‹ Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe sièclesChapitre 75 sur 96 · Ueynes · texte numérisé non relu

Ueynes

Le 20 mai iSgg, Paparin de Chaumont, seigneur et évêque de Gap , visitant Veynes , remarqua , en traversant le cimetière de Saint-Sauveur, attenant à Féglise , des hommes qui creusaient une fosse. — Pour qui est-elle? demandat-il. — Pour André Lambert, de la religion prétendue réformée , lui répondit-on , qui , travaillant hier à sa maison , tomba , se rompit le col et mourut sans avoir pu prononcer une parole. — Fermez la fosse tout de suite, dit Tévêque : les huguenots ont un cimetière ; qu^ils n^enterrent pas leurs morts dans le nôtre !

Cet ordre ayant été signifié aux protestants , ceux-ci s'assemblèrent en masse au cimetière pour ensevelir Lambert. L'évêque fit citer le soir même le pasteur Jacques Barbier et les principaux réformés, qui déclinèrent sa juridiction et demandèrent à être renvoyés devant des juges réguliers. Mais Paparin passa outre et leur interdit Tusage du cimetière.

Le lendemain, 21 mai, Téglise réformée de Veynes adressa à Tévêque une protestation en forme , où elle affirmait que de tout temps elle avait enterré ses morts dans le cimetière de Saint-Sauveur et que jamais on ne lui en avait

donné d'autre. Uaffaire fut portée au parlement. Nous ne coq* naissoils pas son arrêt, mais il est vraisemblable qu^il fit restituer le cimetière aux catholiques et obligea la communauté à en fournir un autre sans délai aux protestants.

L'église de Veynes et son temple furent condamnés à disparaître par les commissaires exécuteurs de Tédit de Nantes le i3 avril 1685, et leur ordonnance confirmée le 18 juin' de la même année par le conseil du roi. Veynes possédait à cette époque un temple , une maison qui servait de clocher et un cimetière. Les gages du pasteur s'élevaient à la somme de 329 livres environ , qui étaient fournies par 79 personnes de Veynes^et 16 de Chabestan, son annexe.

Veynes avait aussi pour annexe Saint-André-en-Beauchêne. Le parlement de Grenoble rendit en 1670 à son sujet un arrêt qui ordonnait <( d'informer extraordinairement contre Charles Boustier, pasteur à Veynes, qui, contrairement aux ordonnances de la cour et sur la plainte du promoteur de l'évêque , avait assisté à une assemblée publique en prières à Saint - André - en - Beauchêne , lorsque ces assemblées étaient défendues hors du lieu de la résidence du ministre ».

Il y eut une dispute religieuse dans l'église de Veynes en 1644 entre le pasteur Rollin et le Jésuite Bizot*.

La Bréole en Provence était adjointe à Veynes en 1 593 ; mais elle fut rattachée au synode de Provence au commencement du XVI P siècle.

Pasteurs : Michel de Mercure, dit Salave , 1 593, Jacques Barbier 1696, Félix de Vignaulx fin du XVP siècle, Bertrand Faugier 1600- 1607, Jean Moze 1 608-1 611, Martin Faubert 1612-1619, Gaspard Vidil 16 19- 1622, Esaïe

(i) Suivant d*autres le 19 mai.

(2) V07. notre Notice tur lu controv. relig. en Dauphhêé, p. 47» 48,

Matthieu 1626, Salomon Faure i63o, Hugues RoUin 1637- 1659, Pierre de Maffé 1660, Charles Boustier 1670.

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