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sul pour la cinquième fois , fait distribuer , sur le produit des dépouilles, mille sesterces par tête, et le nombre de ceux qui ont pris part à cette libéralité triomphale dans les colonies a été d'environ cent vingt mille hommes. Dans mon treizième consulat, j'ai donné à ceux des plébéiens qui élaient alors inscrits pour les distributions publiques de blé soixante deniers par tête, et le nombre de ceux qui participèrent à ce don fut d'un peu plus de deux cent mille.
Pour les terres qui , dans mon quatrième consulat, et plus tard sous le consulat de M. Crassus et de Cn. Lentulus Augur ont été assignées par moi aux soldais, j'ai payé aux municipes une indemnité. Pour les terres que les municipes d'Ilalie avaient mises à ma disposition, la somme a été d'environ six cents millions de sesterces, et pour les terres fournies par les provinces, d'environ deux cent soixante millions de la même monnaie. Cela, j'ai été le premier et le seul à le faire de tous ceux qui , jusqu'à mon temps, ont établi des colonies en Italie et dans les provinces. Plus tard, sous les consulats de Tib. Néron et de Cn. Pison, de C. Antistius et de D. Laelius, de C. Calvisius et de L. Pasienus, de C. Lentulus et de M. Mess-ala, deL. Caninius et de Q. Fabricius,j'ai accordé une gratification aux vétérans que je renvoyais dans leurs municipes, et j'ai dépensé à cet effet.... millions de sesterces.
Quatre fois j'ai aidé de mon propre argent le trésor public, et j'ai mis à la disposition des intendants du trésor cent cinquante millions de sesterces. Sous le consulat de M'.'Lepidus et de L. Arruntius, j'ai versé, au nom de Tib. Ceesar et au mien, cent soixante-dix millions dans le trésor militaire, fondé d'après mon conseil, pour le payement des gratifications à payer aux soldats qui auraient servi vingt ans et plus.
XVItl
L'année du consulat de Cn. et P. Lentulus, les greniers publics étant vides,... j'ai acheté à mes frais du blé et j'en ai donné à cent mille hommes....
La Curie et le temple de Minerve Chalcidienne, contigu à la Curie, le temple d'Apollon sur le Palatin avec ses portiques, le temple
du divin Jules, le Lupercal, le porliiiue voisin du cirque de Flaminius, portique auquel j'ai permis de laisser le nom de cet Octavius qui en avait bail un précédemment sur le môme sol, le Pulvinar voisin du cirque Maxime, le temple de Jupiter Férélrien et celui de Jupiter Tonnant au C apitoie, le temple de (Juirinus, ceux de Minerve, de Junon Reine et de Jupiter Libertas sur TAventin, celui des Lares au sommet de la Voie sacrée, celui des Dieux Pénates dans la Vélie, celui de la Jeunesse, celui de la Grande-Mère sur le Palatin, ont été bâtis par moi.
Le Capitole et le théâtre de Pompée ont été l'un et l'autre restaurés par moi à grands frais, et je n'ai inscrit mon nom sur aucun de ces deux monuments. J'ai réparé les aqueducs qui, de vétusté, tombaient en ruine sur plusieurs points, et j'ai doublé le volume de l'eau appelée Marcia en dérivant une nouvelle source dans le conduit qui l'apporte à Rome. Le forum Julien et la basilique située entre le temple de Castor et celui de Saturne, commencés et presque achevés par mon père, ont été terminés par moi, et quand un incendie eut détruit cette basilique, j'ai augmenté l'espace qu'elle occupait et j'en ai fait recommencer la reconstruction; elle portera le nom de mes fiis, et j'ai prescrit à mes héritiers de l'achever, dans le cas où je n'aurais pu le faire moi-même. Étant pour la sixième fois consul, j'ai réparé dans la ville, sur un décret du sénat, quatrevingt-deux temples, sans oublier aucun de ceux qui avaient alors besoin de réparations. Dans mon septième consulat, j'ai réparé depuis Rome jusqu'à Ariminum la voie Flaminienne, et refait tous les ponts sur lesquels elle passe, à l'exception du pont Minucius.
Sur un terrain qui m'appartenait à titre piùvé j'ai construit, avec l'argent provenant des dépouilles de l'ennemi, le temple de Mars Vengeur et le forum Auguste. Le théâtre qui se trouve près du temple d'Apollon a été élevé par moi sur un terrain que j'avais acheté, en grande partie, à des particuliers, et j'ai voulu qu'il portât le nom de M. Marcellus, mon gendre. Des dons provenant du butin fait sur l'ennemi ont été consacrés par moi au Capitole dans le sanctuaire du divin Jules, dans celui d'Apollon, dans celui de Vesta, et dans le temple de INIars Vengeur. Ces dons m'ont coûté environ cent millions de sesterces. Dans mon cinquième consulat, j'ai fait remise aux municipes et aux colonies de l'Italie de l'Or Coronaire du poids de trente-cinq mille livres qu'elles m'olTraient pour mes triomphes, et dans la suite, toutes les fois que j'ai été proclamé
56'i APPENDICE.
imperator, j'ai refusé l'Or Coronaire que les municipes et les colonies de l'Italie me décernaient avec autant d'empressement qu'elles l'avaient fait dans les précédentes occasions.
J'ai donné un combat de gladiateurs en mon nom et j'en ai donné cinq fois au nom de mon fils et de mes petits-fils; dans ces différentes l'êtes, environ dix mille hommes ont combattu. Deux fois en mon nom, et une troisième fois au nom de mon petit-fils, j'ai donné le spectacle d'un combat entre des athlètes appelés par moi de tous côtés. J'ai célébré des jeux quatre fois en mon nom, et vingt-trois fois au nom d'autres magistrats. Étant maître du collège des Quindécemvirs et ayant pour collègue M. Agrippa, j'ai célébré au nom de ce collège, sous le consulat de C. Furnius et de C. Silanus, les Jeux Séculaires. Dans mon treizième consulat, j'ai célébré, en l'honneur de Mars Vengeur, des jeux auxquels depuis lors ont présidé les consuls Vingt-six combats de bêtes fauves amenées d'Afrique ont été donnés par moi au peuple en mon nom et au nom de mes fils et de mes petits-fils, dans le cirque, dans le forum, ou dans des amphithéâtres, et environ trois mille cinq cents bêtes y ont été tuées.
J'ai donné au peuple le spectacle d'un combat naval , de l'autre côté du Tibre, là oîi se trouve aujourd'hui le Bois des Césars , et pour cela j'ai fait creuser le sol dans une longueur de dix-huit cents pieds sur une largeur de douze cents. Trente trirèmes ou birèmes, garnies de leur éperon, et un plus grand nombre de bâtiments moins grands ont combattu en cette rencontre.
Dans les temples de toutes les villes de l'Asie, j'ai rétabli , après ma victoire, les ornements dont les avait dépouillés, pour en jouir comme d'une propriété privée, celui auquel j'avais fait la guerre. Le nombre de mes statues d'argent , en pied, équestres ou dans des quadriges, s'élevait à Rome à quatre-vingts environ. Je les ai fait disparaître et fondre : les sommes qu'elles ont produites ont servi pour les offrandes en or que j'ai consacrées dans le temple d'Apollon, en mon nom et au nom de ceux qui avaient voulu m'honorer en mélevant ces statues.
J'ai rétabli la paix sur la mer en la délivrant des pirates qui Tinfestaient, et, à la suite de cette guerre, j'ai remis à leurs maîtres, pour qu'ils leur fissent subir le supplice mérité, envirun trente mille esclaves qui s'étaient enfuis de chez ceux auxquels ils appartenaient, et qui avaient porté les armes contre la république. Toute l'Italie, d'un mouvement spontané , m'a prêté serment et m'a demandé pour chef dans cette guerre que j'ai terminée par la victoire d'Actium. Le même serment m'a été prêté par les provinces de Gaule, d'Espagne, d'Afrique, de Sicile et de Sardaigne. Cette même formule de serment a été répétée alors par plus de sept cents sénateurs; sur ce nombre — jusqu'à ce jour, sont devenus consuls et cent soixante-dix environ sont arrivés à la préture.
Toutes les provinces du peuple romain qui touchaient à des nations non encore soumises à notre empire ont vu reculer par moi leurs limites. Les provinces de Gaule et d'Espagne, du côté oi!i les baigne l'Océan, je les ai pacifiées, de Gadès jusqu'à l'embouchure de l'Elbe. Les Alpes, depuis le territoire voisin de l'Adriatique jusqu'à la mer Tyrrhénienne, ont été ajoutées par moi à l'empire, sans que j'aie jamais fait injustement la guerre à aucun peuple. Par mon ordre, le commandant de la flotte , partant de l'embouchure du Rhin, a navigué vers l'Orient jusqu'à.... dans une région où aucun Romain n'était parvenu ni par terre ni par mer. Les Cimbres, les Charydes, les Semnons, et d'autres peuplades germr.niques de cette même contrée ont, par des ambassadeurs , sollicité mon amitié et celle du peuple romain. Par mon ordre et sous mes auspices, deux armées ont été conduites à peu près en même temps en Ethiopie et dans l'Arabie qu'on appelle Heureuse. Les deux peuples que nous attaquions ont éprouvé des pertes cruelles sur le champ de bataille, et nous leur avons fait un grand nombre de prisonniers. En Ethiopie les armes romaines furent portées jusqu'à la ville de Nabata, qui est toute proche de Méroë. En Arabie, l'armée pénétra jusqu'aux frontières des Sabéens, jusqu'à la ville de Mariba.
J'ai ajouté l'Egypte à l'empire du peuple romain. La Grande Arménie, après la mort de son roi Artaxias, je pouvais en faire une province; j'ai préféré, suivant l'exemple de nos ancêtres, transférer ce royaume à Tigrane, fils d'Artavardès, petit-fils du roi Tigrane,
et j'ai chargé de ce soinTib. Néro, qui n'était encore que mon beaufils. Quand ensuite cette même nation s'agita et se révolta, elle fut domptée par mon fils Caius et remise, par mon ordre, aux mains du roi Ariobarzane, fils du roi des Mèdes Artabaze, et, après sa mort, à son fils Artavasdès. Ce dernier ayant été tué, j'ai envoyé dans ce royaume Tjgrane, issu du sang des rois arméniens. Toutes les provinces situées au delà de la mer Adriatique du côté de l'Orient, ainsi que la Cyrénaïque, avaient été en grande partie abandonnées à des rois étrangers; je les ai reprises, comme j'avais fait auparavant la Sicile et la Sardaigne, qu'une guerre servile avait détachées de l'empire.
J'ai établi en Afrique, en Sicile, en Macédoine, dans les deux Espagnes, en Achaïe, en Asie, en Syrie, dans la Gaule Narbonaise, en Pisidie, des colonies militaires. Quant à l'Italie, elle possède vingthuit colonies de même nature fondées par moi, et qui, de mon vivant, ont été très-peuplées et trcs-florissantes.
Un grand nombre d'enseignes romaines perdues par d'autres généraux, je les ai reprises sur les Espagnols, les Gaulois et les Dalmates, après avoir vaincu les ennemis qui s'en étaient emparés. J'ai forcé les Parthes h rendre les dépouilles et les drapeaux de trois armées romaines, et à demander, en suppliants, l'amitié du peuple romain. Toutes ces enseignes, je les ai déposées dans le temple de Mars vengeur.
Les nations pannoniennes, chez lesquelles, avant mon principat, aucune armée romaine n'avait pénétré, ont été vaincues par Tib. Néron, qui était alors mon beau-fils et mon légat; je les ai soumises à l'empire romain, et j'ai reculé les bornes de la province d'Illyrie jusqu'au Danube. Une armée de Daces, qui avait franchi cette limite, a été, sous mes auspices, battue et taillée en pii'ces; plus tard mon armée, conduite au delà de ce fleuve, a contraint les peuples de la Dacie à se soumettre aux ordres du peuple romain.
Des ambassades m'ont été souvent envoyées de l'Inde par les rois de ce pays: jamais jusqu'alors on n'en avait vu auprès d'aucun
chef des Romains. Par la voix de leurs députés, les Bastarnes, les Scythes et les rois des Sarmates qui habitent en deçà du Tanaïs, comme de ceux qui habitent au delà, les rois des Albanes, des Ilibères et desMèdes, m'ont demandé l'amitié du peuple romain.
Sont venus se réfugier auprès de moi, en suppliants, les rois des Parthes, Tiridate, et ensuite Phraate, fils du roi Phraate, le roi des Mèdes Artavasdès, le roi des Albanes, Artaxairès; les rois des Bretons Dumnobellaunus et Tim .., des Sugambres, Maîlo, des Marcomans et des Suèves, plusieurs autres chefs. Le roi des Parthes, Phraate, fils d'Orodès, a envoyé près de moi, en Italie, tous ses fils et petits-fils, non pas à la suite d'une défaite, mais afin d'obtenir notre amitié au moyen de ces gages pris dans sa propre famille. Sous mon principat, beaucoup d'autres nations qui n'avaient jamais eu avec le peuple romain aucune relation diplomatique, aucun commerce d'amitié, ont fait l'épreuve de notre loyauté.
C'est à moi que se sont adressés les Parthes et les Mèdes, par la bouche des principaux personnages de leur nation, envoyés vers moi comme ambassadeurs, afin d'obtenir pour rois, les Parthes Vononès, fils du roi Phraate, petit-fils du roi Orodès, et les Mèdes Ariobarzane, fils du roi Artavasdès, petit-fils du roi Ariobarzane, et ils les ont reçus de mes mains.
Ayant mis fin aux guerres civiles, pendant lesquelles du consentement général j'avais réuni entre mes mains tous les pouvoirs, j'ai, dans mon sixième et mon septième consulat, remis au sénat et au peuple romain la direction des affaires publiques. Pour honorer cette conduite, on m'a, par un sénatus-consulte, appelé Auguste; il a été décrété que le chambranle des portes de ma demeure serait décoré de lauriers et qu'au-dessus de l'entrée serait placée une Couronne Civique, et que dans la Curia Julia serait placé un bouclier d'or, dont l'inscription attesterait qu'il m'était donné par le sénat et le peuple romain en souvenir de mon courage, de ma clémence, de ma justice et de ma piété. Depuis ce moment je l'ai emporté sur tous en considération, mais je n'ai jamais eu plus de pouvoir, dans une magistrature quelconque, que le collègue qui l'exerçait avec moi.
Pendant que je gérais mon treizième consulat, le sénat, Tordre équestre et tout le peuple romain me donnèrent le titre de Père de la Patrie et décidèrent que ce titre serait inscrit dans le vestibule de ma denâeure, dans la Gurie et le Forum-Augusle, sous le quadrige qui a été érigé en mon honneur, d'après un sénatus-con sulle. J'étais, lorsque j'ai écrit ceci, dans ma soixante-seizième année.
Le montant des sommes qu'il a données, soit pour le trésor, soi au peuple, soit aux soldats congédiés, s'est élevé à six cents millions de deniers.
Il a bâti les temples de Mars, de Jupiter-Tonnant et de Jupiter- Férétrien, d'Apollon, du Divin-Jules, de Quirinus, de Minerve, de Junon-Reine, de Jupiter Liberté, des Lares, des Dieux Pénates, de la Jeunesse, de la Mère des Dieux, le Lupercal, le Pulvinar voisin du Cirque, la Curie avec la Chalcidique, le Forum-Auguste, la Basilique Julienne, le théâtre de Marcellus, le Bois des Césars au delà du Tibre, le portique sur le Palatin, le portique du cirque Flaminien.
Il a restauré le Capitule et quatre-vingt-deux monuments sacrés, le théâtre de Pompée, les aqueducs, la voie Flaminienne.
Les dépenses qu'il a faites pour les jeux, les combats de gladiateurs et d'athlètes, le combat naval et les chasses de bêtes fauves, il est impossible de les évaluer, non plus que les dons qu'il a fait? aux villes et aux colonies de l'Italie, aux villes de provinces détruites par des tremblements de terre ou par les incendies, ou bien en core à ses amis et aux sénateurs dont il a complété le cens.