvrir les portes de ses Etats aux Orangeois, mais en leur laissant la faculté de'

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s'établir ailleurs s'ils le jugeaient à propos. De Lubières , leur ayant fait connaître les dispositions du roi, la plupart d'entre eux partirent pour la Prusse (juin 1704) des diverses villes de la Suisse qui les avaient nourris pendant un an entier. Les agriculteurs furent installés en grande partie à Bourg (25 août), et ceux qui avaient des métiers à Halle, Neuhuldensleben et Magdebourg. Quant aux réfugiés qui, par leur rang, leurs emplois, leurs industries et leurs talents , pouvaient se créer des ressources, ils s'établirent à Berlin. C'est dans cette ville que , avec une partie des fonds recueillis en Angleterre et sous le haut patronage de lord Raby, ambassadeur de ce royaume , fut fondée une maison pour servir d'asile aux Orangeois pauvres et incapables de travailler. Le roi, par ses lettres patentes du 14 juin 1705, approuva cette institution , qui fut administrée par de Lubières, et d'Alençon et de Beaufin, anciens membres du Parlement d'Orange , et les avocats orangeois Marin de Weert et de Serres. Un tribunal particulier ou Cour d'appel , appelé encore de revision , fut également créé , sous le nom de Tribunal d'Orange , pour juger les différends des réfugiés de ce pays. Les membres de Tancien Parlement d'Orange en firent partie, et les Berlinois ne furent pas peu surpris lorsqu'ils les virent assister, en 1707, avec les attributs et le cérémonial qu'ils avaient dans la Principauté , aux obsèques de la reine Sophie-Charlotte , oia le mortier du président et les robes rouges des conseillers offrirent un spectacle aussi étrange qu'inattendu. Quant à de Lubières, il fut nommé gouverneur et lieutenant général de la principauté de Neuchâtel, et mourut en 1720 d'une attaque d'apoplexie (i).

(i) Èrmaii et Réclam, t. II, IV, V, VI, IX, passini, et VIII, p. 121-179,

Nous donnons , aux Pièces justificatives , n° IV , les noms des réfugiés d'Orange qui parvinrent à des positions importantes à l'étranger ou y acquirent , d'autre part , quelque célébrité.

LISTE DES PASTEURS DE LA PRINCIPAUTÉ d'oRANGE AUX SEIZIÈME ET DIX-SEPTIÈME SIÈCLES.

Avant de raconter l'histoire des protestants orangeois qui ne participèrent pas à la grande émigration de 1703, nous donnons la suite chronologique des pasteurs qui remplirent jusqu'à cette époque leur ministère dans la Principauté. Cette suite n'est pas toujours facile à dresser , l'église d'Orange ayant eu , suivant les temps, deux, trois, et jusqu'à quatre et cinq pasteurs. Aussi ne saurions-nous prétendre que notre liste soit exempte d'erreur.

Ajoutons qu'il a été question de plusieurs de ces pasteurs dans les pages qui précédent , ce qui nous dispense d'écrire leur biographie. Il sera toutefois nécessaire , pour compléter celle-ci , de consulter les sources que nous indiquons à la suite de leurs noms.

Un prédicateur picard, 1560.

Chastein, natif du Forez, diacre, 1560-1562.

CoRNELLi, pour Corneille (Georges), 1561. Voy. t. I , p. 460.

Lacombe (Siméon de), 1561. Voy. t. I, p. 278; E. Arnaud, Hist. des prot. du Dauph.^ t. II, p. 407.

Patac , 1 562.

Laville (Matthieu) , 1563-1565.

ViRET (Pierre), 1565. De passage.

195, 214; — Mœrikofer, p. 528-556; — Gaitte, Emigration , p. 51-75; — Ms. Court, n" 17, B, p. J52; — Crottet, Hist. et Annales de la ville d'Yverdon, p. 414.

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Première série.

Julien (Sébastien de), natif de Carpentras, immatriculé à l'Académie de Genève en 1 564. Nous le trouvons mentionné pour la première fois en 1571 ; mais il devait être déjà pasteur à Orange depuis plusieurs années et succéda sans doute à Laville. Il représenta les églises du Dauphiné au synode national de Montpellier de 1598.

Maurice (Paul), [603-1614. Passé au service des églises de Provence. Voy. t. I , p. 467.

Espagne (Jean d') , 1614-1620. Antérieurement pasteur en Dauphiné. Voy. E. Arnaud, Hist. des prot. du Dauph., t. II , p. 390.

P1NETON DE Chambrun (Jacques) le père , 1620- 23 mai 1662, jour de sa mort. Antérieurement pasteur à Nîmes, qu'il quitta « parce que les fréquentes indispositions qu'il avait souffertes depuis deux ans l'avaient empêché de remplir tous les devoirs de sa charge » (Aymon, t. II, p. 19). Chambrun ne prêchait pas seulement à Orange : il évangélisait aussi ses coreligionnaires des environs et se rendait fréquemment à Montdragon , situé dans le comtat Venaissin et ressortissant au diocèse d'Orange. L'évêque Jean VI de Tulles, exaspéré, le dénonça au Conseil privé du roi et au président du Parlement de Provence, Vincens Anne de Forbin-Maynier , « qui promit d'en faire la justice exemplaire, après en avoir conféré avec monsieur le vicelégat, » et Cosme de Bardi, évêque de Carpentras, qui faisait en cela cause commune avec Jean de Tulles pour « réprimer l'audace de ce garnement, » disait ce dernier. L'évêque d'Orange représenta aussi Chambrun comme ayant « une communication étroite » avec le H 24

duc Henri de Rohan (i) « contre le service du roi et repos de l'Etat, » et il se réjouissait à la pensée de « chasser ce corbeau de ses semis, » et de le voir sous peu exécuté à Montdragon , « comme lieu plus proche d'Orange , pour en donner plus de terreur aux complices. » Ces dénonciations n'eurent heureusement aucune suite fâcheuse pour celui qui en était l'objet. Chambrun était marié à Olympe de Barry. Est-ce contre lui ou contre un de ses collègues qu'était dirigé l'ouvrage suivant : Le Nestorien d'Orange réfuté en sept apologies , par Angelin de l'Isle; Avignon, 1648, in-S"? (V. Lettres inédites de Jean de Tulles , dans le Bulletin hist., arch. et artist. de Vaucluse, etc., année 1880, p, 282-292; La France protestante.)

GoNDRAND (Jacques de), 1665-1685 et 1697-4 août 1700, date de sa mort. Voy. E. Arnaud, Hist. des prot. du Dauph., t. II, p. 399, et La France protestante.

Convenant (Jean de), 1 700-1 703 , frère de Gabriel de Convenant, conseiller au Parlement d'Orange. Il se donne le titre de ministre pour Sa Majesté Britannique, et se maria à Claude de La Pise le 9 février 1700. Voy. La France protestante.

Deuxième série.

Colombier, 1581.

Serres (Jean de), 1 593-1 598. Voy. E. Arnaud, Hist. des prot. du Dauph., t. II, p. 168, 169, 429; De Cailler, Jean de Serres, dans le Bullet. de la Soc. dép. d'arch. de la Drôme , p. 225-242; Dardier , Jean de Serres, dans ÏEncyclop. des sciences relig., et, Jean de Serres , historiographe du roi ; sa vie , ses écrits , d'après des documents inédits (i 540-1 598) , Paris , 1883 , in-8»;

(1) Voy. plus haut, p. 278.

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La France protestante. Ajoutons qu'un ouvrage de l'historien Nicolas Chorier, publié il y a quelques années (Vie d'Arthas Prunier de Saint-André; Paris, 1880, in-8"), donne raison au Journal de l'Estoile , qui fait mourir de Serres à Orange et non à Genève, comme le disent à tort la plupart des historiens. Chorier raconte qu'au retour d'une visite que ce pasteur avait faite, en 1598, à Arthus Prunier de Saint-André, président au Parlement de Grenoble , pour lui présenter le manuscrit d'une Harmonie, c'est-à-dire d'un projet de réunion des diverses communions chrétiennes , « cet homme célèbre dans les lettres , et à qui l'histoire française a beaucoup d'obligation , » fut « attaqué dans Saint-Marcellin d'une fâcheuse maladie ; mais , s'étant fait porter à Loriol, chez son frère, elle diminua et il se crut guéri. C'était au commencement du mois de mai. Il avait alors commencé la Vie de Louis XL Etant un peu remis , il descendit à Orange , où il avait l'emploi de ministre. Cet ennemi intestin , qui n'avait fait que se cacher, se découvrit , et le pressa avec tant de violence , qu'il ne put lui résister. Il mourut le 19 du même mois, et, par sa mort précipitée , il laissa son histoire imparfaite. Sa femme mourut presque à la même heure que lui. Ils furent, pour ainsi dire, spectateurs de la mort l'un de l'autre ; et, comme ils l'avaient ordonné, il furent enterrés sans cérémonie dans une même fosse. » SoBA (Jules), j 598.

RossEL (Josué de) , 1600-13 septembre 1622, jour de sa mort.

Boule (Gabriel), 1622-1623. ^oy- E. Arnaud, Hist. des prot. du Dauph. , t. II, p. 376, et Notice hist. et bibliogr, sur les controv. relig. en Dauph., p. 41 ; Rochas, Biographie du Dauph., au mot Martin (Gabriel); France protestante, i'^ et 2® édit.

Sylvius (David de), 1623-1665. Un de ses fils remplissait les fonctions de procureur général au Parlement d'Orange, et l'autre, qui était pourvu d'une partie du péage du Rhône, demeurait en Hollande. Les lettres de Sylvius , publiées par Siegmar, comte Dohna , dans Les comtes Dohna à Orange^ p. 86-90, et le Secrétaire burlesque^ mais véritable (fol. 50), jettent un jour peu favorable sur cette famille. Sylvius vivait encore en 1665, mais ne prêchait plus à cause de son grand âge. Nous connaissons de lui deux sermons imprimés , fort rares , dont voici les titres : La mort de Mo/se et vocation de Josué. En un sermon prononcé Dimanche 7. d'Avril 1647, ^^ l^ Eglise d'Orange. Par David Sylvius, ministre du Sainct Evangile. La mémoire du Juste sera en benedic-

lion. Proverb. 10, 7. Celuy qui vous appelle est fidèle, qui aussi le fera, i Thess., 5.24; Orange, 1647, in-32. — Baume de Galaad, ou consolations au Fidèle, pour calmer les troubles de sa conscience agitée par le sentiment de ses défauts. Par David Sylvius, etc.; Orange, 1647, in-32.

Chion (Jordan) , 1671-1685 et 1697,-26 mai 1698, jour de sa mort.

Fabri (Gabriel) , 1699. Prêté temporairement par l'église de Genève.

Chion (Jacques), fils aîné de Jordan, 1 699-1 703.

Troisième série.

Corneille (Jean), 1 594.

ViDiL (Gaspard), natif d'Orange, reçu au saint ministère en 1617, pasteur à Orange, 1619-1622. Il avait été pasteur à Loriol, 161 7-1 619, et le fut plus tard à Veynes, 1622, année de sa mort.

Veilheux (Charles de) , vers 1625. Voy. La France protestante.

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PiNETON DE Chambrun (Jacques) le fils, 1655- 1685, se maria, le 21 février 1662, à Louise de Perrotet de Chavanon , qui s'établit à Genève après la mort de son mari, survenue en 1689. Elle vivait encore en 171 3. D'après Le Secrétaire burlesque ^ mais véritable^ Chambrun était, au physique, gros et gras, et au moral, un bon personnage , animé d'un grand esprit de conciliation. Voy. E. Arnaud , Hist. des prot. du Dauph. , t. II, p. 421.

Magnet (Jean-François), 1681, 1682. Paraît avoir été le suffragant temporaire de Chambrun, qui était atteint de plusieurs maladies. A ce moment, il y avait déjà quatre pasteurs à Orange (Gondrand , Chion , Chambrun et Petit).

Magnet (David), fils du pasteur de Condorcet de même nom, né à Condorcet, immatriculé à l'Académie de Genève en 1670, et pasteur à Orange, 1700-1703. De la même famille sans doute que le précédent, peutêtre son frère. Il fut nommé second pasteur de l'église française de Zurich en 1704, et reçu bourgeois de Neuchatel en 1730 [Bulletin, etc., t, IV, p. 157).

Quatrième série.

Vial (Matthieu de), 1651-1664.

Labbadie (Jean de), 1657-1659. A ce moment il y avait déjà quatre pasteurs à Orange (Chambrun le père, Chambrun le fils, Sylvius et Vial). Peut-être Sylvius , depuis l'emprisonnement de son fils, procureur général au Parlement d'Orange (1658), n'exerçait-il plus le ministère ; dans tous les cas il devait être assez âgé.

Génoyer, 1671. Peut-être le fils d'André Génoyer, pasteur à Riez-Roumoules en Provence.

Brunier, 1672.

Petit (Charles) , 1680-1685 et 1697-1703. Nommé pasteur de l'Eglise française de Berlin en 1704.

Pasteurs de Courthe^on.

L'église de Courthezon était la seule ville de la principauté d'Orange qui possédât, avec Orange, un temple et un pasteur en propre. Un de ses anciens , Marc d'Eurre, représenta les églises de Dauphiné au synode national de Jargeau en 1601.

GuERS (Jean), 1568, martyrisé à Avignon.

Beaussenc (Esprit) , 1 595-1 597 , année de sa mort , ancien avocat général au Parlement d'Orange.

La Veuve (Christophe de), 1 598-161 1 , année de sa mort.

La Croze (Pierre de), 161 3-1622, antérieurement à Montbrun, 1601 ; à Rosans , 1606- 1609; à Chorges , 1609-1613 (Dauphiné).

Dragon de Choméane (Noble Jean), 1626. Antérieurement à Crest , 1611-1613) à Saint-Paul-Trois- Châteaux, 1613-1622 (Dauphiné). Voy. E. Arnaud, Hist. de l'acad. de Die en Dauph. , p. 49 , 50 , et Hist. des prot. du Dauph,, t. II, p. 388.

Martin (Gaspard), 1633-1637. Antérieurement à Saillans, 1620-1625 ; à Die, 1625-1629. Voy. E. Arnaud, Notice sur les controv. relig. en Dauph., p. 32, 33, et Hist. des prot. du Dauph., t. II, p. 71.

Saurin (Pierre), 165 5-1660. Antérieurement à Oulx, 1637; à Usseaux, 1639; à Vinsobres, 1663 ; à Grenoble, 1666- 167 5 (Dauphiné). Voy. La France protestante et Rochas , Biographie du Dauphiné'.

Bernard, 1666.

Cherler (Paul), 1669; au Buis, en Dauphiné, en 1685. Apostasia à cette date.

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AuNET (Etienne), 1685 et 1687- 1703. Antérieurement pasteur à Clelles en Dauphiné. Réfugié à Genève OLi il fît son testament en 1708. Il s'était marié le 14 août 1702 à Marguerite Chamas.

DÉCLARATIONS DU ROI. RETOUR d'uNE PARTIE DES ORANGEOIS DANS LEUR PATRIE. SECONDE ÉMIGRA- TION (1704-17 [2).

Les protestants d'Orange ayant abandonné leur patrie au nombre de trois mille , comme cela a été déjà dit , Louis XIV révoqua, le i®"" mars 1704, les défenses qu'il avait faites à ses sujets, le 23 novembre 1697 et le 1 3 janvier 1 698, de s'établir dans la principauté d'Orange. Il donnait pour raison qu'il avait supprimé tout exercice de la R. P. R. dans ladite Principauté depuis qu'elle était possédée par son très cher et très aimé cousin le prince de Conti et que la souveraineté en était réunie à celle de son comté de Provence. Par une seconde déclaration de la même date, il permettait même à toutes sortes de personnes , de quelque qualité et condition qu'elles fussent, anciens ou nouveaux catholiques , de s'établir et de commercer dans la principauté d'Orange.

Deux années s'étaient à peine écoulées depuis la grande émigration des protestants d'Orange, « qu'on offrit, » dit une Relation du temps, « des passeports aux plus notables [d'entre eux] pour se retirer dans leur patrie et dans leurs maisons, pour y jouir de celle-ci et de celle-là sans aucune condition ; et , pour mieux les engager à y retourner, on leur promettait qu'à leur arrivée ils seraient mis en possession de tous leurs biens; et ces promesses furent tenues.

» L'exemple des premiers qui y retournèrent engagea

les autres à les suivre , pressés par la nécessité où ils se trouvaient, ayant consumé le peu d'argent qu'ils avaient sorti. Ce qui semblait devoir être une assurance pour eux, c'était que M. l'évêque d'Orange déclarait à tous ceux qui revenaient qu'ils n'avaient plus rien à craindre pour leur religion, puisque Sa Majesté Très Chrétienne lui avait fait l'honneur de lui dire à lui-même que son intention était qu'on n'inquiétât jamais personne sur la religion. Ils ont joui l'espace de six années de cette tranquillité à eux déclarée par ledit S"" évêque, lorsque , dans un temps où il semblait qu'ils dussent être le plus en sécurité par les approches de la paix, ils furent extrêmement surpris de voir que ledit S"" évêque les fit convoquer à l'évêché le 15 juin 171 1, où, étant assemblés, il leur lut une lettre de M. l'Intendant de Provence, dont la substance était que M. de Torcy, ministre du Roi Très Chrétien, lui avait fait l'honneur de lui adresser les intentions de Sa Majesté au sujet des religlonnaires de la principauté d'Orange, que Sadite Majesté ne voulait point permettre qu'aucun religionnaire restât dans ladite Principauté qu'il n'eût fait abjuration de ses hérésies, et que ceux qui ne voudraient point abjurer eussent à sortir incessamment du royaume. » Après cette lettre ledit S' évêque leur demanda une réponse qui fut qu'ils ne pouvaient abjurer une religion dans laquelle ils avaient été élevés et qu'ils n'étaient pas en état de sortir de royaume sans être exposés par les chemins à mourir de faim , et qu'ils avaient consumé dans leur exil tout ce qu'ils avaient de plus liquide de leurs biens, et qu'ils n'étaient revenus que sous la bonne foi des passeports signés par -Sa Majesté Très Chrétienne. Ledit évêque parut peu satisfait de cette réponse. Il leur dit qu'il était chargé de faire savoir à M. l'intendant le parti qu'ils avaient pris

DE LA PRINCIPAUTÉ d'ORANGE. ')']']

et qu'il les priait de vouloir mettre sur le papier ce qu'on venait de leur dire : ce qu'ils firent.

» On ne saurait représenter ici le trouble et le chagrin que causa la signification de cet ordre. Chacun raisonnait suivant son goût , et il n'y eut personne qui ne crût que c'était un ordre que l'intendant avait donné de son propre mouvement aux grandes sollicitations du S'' évoque. Les catholiques romains même étaient de ce sentiment. Ce qui fortifiait dans cette pensée c'était l'espace du temps qu'on leur laissa sans rien dire, qui fut jusqu'au 5 octobre , jour de l'arrivée à Orange de M"" Anfossi, secrétaire de M. le comte de Grignan, qui d'abord envoya chercher MM. les quatre consuls de ladite ville pour leur dire que, sans retardement, ils fissent avertir qu'on eût à se rendre à l'hôtel de ville oia il devait lui-même se trouver pour expédier des passeports à ceux qui ne voudraient pas faire abjuration , faute de quoi il déclarait qu'il y serait pourvu.

)) Le 6 octobre 171 1 une partie des avertis furent à ladite maison de ville pour recevoir leurs dits passeports qu'on leur expédia pour partir : les uns pour le 15 dudit mois, les autres le 20, et les plus favorisés eurent jusqu'au 22 , sans vouloir accorder un plus grand délai. On eut même la cruauté d'obliger M""^ Vermuyden , Hollandaise , femme de noble Charles Reynaud, sieur de Saint-Marcel, d'abandonner son mari mourant, nonobstant les pressantes sollicitations des plus notables du pays, qui mirent tout en oeuvre pour obtenir en faveur de ladite dame un délai de huit jours : ce qui fut refusé par le S"" Anfossi. Ladite dame, persistant dans ses pressantes sollicitations, lui dit : « Monsieur, huit jours pourraient me donner lieu à rendre les derniers devoirs à mon mari; accordez -les-moi, je vous en supplie ; » ce qui lui fut refusé, et ladite dame , les larmes

jyS HISTOIRE DES PROTESTANTS

aux yeux , se retira après avoir pris son passeport, et partit avec ses deux enfants, laissant son mari dans le susdit état.

» On obligea même ceux qui avaient pris des passeports et qui n'étaient pas sortis au jour fixe , de partir incessamment. Les gardes de M. le comte de Grignan allaient visiter les maisons pour les forcer de partir à l'instant. »

Cette conduite étrange et contradictoire de Louis XIV s'explique par les intérêts de sa politique. Engagé dans la longue guerre de la succession d'Espagne (1701- 171 3) qui lui mit sur les bras l'Autriche, la Hollande et l'Angleterre, il cessa pour un temps de persécuter les protestants de ses Etats, parce que toutes ses troupes lui étaient nécessaires; mais dès que les premiers pourparlers de paix, entamés en septembre 1711, lui eurent rendu sa liberté d'action, il donna de nouveau essor à son zèle intolérant et barbare.

Tous les Orangeois ne demandèrent pas des passeports. Un certain nombre d'entre eux, découragés, dénués de ressources ou espérant contre toute espérance , demeurèrent dans le pays, mais sans se presser d'abjurer et de suivre les pratiques du culte catholique. L'évêque d'Obeilh , mécontent de leurs dispositions, publia, en avril 171 2, un mandement pour les contraindre de pratiquer la nouvelle religion qu'ils étaient censés avoir embrassée puisqu'ils n'avaient pas émigré, et Louis XIV, qui n'était non plus d'humeur à supporter qu'ils demeurassent à Orange tout en conservant leur ancienne religion , chargea le comte de Grignan d'écrire de sa part aux consuls (14 décembre 171 2) que tous ceux qui n'avaient point abjuré devaient se préparer à partir sans délai. Le gouverneur de Provence ajoutait que , pour sa part , si

besoin était, il ferait lui-même sortir les récalcitrants.

Le 27 février de l'année suivante, le comte écrivait encore aux consuls : « Je vous réitère ici que , par les ordres qu'il a plu à Sa Majesté de m'envoyer , il paraît qu'elle verrait avec beaucoup [plus] de satisfaction la conversion que le départ de nos religionnaires, mais qu'Elle ne veut plus absolument qu'il reste dans son royaume des sujets qui ne seront pas catholiques. »

L'intendant de Provence, Lebret, alla plus loin encore et donna l'ordre pur et simple à ses agents d'emprisonner tous les Orangeois qui n'avaient pas abjuré. C'est ainsi que M"^ Génoyer , personne fort âgée qui n'avait pu suivre l'émigration et était demeurée fermement attachée à sa foi , fut emprisonnée dans le fort de Marseille. Nonobstant ces menaces et ces violences, nous ne trouvons que trente-six abjurations pour l'année 171 3 (28 février et 5 avril) (i).

CESSION DE LA PRINCIPAUTÉ A LA FRANCE. TRANS- FORMATION DU TEMPLE d'orange EN ÉGLISE. RES- TES DE PROTESTANTISME (171 3-1743).

Peu après ces événements, le traité d'Utrecht (171 3), qui mit fin à la guerre de la succession d'Espagne, assigna définitivement à la France la principauté d'Orange. Celle-ci fut rattachée administrativement au gouvernement de Dauphiné (2) , qui avait perdu , par le même traité, plusieurs vallées du versant oriental des Alpes cédées à la Savoie en échange de la vallée de Barcelonnette.

Quelques années plus tard (17 19), le grand temple

(i) Relation abrégée, etc. (Ms. Court, n° 17, F) ; — Ms. Court, n» 17, F et C ; — Arch. municip. d'Orange, GG, 48.

(2) L'arrêt du conseil d'Etat concernant la réunion est du 29 mai 1751 et a été imprimé.

d'Orange fut transformé en église catholique , sous le vocable des pères de Saint-Jean , par l'évêque d'Obeilh. Un prêtre de la Doctrine chrétienne, Jean Fornier, chargé du sermon de dédicace, s'écria dans l'excès de son zèle : « L'auriez-vous espéré de voir un jour, et de le voir si tôt, l'hérésie sortir de ce temple et l'Eglise y entrer enfin avec pompe, comme elle fait en ce jour, après en avoir réparé les ruines et l'avoir rétabli dans la splendeur où vous le voyez? Ah! quelle joie nous donne, Messieurs, cette ferme espérance que l'hérésie en est bannie pour jamais, mais que l'Eglise y demeurera éternellement , car les hérésies périssent, mais l'Eglise est immortelle comme Dieu même. »

Il est quelque chose d'également immortel, c'est la justice de Dieu, qui permit que le culte proscrit fût officiellement rétabli à Orange quatre-vingt-trois ans plus tard en présence de toutes les autorités de la ville !

En dépit de la ruine de l'église réformée d'Orange et de l'abjuration des protestants demeurés dans leur patrie , la plupart de ces derniers restèrent réformés de cœur. Le Parlement lui-même renfermait des conseillers secrètement attachés à leur ancienne foi, et nous voyons le procureur général de cette cour, quand parut la déclaration du roi du 14 mai 1724, portant que tous ceux qui exerçaient quelque fonction publique seraient tenus de professer la religion catholique , apostolique et romaine , requérir l'application de cette loi contre trois conseillers qui , quoique se disant catholiques , n'avaient , depuis leur abjuration . donné aucune preuve de catholicité. Cette déclaration royale, qui défendait, du reste, l'exercice de la religion réformée sous peine des galères, entraîna l'abjuration de quarante-neuf Orangeois protestants en 1724, de douze en ^1725 , et de quelques autres les années suivantes. '

DE LA PRINCIPAUTÉ d'oRANGE. 381

On a vu plus haut (page 363) que le roi, par son arrêt du 16 octobre 1703 , avait donné au prince de Conti la jouissance des biens des Orangeois fugitifs. En 1727, son fils Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti, (( ayant voulu, » dit Gaitte, a se faire reconnaître seigneur foncier de la Principauté , le Conseil de ville s'y opposa et se refusa de prêter serment. On poursuivit les plus récalcitrants ; mais enfin , par un traité du 23 avril 173 1 entre Louis XV et ce prince, la principauté d'Orange fut définitivement réunie à la France. » Elle devint, après la Révolution, chef-lieu de l'arrondissement de ce nom , l'un des quatre du département de Vaucluse , comprenant le territoire qui avait fait partie autrefois de la Principauté, plus une grande partie du Comtat et deux communes enclavées anciennement dans le Comtat , Montdragon et Saint-Marcellin-lès- Vaison (i).

RÉVEIL DU PROTESTANTISME A ORANGE. FRÉQUENTA- TION DES ASSEMBLÉES d'uZÈS. ASSEMBLÉES DU DÉ- SERT PRÈS d'orange, alerte (1744-I765).

En 1744, les protestants d'Orange participèrent au grand réveil qui soufflait avec force, à cette époque^ sur toutes les églises réformées du royaume. Tel était leur zèle , qu'on les voyait faire en foule quinze et vingt lieues pour assister aux assemblées du Désert , qui se tenaient dans les environs de Nîmes et d'Uzès. « Les gens d'Orange, » disait l'évêque de cette dernière ville, « viennent ici dès la veille pour assister aux assemblées. » Une lettre d'Orange, du 19 avril 1744, racon-

(I) Bastet, p. 156, 164 ; — Discours sur la vérité de la doctrine de la religion catholique prononcé dans le temple d'Orange, etc. ; — Gaitte, Informations, p. ;i ; — Arch. municipales d'Orange, GG , 48.

tait du son côté que ce même jour, « plus de trente hommes , femmes et enfants , » étaient partis pour Uzès, et que le nommé Jourdan, cardeur de laine, s'y était rendu avec la fille du nommé Barbier pour y faire bénir son mariage. L'auteur de la lettre, qui ne s'est pas fait connaître, disait que , pour remédier à ce mal, il faudrait « mettre garnison d'un ou de deux cavaliers de maréchaussée , à cent sous par jour chacun, chez tous ceux, tour à tour et successivement, qui seraient fortement soupçonnés d'avoir passé en Languedoc pour assister aux assemblées ; faire mettre en prison le nommé Jourdan et la Barbier s'ils cohabitent ensemble, parce qu'il ne sera pas douteux qu'ils ne se soient mariés devant des prédicants. » L'auteur demandait encore l'autorisation de faire arrêter et emprisonner les étrangers qui viendraient à Orange , et seraient soupçonnés d'exciter les religionnaires ou nouveaux convertis à aller en Languedoc. « On m'a assuré, » disait-il, « qu'il passait dans cette ville, de temps en temps, un manchot, que l'on soupçonne extrêmement de cette manœuvre. » Une autre lettre, datée de Roquemaure, 29 mai 1744, disait aussi que les nouveaux convertis d'Orange traversaient souvent le Rhône, et plusieurs fois en foule, pour aller en Languedoc par le port de l'Ardoise.

Ce zèle des protestants d'Orange détermina le quatrième synode national, tenu au Désert en 1744, à charger les provinces du bas Languedoc et du Dauphiné , à commencer par la première, de fournir alternativement, six mois chacune, un pasteur à la ville d'Orange et à la Provence. Nous ne savons si, dès cette époque, des assemblées eurent lieu à Orange, mais cela paraît tout à fait vraisemblable , car, l'année suivante , on arrêta dans cette ville les protestants Faure , Loubeau et Martel, originaires de Vinsobres , Marquis et quelque

DE LA PRINCIPAUTÉ d'oRANGE. 383

autres, qui furent conduits dans les prisons de Grenoble, à l'exception de Martel, qu'on retint à Orange.

Le 22 juillet 1747, Antoine Magnan , maître cordonnier ; Michel Vial , même profession , et Gaspard Glaise, travailleurs de terre, domiciliés tous les trois à Orange, et accusés d'avoir assisté à une assemblée religieuse à Uzès, furent arrêtés à leur retour, sur l'ordre de Jean Lenain, chevalier et intendant du Languedoc, et détenus dans les prisons du fort Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. Magnan fut trouvé porteur d'un livre de psaumes, et Vial de la complainte manuscrite de la mort du ministre martyr, Matthieu Majal dit Désubas. Interrogés le 4 août suivant, sur l'ordre de Lenain, par Jacques Duret, conseiller du roi, maître général des ports de Villeneuve-lès-Avignon et subdélégué de l'intendance, ils ne purent être convaincus d'avoir assisté à ladite assemblée, et furent relâchés le 29 septembre , sous condition de payer les frais de leur détention , plus 27 livres pour ceux de leur interrogatoire (i).

Plusieurs années après , deux pasteurs de Provence présidèrent de fréquentes assemblées , à proximité de cette ville : Jacques Pic à partir de 1763 , et Pierre Martin à partir de 1767. Une lettre du temps nous dit que le premier « rarement y voyait la lumière du soleil ; une même nuit le voyait arriver, convoquer une assemblée religieuse, prêcher et repartir. » On peut croire que ces assemblées ne furent pas étrangères aux motifs qui déterminèrent le célèbre père Bridaine à prêcher, en 1758, à Orange une mission qui ramena plusieurs protestants dans le sein de l'Eglise romaine. Les protestants d'Orange se réunissaient, pour célé-

(1) Arch. de l'Hérault, C, 224.

brer leur culte, dans des grottes naturelles situées au midi de la ville. L'éboulement de l'une d'elles , arrivé subitement le lendemain d'une assemblée, préserva providentiellement de la mort plus de cinquante familles.

Au commencement d'avril '765, sur une fausse accusation lancée contre le pasteur qui présidait les assemblées d'Orange , cent hommes des volontaires de Clermont, aux ordres de l'officier de Chenevières , furent envoyés dans cette ville pour empêcher ces assemblées. On logea les soldats dans les casernes, et les officiers chez les habitants de l'une et l'autre religion. Les principaux protestants firent aussitôt part de leurs craintes au célèbre pasteur Paul Rabaut, de Nîmes, qui rédigea à leur intention un mémoire justificatif qu'ils adressèrent au duc César de Choiseul et au comte de Clermont- Tonnerre, intendant de la province du Dauphiné. Paul Rabaut leur conseilla en même temps de continuer leurs exercices , mais à une distance plus grande de la ville , et avec toute la prudence possible. Et comme il ne négligeait rien de ce qui avait trait aux intérêts de ses coreligionnaires, à quelque province qu'ils appartinssent, il recommanda leur affaire à Court de Gébelin, à Paris. (( Voyez, je vous prie, » lui disait-il, « s'il n'y aurait pas moyen de justifier auprès de M. de Choiseul ces braves gens, qui n'ont fait que ce qu'on fait partout ailleurs, et qui produit de si heureux effets, puisqu'il coupe court aux émigrations. Je soupçonnerais volontiers que l'emplacement de ces troupes cache quelque autre projet : à la bonne heure , ne dévoilons pas ce qu'on veut peut-être tenir secret. » Le pasteur Rabaut Saint-Etienne partageait l'avis de Paul Rabaut , son père, sur le motif politique qui avait conduit des soldats à Orange , mais nous ne saurions dire quel il pouvait être.

DE LA PRINCIPAUTÉ d'oRANGE. ;8i;

Aussitôt établi à Orange, Chenevières mit en campagne, tous les dimanches, un détachement de ses soldats, accompagné des cavaliers de la maréchaussée , pour disperser les assemblées ; mais celles-ci continuèrent comme antérieurement. Les pasteurs, toutefois, jugèrent sagç de ne pas les présider.

Cependant, Choiseul , désireux de savoir si le mémoire rédigé par Paul Rabaut lui avait été réellement adressé par les protestants d'Orange, chargea le juge de la ville de s'en enquérir. Ces derniers ne voulurent rien lui avouer parce qu'ils le savaient ennemi de leur religion; mais environ quarante d'entre eux (c'étaient les principaux de l'église) se rendirent auprès de Chenevières, lui déclarèrent que c'étaient bien eux qui avaient adressé le mémoire justificatif à Choiseul, et le prièrent d'assurer les ministres du roi de leur soumission et de leur fidélité. Le commandant, touché de cette démarche, prcfhiit d'en rendre bon compte à ses chefs, et assura qu'il n'avait que des choses avantageuses à dire sur la manière dont les protestants s'étaient comportés depuis qu'il était au milieu d'eux- (i).

ASSEMBLÉE SURPRISE. EMPRISONNEMENT DE PLUSIEURS ASSISTANTS. LEUR DÉLIVRANCE (1766-I771).

Le langage de Chenevières remplit de confiance les protestants d'Orange qui prirent la résolution d'avoir un pasteur spécialement affecté à leur service. Ils rédigè-

(I) Edmond Hugues, Antoine Court, t. II, p. iÇJ, 156; — Rabaut le jeune, Annuaire, p. 292, 295 ; — Bastet, Essai historique, etc., p. 253 ; — Ms. Court, n° 7, vol. 6, p. 59 et 284 ; — Lettres de Rabaut Saint-Etienne à Etienne Cliiron du 12 aurit 176J; de Paul Rabaut au même du 15 mai 1765 ; d'Armand à Paul Rabaut du 22 août 1765 (ms. des archives Sérusclat) ; — Arch. municip. d'Orange, GG, 58-47, 48; — Arch. de l'Hérault, C, 224.

rent dans ce but un Mémoire , signé par Daniel Chapat, Tournier, J. Meynard et Jourdan, qu'ils firent porter, par un de leurs anciens, au synode provincial du Dauphiné, assemblé au désert le i^"" avril 1766. La vénérable assemblée , présidée par le pasteur Jean Bérenger, acquiesça à leur projet. Mais un événement inattendu en empêcha la réalisation.

Le dimanche 8 mars 1768, réunis dans une grotte , les fidèles « lisaient l'Ecriture sainte, » dit Rabaut le Jeune, « un sermon de Saurin et chantaient les psaumes. Il n'y avait point de pasteur. Tout à coup, la force armée se présente, mais le chant continuait toujours, et la piété et la ferveur des fidèles leur laissaient à peine la réflexion du danger qui les menaçaient ; ils étaient à peu près quatre-vingts personnes, hommes, femmes et enfants. Plusieurs sommations de se disperser , faites avec éclat et dureté , étaient absorbées par les chants religieux. Enfin les soldats menacèrent de Taire feu. Nul cri d'effroi ne se fit entendre, quoiqu'il y eût des femmes et des enfants. Cela est digne de remarque. L'aspect des baïonnettes fit cesser les chants. Quelques chefs de famille, influents par leur moralité et leur fortune, se livrent aux soldats, invoquent et obtiennent, pour prix de leur dévouement, la liberté du reste de l'assemblée. Ces victimes généreuses étaient M M. Etienne Tournier, négociant ; Paul Bertin, propriétaire; Pierre Jourdan, négociant; Louis Guillaume, cultivateur... Ils furent conduits au cirque (ce sont les prisons de la ville). L'oflicier , craignant d'avoir poussé trop loin la sévérité, fit insinuer aux détenus de s'évader, offrant de protéger et d'assurer leur fuite. — Non , dirent ces hommes, qui unissaient la force de la raison à la chaleur du zèle, non, nous ne nous évaderons pas; l'autorité publique nous doit rendre la liberté , peut-être qu'elle

DE LA PRINCIPAUTÉ d'oRANGE. 587

nous expliquera pourquoi la force militaire nous l'a ravie.

» Ce fut M. Etienne Tournier qui parla pour et au nom de tous , soit au moment de l'arrestation dans la grotte, soit dans la prison. C'est lui qui contribua à inspirer à ses compagnons de captivité la fermeté qu'ils montrèrent.

» Après environ deux mois d'emprisonnement , un arrêt du Conseil , légalement signifié par les autorités compétentes d'alors , rendit ces citoyens estimables , fermes et vertueux, à leurs foyers et à leurs familles.

» Rendus à la liberté, dont ils n'auraient pas dû être privés, l'infatigable Etienne Tournier fut à Nîmes rendre compte au pasteur Paul Rabaut de cet événement. Ce pasteur, dont le nom était toujours prononcé avec amour et respect, lui dit ces paroles : « Votre petite église a donné un exemple de fermeté et de sagesse qui l'honore, auquel nos églises du Languedoc peuvent atteindre et ne peuvent dépasser. » Ce mot, dans la bouche de l'apôtre de la cause protestante, consola les confesseurs d'Orange de tout ce qu'ils avaient souffert pour elle. »

Cette délivrance causa une grande joie dans tout le pays, car comme Orange ressortissait politiquement au Dauphiné, on avait beaucoup craint que les prisonniers ne fussent livrés à la justice ordinaire et traduits devant le Parlement de Grenoble, un des plus impitoyables du royaume. A dater de ce moment , les protestants d'Orange ne furent plus inquiétés et tinrent leurs assemblées religieuses sans être poursuivis.

La mise en liberté de Tournier, Bertin , Jourdan et Guillaume ne coûta pas moins de 800 livres à l'église d'Orange , qui fut obligée d'envoyer deux députés à Grenoble, de faire rédiger divers placets'et d'indemniser de leurs dépenses plusieurs amis de Paris, notam-

ment Court de Gébelin , qui s'étaient employés activement à la délivrance des prisonniers (i).

l'église d'orange se pourvoit d'un pasteur spécial. DIFFÉREND ÉLEVÉ ENTRE CELUI-CI ET CELLE-LA

En 1772, l'église d'Orange, qui avait été évangélisée par les pasteurs de Provence Jacques Pic (1763- 1771) et Pierre Martin (1767- 177 1), et par Daniel Armand, du Dauphiné (1772) , fut assez heureuse pour posséder un pasteur en propre en s'unissant à celle de Saint-Paul-Trois-Châteaux. L'accord intervenu entre elles et leur pasteur fut signé le 3 décembre de cette même année (2). Les protestants d'Orange devaient contribuer au traitement du pasteur pour 600 livres et avoir les trois quarts des prédications , et ceux de Saint-Paul-Trois-Châteaux pour 200 livres et jouir de l'autre quart , mais avec l'obligation de payer « le louage du cheval que le pasteur montera et de l'homme qui l'accompagnera, nourrir et défrayer le pasteur tout le temps qu'il séjournera dans leur église. » Le pasteur Vouland le fils dit Roche , nommé par le synode provincial du Dauphiné à ce poste double , fut agréé par les deux églises.

C'était un homme de beaucoup d'esprit et un prédicateur remarquable ; mais il avait un caractère excentrique et l'humeur inconstante. II ne contenta point les fidèles d'Orange , qui adressèrent , à la date du 1 5 fé-

(1) Rabaut le jeune, Annuaire, p. 292, 295; — CI1. Coqiierel, Hisl. dés églises du Désert , t. II, p. 595, çii; — Pièces diverses relatives à l'hist. des prolesl. d'Orange (ms.).

(2) Par D. Chapat, Jourdan , J. Autraii , J. Meynard , Bouche, Jourdan , Vouland fils, pasteur

DE LA PRINCIPAUTÉ d'oRANGE. 389

vrier 1773 , au colloque de Nyons , présidé par Pierre Lombard dit Lachaux , pasteur de cette ville , un mémoire oij ils lui reprochaient de ne tenir aucun compte des avis du Consistoire, qui lui avait conseillé d'user d'une grande prudence dans une ville comme Orange , renfermant peu de protestants et une maréchaussée , et oij un pasteur s'étabhssait pour la première fois depuis les persécutions ; — de se montrer dans tous les quartiers de la ville et aux promenades publiques ; de s'être promené tout seul sur la place d'Orange , la veille de Noël, à minuit, « accoutré d'un bonnet de coton et d'une redingote ; » de se produire sans cesse dans les réunions publiques ; d'avoir assisté , l'épée au côté , à des bals et à des cafés de cinquante personnes, dont plus de la moitié étaient catholiques ; de prêcher constamment sur la charité en mettant en scène les personnes peu charitables de l'église ; d'avoir refusé de visiter un malade et de baptiser un enfant; d'avoir annoncé son intention de partir d'Orange sans congé ; changé , malgré l'avis du consistoire , les heures habituelles du culte , et cherché à désunir l'église en excitant le peuple , les femmes et les enfants contre les anciens du consistoire : en quoi il avait pleinement réussi.

Roche , de son côté , écrivit, à la date du 20 février 1773 , une lettre au pasteur Pierre Rozan dit Dunoyer, modérateur du synode du Dauphiné , oîi il présenta les faits sous un jour tout différent, si bien que ce dernier lui enjoignit de ne plus assister aux séances du consistoire d'Orange. Le colloque du bas Dauphiné , assemblé à Nyons pour examiner le différend , donna tort au consistoire, qui, il faut le dire, ne s'était pas fait représenter à la réunion, et qui, apprenant ce qui y avait été décidé, en exprima sa surprise et sa peine à Lachaux,

modérateur du colloque , et en appela au synode provincial.

Roche était soutenu par une minorité turbulente , • composée des anciens Fauchier, Pic et Roux. Le premier était un homme peu recommandable , paraît-il , aussi mauvais père qu'il avait été mauvais fils , qui mcontait aux catholiques ce qui se passait au sein du consistoire, et qui avait voulu se suicider à une certaine époque.

Le synode du Dauphiné , assemblé au Désert du 14 au 16 septembre 1773 , prit les résolutions suivantes sur cette fâcheuse affaire :

« Lecture ayant été faite du jugement que le colloque du quartier de Nyons a rendu contre une partie du consistoire d'Orange et contre M. Roche, la vénérable assemblée a approuvé ledit jugement, permettant toutefois audit consistoire de prouver, s'il lui est possible, que ledit colloque n'a pas été bien instruit lorsqu'il a prononcé son jugement ;

» Pour anéantir , autant qu'il est en nous , la malheureuse division qui a déchiré l'église d'Orange et ensevelir le passé dans un éternel oubli [et] les pièces présentées de part et d'autre avant que d'en faire la lecture , la charité se réveillant en eux , ils ont consenti d'anéantir tous leurs papiers; en conséquence la vénérable assemblée , quoiqu'elle ait trouvé sage et prudente la conduite du colloque du quartier, anéantit le jugement qu'il rendit à cette occasion.

» Après ladite réconciliation faite et exécutée, M. Roche a demandé avec instance d'être déchargé de la desserte de cette église : ce que l'assemblée lui a accordé.

» En suite de l'article ci-dessus , la vénérable assemblée enjoint à M. Roche de se rendre incessamment à Orange pour y donner un sermon . et d'annoncer aux

fidèles les dispositions pacifiques que le synode souhaite que lui, M. Roche, et ses parties revêtent; et comme ses honoraires ne lui ont pas été payés en totalité , l'assemblée enjoint à l'église d'Orange de lui en compter le reliquat, à défaut de quoi elle sera privée de tout autre pasteur ; et qu'en outre le synode écrira une lettre à l'église d'Orange pour lui faire part de la réconciliation de son consistoire avec son pasteur, qui aura surtout pour but de la faire entrer dans les mêmes dispositions où viennent d'entrer M. Roche et les anciens de ladite église. »

Cette lettre fut signée par le bureau du synode composé de Bérenger, pasteur et modérateur; Rozan , pasteur et modérateur adjoint; Ranc, pasteur et secrétaire. Nous sommes entré dans les détails de ce différend, pour montrer dans quel esprit de sagesse et de charité les synodes savaient résoudre les questions délicates soumises à leur examen.

Roche quitta Orange en 1774 et fut placé « le long de la Drôme, » et, en attendant que les églises unies d'Orange et de Saint-Paul-Trois-Châteaux fussent pourvues d'un pasteur particulier, les pasteurs Pierre Rozan dit Diinoyer, François Descours dit Delacour, Alexandre Ranc dit Lacombe et César Reboul dit Duvivier furent chargés de desservir, par trimestre, Saint-Paul- Trois-Châteaux , et Pierre Lombard dit Lachaux de présider les quatre services annuels de communion à Orange. Ce dernier reçut en même temps , de la part du synode , la mission de s'adresser à la province du bas Languedoc, et même de s'y rendre exprés, pour s'enquérir d'un pasteur qui pût s'établir à Orange. Lachaux écrivit dans ce but plusieurs lettres à Paul Rabaut ; mais elles n'amenèrent aucun résultat , parce que les pasteurs étaient encore très peu nombreux en

:î92 histoire DES PROTESTANTS

France à cette époque. L'église d'Orange ne resta pas pour cela sans services religieux , et fut visitée par les pasteur De Sabatier, des Cévennes , en 1774, et J. Chabaud , de Provence, en 1775, sans parler des courses périodiques de Lombard-Lachaux , de 1774 à 1777 (1).

l'église d''orange pendant les dernières années DU dix-huitième siècle (1775-1793)-

L'église d'Orange, qui n'avait pas encore de pasteur en 1775, chargea ses députés au synode du Dauphiné des 6 et 7 septembre de cette même année , de demander à la vénérable compagnie le proposant Frédéric-David Bertrand qui, si le synode voulait bien y consentir, serait chargé des prédications, tandis que Lachaux continuerait à administrer les sacrements et à bénir les mariages. Bien que les actes du synode se taisent sur cet arrangement et portent seulement que Lachaux continuera à desservir « le quartier de Nyons , y compris Orange, » il paraît qu'il eut l'agrément de la vénérable assemblée, car nous voyons Bertrand donner quittance, le 22 juin 1776, à l'église d'Orange, d'un acompte de 102 livres qu'il avait reçu d'elle sur ses honoraires, et il était encore à sa tête en 1777.

Bertrand eut pour successeur le pasteur Ricour, du bas Languedoc, de 1777 à 1778.

Après le départ de ce dernier, l'église d'Orange fut visitée par les pasteurs César Reboul dit Duvivier, du Dauphiné, J. Chambaud et Nogaret , de Provence (1778).

(i) Pièces diverses relatives à iliist. des prot. d'Orange (ms.) ; — Actes du synode du Dauph. de 1783 ; — Actes du colloque de l'arrondissement de Nyons (ms.) ; — E. Arnaud, Hist. des prot. du Dauph., t. III , p. 516-517; — Arch. inunicip. d'Orange, GG, 58-47.

DE LA PRINCIPAUTÉ d'oRANGE. ^93

De 1778 à 1784, c'est le pasteur Constantin Clauzel qui dessert Orange (i), et de (785 à 1793 , apparaît de nouveau Bertrand, qui avait épousé M"^ Plumail , de cette ville. C'est sous le ministère de ce pasteur que les protestants d'Orange , se fondant sur la déclaration des droits de l'homme des 21 et 23 août 1789, demandèrent le 4 mai 1791 , à la municipalité d'Orange, l'autorisation de s'assembler pour la célébration de leur culte, soit à la ville, soit à la, campagne. Cette autorisation , tant les moeurs étaient encore intolérantes dans le midi de la France , ne leur fut accordée que le 4 mai de l'année suivante, plusieurs mois après la promulgation de la constitution du 3 septembre 1791 , garantissant « la liberté à tout homme d'exercer le culte religieux auquel il est attaché. »

Ajoutons, pour terminer cette histoire, que les protestants d'Orange, le 1 1 frimaire an II (i*^'' décembre 1793), firent offrande à la patrie, par l'entremise de Jean Bouche, ancien de leur consistoire, d'un bassin d'argent, servant à la communion, du poids de 3 marcs et i once, et que le cuhe public , après les orages de la Révolution et la promulgation de la. loi de germinal an X (8 avril 1802), fut solennellement inauguré à Orange, le 7 messidor an X (26 juin 1802), dans un local situé sur le cours Saint-Martin par un service religieux spécial , que présida le pasteur Roux, d'Uzès, en présence d'un grand concours de fidèles et des autorités de la ville. La justice fut tardive , mais son jour arriva (2) !

(i) On recueillit dans légli^e pour ses honoraires, en 1780, 430 1. 10 s.; en 1781, 415 1. 10 s. (60 souscripteurs); en 1782, 402 1. (J7 id.); en 1783 , 457 1. 5 s. (54 id.) ; en 1784, 372 1. [id., id.). — L'abonnement des chaises produisit en 1782, 1^4 1. 2 s.; et en 1783, 122 1. 14 s. Dans ces sommes n'étaient pas comprises les collectes faites chaque dimanche pour les pauvres à l'issue du service et qui produisaient en moyenne 200 I. par an.

(2) Pièces diverses relat. à l'hisf. des prot. d'Orange (,ms.) ; — Actes du

394 HISTOIRE DES PROTESTANTS DE LA PRINCIPAUTÉ d'oRANGE. PASTEURS d'orange PENDANT LA PÉRIODE DU DÉSERT.

A poste fixe. En visite.

Jacques Pic, de

Provence.. . 176 3- 1771 Pierre Martin ,

de Provence. 1 767-1 771 Vouland fils dit Daniel Armand,

Roche.. . . 1772-1774 duDauphiné. 1772

DeSabatier,des

Cévennes . . 1774

J. Chabaud, de

Provence.. . 1775

David Bertrand Lombard -La -

(proposant). 1775-1777 chaux, duDau-

phiné 1 774-1 777

Ricour 1777- 1778 César Reboul

dit Duvivier, duDauphiné. 1777- 1778 J. Chabaud, déjà nommé.. . ^77^ ConstantinClau- Nogaret,dePro-

zel 1778- 1784 vence. . . . 1778

David Bertrand

déjà nommé, i 785-1 791

syn. duDauph. de 1775 (ms.); — E. Arnaud, Hist. des prot. du Daiiph., t. III, p. 520, 521 ; — Arch. municip. d'Orange, GG, ;8-47.

ÉTUDIANTS d'orange IMMATRICULÉS A l'aCADÉMIE

DE GENÈVE (l).

M84. Jeremias Cassetus Araugiensis bonarum artium stud. 1595, 9 août. Anthonius Decrosa stud. theol. Arausiensis. 1601. Sebastianus Jaïus (2) Arausiensis patria et génère principalis.

» PetTus Gerinus Arausiensis.

1608. Simon Desiderius Arausiensis.

1609. Raphaël Gabet (3) Arausiensis.

1616, 23 avril. Johannus Serranus Arausiensis filius Johannis Ser-

rani historiographi regii.

1624, octobre. Alexander Mauricius Arausiensis. 1649. Claudius Chamard Arausiensis.

1659, 26 septembre. Bartholomseus Pielat (4) Arausiensis filius

Jacobi Pielat pastoris studiosus S. S. theologise nomen dédit.

1660, 26 décembre. Franciscus Gamondosius Arausionensis filius

Joannis Gamond.

1661, 7 septembre. Andréas Reynaud Arausionensis.

{i) Le livre du Recteur, etc.

(2) Pasteur à Vesc, 1602-1657, vraisemblablement (E. Arnaud, Hist. des prot. du Dauph., t. II, p. 404).

(5) Pasteur en Provence, i6i6-i6i8 (voy. t. I, p. 462). (4) Pasteur à Meaux en 1059 (voy. La France protestante).

1665, decimo kal. oct. Phineas Pielat (i) Arausionensis.

1666, 27 décembre. Jacobus Derodon Arausionensis. 1677, 26 novembre. Andréas Corregius (2) Auraicensis. 1694, 30 octobre. Joannes Ougier Arausionensis philos, stud. 1703, 14 mai. Andréas Convenentius Aurausionensis.

» 5 septembre. Frédéric Reinaudde La Tour Arausionensis humaniorum litterarum studiosus.

i;"io, 12 septembre. Paulus Vilhet Arausionensis phil. stud. 171 5, 14 mai. Andréas Marquis Arausiacus,

1718, 31 octobre. Stephanus Roussière Arausionensis philol. st.

1719, i^ mai. Petrus Roussière Arausionensis.

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