LES CINQ SECTES DES MÉDECINS. — LES CINQ ÊTRES
du ressort du juge, et il les ouvre quand il veut. Ainsi les malades, liés pour ainsi dire, sont délivrés par les esprits des herbes, si ceux-ci se pu- : tréfient ou sont consumés, ainsi qu’on le dira dans un livre spécial. Hippocrate et d'autres qu’on ne nomme pas firent partie de cette secte. » {Prolog., 1, 3.)
Non, mille fois non, ce n’est pas Hippocrate, mais Paracelse qui fait partie de cette secte. Voici encore d’autres monstrueuses hérésies historiques :
« Quoiqu'on ne trouve rien dans vos livres qui s'accorde avec ce que j'ai avancé, sachez cependant qu'Hippocrate, bien qu'il ne le dise pas, penchait beaucoup plus vers la secte spirituelle que vers la secte naturelle. Galien aussi avait plus de goût pour la médecine caractérique que pour la médecine naturelle. On peut en dire autant des autres. Ces facultés où mystères sont vraiment les merveilles de l’art, et cependant on les met sous le boisseau ; on prend la voie la plus longue, que ceux-ci mâchent et ruminent. » (Prol., Il, 1.)
« On donne le nom de fidèles aux médecins de la cinquième secte (dans laquelle encore on doit ranger Paracelse), parce que c’est par la foi qu'ils expulsent et guérissent les maladies, comme la croyance à la vérité peut rendre la santé. Jésus-Christ et ses disciples ont mis ceci en pratique. Plus tard je ferai paraître, sur ces cinq sectes, cinq livres conclusionnels, ‘ et vous y trouverez les enseignements nécessaires pour les bien comprendre. » (Prol., 1, 8.)
Ces livres n’ont pas été publiés, et nous n’y perdons sans doute pas grand’chose. Les idées que trois au moins de ces sectes représentent ont germé dans quelques cerveaux fêlés, mais jamais elles n’ont fait partie de la science régulière; quant à l'emploi des spécifiques (deuxième secte), il est consacré dans la médecine galénique, comme dans celle qui l’a remplacée, mais seulement comme une fraction de la thérapeutique, et non pas à titre de secte spéciale, si ce n’est dans les mains de Paracelse ou des charlatans.
« Le Livre Des frres. — Apprenez aussi qu'il existe cinq étres (entia) par lesquels sont faites et produites toutes les maladies. Ces cinq êtres désignent cinq origines. Il y a cinq origines d'où sort une certaine ori-
gine respective, laquelle a assez d'efficacité en soi pour la production de toutes les maladies passées, présentes ou futures. » (Prolog., I, 2.)
En d’autres termes, chaque ens peut produire chaque maladie. Ainsi, il ya cinq pestes, cinq hydropisies, cinq jaunisses, cinq
fièvres, cinq cancers, et le reste, non eu égard à leur genre, à
leur forme, à leur essence, à leur espèce, mais et égard à leur origine ou dépendance de l’un ou l’autre des cinq êtres, attendu que notre corps est soumis aux cinq êtres, et que chaque étre contient toutes les maladies, ainsi que notre corps, sous sa domination. On verra plus loin que cette division quinquennaire n'avance pas beaucoup la connaissance des caractères différentiels des maladies et de leurs subdivisions, et qu'on en à tiré pour la thérapeutique les plus étranges conséquences. Mais poursuivons :
« L’être (ens) est une cause ou une chose qui a le pouvoir de régir le corps... Chaque être est ainsi constitué, que toutes les maladies, sans exception, en dépendent. Des feux quintuples régissent notre corps ou le menacent, car il est constitué de manière qu’il peut être envahi et rendu malade tantôt par l’un, tantôt par l’autre. Ainsi, lorsqu'un médecin se trouve en présence d’un paralytique, il doit avant tout chercher par quel feu, par quel étre est produite la paralysie(!). Le résultat prouvera l'aveuglement du médecin qui ne comprend pas ce qui vient d’être dit, puisque la guérison ne se trouye que là.» (Prolog, Il, 8.)
Bien aveugle en effet serait le médecin qui ne verrait pas clair dans ce galimatias!
« Notre premier traité du Paramire enseigne quelles sont l'essence et la vertu des astres. Cette vertu agit sur notre corps de telle façon, qu'il est soumis à toutes leurs impressions ou actions. Cette vertu des-astres s’appelle étre des astres (ens astrorum, où astrale); et c’est le premier de ceux qui nous régissent. —La deuxième vertu ou puissance qui nous remue violemment et nous jette dans la maladie, est létre du poison (ens venent). À propos de cet être, vous remarquerez Que, quoique l'être astral luimême ait une influence salutaire sur nous, et qu’il ne nuise en rien au corps, cependant l’être du poison peut nous être préjudiciable ! Étant, en quelque sorte, sous sa dépendance, il nous faut subir son influence, etnous ne pouvons l’éviter. — Il y a une troisième vertu qui abat el affaiblit notre corps, quoique les êtres dont on a déjà parlé aient sur nous une influence salutaire et favorable. Get être se nomme étre naturel (ens naturale). IL se manifeste quand notre corps nous rend malades par son dérangement ou sa mauvaise complexion. Cest done par lui que sont produites en grand nombre des maladies diverses ; je dirai même, toutes les maladies sans exception, quoique les autres êtres soient bien disposés. — Le quatrième être s’entend de l’étre des puissants esprits (ens de poten: