Condorcet
Le synode national de Privas accorda un secours à cette église en 16 14.
Les commissaires exécuteurs de 1664 y condamnèrent Texercice public , mais ils maintinrent Texercice particulier du seigneur, tout en se partageant sur les conditions auxquelles il devait avoir lieu. Sa population protestante se composait de 60 familles en 1687.
Condorcet possédait à la veille de la révocation de Tédit de Nantes un temple et un capital de 184 livres.
Elle avait pour annexes Villeperdrix et Léoux. Il y avait aussi des protestants à Saint-FerréoL
La première église était adjointe à La Motte-Chalancon avant 1610. A cette dernière date on la rattacha à Con-
(i) Voy. notre Notice tur les cùntrov. religieuses en Dauphiné, P« 4i«
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dorcet. Les commissaires exécuteurs de 1664 y condamnèrent Texercice, de même qu'à Léoux. A l'époque de la révocation Villeperdrix possédait un cimetière. Léoux comptait 33 familles protestantes en 1687, Villeperdrix seulement i et Saint- Ferréol 6.
Pasteurs : Jules Fevot 1609, Jean G>rdeil 1611-1622, Jacques Bouvier 1626, Jacques Piélat 1637, Magnet 1660, André Corrége i683.
g. — Le Buis.
Quand les subdélégués des commissaires exécuteurs de redit de Nantes vinrent au Buis, le 21 novembre iSgg, les protestants du lieu leur représentèrent que l'exercice de la religion réformée avait eu lieu au Buis de i562 à i568y mais qu'à cette date les réformés furent obligés de quitter la ville « pour éviter le péril et danger de leur vie ». Les subdélégués décidèrent que les postulants se pourvoiraient directement devant les commissaires^ et que, si l'exercice était continué ou rétabli au Buis , la communauté devait leur donner un lieu propice pour bâtir un temple à leurs frais. En attendant , les subdélégués ordonnèrent que les protestants restitueraient dans la quinzaine le cimetière qu'ils détenaient et que la communauté leur en achèterait un autre; que les enfants protestants seraient reçus au collège comme les catholiques; que l'abbaye de Maugouvert, les charivaris, les masques et les danses publiques cesseraient ;- que le premier consul serait catholique , le second ou le troisième protestant, le conseil général composé de 3o membres, dont 10 protestants , et le conseil particulier de 1 2 membres , dont 4 protestants.
Sur la question de l'exercice, les commissaires exécuteurs chargèrent le vibailli du Buis d'informer « si l'exercice de la
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R. P. R. était feit publiquement, en quel lieu et en quelle forme, en la ville du Buis es années 1576 et 1677 ». Les catholiques prétendaient qu'en Tannée 1577 il n'y avait eu au Buis ni exercice ni ministre , mais seulement un écolier qui faisait lecture de quelques prières dans son école. Les protestants assuraient au contraire qu'ils étaient en possession de Texercice depuis 9 ans. Nous ne savons quel fut le résultat de Tenquête , mais nous sommes porté à croire qu'il ne fut pas favorable aux protestants et que Le Buis jouit du droit d'exercice en tant que lieu du bailliage des montagnes et non pour avoir prouvé qu'elle possédait cet exercice en 1677, iSgô et 1597. Quoi qu'il en soit, il y avait un pasteur dans l'église en 1600. Elle fut secourue par le synode de Privas de i6i!2. Les commissaires de 1664 se partagèrent sur le maintien de son droit d'exercice.
Le 28 septembre i685, le parlement de Grenoble, jugeant un appel de la sentence du vibailli du Buis du i5 décembre 1668, condamna Marie Sigaud, femme de Pierre Vachon, et le pasteur Paul Charlet à a absenter » du ressort du bailliage du Buis pendant 5 ans , interdit à Charlet les fonctions du , ministère pendant toute sa vie, supprima le consis- . toire , défendit à perpétuité l'exercice de la religion réformée au Buis et dans son mandement , ordonna la démolition du temple et l'élévation sur son emplacement d'une croix en pierre pour y demeurer à perpétuité , donna les matériaux et l'emplacement du temple et les biens du consistoire à l'hôpital général du Buis, et prononça l'expulsion inmiédiate de tous les proposants et ministres qui se trouvaient dans cette localité. Le pasteur et la Sigaud étaient accusés d'avoir prononcé des discours scandaleux et injurieux pour la religion catholique, apostolique et romaine. Les anciens du consistoire étaient René Simon, Pierre Reydel, Laurent Bertrand et Daniel Dupont. Chacun d'eux fut condamné à 3o livres d'amende.
Il y eut une dispute religieuse au Buis entre le pasteur Martinet et le Jésuite Suffren '.
Le Buis avait pour annexes Mollam et Mérindol de Dauphiné.
Boyer de Sainte-Marthe^ raconte que Joseph-Marie de Suarès, évêque de Vaison, se plaignit à rassemblée du clergé en 1645 et 1646 « que la dame de MoUans, s^étant déclarée hérétique depuis peu à la persuasion de son mari , ne se contentait pas de faire prêcher dans son château pour elle et pour ses domestiques, conformément à Tédit de Nantes, elle y appelait les hérétiques du voisinage : ce qui était d'autant plus dangereux que MoUans se pouvait fortifier dans peu de temps et était comme la porte des Baronnies ». Les commissaires exécuteurs de 1664 condamnèrent Texercice public à MoUans, mais Us maintinrent l'exercice particulier du seigneur, qui était haut justicier.
Quant à Mérindol , Texercice public y fut condamné par les mêmes commissaires , qui toutefois se partagèrent sur le maintien de l'exercice particulier du seigneur, le sieur de Brégon, qui était haut justicier. Le commissaire cathpliquc allégua que son fief était une terre de domaine.
Il y avait aussi des protestants à Eygaliers, mais nous ne savons si l'exercice y fut jamais permis.
Pasteurs : François Vial 1672, de La Roche fin du XVI* siècle, Jean Petit 1600- 1604, Jules Fevot 1607-1608, Jean Martinet 1612-1617, Jean Petit (de nouveau) 1617-1622, François Murât fils 1660, Paul Charlet i685.
(i) Voy. notre Notice sur les controv, reltg. en Dauphiné, p. 3o. (2) Hist. de Véglise cath, de Vaison, p. 225.