‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 73 sur 96 · VI. — COLLOQUE DU GAPENÇAIS · texte numérisé non relu

VI. — COLLOQUE DU GAPENÇAIS

Ce colloque comptait g églises, 24 annexes autorisées et

I non autorisée.

L'évcque de Gap demanda, le 5 novembre iSgg, aux commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes d^nterdire à Gap l'exercice de la religion réformée. Les commissaires s y refusèrent, attendu que cet exercice s'était fait à Gap en 1 5 80 et continué depuis; mais ils défendirent aux protestants d'enterrer leurs morts dans le cimetière catholique, vu qu'ils allaient être mis en possession d'un autre cimetière, s'ils ne le possédaient déjà.

Le 16 avril 1601 ils firent un règlement plus étendu. Ils interdirent les jeux, blasphèmes, duels, abbaye de Maugouvert, charivaris, masques, bals publics, et ordonnèrent que le conseil particulier serait composé de 24 membres, savoir : 8 catholiques, 8 protestants, 3 consuls, 2 ecclésiastiques députés par la cathédrale, i procureur, i receveur et I secrétaire (ces trois derniers pris une année parmi les protestants et une année parmi les catholiques); que les auditeurs des comptes seraient mi-partie; que les protestants entretiendraient leur ministre ; que les 600 écus prélevés sur les deniers communs pour les œuvres pies, soit des catholiques, soit des protestants, seraient supprimés; que dans un an les catholiques feraient fondre une clocha

pour leur usage, et qu'en attendant ils se senriraient de celle de IJhorloge ; que la petite classe du collège serait laissée aux protestants pour loger leur régent, entretenu à leurs frais; que les catholiques feraient également les frais soit de leurs régents, soit des classes-, enfin, que les fêtes du calendrier du diocèse de Gap auraient seules force de loi.

En 1614 révêque de Gap renouvela la demande de iSpg, à regard de Texercice de la religion réformée, et les commissaires de cette époque lui firent la même réponse (5 mai). L'exercice ne fut interdit à Gap que le 3o juillet i685 ", par un arrêt du conseil du roi.

L'église de Gap se montra généreuse à Tégard de ses pasteurs et éleva successivement leurs gages de 460 livres à 600 livres. Il en fut de même pour les régents, qui débutèrent avec 52 livres 10 sols et virent leurs honoraires monter jusqu'à 200 livres, sans compter la rétribution scolaire. Les protestants de marque firent venir un maître de latin ; mais, comme ils étaient peu nombreux , ils ne purent lui faire un traitement bien considérable, de telle sorte que les divers maîtres de latin qui s'établirent à Gap y demeurèrent rarement plus d'une année. Ils touchaient environ 200 livres d'états.

L'église de Gap envoya en lôSy à la compagnie des pas* teurs de Genève 333 livres 4 sols pour les pasteurs du Palatinat réfugiés à SchafTouse ; en i665, 60 livres pour les prisonniers de Sainte - Croix ; en 1670, 35 livres pour le rachat des esclaves détenus à Tripoli, etc.

Le chifiré de la population protestante de Gap , au commencement du XVI !• siècle, était de 45o personnes environ, sur 4,771 habitants, et elle décrut peu à peu depuis lors. De 1626 à i636 la moyenne annuelle des baptêmes est de

(i) Suivant d'autres, mais d'une manière moins certaine, le i5 avril.

3i , de 1675 à 1684 de 24. Un fait remarquable et tout à la louange des moeurs protestantes, c'est que pendant la longue période de 1626 à 1684 on ne signale que 3 baptêmes d'enlants illégitimes.

Il y eut une dispute religieuse à Gap en i6ig entre le pasteur du Piotay et le vicaire Jean Arnaud et le Jésuite Reymond Destritis, et une seconde en i65g entre le pasteur Aymin et les Jésuites Morin et Chaurand '.

L'église de Gap possédait à la révocation de Tédit de Nantes un temple, un cimetière, de la contenance d'une éminée, qui fut converti en jardin, une vigne située en Paluel, de la contenance d'environ 4 poures , un pré situé dans le territoire de Gap , quartier des Termes , de la contenance d'environ une faucherée, une maison et 1 7,000 livres environ de capital.

Gap avait pour annexes Tallard, Nejfes, Jarjayes, Rambaud et Romette. Chorges lui était aussi adjointe, mais elle se constitua en église particulière; Seyne de même, qui fiit rattachée définitivement à la Provence, à laquelle elle ressortissait.

Le synode de Serres de 1600 invita Jacques Barbier, pasteur à Gap, à visiter l'église de Tallard le plus possible. Quelques années plus tard, « en i632, dit Charronnet ^, les protestants de Tallard demandèrent leur réilnion à l'église de Gap; en i636 ils appelèrent un pasteur particulier, mais il leur fut impossible de le conserver ; en 1 644 , sur de nouvelles démarches qu'ils firent pour établir dans le bourg l'exercice public du culte , les catholiques réclamèrent et prétendirent .que les édits étaient encore contraires aux prétentions de leurs concitoyens calvinistes. Le parlement de

(i) Voy. notre Notice sur les controv. relig. en Dauphiné, p. 3y, 5i, 5a. (3) Page 374.

Dauphiné , saisi de la question , décida contre les religionnaires ^ et le culte réformé ne fut jamais sérieusement établi à Tallard ».

L^exercice fut établi à Jarjayes grâce à Tinfluence et aux libéralités de M. de Montauban, seigneur du lieu.

Pasteurs : Guillaume Farel i56i-i562, Jean Blanchard 1 562-1 565, Pierre L'Hostellier 1567, Michel de Mercure, dit Saîave, 1677, Etienne NoU 1578- 1579, ^^^^ Nicollet 1579, Ennemond de Falquet 1 5 79-1 5 80, Jacques Abrard i58o, Hugues Matthieu 1 591 -1592, Jean-Paul Perrin 1596-1599, Jacques Barbier 1599- 161 3, David du Piotay 1 614- 1624, Abraham de Colignon 1620 (par intérim), Jean Vulson de La Colombière 1620- 1622 (par intérim), Samuel Cherler 1622- 1660, Jean Aymin 1659 (par intérim), Élîe Chion 1660-1677, Esprit de Tholosan 1 677-1 685'.

Tallard, Jean Bonnet i636-i637.

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