‹ Histoire des sciences de l'organisation et de leurs progrès, comme base de la philosophieChapitre 46 sur 61 · I. Germiers . . . | — ovier alca · texte numérisé non relu

I. Germiers . . . | — ovier alca

spermier . . aptenodytes.

reinier .... ihynchops.

femellier. . . larus, stema.

masculier. . diomedea, procellaria.

in testinier. • plotus.

pulmonier. . phaéton .

veinier. . . . pelecanus.

ossier mergus.

musculier. . anas.

nervicr. . . . phaenicopterus.

g 1 II. Sexiers.

:i I III. Entrailliers.

rv. Carniers. . . . J —

Les genres ^onl distribués d'après leur organe caractéristique.

Pachydermes :

G. p. Peaussier Cochon.

G. p. Languier Hippopotame.

G. p. Nasier Éléphant.

OKEN. 5o3

G. p. Oreillier Rhinocéros.

G, p. Oculier Cheval.

Ainsi, pour Oken, le règne animal n'a pu se développer qu'en ajoutant un oi^ane à son point de départ ; c'est la thèse de T^marck.Maisy dans son application rigoureuse, on voit de combien d'erreurs elle pullule : ainsi, pour pe prendre que les pachydermes, en n'admettant que ses cinq genres fondés sur ses cinq organes, il lui est impossible de comprendre tous les pachydermes; les dinothériums et tous les animaux perdus n'y peuvent entrer. On ne voit pas non plus pourquoi le cochon est plutôt le genre peaussier que l'éléphant et l'hippopotame ; pourquoi lé tapyr n'est pas nasier au lieu d'être peaussier; pourquoi l'éléphant, qui a des oreilles si développées, n'est pas aussi bien oreillier que le rhinocéros, etc.

Il reste un autre point à étudier. Goethe était arrivé à représenter les parties dans le tout ; Oken va reprendre la thèse, mais d'une manière bien plus complète.

Un animal est composé de deux cônes opposés base à base, ce qui est un fait très-juste : maintenant le squelette est composé de deux parties, du tronc et de la tête I qui se correspondent mutuellement ; la tête est la répétition du tronc, ce qu'il s'agit de voir. Son programme est de 1807.

La colonne vertébrale n'est, selon lui, d'abord qu'une gaine, qui forme une seule et unique vertèbre; par suite de, l'ossification, elle se partage en plusieurs autres vertèbres.

Le tronc est composé de la colonne vertébrale , des côtes et des membres. Ici il reprend l'anatomie comparée des membres, comme Yicq-d'Azir; mais il va le rectifier.

5o4 CONTEMPORAIirS.

Les Thoraciques. Les Jbdominaux,

I( omoplate. •••• jos des iles.

Épaule. • • J fourchette. Bassin. . | pubis, (clavicule ( ischion, (humérus (fémur.

Bras radius. Jambe. . tibia, (cubitus péroné.

/ carpe | tarse.

Main . . . . | métacarpe. Pied. . . ! métatarse. ( doigts ( doigts.

Toutes les parties du tronc se répètent dans la télé. C'est ce qu'il va développer dans une thèse soutenue à léna en 1804. Gœtlie avait fait six vertèbres dans la tête ; Oken , avec plus de raison , n'en fera que quatre.

Coprs de la Apophyses transverses Apophyses

vertèbre. perforées, épineuses,

1® La Yertèbre aoricolaire.

Os basilaire occipitaux latéraux. . occipital supérieur.

2® La Tertèbre linguale;

Sphénoïde postérieur. . . grandes ailes pariétaux.

3" La vertèbre oculaire.

— antérieur... . petites ailes frontaux.

4° La vertèbre nasale.

Vomer ethmoïdes nasaux.

Les membres se répètent de même dans la têle : les mâchoires supérieures sont la répétition des bras; les mâchoires inférieures, celle des pieds.

« Il y a toujours (sauf l'avortement) autant de mâchoires qu'il y a de pieds : dans les classes à deux paires de pieds, toujours deux paires de mâchoires; dans les classes à trois paires de pieds, comme dans les insectes hexapodes, aussi trois paires de mâchoires; et dans les insectes à cinq paires de pieds, comme dans les écrevisses , aussi cinq paires de mâchoires.

ce Les mâchoires , ou les pieds de la têle, sont enfin

OKEH. ilo5

composés du même nombre d'os que ceux du tronc, (c La mâchoire supérieure est composée des mêmes pièces que le /w^/7iAre thoracique , et elles sont même visibles dans les mammifères :

Os temporal omoplate.

1® Épaule { Conduit auditif externe fourchette.

Caisse clavicule.

/ Os jugal humérus.

) Apoi

2^ Bras / Apophyse postérieure radius.

I Apophyse jugale cubitus.

S"* Carpe L os de la mâchoire supérieure composé de plusieurs pièces.

4* Main Les dents sont les doigts et les ongles.

La m&choire inférieure représente les membres pelviens. Ses parties sont visibles surtout dans les reptiles et les poissons.

iOs articulaire » os des iles.

Os angulaire os ischion.

. Os supplémentaire. . . os pubis.

Os coronoïde cuisse.

Os operculaire jambe.

IOs dentaire tarse.

Dents doigts et ongles.

Jambe Pied.

Les appendices des insectes ne sont que des trachées ou des branchies endurcies, comme on peut le voir dans les crustacés.

Il cherche maintenant à montrer que les mâchoires internes ou viscérales des insectes se sont conservées dans les quatre classes supérieures.

C'est avec plus de justesse qu'il a indiqué des organes de la reproduction dans le mâle et la femelle chez ces animaux.

Ainsi, pour le squelette, Oken a parfaitement répondu à son principe.

5o6 CONTEMPORAINS.

Sur le développement 9 il a encore des choses intéressantes. Il n'est pas entre dans d'autres parties de Tanatomie.

Ce principe de Tidéalisine panthéiste , que tout est dans tout, que les parties représentent le tout, principe qui n'est pas admissible à posteriori, a pourtant conduit Oken à priori à des découvertes remarquables^ comme celle, par exemple , des vertèbres et des appendices de la tête, etc.

Le tableau suivant résume toute la théorie panthéistique d'Oken.

sJ ^ s ^ s i^

iiiliîlirt

es

lii I d J lu I

s ^ £ e vs <£ S s S «s

H M f») «(f tO ^ rxQO Qi

es

Si

es

tt5

(Si

la

Si

eu

•^lA «O

es

fc.

oo

ta

Cm

ex)

OKEN. 5o9

Le sytème d'Oken ne comprend évidemment que la philosophie de la nature. Ce n'est que le développement d'une partie du système général de la philosophie de Schelling^et surtout de l'unité dans la multiplicité : les parties du tout en sont la représentation.

Il n'est nullement question de la partie préliminaire dans la science; non plus que des parties terminales. Il est donc moins complet que Lamarck.

11 a répondu au vœu de Schiller, d attirer les philo^ sophes à V étude de la nature , en abandonnant la mé^ thode fragmentaire ou morcelée. Il a suivi la méthode contraire, indiquée par Goethe, en procédant du tout à la partie. Il a cherché avec Schelling, l'unité dans la triplicité. Il a accepté le principe esthétique de Goethe , qu'une idée , une conception doit servir de base à l'observation. 11 a encore accepté, avec le même Goethe, la variété infinie dans une unité absolue.

Les avantages de son système sont :

i"" D'embrasser tous les corps naturels sous un même principe, sous une même loi, ce qui a permis de constituer la science de la nature.

a* D'en montrer la gradation depuis le règne élémentaire jusqu'à l'homme.

3^ De pouvoir la traduire par une nomenclature systématique rationnelle.

4^ D'avoir une régularité qui permet sa conception avec la plus grande facilité.

5" De faire marcher parallèlement les degrés de développement d'un animal avec ceux de la série.

ô'^De conduire, par des inductions systématiques, à des découvertes positives; ainsi en ostéologie et en embryologie.

7® De montrer que le nombre des combinaisons d'organes est limité.

5lO CONTEMPORAINS.

Ses désavantages sont une suite nécessaire de sa conception. En effet 9 elle ne repose que sur une vue à priori j que sur un principe contestable, idéal, qui ne peut être employé comme méthode de classification. La forme n'est jamais prise en considération , et elle ne pouvait l'être, puisque le principe est la métamorphose, c'est-à-dire, le changement continuel.

Récapitulation. — Âpres avoir terminé les préliminaires nécessaires pour faire comprendre l'influence de M. Oken sur les progrès de la science, nous sommes entrés dans l'intérieur de sa doctrine , et nous avons montré qu'il n'était qu'une émanation de Raut, Fichte et Schelling. Intermédiairement s'était placé un artiste qui, essayant de se peindre la nature, a mis l'idée audessus des choses.

Cest à lui qu'est due la théorie des métamorphoses, très-importante pour comprendre la philosophie de la science, telle qu'elle est entendue par Oken.

La théorie de Gœlhe était tirée de BufTon, que sa nature poétique avait porté à traiter toutes ces grandes questions. Gœthe, obligé de combattre Schiller qui re* prochait aux sciences leur morcellement , voulut lui en prouver la synthèse pour ainsi dire; et aussitôt qu'il eut montré qu'on pouvait appliquer aux sciences naturelles la philosophie de la nature de Schelling, tous les Allemands entrèrent dans cette voie. Oken , dès le premier ouvrage qu'il a publié, a pris pour épigraphe: Unu naturaj conflu.xio unica. Dès lors il a pu établir une série naturelle dans ce principe, en déduire une classification et une nomenclature rationnelles.

Nous ne nous sommes point arrêtés à critiquer, d'une manière plus ou moins plaisante, les expressions et les idées; nous avons pris sérieusement une chose

OKBN. 5ll

sérieuse. M. Okeu , comme naluraliste , essaye de se faire une idée de la conception du monde. Partant de la définition de la science donnée par Fitche ou par l'idéalisme, puis s'élevant à la conception du moi réfléchissant, sentant en soi Pidée du tout existant par lui-même et représenté dans ses parties, il voit, avec Schelling, dans la succession des êtres, et dans les états par lesquels ils passent, la manifestation et la répétition des parties de ce tout. Ce qui lui fournit le principe d'une disposition , d'une classification , d'une nomenclatui*e rationnelles de ces êtres. C'est là la philosophie de la nature ou de l'objectif

Mais alors cet objectif, dans le règne animal surtout, a dû être envisagé autrement qu'on ne l'avait fait avant lui, non plus dans les individus finis, terminés, statiques, mâles ou femelles et normaux, mais dans les phases de leur développement ou dans leurs métamorphoses, et dans leur morphologie anatomique, ou dans leur oi^anisation considérée sous le point de vue du principe de la répétition du tout dans les parties, nonseulement symétriquement et bilatéralement dans les animaux pairs , mais encore dans la direction longitudinale , une extrémité représentant l'autre , comme un côté le fait à l'égard de l'autre; le ventre à l'égard du dos*

Dès lors l'anatomie comparée, dominée d'un principe à priori, a paru changer de nature, au point qu'elle a été désignée sous les dénominations nouvelles d'anatomie transcendentale , de théorie des analogues , de signification des parties de l'organisation.

Mais au fond, elle est restée la même, comme il est aisé de le concevoir ; et la connaissance de l'organisalion de l'iiomme par 1 étude de celle des animaux, des

St!Jt CONTEMPORAINS.

végétaux, et même des minéraux, des éléments matériels de ces trois classes de corps , et vice versdj a été comprise dans sa conception générale.

Seulement le réalisme a paru s'élever à l'idéalisme par des abstractions de plus en plus hautes, c'està-dire, de plus en plus éloignées du point réel ou matériel, tellement qu'on a pu croire être arrivé à la science première , que Dieu seul peut atteindre.

Mais ceux des naturalistes qui ont voulu suivre Oken, ou même développer ses principes, n'étant plus retenus par les faits matériels , sont entrés dans la voie de l'anéantissement de la science, qu'ils ont remplacée par une conception idéale, qu'ils n'avaient pas même pu s'approprier.

Cependant Oken n'en a pas moins laissé^ comme résultat scientifique, i" la possibilité d'une conception générale , dominant l'ensemble de la nature à l'état d'éléments, comme à celui de corps minéraux, végétaux et animaux , d'où la science de l'organisation a pu être sentie, définie, et formulée par rétablissement d'un principe;

îi^ La série animale , démontrée sous un autre point de vue, qui tend à comprendre tous les états sous lesquels un animal peut se présenter;

3^ La classification des êtres naturels, sentie dans son importance, puisqu'elle est en concordance parfaite avec la conception de l'existence de la série;

4* Enfin , la nomenclature est également appréciée dans sa haute valeur, puisqu'elle devient une' conséquence du principe qui domine rétablissement de la série et de la classification.

Dans sa classification, rigoureuse d'après son principe, il arrive , avec quelques inversions, h celle de Lamarck;

car, en renversant les vers, les crabes, les mouches, et les mettant à la. place des moules et des limaces , on a absolument le système de Lamarck.

Celui-ci admet que les classes, les genres sont artificiels; Oken, au contraire, pose absolument qu'ils sont déterminés et qu'il ne peut y en avoir un plus grand nombre. Nous notons ce point de doctrine , qui nous servira plus tard dans l'établissement de la série.

Mais , par cela même que le principe dominateur de la philosophie de la nature est fantastique, qu'il ne repose que sur une hypothèse, la série animale, bien que conçue, n'est pas démontrée. La classification est hypothétique, et la nomenclature inutile.

Ainsi la zoologie est retombée dans le chaos. I^'existence des espèces a été niée; celle de la série Ta été de même, parce que, n'ayant pas été sentie ce qu'elle est réellement, et n'étant appuyée que sur des hypothèses , elle n'a pu être démontrée.

La possibilité d'une classification naturelle des êtres et même des animaux, a été niée ; on a abandonné , ridiculisé la théorie des causes finales. On a voulu appliquer aux corps organisés les mêmes théories, les mêmes principes que ceux qui conviennent aux corps bruts ou inorganiques, et ensuite nier leur création par une puissance infiniment intelligente.

Dès lors la conception de la zoologie comme science a été retardée , et par là même a été empêchée son introduction dans la philosophie ou dans la science générale, à sa place et pour son seul et unique but, la connaissance véritable de l'homme et de ses devoirs envers les êtres créés, envers lui-même, envers ses semblables et envers Dieu. Or, pourtant, point de philosophie sans ce terme.

T. III. y^

5l4 GONTBMPORiLINS.

Nous avons vu dans Lamarck que les êtres animaux les plus élevés sont des résultats de la matière et de la nature. Nous venons de voir dans Oken que le monde est un animal, et qu'il n'existe que lui. Or, puisque ces deux doctrines aboutissent à Tabsurdité, à Tincohérence, à la contradiction flagrante et continuelle des faits, des êtres et des phénomènes, et qu'elles ne peuvent conduire à la sagesse ou à la philosophie , il faut bien qu'il y ait autre chose que ces deux systèmes, qui renferment tous ceux qui ont jamais été imaginés en opposition au catholicisme. Nous n'avons pas combattu les individus, nous avons exposé les doctrines; il s'agit de combattre celles-ci, et p^r là de faire entrer la science dans l'utilité de l'homme social, vivant pour le présent et pour le futur; acceptant le Créateur qui a fait l'homme à son image, et le monde pour l'espèpe humaine. Cestà démontrer cette thèse à l'aide des perfectionnements ou des progrès que la zoologie ou la science de For^nisation animale a faits dans son ensemble et dans ses particularités, et par conséquent à combattre les objections qu'on lui a opposées, que doit être employé le nouvel effort demandé par la philosophie, en revenant à la conception aristotélicienne terminée par la doctrine du christianisme.

Et comme cette thèse est comprise dans celle de la série animale, cest à sa démonstration que nous consacrerons le volume suivant.

RESUME GEIVERAL.

Arrivés au terme d'un aussi long travail, il est nécessaire d en retracer à notre esprit la trame et Tenchalnement. Nous achèverons par là de montrer d'une manière claire et défmie ce qu'il faut entendre par le cercle des connaissances humaines, et quel rang y occupe chaque science. Nous retracerons de nouveau la marche logique et rigoureuse de l'esprit humain, en représentant à notre esprit, comme dans un tableau, la succession harmonique des divers efTorts qui ont été tentés jjisqu'à ce jour pour constituer la philosophie.

Kous comprendrons aussi maintenant pourquoi nous ne plaçons au tableau qu'un certain nombre de personnages, qui y remplissent une fonction. Parmi eux, les uns le dominent tout entier et influent sur l'effet de chacune de ses parties; les autres n'y occupent qu'une place de détail qui contribue pourtant à l'harmonie de l'ensemble. Mais autour de chaque personnage typique se groupent une foule de figures secondaires qu'il fallait éloigner pour ne pas introduire la confusion , et dont il fallait pourtant résumer les traits dominants dans le type auquel ils se rattachent; c'est ce que nous avons fait dans le chapitre qui a pour titre : Éléments des travau.r. Ici , il ne peut plus être question que des efforts principaux entre lesquels il serait impossible d'en intercaler de nouveaux sans faire double emploi. Quant aux sentinelles perdues qui sont venues avant le

5l6 RÉSUMÉ GÉlfÉRAL.

temps, leur efTorta été nul, ii n'a point servi au progrès, et par conséquent ils ne pouvaient figurer dans notre dessin.

Le but de notre travail doit a^issi se résumer dans ce tableau, par lequel nous voulons démontrer graphiquement la marche naturelle et progressive de la philosophie, c'est-à-dire de l'ensemble des connaissances humaines et divines, comme constituant un cercle complet, ayant pour terme Dieu ou la puissance intelligente créatrice^ que l'homme seul peut concevoir, non pas en elle-même, mais seulement par ses œuvres; cette intelligence souveraine et sa connaissance ne pouvant pas plus être séparées de la philosophie qu'un point de la circonférence ne peut être séparé du cercle, sans l'empêcher d'être terminé. Le moyen , l'instrument à l'aide duquel l'homme peut arriver à ce but, est son intelligence qui lui a été donnée à cet effet. Les matériaux sur lesquels l'homme doit porter son instrument pour en faire sortir la connaissance, le terme, sont les êtres existants ou le monde, qui ont été créés pour lui.

Il suit de là que la marche de l'esprit humain a été d'abord de disposer, de préparer et d'aiguiser ses instruments, de les appliquer ensuite à l'étude du monde^ et comme terme à l'homme matériel ou physique et moral, c'est-à-dire social et nécessairement religieux, et par conséquent arriver à Dieu.

D'où réponse à ces grandes questions : Que suis-je ? l'œuvre de Dieu, fait à son image; d'où viens-je? de Dieu; où vais-je? à Dieu. Pourquoi m'a-t-il créé? pour être glorifié par la manifestation de sa toute-puissance, de son inlelligence et de son amour, ou du triple caractère de son être absolu et parfait, dans la création de rétre de transition entre la matière et l'esprit.

Mais celle gi*ande el magnifique vérilé, la seule importante el nécessaire à la vie sociale, el renfernianl en elle toules les autres vérités, dut élre acceptée d'abord de senlimenl et par la foi, afin de devenir pratique en servant de base à la sociabilité humaine. Cependant, la liberté de l'homme et sa raison devaient tôt ou tard chercher le rapport intime qu'il y a entre sa nature et cette vérité, afin que la raison, satisfaite par la détermination de ce rapport, se soumit à la foi, comme à la loi de son bonheur el de son repos. L'ensemble des êtres créés, le monde visible, montrant à l'intelligence humaine un ordre harmonique, un plan magnifique , une conception intelligible et démontrable en rapport avec toules les facultés de l'esprit humain ; la raison alors se trouve logiquement entraînée à admettre, à embrasser ce rapport , cette proportion qui existe entre elle el le monde qui l'entoure; mais, par une conséquence rigoureuse, une intelligence supérieure et infinie lui apparaît comme la source et la cause souveraine de ce monde créé, de l'homme lui-même el des rapports logiques de la raison humaine avec le plan harmonique de la création. El c'est de là que doit naître enfin le profond rationabile obsequiwn du grand apôtre saint Paul, par la soumission rationnelle de la raison rebelle à la foi, elpar l'accomplissement des devoirs découlant des rapports de la créature avec son Créateur.

Ce grand, ce pénible travail n'a pu se faire tout d'un coup ; il a fallu une longue succession d'efforts plus ou moins puissants, mais déterminés par les besoins successifs de la science humaine; besoins successifs nés les uns des autres, et qui ont fait sui*gir dans le temps voulu les hommes que la providence destinait à les remplir, souvent à leur insu el comme malgré eux ;

5lO RIÉSUMÉ GÉNliRAL.

afin que, quand la foi , celle lumière nécessaire de lliuinanité, serait obscurcie par les passions et verrait n grand nombre d'esprits se révolter contre sa divine autorité en travaillant à saper les bases de la société humaine ; la science arrivée à son terme fût assez mûre et assez puissante pour redevenir sa servante^ eu rappelant à son but la raison égarée.

Non-seulement ces efforts scientifiques providentiels devaient se succéder dans une marche logique , mais encore dans la seule direction qui pouvait permettre à la raison de s'attacher aux êtres réels^ positifs. Seuls, en effet, ils pouvaient lui permettre de saisir, de comprendre un plan , un enchaînement harmonique, positif et réel, invariable et toujours le même; seuls, par conséquent, ils lui donnaient l'espoir d'arriver à une démonstration excluant tour à tour toute hypothèse, pour ne laisser plus que la réalité toujours subsistante de l'accord des faits, qui sont ici les êtres et les phénomènes, avec la raison même; de là, comme conséquence nécessaire, doit sortir enfin l'accord de la science avec la foi, puisque d'une part les faits, qui sont les êtres créés, sont l'œuvre de Dieu, et que de I autre la foi est fondée sur la souveraine vérité de sa parole. En partant de ces principes, on comprend comment les sciences qui ont reçu le nom de naturelles, parce qu'elles embrassent les êtres créés, devaient fournir la seule direction logique qui permît la démonstration ; c'est pour cela que nous avons suivi les progrès de Tesprit humain dans ces sciences. Dès lors, il nous a été facile de nous convaincre que tous les efforts que nous avons étudiés étaient cliacun dans les besoins de la science à l'époque où ils sont venus, et déterminés par les [)rogrès mêmes de cette science. I.e génie de chacun des hommes que

nous avohs cohsidërës n'aurait pu rien ^ns Cela ; car l'esprit hdmain, qui est essentieilement philosophique^ n'agit et ne marche que logiquement^ c'est-à-dire, suivant iJn ordre qui est en rapport d'une part avec l'essence même et la nature de ses facultés intellectuelles qui sont l'instrument de la science, et de l'autre avec les êtt'es créés qui en sont la matjère ou le moyen par lequel il s'élève jusqu'au Créateur. L'ensemble des sciences suit donc une marche ascensionnelle , à laquelle il faut appliquer le levier convenable pour arriver au terme. C'est celte marche dont il nous reste à retracer le tableau , contracté et réduit à ses principaux traits.

Aristote, par la puissance de son génie, a conçu que l'ensemble des connaissances humaines constitue la philosophie ; et il est conduit à tracer dans la science le grand tableau de la création. Dans ce but , il a employé, dirigé, aiguisé l'instrument intellectuel. Comprenant , en effet , que l'étude des choses se compose de l'histoire des faits et de leur étiologie ou de la recherche et de l'exphcation des causes, et que pour parvenir à les connaître il faut donner à l'esprit la méthode en général, puis la méthode en particulier, la classification et la nomenclature, qui conduisent à lire l'ordre de la création manifesté par la dégradation des êtres, ou leur série, Aristote a créé la méthode qui est l'art de se prouver la vérité à soi-même et de la démontrer aux autres en combattant Terreur. Il a appliqué cet instrument à la connaissance des corps naturels, à l'état d'éléments, à l'état de monde, à l'état d'êtres. Tant qu'il ne s'est agi que de l'ensemble des connaissances humaines, il a tout embrassé sauf l'expérience, il a conçu et tracé le cercle , il l'a développé dans le but de mieux connaître l'espèce humaine qu'il a prise pour mesureiet

5ao RisuMié câfiEAL.

qu'il considère enfin dans ses rapports avec la famille, la nation et le monde ; il a établi que la recherche des causes est le but de la philosophie , dont il a vu ainsi le terme à la fois intellectuel, qui tend à remontera Dieu, et physique qui, lorsque Ton y reste, tend uniquement au matérialisme. Mais bien qu'il eût vu ce double but , il n'a pu arriver jusqu'aux rapports de l'homme avec Dieu ; cela n'était possible que par le secours de la révélation , et dès loi*s le cercle ne pouvait être clos.

Galien, continuant Tœuvre d'AristoCe et comprenant la philosophie comme lui, vient dessiner au tableau de la création l'homme sain et malade pour servir de mesure aux proportions des autres parties ; pour cela , il élargit la méthode d'observation en ouvrant une voie expérimentale beaucoup plus développée ; enfin, sous l'influence chrétienne, il a vu plus clairement le but théologique dans la gi*ande thèse des causes finales.

Albert le Grand agrandit la toile, accroît les traits, et illumine le tableau parle rayon divin qui en montrera le but et en fera saisir les harmonies. Il élargit le cercle par un plus grand nombre d'observations et par des descriptions plus complètes; mais surtout il le finit et le clôt en acceptant le premier verset de la Genèse: Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. En ajoutant a ce qu'avait fait Âristote, la grande démonstration de la révélation , il détermine le but de toute science. Al partir de cette époque, le cercle des connaissances humaines est terminé. I^ philosophie a été l'ensemble des connaissances divines et humaines pour arriver à la sagesse qui est la connaissance des créatures, des œuvres de Dieu, en un mot la lecture des êtres et des lois de Dieu

RÉSUMÉ GÉirÉRAL. Bll

qui les régissent , pour de là nous élever à sa glorification. Mais le cercle peut être agrandi dans le nombre des matériaux, dans leur connaissance plus intime, dans Taiguisement et l'emploi de Tinstrument qui doit enfin sentir les rapports et les lois; et par suite dans la démonstration plus adéquate de Dieu par ses œuvres.

Ces perfectionnements dans chacune de ces directions, après une sorte di incubation j pendant laquelle travaillaient des circonstances fortuites , vont nécessairement avoir lieu; mais comme il est impossible à un seul liomme d'embrasser toutes les parties augmenU'Cs, il faudra prendre chacune d'elles l'une après l'autre pour les perfectionner autant qu'elles en sont susceptibles.

a® Reprise, Gesner commence par une énumération plus complète des corps naturels, et surtout des animaux , en rappelant consciencieusement et méthodiquement tout ce qui avait été dit sur chacun d'eux , toutefois sans critique autre que philologique. Il fait le bilan de ses prédécesseurs, et découvre à ses successeurs ce qu'il y a de fait dans le tableau qui doit représenter la création; il leur montre sur quelle partie ils doivent diriger leur pinceau pour la perfectionner. Son but, individuel en apparence, est pour lui théologique en réalité.

Yesale, étudiant plus profondément la mesure en elle-même et dans ses actes, dessine l'homme dans sa structure et ses fonctions , afin que ses successeurs puissent y jeter l'œil pour dessiner tous les autres êtres à leur place, à leur rang; d'où naîtront les nuances harmoniques du tableau. Dans ce but, il étend le champ de l'expérience plus loin que Galien , sur chacune des parties de l'organisme; par là, il tend plus

5^1 RéSDMlS GlilfÉRAL.

directement à la connaissance des causes par la démonstration de la cause prochaine.

Harvey vient continuer sous ce rapport expérimental par I étude des deux phénomènes les plus importants déduits de l'organisation , la circulation et la génération. Il perfectionne le dessin de Vésale, en commençant à marquer le degré de vie qu'il faudra donner à chaque partie.

De ces faits comme prémisses ressortent des corollaires, qui entraîneront le perfectionnement nécessaire alors de la méthode, de la logique dans l'art d'interpréter la nature pour les corps bruis d'abord.

Bacon applique la méthode à l'étiologie des phénomènes; il insiste sur Texpérience qu'il régularise ; du t*este, il comprend nettement que la philosophie est Dieu j r homme et la nature.

Descartes perfectionne la méthode mathématique, la méthode logique ; mais surtout il appelle comme base de la science Tétude des corps organisés et celle de la structure de l'homme comparée aux animaux en particulier.

Bacon et Descartes agrandissent donc la puissance de l'instrument, Téchelle de proportion à l'aide de laquelle on pourra copier sur la nature les traits divers qu'il faudra tracer au tableau.

Ray développe la direction de Gesner et l'élargit considérablement ; cependant, le nombre des faits simples s'accroissant demandait que la méthode fut perfectionnée, non plus pour rinterprétalion des faits, afin qu'ils servissent à l'explication des phénomènes, mais qu'elle le fut sous le rapport de classification des corps naturels, végétaux et animaux ; en conséquence Ray cherche à ranger les étresqui doivent entrer au tableau dans ror*

dre le plus convenable poilr être éclairés par le rayon divin; cependant son ordre è^l artificiel , parce qu'il est sans intention de rapports.

LmHÉ agrandit cette direction et ëlai^t le rayon de qbàhtité en atigmentant les êtres et les faits connus; mais surtout il agit sur celui de la méthode, en la distinguant suivant cju'elle a ou non intentiôti d'exprimer les rapports des êtres. Elle se partage entre ses mains ed rhêthode artificielle qu'il perfectionne , et eh méthode naturelle qu'il comprendra sans la déniontter, et qui ne repoî^e pds sur l'ensemble des caractères, mais sur leur importance et leur subordination. Son effort s'a|)pesantira sur la nomenclature, cet art qui, par des expressions, des mots conçus conveniiblement, analyse line méthode et traduit les caractères des êtres de mailière à les faire connaître facilement, en quelque grand nombre qu'ils soient. H agit si puissamment sur cette jjartîe de la science, qu'il semble la créer, et qu'il peut inventer ce grand titre : Systema naturœ.

Ainsi donc Linné, en perfectionnant l'ordre et inscrivant au tableau le moyen de le lire, montre qu'il y a un ordre plus parfait , capable de saisir toutes les nuances de la nature et de les harmoniser dans leur ensemble; mais il éloigne le but en rabaissant l'homme parmi les animaux.

BuFFOJT vient donner la vie et les couleurs, afin de mieux faire ressortir les harmonies du tout ; il peint ce que les autres ont dessiné. Nécessairement antagoniste de l'effort précédent, tant que celui-ci conserverait son caraclère artificiel, l'efTort de BulTon deviendra d'autant plus élevé, d'autant plus important , d'autafat plus religieux , que Tétude des rapports naturels des êtres ap|)rehdra à mieux lire ce qu'ils sodti

5^4 RÉSUMii GléirÉRAL.

Sentant y devinant les rapports des éhes avec le sol qui Icfs supporte , et les harmonies de ces êtres entre eux, BniTon crée Thistoire naturelle géographique; il reprend rétiologie d'en haut, envisagée par rapport à Thomme, mais physiquement, à Taide de la méthode mathématique. Dès lors, se fiant à son génie et n'ayant rien qui Tarréte, il abandonne \ristote pour suivre la physique de Descartes; il est conduit, par son effort même, à étudier le sol et le mode de sa création, qu'il remplace par des hypothèses ; il crée lui-même la terre, et ne s'arrétant pas là , il en fait autant pour les animaux et rhomme. Ainsi livré à son imagination ^ il ne dessine plus, il peint, et quelquefois de manière à cacher le dessin par la beauté du coloris , mais aussi de sorte à laisser des traces ineffaçables dans l'histoire de l'esprit humain. En sortant de la direction théolc^ que, il ouvre les voies à l'athéisme.

IjR tendance de Buffon était bonne, lés moyens manquaient. On ne crée pas dans les sciences ; on lit ce qui est créé : la prétention de créer est absurde, même dans les plus grands génies.

3« Reprise. Depuis Albert le Grand jusqu'à Buffon , toutes les parties du cercle des connaissances humaines ont été reprises et étendues. Le cercle s'est considérablement agrandi ; mais la science n'est pas encore arrivée à son terme. Il faut, pour l'y conduire, que tous les rayons soient repris de nouveau, qu'ils soient nettement formulés et arrêtés. Le besoin de la science, reconnu et proclamé par Linné, était la méthode naturelle ou les rapports naturels des êtres, leur dégradation sériale; or, comme ces rapports naturels ne pouvaient être reconnus et appréciés que par l'étude comparée de l'organisme et de ses actes intérieurs et extérieurs,

RESUMA GENIÊRAL. 5^5

OU voit comment le pas à faire ëtait une anatomie comparée et une physiologie.

Hallsr, dans son immortelle physiologie , mène à fin TefTort de Galien et deVésale; il donne à ses successeurs les lois de la vie des êtres, lois qui permettront de les connaître plus à fond, et de découvrir l'oitlre plus parfait dans lequel ils doivent être disposés.

Pallas , en cherchant les rapports des animaux dans l'étude de leur organisation considérée exclusivement , fait connaître leur structure, et appelle, avec Deluc, ceux qui ne sont plus , pour combler les lacunes du tableau , et ainsi la paléontologie est créée.

ViCQ-D^AziR donne la loi qui servira à comparer tous ces êtres, et crée lanatomie comparée dans ses principes.

Dès lors les méthodes ou classifications naturelles peuvent être senties, en estimant les principaux points nettement établis d'abord en phytologie, puis en zoologie, en chimie, de là en minéralogie et en géologie.

Mais comme Tesprit humain ne fait pas tout à la fois, la nomenclature suivit ou dut suivre de prés ce mouvement d'une manière proportionnelle à l'avancement de la science, et les méthodistes viennent former des groupes, des familles ; c'est ce que fit Adanson.

L. DE JussiEU, enfin, fait un pas définitif. 11 expose ce que c'est que la méthode naturelle en général , ses règles, ses principes, la subordination des caractères, et en fait l'application aux végétaux, l'un des pas les plus importants qui aient été faits, et qui fut transporté, avec plus ou moins d'habileté, aux autres corps de la nature, par des copistes qui l'ébauchèrent ou l'estropièrent. Ainsi donc les Jussieu viennent ranger en ordre au tableau une partie des êtres naturels, ou plutôt donner la loi de cet ordre.

Mais dans ce mouvement progressif, qui se fit presque tout à la fois dans la dernière moitié du dernier siècle, on perdit généralement de vue le but religœuXy le terme de la science. On créa des lois des phénomènes , des lois des opérations des corps, au lieu de les lire. Od s'appuya mal à propos sur la philosophie de Bacon, faussement entendue ; on crut qu'une science ne copsistait qu'à connaître la loi des phénomènes; et, comme la chimie Ht de grands progrès, soit dans la matière mieux décomposée, soil dans la connaissance des lois d'un plus grand nombre de phénomènes , on se persuada facilement qu'il n'était plus besoin de remonter au Créateur; alors la science , de plus en plus abaissée à l'application immédiate, devint industrie^ et se décomposa en autant de manières qu'il y eut de directions à fortune.

Malgré ce dévergondage et sous son influence, la science accomplit pourtant son dernier développement.

PiwFX, agrandissant l'effort de Jussieu , essaye la méthode naturelle en pathologie, ce qui nécessite la création de ranatoniie générale par

BiCHAT, et comme conséquence, la dernière reprise de l'étude de la mesure par ce grand homme; d'oii sort l'anatomie générale, l'analomie des tissus, l'anatomie de développement; ce qui conduira à l'étude synthétique.

Broussais, enté sur les deux précédents, développe l'anatomie pathologique, cherche le siège des maladies, arrive à la thérapeutique rationnelle, au diagnostic des maladies , et à la pathologie générale.

Pinel, Bichat et Broussais, par leurs efforts réunis, achèvent donc la partie du tableau où apparaît l'honi-

RESUMA GiHfÈKAh^ 5%'J

me y qui est désormais une mesure suffîsamment connue, mais le dernier avec Gall, en lui enlevant le principe qui le fait homme, et le rayon divin.

Gall augmente* notablement l'un des rayons les plus importants du cercle de la philosophie, celui du fliége des facultés intellectuelles, de leur analyse, de leurs rapports proportionnels avec le substratum; et par là il conduit au lien d'union entre la matière et l'esprit, et montre, à son insu et malgré sa tendance, la moralité humaine. Mais, comme le précédent, il a eu upe conception fausse de la science.

De Lamarck, s'appuyant sur cet état des sciences, conçoit le hardi projet de reconstituer la philosophie ou le cercle scientifique ; il pousse à Textréme la thèse antithéologique; et, conséquent au principe qui le domine, il a été conduit à soutenir des thèses qui ont été aisément ridiculisées. L'effort qu'il a produit n'en a pas moins été d'une grande intensité, en ce qu'il a senti et souvent prouvé la série animale y la série de création. Pour lui, les corps naturels, nés et non créés, ont commencé par les plus simples, et les circonstances les ont modifiés de proche en proche. — Nous, au contraire, nous soutenons que la série animale est une loi delà création, comparable à la loi de l'attraction, de la chute des graves , et tout aussi facilement démontrable.

Oken. Cependant , l'immoralité de l'athéisme s'élant démontrée fatale par ses effets, on lui a donné une forme nouvelle, représentée par Oken, considéré comme le dernier terme de la philosophie de la nature, dans laquelle l'antithéologie a essayé de se reproduire sous forme àe panthéisme ^ d'une manière spécieuse et forte. Le principe a été de retrouver le tout dans ses

5a8 KlfsUMi GilTERAL.

parties. Si, dans tous les cas, ce principe a entrainé à des erreurs manifestes, à des rapprochements erronés, il n'en a pas moins conduit à certaines découvertes importantes avant la méthode aristotélicienne, qui a eu néanmoins besoin de les rectifier et de les confirmer, pour qu'elles pussent être introduites dans la science.

\insi Gall et Broussais , laissant à Lamarck et à Oken le soin de terminer toutes les parties du tableau dans Tombre et les ténèbres , sans but et, pour ainsi dire, en broyant les couleurs au hasard, il en esl résulté quelque chose de monstrueux, facile à ridiculiser, parce que le tableau , n'étant plus éclairé par le rayon divin , ressemble dans l'ombre à une caricature dont le vulgaire n'aperçoit que le côté risible sans voir la puissance du dessin. Cependant l'absurdité même force à rappeler le rayon divin, et à sa lumière le tableaa scientifique de la création terminé reprend ses proportions harmoniques, et permet d'espérer qu'il sera bientôt la copie aussi parfaite que possible de la conception du Créateur.

En effet, la marche arislotélicienne, continuant ses progrès, arrive à démontrer de plus en plus la théorie des causes finales, la série croissante et décroissante des organisations, et par suite, non-seulement un plan dans chacune d'elles, mais un plan général dans l'ensemble des êtres, comme il y en a un pour chaque famille, comme il y en a un pour chaque espèce et pour chaque être, ainsi que des rapports nécessaires entre eux. Parla se trouve démontré le sceau d'un Dieu, créateur de toute chose, aussi évident dans l'ensemble que dans l'individu ; d'où ressort la conception du gi^and Être qui a créé l'homme à son image et à sa ressemblance, puis-

RÉSUMÉ GEPTERAL. Bfig

que seul il peut lire ce plan , et par conséquent sentir en lui-même le prototype de Dieu : c'est là l'effort qui s'exécute actuellement.

Tels sont aujourd'hui , dans l'opinion que nous professons, celle de l'Aristote chrétien , les progrès de la philosophie; progrés naturels, progrès que l'on ne peut comparer qu'aux phénomènes du développement de l'homme lui-même, et qui ne pouvaient avoir lieu autrement, à moins de passer à un état monstrueux qui les aurait tenus dans une sorte d'arrêt de développement, ou qui les aurait même empêchés de subsister en les éteignant avant terme; ce que l'on peut admettre comme possible, puisque autrement l'œuvre de Dieu aurait été incomplète , ce qui ne peut se concevoir.

Quant à ces enfants perdus qui se sont montrés presque à tous les âges de la science, qui ont fait une pointe hardie mal à propos, ou qui ont tiré avant Tordre, leurs efforts ont été presque toujours sans effel, lorsque même ils n'ont pas nui. Nous ne devions pas en parler, non plus que de ces prétendus éclectiques, puissants pour eux, impuissants pour les progrès réels de la philosophie ; ils savent toujours mieux choisir ce qui leur convient que ce qui convient à la science; ils ont bien pu faire rire aux dépens de gens d'une bien plus grande force qu'eux, lorsque ceux-ci se laissaient entraîner dans quelques exagérations, quelquefois même sans les comprendre ; mais voilà tout.

Nous avons donc dû les passer sous silence, aussi bien que ces expérimenlaleurs, ces créateurs d'espèces, de systèmes, qui ont eu, en zoologie, la prétention de tout coordonner, et qui quelquefois ont introduit une déviation plus grande encore.

Il n'en est pas de même des mathématiciens, des T. lîi, 34

53o BESUJIlé GBNKBAt.

physiciens , des chimistes : leurs efforts dans le peHeo tionnement de la logique mécanique^ dans Tappréciation des lois des phénomènes généraux ou inolécu* laires qui régissent la matière , doivent certainement compléter le cercle ; mais , ne devant et ne pouvait aucunement les juger, nous les plaçons en dedans do cercle qui va résumer graphiqqement toute notre bi|r loire et notre thèse.

nir«

II» àjfitut agfmutr 'rre . S

Page 1