Voy.ci-dessoub, au chap. xliv
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velues furent invitées par Drusus à envoyer à Lyon des députés qui, réunis en assemblée générale, décrétèrent qu'il serait élevé à frais communs, au continent de la Saône et du Rhône \ un autel à Home et à Auguste, et qu'autour de la statue colossale du prince ou de la ville éternelle ^ on dresserait soixante statues plus petites représentant les soixante cités gauloises ^ dont les noms furent gravés sur l'autel des dieux. L'ouvrage achevé'', un noble Êduen, client de la maison Julienne, assisté sans doute par d'autres pontifes du culte augustal, célébra au milieu d'un immense concours l'inauguration du temple, et cha([ue année, au 1" août, les députés des provinces chevelues vinrent immoler des victimes et brûler l'encens aux nouveaux dieux de la Gaule.
Mais cette assemblée ne se borna pas à accomplir les rites établis pour la divinité de Rome et d'Auguste. Bien que son histoire ne nous soit connue que par des inscriptions mutilées, nous voyons qu'elle délibérait sur des mesures d'intérêt général, qu'elle votait des remercîments et des statues à des magistrats romains et gaulois, ou discutait leur mise en accusation; qu'elle avait pour l'entretien du temple et de ses prêtres, pour l'érection des monuments accordés, un trésor rempli à l'aide d'une cotisation spéciale, administré en recettes, en dépenses et au contentieux par des fonctionnaires qu'elle nommait; qu'enfin elle avait construit un amphithéâtre où chaque député avait sa place marquée par une inscription, et qu'on y donnait des fêtes, des jeux, notamment ces combats d éloquence et de poésie dont Suétone nous a conservé les étranges règlements.
1. Ce confluent a souvent changé ; au seizième siècle, par exemple, il était au midi d'Ainay ; il est aujourd'hui à une demi-lieue de là, à la Mulalière. Suivant M. Bernard, le temple, ses jardins, les monuments, etc., occupaient le quartier Saint-Pierre et 1 amphithéâtre était au flanc de la colline Samt- Sf'bastien. — 2. Le texte de Strabon, très altéré en cet endroit, dit seulement (IV, 192) : Bwfxô; xal etxôvs; toûtwv ixoKTToy [J.îa, v.at à».o; u-éya:. Mais £lxù)v est féminin, âXXoc [lÉya? devrait donc se rapporter à BoofAÔ;. On ne sait non plus qui cette statue représentait. — 3. Strabon dit 61 peuples; Ptolémée, 63; Tacite, 64. — 4. L'an 10 av. J C, suivant Dodwell et Clinton.
Nous avons un grand nombre de médailles qui représentent l'autel lui-même surmonté de trépieds, avec deux colonnes aux angles, et les inscriptions se terminent par les mots TRES GALLIÂRUM PROVINCIAE. Les prêtres ne gardaient pas le nom du peuple qui les avait envoyés au temple. La pensée de la patrie commune se montre par l'oubli de la cité particulière : ils étaient les prêtres de l'autel national, sacerdotes ad aram, ou mieux encore les « prêtres des trois Gaules » ; et le lieu où le temple s'élevait, où l'assemblée se réunissait, bien que touchant à Lyon, n'en faisait point partie. C'était le territoire national, le centre religieux et politique des Gaules, ainsi que l'est maintenant le district fédéral aux États-Unis, et comme devrait l'être la ville de France où siègent les députés du pays.
Dans l'empressement des Gaulois à adopter le culte augustal qui ne tolérait sur l'autel et dans les inscriptions le nom d'aucun dieu, pas même celui de Jupiter, on a voulu voir une preuve de leur secrète tendance au monothéisme qui faisait le fond de la religion druidique. Je ne sais, mais me souvenant que les Gaulois avaient l'habitude et le goût de ces réunions générales, dont César, durant la guerre de l'indépendance, se servit comme d'un puissant moyen de gouvernement, je regrette que ses successeurs, à commencer par Auguste, n'en aient compris l'utilité que pour euxmêmes. On voulut bien, à Rome, amener les Gaulois à faire de bruyantes manifestations de dévouement à l'empire et à la maison impériale; on se serait effrayé de créer un esprit provincial, un intérêt gaulois, qui sans doute aurait pu devenir une gêne, mais qui certainement eût été une force K
De la Gaule, Auguste passa en Espagne, où l'attendaient les mêmes travaux (26 av. J. G.). Les Astures et les Cantabres, retranchés dans leurs montagnes, y défiaient la puissance romaine. Attaqués par terre et par mer, ils ne furent soumis que l'année suivante par le lieutenant Antistius :
1. Sur ceUe question voy. le savant ouvrage de M. A. Bernard, le Temple d'Autjuste.
soumission précaire, car trois ans après il fallut encore les combattre. Agrippa seul en l'an 19 put vaincre leur résistance : sa modération lit plus que les cruautés de ses prédécesseurs. Il les obligea à quitter ces montagnes où souffle toujours un air de liberté et les établit dans la plaine, sous la main des officiers impériaux. Un souvenir de cette lutte opiniâtre s'est conservé dans un chant basque d'une haute antiquité " De Rome les étrangers nous oppriment, mais la hiscaye élève son chant de victoire. — : Octave, du monde dominateur, Lécobidi biscayen; — Du côté de la mer et du côté de la terre, il met autour de nous le siège;
— X lui les plaines arides, à nous les bois et les cavernes des monts. — Nous craignons peu, les armes sont égales;
— Mais, ô coffre du pain, que tu es mal rempli! — Ils ont dures cuirasses ; mais les corps sans défenses sont agiles — Cinq années jour et nuit, sans repos, le siège dura. — Des nôtres quand ils tuaient un, quinze ils perdaient; eux beaucoup, nous peu. — A la fin, nous fîmes alliance. — Du Tibre la ville est assise au loin, mais des grands chênes la force s'use au perpétuel grimper du pic'. »
Les Pyrénées comme les Alpes occidentales étaient domptées, et dans l'Espagne comme en Gaule tout foyer de résistance était éteint. Une division nouvelle changea aussi de ce côté les anciennes habitudes des peuples. La Citérieure, devenue Tarraconaise, fut agrandie, et l'Ultérieure fut partagée en Lusitanie et Bétique. Celle-ci jouait depuis longtemps en Espagne le rôle de la Narbonaise en Gaule ; il n'y avait donc autre chose à y faire que de seconder le mouvement qui portait cette province vers les mœurs romaines. De nouvelles colonies, Hispalis (Séville), Aslini (Ecija), y aidèrent; et quelques années après Strabon pouvait dire : « Les indigènes de la Bétique ont absolument adopté les mœurs et la manière de vivre des Romains, au
1. Fauriel, Histoire de la Gaule méridionale, II, p. 354 et append. n" 3. Humboldt, Prufung der unlesuchurmen iiber die urbewohner Hispaniens. Cf. M. Rosseeiiw-Saint-Hilaiie, Ilist. d'I'Jsp., vol. I, aux éclaircissements. Cependant ''es crili ]ues doutent de l'antiquité de ce morceau. Cf. Mithridate, d'Adelung, t. II, p. 1.
point qu'ils ont oublié leur propre langue. Plusieurs avaient reçu déjà \e jus Latii, Auguste multiplia encore les concessions de ce genre; la plupart aujourd'hui le possèdent. Ils ont de plus beaucoup de colonies , de sorte que peu s'en faut qu'ils ne soient tout à fait Romains. Aussi les appellet-on togati. Les Celtibériens, dont les mœurs étaient autrefois si féroces, sont de ce nombre. » Ainsi l'influence romaine gagnait le centre de l'Espagne sur lequel elle agissait de trois côtés à la fois, par la Betique au sud, par les plaines de Valence à l'est, et au nord par la vallée de l'Èbre, cette large porte ouverte sur la Méditerranée et l'Italie. L'Èbre, dont les sources étaient captives depuis la soumission de la Biscaye, passait encore entre les murs de trois colonies récentes^ Xelsa, Saragosse etTortose. Une chaîne de postes militaires enveloppa toute la région occidentale^ : Léon et Astorga veillaient sur les Astures ; les Gallaïques étaient gardés par Braga % les Lusitaniens par Evora, Lisbonne, Béja et Mérida, leur capitale. Encore ces quatre colonies n'avaient-elles paru suffisantes qu'après qu'on eut transporté une partie des Lusitaniens au sud du Tage, plus près de la Bétique et de la civilisation romaine. Ceux qu'on laissa au nord du fleuve furent contraints d'y bâtir des villes. « Maintenant, dit Strabon, cinquante peuples autrefois toujours en armes y vivent en paix, mêlés à des colons italiens. » — « Le brigandage même a disparu, ^ dit Vell. Paterculus, et c'est à Auguste qu'il en rapporte l'honneur \ L'Espagne aime la force et la grandeur même acquise à ses dépens : César, qu'elle avait deux fois combattu, y était populaire. Auguste put donc, sans blesser le sentiment national, y multiplier les témoignages de sa piété envers son père adoptif. Les villes sollicitaient elles-mêmes l'honneur de changer leur nom contre celui du fondateur
1. Celsa, CcTsar-Augusta et Dertona. — 2. Legio Septima et Asturica. — 3. Braccara, Olisippo, Ebora, Fax Augusta, Augusta emerita. — 4. Vell Pat., II, 91. Celle oiganisation de la Gaule et de l'Espagne ne fut achevée que dans le second voyage qu'Auguste fit en Gaule durant les années 15, 14 et 13. Dion, LIV, 23 et 25. Strabon attribue à Tibère lorganisation militaire de la Tarraconaise et de la Lusilanie.
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de l'empire. L'une devint la vertu, l'autre la noblesse Julienne; celles-ci la gloire et la constance, celles-là lebonlieur et la libéralité de César*. Gadès, comme vingt autres, prit le nom d'Augusta en l'honneur de celui qui pacifiait la terre et la mer~. Des ponts, en effet, jetés sur les fleuves, des routes percées à travers les montagnes, et, mieux que cela, l'action de toutes ces colonies, le goût du bien-être développé chez ces barbares, et la surveillance des troupes considérables qui furent tenues dans le nord et l'ouest de la Péninsule, répandirent partout une sécurité dont la civilisation profita. Sollicités par elle depuis plus de deux siècles, ces peuples l'avaient repoussée avec une énergie sauvage. Maintenant qu'ils ont déposé les armes, ils se jettent avidement dans ses bras. En quelques années ils auront regagné le temps perdu à des luttes héroïques. Les Celtibères aujourd'hui ne portent ils pas la toge? et dans ces laboureurs pacifiques de la vallée du Tage, Viriathe pourrait-il reconnaître ces guerriers farouches qui infligeaient au sénat la honte d'un traité conclu entre eux et le peuple romain? « Chez les Cantabres même toute guerre a cessé et les plus féroces des Astures, loin de piller leurs voisins, portent les armes pour l'empire \ » Une vie d'homme suffit pour opérer cette révolution. Aussi l'Espagne reconnaissante lui éleva des autels '' et ne voulut plus compter que par l'ère d'Auguste , qu'elle conserva jusqu'à la fin du moyen âge '.
Auguste était encore en Espagne quand il régla les affaires de l'Afrique occidentale. Il avait déjà, avec son activité ordinaire, fondé plusieurs colonies dans cette région et com-
l. Virtus Julia (Itucci), Claritas Julia (Atubi?), Félicitas Julia (Lisbonne), Liberalitas Julia (Evora) . etc. Cf. les monnaies d'Auguste et Inscr., ap. Gruter. — 2. PI-, IV, 3G. Grut. Inscr., p. 358. Gadès faisait un très-grand commerce sur l'Océan et la Méditerranée, et, au témoignage de Strabon, elle n'avait pas moins, comme Padoue, de 500 chevaliers. Elle prétendait conserver dans son temple les ossements d'Hercule. — S.Strab., III, p. 156. -^4. Mêla, III, 1. — 5. Cette ère commençait à l'an 38 av. J. G. Adoptée par l'Espagne seule, elle s'est conservée en Aragon jusqu'en 1358, en Portugal jusqu'en 1415. Depping, II, 2; Rosseeuw-Saint-Hilaire, I, 131.
mencé son organisation en province, dans le même temps où il complétait la pensée de son père adoptif en envoyant de nouveaux colons à Cartilage, pour que les Maures et les Numides fussent pris comme entre deux foyers de vie romaine. Trouvant les Maures trop barbares pour la régularité de l'administration impériale, il leur rendit un gouvernement indigène. Juba, le fils de l'ancien roi de Numidie, qu'on avait élevé à Rome dans le culte des lettres et le respect de la puissance romaine , reçut comme royaume une pcTtie du pays des Gélules et celui des Maures à l'ouest de l'Ampsagas (25 av. J. G.)^ Mais de l'Espagne les Romains surveillaient la Mauritanie qui était, pour une partie de ses approvisionnements, dans la dépendance de la Rétique, comme le Maroc l'est aujourd'hui de Gibraltar pour les objets manufacturés ^ Près de Tanger, sur la côte africaine, s'élevait la ville de Zélis ; Auguste en transporta les habitants de l'autre côté du détroit, à Algeziras, qu'il colonisa sous le nom de Colonia Julia transducta. Au reste, le nouveau roi ne trouva pas des sujets bien dociles. Les Gélules, indignés de n'être plus gouvernés par Rome, se soulevèrent en l'an 5 deJ. G., pour ce motif qui paraîtrait singulier, si Tonne voyait d'autres peuples réclamer à la même époque leur incorporation dans ^empire^ Les légions durent marcher contre ces amis trop zélés de l'administration romaine et un général revint de cette guerre avec les honneurs triomphaux et le surnom de Gétulique*.
Gette même année où il faisait un royaume en Afrique, il en défaisait un en Asie. Amyntas, roi des Galates, était mort en laissant des enfants. Mais cet État, placé au centre des possessions romaines, était à présent inutile pour la police de cette région : Auguste réduisit la Galatie et la Lycaonie en provinces.
1. Dion, LUI, 26. Le grand port de Saldas, entre CcVsarea et le cap Tritum, marquait la frontière de l'Afrique romaine du côté du nouveau royaume. Strab., XVII, p. 831. — 2. A Mellaria, dit Strabon, on faisait des salaisons qui étaient embarquées à Belo pour Tanger et la Mauritanie. — 3. Voy. ci-dessous, p. 248. — 4. Dion., LV, 28.
Les Astures et les Salasses vaincus, l'empire se trouva sans guerres. Le temple de Janus fut alors une seconde fois fermé (25 av. J. C), et des Indiens, des Scythes dont chaque année les négociants romains' visitaient maintenant les pays, vinrent rendre hommage au chef de cet immense empire qui mettait sa gloire dans les travaux de la paix.
La Gaule, l'Afrique et l'Espagne organisées, Auguste retourna à Rome prendre la puissance tribunitienne à vie. On y joignit, en commémoration de ses dernières victoires, le droit de porter à perpétuité, le premier jour de Tan, la couronne et la toge triomphale, et un sénatus-consulte décréta l'érection d'un arc de triomphe au sommet des Alpes. Après un séjour de près de deux années dans la capitale (24-22 av. J. G.), il commença par la Sicile la visite des provinces orientales,
«t En Sicile, dit son historien, il ordonna toutes choses, éleva Syracuse et quelques autres villes au rang de colonie, puis passa en Grèce^ (2] av. J.G.). » Il donna Gythère aux Lacédémoniens^ et, pour leur faire honneur, s'assit à leurs tables publiques, seule chose, hélas! qu'ils eussent gardée des anciens temps. Au contraire, il ôta aux Athéniens Égine et Érétrie et leur défendit de trafiquer à prix d'argent de leur droit de cité ^ Les uns étaient punis de leurs flatteries à Antoine, les autres récompensés de l'asile qu'ils avaient offert à Livie fuyant avec son premier époux les proscriptions et les triumvirs, Gependant il détacha de la juridiction de Sparte vingt-deux ' villages dont les habitants (les Éleuthé-
1. Cette même année il y avait eu quelques hostilités avec des Germains qui avaient tué des marchands romains. Ceux-ci sortaient par toutes les frontières. Dion, LUI, 26. Suét., Od., 22. Gros., VI, 21,-2. Dion, LIV, 7. Il rétablit Catane, Centoripa et envoya une colonie à Syracuse, mais en ne rebâtissant, au lieu des cinq anciens quartiers, que celui qui est uni à l'île Ortygie (l'Achradine). Strab., VI, p. 270. On sait qu'Antoine, exécutant, disait-il, un décret trouvé dans le; papiers de César, avait donné le droitde cité aux Siciliens. Ce droit leur fut retiré, peut-être par Auguste, car au temps de Pline 6 seulement de leurs 68 cités l'avaient gardé (III, 14). — '.i. Cette île appartenait à un cerlain Euryclès, fort méchant homme, au dire (!e Josèphe, Ant. J., XVI, 10 et qui fut comme le tyran de la Laconie. Auguste l'exila. Cf. Strab., VIII, 363 et 365, —4. Dion., LIV, 7.
rolaconicns) s'étaient les premiers, dans les anciennes guerres, donnés aux Romains', (.orinthe reçut de lui de nouveaux colons, car il tenait comme César à relever une cité importante qui servait d'entrepôt entre les deux mers. Plus tard, il établit encore des vétérans à Patras, de sorte que Nicopolis, qu'il avait fondée après Actium, Patras, Corinthe, Égine, redevenue libre, Délos, toujours le marché le plus considérable de la Grèce, formaient comme les étapes bien gardées d'une grande route marchande entre l'Asie et l'Itahe. Pour la compléter jusqu'à Rome, il ne manquait qu'une belle voie tracée à travers l'Apennin, d'une mer à l'autre, et la coupure de l'isthme de Corinthe. César avait songé à la première de ces entreprises et Néron tentera la seconde, qui, après dix-huit siècles, va être sans doute enfin exécutée. La route que nous venons de décrire menait commodément par mer, de Brindes à Éphèse, les voyageurs et les marchandises. Les Romains étaient trop habiles pour ne pas doubler leurs moyens de communication entre l'Italie et l'Orient. Depuis longtemps ils avaient jeté à travers le continent grec la via Egnatia, qui partait de Dyrrachium récemment repeuplé et, par Édesse, Pella, Thessalonique, la plus grande ville de la Macédoine, par Amphipolis, sa seconde capitale, et la nouvelle colonie de Philippes, arrivait jusqu'en Thrace, d'où il était aisé aux légions de gagner rapidement soit l'Asie, soit la vallée inférieure du Danube. Nicopolis, la principale étape de la route du sud, et Dyrrachium, le point de départ de la route du nord, étaient reliées l'une à l'autre, le long de l'Adriatique, par Apollonie à l'embouchure de l'Aoïis, et par Buthrotum, colonie romaine placée par Auguste sur le détroit de Corfou pour surveiller et contenir les habitudes de piraterie des Gorcyréens. Nous insistons sur ces détails arides, parce que cette préoccupation défaire communiquer par des routes faciles et sûres les diverses parties de l'empire était bien la pensée d'un grand peuple qui savait conquérir et conserver. Les voies