‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 62 sur 96 · V. - COLLOQUE DU DIOIS · texte numérisé non relu

V. - COLLOQUE DU DIOIS

Ce colloque comptait 14 églises, 41 annexes autorisées et 17 non autorisées.

Vie\

Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes y assistés de Basset et La Baume, conseillers au parlement, et des sieurs Armand et Barsac, maîtres auditeurs à la cour des comptes, lurent solennellement Tédit à Tévêché, le 5 novembre 1 599, en présence de Gouvemet, sénéchal de Valentinois et Diois et commandant du Diois et des Baronnies , du baron d'Aix, son fils, pourvu à survivance du commandement du Diois, du sieur de Gironde, grand vicaire de révêque de Valence et de Die , des consuls et de plusieurs notables ecclésiastiques, gentilshommes, bourgeois, marchands et artisans en grand nombre, tant de Tune que de Tautre religion, et leur en firent jurer l'observation. Les protestants étaient représentés par Charles Ducros , avocat , plus tard président à la chambre de Tédit.

Le lendemain, 6 novembre, les commissaires reconnurent le droit d^exercice de Péglise de Die et décidèrent que la cloche de Thorloge, placée sur Téglise de Notre-Dame et dont la possession était réclamée à la fois par les catholiques et la communauté, demeurerait spécialement affectée à ladite horloge et servirait à la convocation des assemblées de la maison de ville , du bureau des pauvres et pour donner avis du feu; que les catholiques et les protestants achèteraient

(i) Mémoires du consistoire de Die, i6oi-i685 (Mns.); — Conclusions du conseil académique de Die, 1604- 1668 (Mns.).

chacutis une cloche dans un mois, et que jusque-là celle de rhorloge serait à leur disposition pour annoncer leurs divers exercices ; que les protestants observeraient les fêtes telles qu'elles avaient été fixées par Tévêque de Valence le 12 juillet 1557; que sur 2 consuls i serait catholique, sur 12 membres du conseil particulier 3 catholiques y et sur 24 du conseil général 6 catholiques , « attendu le petit nombre qui est en la ville de ceux de la religion catholique , apostolique et romaine ».

Cette ordonnance fut confirmée par les commissaires de 1606, 161 2 (7 août) et 1614 (5 mars). Ces derniers stipulèrent toutefois que le conseil communal serait composé de 80 membres, dont 16 catholiques. C'étaient les mêmes proportions que précédemment. Un arrêt du conseil du roi de 1629 fixa le chiffre des conseillers à 24, dont 12 catholiques et 12 protestants.

Dès le commencement du XVI* siècle (1602), outre ses deux pasteurs, qui prêchaient au temple et au collège, Tégiise avait deux diacres , Pierre Barnier et Abel de Rodon ^ qui faisaient les prières au temple et assistaient les malades. Ils touchaient 16 écus de gages.

En x6io réglise ayant demandé au synode d'Embrun que toutes les églises de la province se joignissent à elle dans la poursuite qu'elle dirigeait contre l'évêque de Valence et de Die, qui privait « ceux de la religion de la province des offices de judicature et dépendances », la vénérable compagnie accéda à son vœu et chargea le procureur des églises du Dauphiné de se porter partie dans cette af&ire.

Le 20 novembre 1618 l'église de Die pria la compagnie des pasteurs de Genève âe lui prêter un pasteur, et un mois après (18 décembre) elle lui demanda spécialement de Lacoste, qui était pasteur et professeur à l'académie de cette ville. Lacoste dut arriver à Die dans les premiers jours de janvier et fiit accordé pour un temps indéterminé, ce dont le

consistoire remercia vivement la vénérable compagnie y le 4 janvier 161 9.

A la mort du pasteur de Saignes, survenue en février 1624, le consistoire demanda de nouveau (8 avril) un pasteur à Genève. Le colloque du Diois, réuni à Saint- Julienen-Quint (25 avril), appuya chaudement sa demande, eir faisant remarquer que Téglise de Die « a été d^ancienneté importante et recommandable pour être numéreuse, située au coeur de la province ». Les lettres furent portées par Sharp y professeur de théologie à Tacadémie. La compagnie prêta le pasteur Chabrey; mais, comme il était étranger, le visénéchal de Montélimar, quoique très-affectionné aux protestants, s^opposa à sa venue. Pour lever la difficulté, le consistoire députa à la cour Ducros, président de la chambre de redit de Grenoble , qui écrivit au consistoire de Die que les pasteurs originaires de Genève, Sedan et Orange n^étalent pas considérés comme étrangers, et que Chabrey pouvait venir prendre son poste. Le consistoire en informa aussitôt (5 nov.) la vénérable compagnie, qui répondit que malheureusement Chabrey n'était plus libre *.

Le synode national de Castres de 1626 chargea Péglise de Die, à raison de son importance et de sa position retranchée au sein des montagnes du Dauphiné, d^être la gardienne des archives de la province.

Le 29 mars 1661, un arrêt du parlement de Grenoble ordonna aux habitants réformés de Die de restituer, avec les intérêts pendant 3o ans, les biens meubles et immeubles que le couvent des Frères mineurs de Saint-Thomas avait cédés à la ville le 3o juin i56i. Un second arrêt du même corps, en date du 12 août 1664, fixa ces intérêts au dertier

-^ Arcb. du conseil de Genève, N." 2760.

Les commissaires exécuteurs de Pédit de Nantes de 1664 maintinrent le droit d'exercice de l'église de Die , mais s'accordèrent à demander la démolition du temple , parce qu'il était construit sur l'emplacement d'une ancienne église que les protestants avaient ruinée pendant les troubles. Ils se partagèrent toutefois sur la question de savoir si Tédifice serait reconstruit dans l'intérieur ou en dehors de la ville. Le temple avait été bâti en 1679, en vertu d'une ordonnance de Lesdiguières du 2 octobre de la même année, qui affectait aux frais de sa construction les revenus ecclésiastiques de la ville. On avait choisi son emplacement sur le sol de l'église ruinée de Saint-Main* et démoli sans façon, pour se procurer des matériaux , les contre-forts et les premières assises en pierre de taille dç la face nord de la cathédrale.

I-e i3 décembre 161 5 le consistoire décida d'acheter, « tant pour agrandir le temple que pour loger un pasteur... une maison et^ jardin , que joint le temple , qui appartenait aux exécutions, lesquels se trouvent maintenant en vente »; et en 1675 il fit reconstruire l'amphithéâtre qui régnait tout autour de l'édifice et qui , à dater de ce moment , comprit quatre rangs de bancs. Les fenêtres furent aussi agrandies et on pratiqua au couvert des ouvertures pour donner plus de jour dans l'intérieur de l'édifice.

Le temple n'avait pas primitivement de cloche (les protestants se servant de celle de l'horloge); mais en 1600 on en fit fondre une à Die par Durand Touvenin, maître fondeur, natif de Nîmes et domicilié à Gap. Elle pesait 16 quintaux et coûta 22 écus de façon. Elle se rompit en 1612 et fut

(i) Ou Saint" Afay-f diaprés les Mémoires de la maison des Gqy. Aujourd'hui le préau de la salle d^asîle catholique, située tout proche de Thôpital de la Croix, et borné au nord par la place du Temple et au levant par la rue du Temple. Ad. Rochas se trompe en lui assignant une autre place dans L'Écho du Dauphiné, 1861, N.* id.

refondue par Simon Tupain , marchand fondeur de Leneycourt en Bassini de Lorraine. Elle pesait près de 17 quintaux et coûta 5o livres de façon. Elle subsista jusqu'à la révocation de redit de Nantes. Le temple n'ayant pas de clocher, le consistoire acheta une maison pour en tenir lieu.

L^églîse de Die fut supprimée et le temple démoli en vertu d'un arrêt du conseil du roi du 3o juillet i685. L'église possédait à cette époque l'emplacement et les matériaux du temple, une cloche de 17 quintaux, un cimetière, situé près delà porte Saint-Pierre, une vigne de 3 émines, une herme à Saint-Servin, deux maisons, l'une servant de clocher, l'autre de collège , avec une basse-cour et un petit jardin , la petite cloche du collège, des outils d'imprimerie, de la valeur de 800 livres , un capital de i i,33o livres et 19 livres de rentes.

Il y eut de nombreuses disputes religieuses à Die entre les pasteurs et professeurs de l'académie et les prêtres catholiques. Nous signalerons celles de Sharp, professeur de théologie , avec le juge mage Rambaud en 161 3 ; du même avec le Jésuite Arnoux en 161 3; de Daniel Peyrol, de Die, pasteur à Montpellier, avec les Jésuites de Die en 1 614; de Sharp avec Ferrari, professeur apostat, en 161 6; de Gaspard Martin, Capucin converti, avec les mêmes Jésuites en 1618; du professeur Visconti avec le Jésuite Isnard en 161 9; de Martinet, pasteur, avec le même en 1619 *.

Les registres des délibérations du consistoire de Die sont conservés aux archives départementales de la Drôme et s'étendent des années 160 1 à r685, avec quelques lacunes. Voici un aperçu des matières diverses qui y sont traitées.

1601-1610. Délibérations sur les réprimandes à donner à

(i) Voy. notre Notice sur le$^ controverses religieuses en Dauphiné, p. 23- 29, 3 1-36.

un artisan qui « a recouru aux sorciers ou égyptiens »; à ceux qui se spnt adressés aux bohémiens « pour avoir leur bonne fortune »; aux personnes de la religion qui sont entrées « dans Téglise où le service romain s^êxerce , pour voir certain fatras qu'on y a dressé de nouveau touchant ridolâtrie » ; — sur la réduction du nombre des anciens du consistoire à 25, savoir : à la Grand' Hue, Claude Roy, Jean Chion, Siméon Chabanas, Claude Gâche, Antoine Gay; à la Place, de Vercors, capitaine Chabanas, Daniel Gay, Jean Coquet, Daniel Maillefaud; à Saint-Marcel, François Revol, Isaac Lanfrey, Daniel Peyrol, Maxcellin Ducros, Jean Dupuy ; à Villeneuve, Pierre Bertrand, Pierre Chastel, Pierre Guillot, Jean Masseron, Jean Âppais; à V Armellerie , de La Pierre, Poudrel, Vincent Terrasson, David Lambert, Antoine Liotard; — sur les observations à faire « à Mgr de Gouvernât , le jour qu'il a été en cette ville, de ce qu'il a souifert la danse publiquement à son logis au mariage de M. le juge Gilbert » *, — sur le bruit que le prédicateur jésuite a dit en chaire « que le roi paie les ministres des hérétiques et fait mourir les bons catholiques » , propos qui tendent à sédition; — sur la conduite de Liotard, ancien du consistoire, qui, au retour du colloque de La Baume- Cornillane, où il a été député j « joua aux cartes au Vercors et perdit six écus et les papiers qu'il portait » ; — sur le choix du sieur de La Colombière pour pasteur de Die, « qui pourra beaucoup servir à ladite église )> , aux gages de 200 écus.

1614-1617. Délibérations concernant « diverses accusations avancées contre le sieur de La Colombière par certains avocats ». Le consistoire atteste que ce pasteur « n'a dit aucune chose contre la prétendue société des garçons de la ville, dont le sieur Laureqs, l'un desdits avocats, était le chef; qu'il n'a prêché ni en public ni en particulier aucune hérésie ni mauvaise doctrine, mais la pure vérité à édifica-

tion y et fait sa charge en bon pasteur i> ; — une députation à envoyer <c au baron d^ Aix , étant au pays y afin de le prier de donner quelque chose pour Tentretenement des pas* teurs » ; — Tinformation à faire contre « les insolences com^ mises par ceux qui y masqués y ont accompagné le carêmeentrant avec scandale dans Téglise d* Ils seront appelés et censurés y et pour que « ces insolences ne prennent pied en leur église^ M. le courrier Bertrand sera appelé pour le prier d^y avoir Tœil y afin que son autorité les retienne et les empêche à ne commettre telles fautes et scandales , qui sont prohibés tant par les édits de Sa Majesté que par le règlement des seigneurs commissaires députés pour rétablissement de redit de paix ».

1628-1639 \ Délibérations sur le remboursement de 120 livres de Taisent de la collecte destinée à Téglise de Mens tt à cause du brûlement dudit lieu » ; — sur la &ute dCAv^ chinard, qui a fait travailler « le jour de jeûne » ; — sur le blâme à infliger à Faure et à Nicolas y qui « ont fait la fête Saint-Crépin et sont allés par la ville en plein jour avec le ménétrier » \ — sur Tappel de Tordonnance du juge mage portant injonction «c à tous manants et habitants de la ville y de quelque qualité et condition quUls soient, de parer devant leurs maisons le jour de la Fête-Dieu p ; — sur la défense à feire au peuple « d'aller ouïr le prédicateur papiste en ses sermons », et aux femmes et filles d'aller « visiter les nonnains de nouveau établis » ; — sur la conduite à tenir dans Taffiiire de Bouteroue , pasteur à Grenoble , qui en sa prédication, parlant de Tarrêt des tentures, « aurait défendu hardiment et courageusement d'obéir à un tel arrêt, étant opposé à redit de paix et à la volonté et parole sacrée du roi » ; — sur les actions de grâces solennelles et extraordi-

(1) 16x8-1627 manquent,

naires pour l^heureuse naissance da prince dauphin (i638];

— sur la construction d^un autre temple, « puisque celui-d ne peut ni doit être agrandi, parce que la place nous est peu assurée ». Ce nouveau temple ne fut pas construit.

1639-1642. Délibérations relatives à une coUeae pour réglise de La Mure, où un incendie a consumé presque toutes les maisons le 29 juin 1639 ; — à Tabjuration d^Ignace Dolet, écuyer, de Clairval en Bourgogne, fils de noble François Dolet, écuyer, et de Jean Danicham, « ci-devant moine de Tordre prétendu des Carmes réformés , » professeur de philosophie et de théologie scolastique à Bordeaux , Toulouse et Limoges -, — à l'avertissement produit au conseil privé du roi par le sieur ÛelouUe , doyen du chapitre de Die , où les habitants de ladite ville fisdsant profession de la religion sont qualifiés de séditieux et mutins, <k plus factieux aujourd'hui qu'ils ne Tétaient avant la prise de La Rochelle ». Il est conclu que Tévêque de Valence et de Die, leur seigneur temporel, sera supplié de rendre témoignage de leur innocence et des preuves qu'ils ont données de leur inviolable fidélité au bien du service de Sa Majesté ; — à la bénédiction du mariage du sieur Terrisse, professeur en philosophie, par Janvier, pasteur, après le premier coup de cloche, contrairement à l'usage ; — aux insolences des jeunes gens « qui se nomment de la société », contre lesquels il faut procéder « par censures ecclésiastiques, et que, si cela ne suffit pas , prier les magistrats , consuls et le lieutenant de Mgr le gouverneur de cette ville d'interposer leur autorité pour empêcher et punir de tels scandales ».

1642-1652. Délibérations concernant les déclarations faites par Louise Ârthaud de Montauban et Françoise de Sarrasin, femme de M. de Genthon, de Tallard, de renoncer pour « toujours aux erreurs et superstitions de Téglise romaine » ;

— Timposition sur les habitants de la ville faisant profession de la religion réformée de deux tailles s'élevant à 600 livres

pour le paiement des pasteurs , diacres de Téglise , professeurs et régents de Pacadémie; — la punition d'une fille séduite par tin papiste ; « elle est suspendue de la table^du Seigneur pendant trois mois , et , outre ce , elle fera reconnaissance de sa faute publiquement en rassemblée des fidèles » ; — Tagrandissement des galeries du temple.

1669- 1662. Délibérations sur le travail du dimanche; il est conclu d'empêcher aux barbiers d'ouvrir leurs boutiques, (c aux tavemiers leurs tavernes, à ceux qui ont des bouchons de donner du vin pendant le prêche » , et de faire défenses de jouer aux cartes autour des murailles et de danser ; — sur les prédications dominicales, dont Crégut, « grandement incommodé de sa santé », désire d'être déchargé, « étant assez occupé en l'académie par les exercices de professeur en théologie ». Il est conclu qu'il sera prié de donner à l'église de Die une prédication de quinzaine en quinzaine le dimanche matin, moyennant 100 livres par an ; que Maillefaud prêchera les autres dimanches et Julian le mardi matin ; que ce dernier fera le catéchisme le dimanche soir, visitera et consolera les malades et assistera aux enterrements , aux gages de 3oi livres par an ; — sur l'observation inviolable de l'arrêté du synode national de Loudun enjoignant aux pasteurs de continuer l'exercice de leur charge dans les annexes et aux troupeaux de ne rien épargner pour soutenir et maintenir leurs pasteurs.

-1662-1674. Délibérations relatives aux prédications de de Joux et Julian. Le premier, ayant promis de prêcher deux fois le dimanche et une fois le jeudi, suivant l'ordre du synode, ne peut être dispensé de ce service , et « le seul soulagement qu'il peut attendre est celui qu'il peut se donner en faisant ses actions plus courtes ». Quant à Julian, il est prié aussi de s'en tenir aux termes de sa convention ; ^ à l'envoi de fonds à l'avocat Charnier pour qu'il retourne à Valence, auprès de M. d'Arbalestier, sieur de Beaufort et Montclar,

« pour soutenir et défendre les intérêts des églises, » menacées de perdre leurs privilèges et attaquées par des adversaires puissants » ; — à la députation de de Joux à Paris pour les affaires de Tacadémie ; — à Tinvitation adressée au sieur dTze, professeur en théologie, de vouloir bien donner une prédication tous les dimanches.

1 671- 1673. Délibérations concernant la seconde prédication du dimanche , dont de Joux demande à être déchargé, sans diminution des 660 livres de ses états; — la diminution des galeries des écoliers, afin d'empêcher toute communication des habitants avec eux ; — Pimposition annuelle de i,5oo livres sur ceux de la religion domiciliés à Die pour le paiement des ministres, diacres, voyages du synode, .entretien de bâtiments et autres charges; — la réduction de la cote due par la veuve Magnan, « chargée d'une grosse famille et réduite à une grande pauvreté »•

167 3-1679. Délibérations sur l'abjuration de Louis Rambaud, avoca^t, premier consul à Die, auquel Dieu a fait la grâce « de connaître la vérité salutaire.professée parmi nous », et de Suzanne, sa fille; — sur le règlement des places du temple; « le consistoire prend à soi tous les bancs du temple, sans qu'un seul particulier puisse s'en attribuer aucun ; » on fera un nouvel amphithéâtre, qui regardera tout autour du bas-rond dudit temple ; on fera un parquet devant la chaire pour le consistoire; on placera dans ledit parquet deux tables de communion ; on paiera un écu pour chacune des placés qu'on voudra avoir dans quelqu'un des trois bancs supérieurs de l'amphithéâtre et quarante sols pour chacune des places qu'on voudra avoir au banc inférieur ; le plat fond ne sera occupé que par des femmes ' ».

(i) Ce règlement fut Bût par a MM. les conseillers [à la chambre de Tédit de Grenoble] de Bardonnenche et de Gilliers, MM. d^Engilboud^ du Croc, d*lze et de Joux, nommés par le consistoire, 9 le 18 avril 1675.

1679- 1685. Délibérations concernant l'exhibition des papiers de l'église de Die au recteur des pauvres de l'hôpital de la Croix et le dépôt des rôles et comptes depuis 29 ans rière le greffe de l'intendant; — la demande au prochain synode de Gautier pour continuer le ministère dans l'église de Die , « qui a toutes sortes d'occasions pour le louer de sa conduite, » aux gages de 660 livres; — la députation de Bonnet ou de Terrasson au conseil des églises « pour porter plainte de ce que le sieur curé et Jésuite Barnouin ont fait planter une croix à la porte du temple » ; — l'imposition sur ceux de la religion à Die, Aix, etc., pour contribuer à la subsistance des dragons du chevalier de Tessé ; — la célébration d'un jeûne public le dimanche 29 juin 168 1 et la leaure publique d'un règlement portant : « Les deux plus grands fléaux que l'église ait à craindre et qui se %uivent nécessairement sont les désordres du péché et les eSets de la colère de Dieu. Les désordres du péché la dépouillent de sa beauté et de sa gloire intérieure, la rendent odieuse aux yeux de Dieu , et les effets de la colère du ciel la dépouillent de tout l'éclat qu'elle peut avoir dansie monde, la rendant odieuse et méprisable aux yeux des hommes. Elle se trouve aiBigée aujourd'hui de l'un et de l'autre de ces fléaux, etc. » Cet article est suivi d'un règlement qui défend les blasphèmes, ordonne la modestie dans les habits et le retranchement ce de toutes les superfluités qui s'y commettent, ornements excessifs, ouverture de sein et autres choses semblables »; recommande l'union et la réconciliation entre les familles du troupeau, interdit les jeux de hasard, la fréquentation des cabarets, etc. ^

Les deux dernières séances du consistoire furent tenues

(i) Inventaire sommaire des archives départementales de la Drôme, D. 55-64, par M. Lacroix, archiviste.

deux mois avant la suppression de Téglise par le conseil du roi, le i5 mars et le 29 mai i685, « par-devant M. M.*'* Gaspard de Collet, juge mage de la cour temporelle de Die et son ressort^ commissaire à cette partie, député par Sa Majesté par sa lettre de cachet ». Les anciens du consistoire étaient : Thomas Gauthier, ministre, modérateur, Daniel Blache, René Chion, David Bonnard, Pierre Barrai, David Augier, François Revol, Claude Lanfrey, Alexandre Vemet, Jean Godet.

Voici, en terminant, le jugement porté sur Téglise de Die, quelques années avant la révocation de Tédit de Nantes, par un auteur contemporain ' : « Je sais , en général , qu^elIe est nombreuse ; mais, s'il en fallait en croire le bruit commun, on n^accuse pas les particuliers d^avoir une piété fort délicate , bien qUte leur directeur fasse son devoir et qu'il les y exhorte de son mieux. — On nous dit, répliqua Paulin, que Targent que Ton avait fait briller aux yeux de quelques particuliers les avait éblouis, et que ce métal avait eu plus de force sur eux que la promesse qu'ils avaient faite plus d'une fois d'être fidèles à leur créance. — Je l'ai appris comme vous, dit Acante. Il est vrai qu'on m'a dit tout de suite que ce que nous y avons perdu n'a pas été fort regretté ; tant il est vrai que ceux qui se vendent ne méritent pas de trouver aucune approbation ».

L'évêque Charles II Jacques de Gelas de Léberon constata, dans la visite pastorale qu'il fit à Die en 1634^ que la ville comptait .800 familles protestantes et 40 catholiques. Deux ans après la révocation de l'édit de Nantes, l'évêque Daniel de Cosnac trouva à Die 3,400 protestants et 700 catholiques.

Les annexes de Die étaient Romeyer, Marignac, qui avait

(i) Entretiens de Paulin et d* Acante, p. 3o6,

un pasteur particulier en i685-, et Chamaloc. Ponnet s'y rattacha pendant de longues années y mais fut adjointe à réglise de Poyols pour la renforcer.

Les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes de 1664 condamnèrent Texercice à Marignac et à Romeyer par forclusion. Romeyer en ayant appelé au conseil du roi^ celui-ci confirma la sentence des commissaires le 3 1 janvier ' 1 664. Ces annexes possédaient chacune un temple et un cimetière.

Uexercice fut également condamné par forclusion à Chamaloc en 1664 par les mêmes commissaires. Les protestants y possédaient un cimetière.

Romeyer avait 66 familles protestantes en 1687, Marignac 76 et Chamaloc 60.

Pasteurs: L Guillaume Bermeni 562, Jean Figon i563(?)y Jérôme 1566^ Jean de Lusi i568, Denis d'Hérieu 1672, M.*^* Chabrand 1675, Ennemond Lacombe 1578-1581, Laurent Vitel i582, Louis Barbier 1587, Guillaume Vallier 1593-1609, Jean Vulson de La Cqlombière 1609- 1619, de La Coste 1619, Jean de Saignes 1620 -1624, Gaspard Martin 1625-1629, Salomon Faure (par intérim) 1629, Jean Aymin 1630-1642, Daniel Maillefaud 1659 -1662, Benjamin de Joux 1 663-1678, David Faure (par intérim) 1678, Thomas Gauthier 1679-1685.

IL Matthieu Denis i58o- 1 58 1, Pierre Appaisi 601 -1609, Jean Martinet 16 19- 162 2, David Eustachc i63o et i632 (par intérim), titulaire 1638-1641, Alexandre d'Ize 1642i652, Jean Julian 1659- 1683. — Marignac, Bournat en i685.

II L Professeurs de l'académie ayant donné des prédications à réglise de Die : Jean Sharp 1607- 1629, noble Jean Dragon, sieur de Choméane 1 609, .Etienne Blanc i6i6-i65o.

(1) Selon d'autres le !•' février.

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Antoine Crégut 1652-1664, Alexandre Vigne 1662- 1665, Ennemond Reynaud 167 1- 1684.

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