CHAPITRE ÎV
Vie politique des Roumains avant la fondation des Principautés
On connaît d'une manière très circonstanciée, jusque dans leurs derniers détails, ces guerres dans la Péninsule Haloanique auxquelles les Roumains furent continuellement mêlés et si souvent d'une manière décisive; les chroniqueurs byzantins racontent longuement, dans leur beau style lleuri, • ti- aux
modèles anciens, tous ces événements qu «ni de
si près à 4a vie même qu'ils représentaient dans leurs écrits. Au contraire, dans les Etats qui «laminaient déjà à l'Ouest et à l'Est du territoire roumain et où l'histoire s'écrivait en latin, un silence presque absolu r> les premiers actes <Iu dévt ' .* poUti-
qu I nouvelle nation; quant aux > éma-
nés de l'ancienne chaBceHcrie txmgrmse et potonaise, ils ont disparu dans la grande tourmente destruetrice des Tatars, au xiii' siècJe.
11 y a cependant des faits, transmis plutôt par des sources «iltérreures, des simiihtudeat des principes tirés de ki logique de l'histoire qui pempeot servir à reoonstitiier, presque k coup sûr, cette vie carpaUiifpM et danul>icikiie antérieure à 4a création des Etala.
VI R POLITIQUE OBS aOVMAiXS 47
Lorsque les Magyars descendirenl dfuis la Pannonie, •' - ncontrèrent des Slaves et, funtôi après <eur u)n au delà de la Theiss, vers te forêt qui menait vers 4e territoire a InoMylwih» •, des RomMÛM autochtones.
Les Roumains et les Etats Slavks. — Les Roamaim ne pouvaient songer à créer, comme les Bulgares, leurs voisins, un nouvel Empire romain, de langue ! (T ils ne faisaient que cootsinuer dans des >ulaires i'ancienne \ie impériale. Sans doute, ii liraient comme leur chef légitime Tem- (HMi'ur Uc lu iiome oonstantino{H>IiLirme, dont, pendant cinq cents ans. de .lusliiiiea aux Comnène, les armées apparurent de temps en temps sur ki rive gauche pour en chasser les Slaves guerriers ou les Magyars envahisseurs: mais de l'ancienne organisation, ils n'avaient conservé que les détenteurs modestes d'une autorité qui s'étendait seulement sur un « territoire >', une tara, t>oraée aux limites étroites d'une vallée. Tout re qui se rapporte à l'écriture provenait du vieux fond latin (a scrie, écrire; pana, l>luine: comleiu, gréco-latin «• condylus »; hirtie, <- cliartula " : carie, livre, neyreula, encre, de « cùger •). Mais le magistrat qui rendait la justice sous le neux « lune et jugeait selon l'ancienne coutume non écrite, s'appektit " jude >> (judex). H deviot un agent politi- (|ue après le retrait de l'ordre impérial, de même que chez les Cîoths du llanube au iv* siècle, le « juge •» Athanic avait remplacé 4e roi et que la lointaine Sardaignc eut, peodaiil le moyen âge, des chefs iivdépendanls dans ses seuls « jages », gimdici. Les Slaves avaient ein|>runté aux Francs tes ducs» dont le nom devint dans lour langue celui de Voévodes, •< capitaines d'année », et. à une époque plus ancienne, pour des chefs de moindre envergure, Hs avatenk prb aux
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Germains le lilro <if -< kiu'zt«» •. qu'on a rattaché 4 celui de « Konunge », <lc <• Konige » i\es migrations Koihes. Les Roumains employèrent à leur tour des dénominations pour 1rs domni élus ou ' qui leur rendaient la justice et les condu. .i. ... .. .a
guerre même; << Voda » devint synonyme du prince, alors que «« cneaz «>, qui a en russe le môme sens, en arriva, comme son correspondant roumain << jude » ou « judec ». à désigner seulement le paysan fibre.
Mais ces Slaves avaient aussi des rois, des krais. formés — nous «l'avons dit — à l'image du roi des Francs, Charlemagne. qui avaK étendu ses conquêtes et fixé ses" ducs et ses comtes jusqu'à la Sa\^, à la Drave, au Danube moyen; c'est l'origine de < I'k royauté morave, croate et serbe qui organisa les éléments guerriers des Slaves du Sud-Ouest et du Sud. Les Roumains ont aussi connu ce titre nouveau; ils en ont fait leur « craiu », sans penser d'ailleurs à se donner une organisation royale distincte de la tradition im|>criale. Sous l'autorité douce, paternelle «le leurs chefs locaux, ou domni, les Roumains vivaient dans leurs villages, où, selon la coutume thrace, le sol était possédé en commun, non seulement en ce qui concerne la forêt et l'étang, mais aussi les ch;i; de labour, où chacun avcdt, au lieu d'une propruu, seulement une <- parte » (1), mot qui finit par désigner tout droit la possession de la terre. Ces villages étaient de création plutôt récente; leur nom rappelle en effet celui du fondateur, de l'ancêtre, •< mos » (d'où vient le nom de « mosie », héritage, pour tout bien foncier); « satul Albestilor », « Negrestilor >, dont vient la forme courante: Albesti, Negresti. ne signifie pas autre chose que « le \illage des descendants d'Al-
(1) Ce»t le Utin parient : cf. les partes que les barbares i« Oreot distribuer, en Italie du moins, apnès la conquête.