Justin., XXXIX
pas se laisser détrôner sans résistance. Il y eut lutte armée entre les deux rivaux, et une lutte qui dut môme avoir ses surprises. C'est à ce moment (128 a. G.) que cesse la frappe des monnaies quasi-autonomes de laTétrapole syrienne, fédérée au temps d'Alexandre Bala et tolérée jusque-là par Démétrios. On en peut inférer que Démétrios reprit pied un instant dans la Haute-Syrie. En outre, il est question de trois « officiers considérables » au service d'Alexandre II, — Antipater, Clonios et Aéropos, — qui tirent défection et se trouvèrent à la fin assiégés dans Laodicée, une des villes de la Tétrapole. Nous ignorons d'ailleurs s'ils travaillaient dans l'intérêt de Démétrios II ou pour le compte d'un autre prétendant, par exemple, pour le jeune fils d'Antiochos YII et à l'instigation de Cléopâtre Théa. En tout cas, Alexandre II, qui était « doux et enclin au pardon », agit au mieux de ses intérêts en faisant grâce aux coupables '. Démétrios II s'était probablement maintenu en Phénicie et en Cœlé-Syrie. C'est à Damas qu'eut lieu la rencontre décisive entre les deux rivaux. Démétrios II battu s'enfuit à Ptolémaïs, oii était sa famille : mais son épouse, la reine Cléopâtre Théa, lui refusa l'entrée de la place. Repoussé de la même façon à Tyr, oii il espérait trouver asile dans le temple de Melqart, il essaya de se sauver sur un navire; mais il fut appréhendé par ses ennemis particuliers, qui le torturèrent avant de le mettre à mort (126/3 a. C.) ". Tyr, restée fidèle jusque-là à Démé-
1. Diod., XXXIV, 22. Ad. Kuhn {Beilr. z. Gesch. der Seleukiden, p. 17) préfère reporter le fait en 123, durant la lutte entre Alexandre II et Antiochos VIII Grypos, ce qui, Je le reconnais, est tout aussi vraisemblable; mais je ne vois pas de raison sérieuse de contester (R. Bevan, II, p. 251) que Laodicée soit celle de la Tétrapole, et de préférer Laodicée du Liban.
2. Justin., XXXIX, 1, 7-8. Joseph., XIII, 9, 3. Appian., Syr., 68. Liv., Epit. 60. Euseb., I, pp. 257-2o8 Sch. Démétrios navi egrediens praefecti Jussu inlerficilur (Justin) : iio>.Xà -rzaôwv ûr.b TÔJv [itsoûvTwv à-riSavsv (Josèphe); tué par Cléopâtre (Liv. App.). Voy. le pot-pourri d'anachronismes et de quiproquos du moine Jean d'Antioche. Séleucos (V?) succède à A. VII, et, expulsé par Démétrios II, se réfugie auprès d'Arsace, dont il épouse la fille! Un autre Séleucos, fils d'Apama(?), est mis à mort avec son père Démétrios à Damas, (i-Kb TT,; éauTOÛ [xr.Tpôî 5oXo90vT,9e£î {FHG., IV, p. 561).
trios, comme en témoignent ses monnaies, se déclara alors indépendante et substitua une ère nouvelle à celle qui, depuis 274, rappelait la conquête égyptienne [f].
Telle fut la misérable fin de Démétrios II, le plus imprudent, le plus éprouvé et le plus détesté des Séleucides. C'était la revanche de GléopàtreThéa, qui porte justement dans l'histoire la responsabilité du meurtre de son second mari.