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COLONNES DE LA MÉDECINE : ALCHIMIE

et sublime. Elle ne produit rien qui soit instantanément parfait, mais elle laisse à l’homme le soin de perfectionner. On donne à cette perfection le nom d'alchimie (1). Le boulanger est alchimiste en ce qu'il cuit le pain; le vigneron, en ce qu’il fait du vin; le tisserand, en fabriquant des étoffes. Ainsi, celui qui prépare, pour l'usage auquel elles sont destinées, toutes les productions que la nature fournit à l'homme pour son utilité, celui-là est un alchimiste.» (P. 43.)

« Puisque la médecine (le remède) n’est rien sans le ciel, il faut qu’elle soit dirigée par le ciel; et cette direction n’est autre chose que la destruction par toi de la terre qui existe en elle; le ciel, en effet, n'aura d'influence sur la médecine qu'après la disparition de cette partie terrestre. Après cette séparation, la médecine, entrant sous la dépendance des astres, est régie et protégée par eux. Ainsi, celle qui a trait au cerveau est conduite au cerveau par la lune; celle qui concerne la raie y est amenée par Saturne; celle qui est consacrée au cœur y est conduite par le soleil. Vénus régit les reins, Jupiter le foie, Mars la bile. Il en est de même des autres organes. Car, remarquez: que sera le traitement que vous employez pour la matrice d’une femme, si ce traitement n’est pas dirigé par Vénus; le traitement du cerveau, s’il se fait sans l'influence de la lune? De même pour tout. En dehors de ces influences, les remèdes resteraient dans l'estomac, et, rendus par le bas, ne produiraient aucun effet. D'où il suit que, si le ciel t'est moins favorable et se refuse à diriger ton traitement, tes soins seront inutiles. Le ciel doit en être le modérateur. Puisque l’art est ainsi constitué, il ne faut done pas dire: la mélisse est une plante matricale ; la marjolaine est capitale; c'est le langage des ignorants. Ces qualités viennent de Vénus et de la lune. Voulez-vous avoir ces qualités telles que vous les souhaitez, il faut que le ciel vous soit clément et propice; autrement l'effet sera nul.» (P. 45.)

« Puisque le ciel, et non le médecin, dirige par les astres, il faut que la médecine (le remède) soit réduite en air pour qu’elle puisse être convenablement régie par les astres. Quelle pierre est attirée par les astres ? Aucune, mais seulement ce qui est volatile. D'où plusieurs ont cherché, par l’alchimie, un cinquième être qui n’est autre chose que la séparation des quatre corps élémentaires d'avec les arcanes ; ce qui resie est un arcane (2).

(4) Les mots sont presque toujours détournés, sans doute à dessein, par Paracelse, de leur signification ordinaire.

(2) La quintessence ou esprit de vie. On à voulu voir, dans cette recherche de la quintessence, un des principes fondamentaux de la médecine moderne, qui oppose aux éléments morbides les éléments des remèdes ; mais de quels nuages impénétrables cette idée n’est-elle pas enveloppée dans le cerveau de Paracelse ? Pour lui, c’est plutôt une question de spécifiques ou remèdes secrets: Une seule chose est nécessaire, dit-il, faites des arcanes et dirigez-les vers la maladie; avec cela. on guérit l’apoplexie, la paralysie, la léthargie, le mal caduc, la manie, la phrénésie

| « Que mes écrits ne soient point pour vous une pierre d’achoppement, parce que je suis seul, que mon enseignement est nouveau, et que je suis Allemand; c'est par mes écrits et non par d’autres qu’on peut apprendre Vart de la médecine; tout ce que je vous demande, c’est de les lire avec attention. » (P. 57.)

C’est ce que nous avons fait, et cette lecture ne nous a pas en gagé à souscrire pour la couronne que Paracelse se tresse.

QUATRIÈME COLONNE DE LA MÉDECINE : De la propriété, c'està-dire des qualités, des vertus du médecin, — Je n’ai point à m'arrêter sur ce chapitre. On y voit que Paracelse possédait toutes les qualités requises pour constituer le bon, le vrai médecin; ces qualités, il les refuse tout naturellement à ses confrères, présents, passés el même futurs. — Des co/onnes nous passons aux secies de la médecine.

«Nous (1) nous attacherons d'abord au traitement des maladies avant de chercher à connaître Leurs causes, puisque le traitement nous montre ces causes comme ayec le doigt. » (Libellus prologorum, I, &, 1)

Hippocrate a dit que quelquefois le traitement démontrait la nature ou la cause de la maladie, mais ce n’est qu'un moyen accidentel de diagnostic et non pas l'application d’une règle générale de pathologie. D'ailleurs Paracelse est très-infidèle à son principe, puisqu'il passe tout son temps à chercher les causes morbides dans le ciel et dans le sein de la terre : je veux dire dans son imagination.

et la mélancolie, maladies contre lesquelles n’ont jamais rien pu les drogues des apothicaires, les cuisines des parfumeurs, doublement ânes, eux et leurs maîtres. (P.52.) — Ce qu’il dit sur les vertus qu'acquièrent les substances médicamenteuses en raison de leur changement de couleur (p. 54) est à peu près incompréhensible ; ce qu’il ajoute sur la puissance des médicaments métalliques et sur la nécessité de les faire passer par le feu ne révèle pas non plus des connaissances chimiques bien avancées ni bien nettes. D'ailleurs, rien de cela n’était nouveau. On pourra lire, pour avoir une idée complète de cette doctrine de la quintessence, le traité para célsique intitulé Archidoæes.

(1) Les extraits suivants, jusqu'à indication du contraire, sont tirés du Paramirum; De medica industria (Opp., t. Ep: 4 etsuiv.). Gomme les chapitres sont courts dans ce livre, je n’ai pas indiqué les pagess :

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