APOGÉE DE LA MÉDECINE CHEZ LES ARABES
recherches de M. Meyer, de Kœnigsberg, dans son Histoire de la botanique; 7° comme corollaire, les poisons. Au milieu de tout cela, nous ne voyons pas de chirurgie; il n’y a d’autres spécialistes que les oculistes. Les médecins paraissent avoir laissé la petite et la grande chirurgie aux barbiers et rebouteurs.
La seconde période (250-750 de l’'hégire), qui comprend, comme on voit, 500 ans, peut, à son tour, se subdiviser de 290 à 600 et de 600 à 750. Les traducteurs abondent (1) : par conséquent, les grandes œuvres médicales anciennes se produisent au grand jour, et, à leur tour, donnent lieu à des compilations, à des encyclopédies plus ou moins savantes et qui sont signées par les Mésué, les Rhazès, les Sérapion, les Isaac, les Ali Abbas, les Avicenne, et par toute la phalange des médecins du kalifat d'Occident (2). IL est possible d'établir quelques groupes dans ces ouvrages presque tout entiers de seconde main. Ainsi Johannitius représente, quoique en raccourci, la pathologie générale, qu’on peut compléter avec Avicenne et Isaac; elle est dialectique et galénique, à quelques exceptions près. La pathologie spéciale est traitée par Îsaac, Ali Abbas, Avicenne ; Mésué a écrit sur la thérapeutique; les Sérapion ont écrit sur la matière médicale; Elminthar, Isaac, Maimonides, sur l'hygiène ; Abulcasis sur la chirurgie. Il faut chercher l’anatomie, la physiologie surtout, dans Avicenne et aussi dans Isaac ou dans Ali Abbas. Il y a encore les abréviateurs et les auteurs de traités généraux, ou de sommes, ou d’encyclopédies, comme Rhazès, Abulcasis lui-même, Averrhoes, Avenzhoar, et les spécialistes, par exemple Jesu-Ali pour les maladies des yeux.
C’est seulement à dater de cette époque que nous possédons des monuments littéraires nombreux et importants; beaucoup ont été traduits en latin, il en reste encore beaucoup plus à tra-
(1) L'office de traducteur, surtout celui de réviseur de traductions, était une spécialité dont on ne sortait guère; quelques-uns des traducteurs, plus ambitieux et plus capables, ont cependant mis à profit leur propre traduction pour faire des ouvrages de leur façon. Témoin Honein, en latin Johannitius.
(2) &est à partir de l’an de Jésus-Christ 756 que les Ommiades gouvernent pour leur propre compte le kalifat d'Occident, appelé aussi kalifat de Cordoue, qui en était la capitale, où kalifat des Ommiades,