‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 134 sur 297 · Diod., XXXIX · texte numérisé non relu

Diod., XXXIX

SÉLEUCOS IV PHILOPATOR 235

la complicité de son père, Démétrios étant trop inféodé aux Romains. Le nouveau roi, en dépit de son passé, promettait d'être un modèle de toutes les vertus. Il avait renouvelé alliance et amitié avec les Romains et semblait n'aspirer qu'au renom de souverain débonnaire. Un décret d'amnistie avait été aÔiché par ses soins dans les temples de Delphes, de Délos et d'Athéna Itonia ; en Macédoine, il avait donné quittance aux débiteurs du Trésor et relâché tous ceux qui étaient en prison pour ofifenses au roi '. En réalité, il voulait se rendre populaire, dans l'espoir de tourner au bon moment la tête légère des Hellènes.

Séleucos était homme à le comprendre. Une entente s'établit entre les deux politiques. Séleucos offrit sa fille en mariage à Persée, et, un beau jour, une superbe galère rhodienne amena en Macédoine Laodice, fille de Séleucos. Persée l'épousa, au grand dépit des Romains, qui firent retomber leur mauvaise humeur sur les Rhodiens (177) ^. De quoi se mêlaient ces marchands? Alléchés par une belle gratification, ils facilitaient des communications que le Sénat avait voulu empêcher en interdisant aux navires syriens de pénétrer dans la mer Egée. La riposte ne se fit pas attendre. Les Rhodiens, au bout de onze ou douze ans de lutte, avaient enfin dompté les Lyciens, et ils prétendaient exercer en Lycie le plein droit de propriété que leur avait concédé le traité d'Apamée. Mais le Sénat s'avisa tout à coup qu'ils en abusaient, et même, que ce droit n'était pas fondé : il déclara, contre l'évidence, que l'expression ev Sopeâ employée dans le traité ne signifiait pas que les Lyciens dussent être leurs sujets, livrés « en pur don », mais leurs amis et alliés. C'est à ce prix que les Rhodiens payèrent les cadeaux de Persée à l'équipage de la galère nuptiale, les bois

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