‹ Histoire des Séleucides (323-64 avant J.-C.)Chapitre 255 sur 297 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

SÉLELCOS VI ÉtMiniANE NiCATOR (96-95).

Antiochos X EusÈBE Philopator (94-92? 83?).

Antiochos XI Épfphane Philadelphe (95-94).

Philippe I Épumiame Philadelphe (93-83).

DÉMÉTRios III [EuG.KROs] Théos Philopator Soter [Philo.métor Éver-

GÈTE Callinicos] (95-87 ?|.

Antiochos XII Dio.wsos Épiphane Philopator Callinicos |87-84).

C A.NTIOCHOS XIII ASI.\TIG0S (69-64).

( Philippe II (68-64?).

Sélcucos VI, expulsé par Antiochos X, fils d'Antiochos IX, et massacré à Mopsuheste (95). — Antiochos X épouse sa belle-mère Cléopâtre Séléné. — Mort d'Antiochos XI (93). — Philippe I et Démétrios III se partaient la Cœlé-Syrie. — Antiochos X contre les Parthes : sa mort (92). — Mithridate VII Eupator, roi de Pont, allié de Tigrane d'Arménie : expulsion d'Ariobarzane, roi de Cappadoce (93). ^- Campagne de L. Cornélius Sylla (92). — Guerre civile en Judée (94-88?). — Démétrios III en Judée (88?) : défaite et triomphe final d'Alexandre Jannée. — Démétrios III contre Philippe I; il est vaincu et captif chez les Parthes (87). — Antiochos XII compétiteur de Philippe (87). — Antiochos XII contre les Nabatéens : sa mort (84) . — Mort de Philippe I en Cilicie (83?). — Le trône de Syrie occupé par Tigrane (84- 69). — Mort de Nicomède III : la Bithynie province romaine (74). — Les Romains contre Mithridate VII Eupator : campagnes de L. Licinius Lucullus (74-67). — Les fils de Cléopâtre Séléné et d'Antiochos X, les « rois » Antiochos XIII et Séleucos, à Rome (74-73) : reconnus prétendants légitimes. — Cléopâtre Séléné tombe aux mains de Tigrane (71). — Tigrane défait à Tigranocerte : Antiochos XIII roi de Syrie (69). — Anarchie et désagrégation intérieure du royaume. — Le prétendant Philippe II contre Antiochos XIII. — Antiochos XIII prisonnier de Sampsicéramos : Philippe expulsé. — Lucullus remplacé par M'. Acilius Glabrio (67), ensuite par Pompée (66). — Pom-

pée en Syrie (04). — Pompée pronunce la dt-chéance de la dynastie. — Anliochos XIII mis à mort par Sampsicéramos.

Le resle de l'histoire des Séleucides n'est plus qu'une série monotone de vicissitudes qui se suivent avec la régularité du flux et du reflux. Les détails, qui auraient pu jeter quelque variété sur ce canevas, tissu de noms et de dates le plus souvent [)roblématiques, ont disparu : et l'historien ne sait à quoi attacher sa sympathie dans une pareille mêlée de passions égoïstes, de haines héréditaires, au milieu desquelles s'achève la ruine de la dynastie.

Les deux Séleucides qui venaient de disparaître à un an d'intervalle léguaient leur querelle à leurs enfants. Antiochos VIII, représentant de la branche aînée, laissait cinq fils, et la branche cadette pouvait mettre en ligne un prétendant. Séleucos VI, tils aîné d'Antiochos VIII, ne porta pas longtemps son orgueilleux surnom de INicator. Antiochos IX avait eu de sa première femme Cléopâtre (IV) un fils, Anliochos X, dit le Pieux (Ejasêrî?), qui, sauvé, dit-on, par une courtisane éprise de sa beauté ', trouva un asile dans la ville libre d'Arados et en sortit bientôt avec des forces suffisantes pour expulser de Syrie son adversaire. Poursuivi en Cilicie et de nouveau battu près de Mopsuheste, Séleucos VI se jeta dans la ville et crut pouvoir intéresser les habitants, de gré ou de force, à sa cause. Comme il leur demandait de l'argent sur un ton qui ne convenait plus à sa fortune présente, ils s'insurgèrent et mirent le feu à l'édifice — palais ou gymnase — où il s'était réfugié avec ses amis. Séleucos fut ainsi brûlé vif ou se tua pour ne pas l'être (9o). Il fut peu regretté : c'était, dit Appien, un caractère violent et tyrannique au possible ^

Mais Séleucos VI avait derrière lui les quatre frères qui

1. On en dit à peu près autant de l'évasion d'Antiochos IliiTax (ci-dessus, p. 115). Bis repetita placent.

2. Joseph., Xlll, 13, 4. Appian., Syr., 69. Euseb., I, pp. 239-261 Sch.

avaient probablement pris part à la lutte et qui la continuèrent après lui. Pendant que Antiochos X s'installait à Antioche et devenait — par un mariage disproportionné et à peine croyable — le quatrième époux de sa belle-mère Gléopâtre Séléné ', les plus âgés des fils survivants de Grypos, les jumeaux Philadelphes, Antiochos XI et Philippe I, tombaient à l'improvisle sur Mopsuheste et vengeaient la mort de leur aîné en la détruisant de fond en comble. Antiochos X accourut à son tour et battit ses rivaux au moment oii, autant qu'on en peut juger, ils marchaient sur Antioche. Antiochos XI s'enfuit à toute bride, probablement sur la route de Damas, et se noya en voulant traverser l'Oronte (94).

Sur les cinq fils d'Antiochos YIII Grypos, deux avaient disparu dans Tespace d'un an. Philippe se maintint en « une certaine partie de la Syrie » ^. Dans un pays si agité, on trouvait partout des mercenaires, à condition de les payer, et la quantité de monnaies conservées à l'effigie de Philippe indiquerait assez qu'il ne manquait pas d'argent. Il dut réparer facilement les pertes de son armée et se mettre en état de continuer la lutte contre Antiochos X le Pieux. Peutêtre se fût-il contenté de l'héritage paternel, avec Damas pour capitale, s'il avait pu le posséder en entier; mais la meilleure part en était déjà distraite au profit de son frère Démétrios III. Celui-ci s'était d'abord réfugié à Cnide. De là, il s'était entendu avec le roi de Cypre, Ptolémée Lathyros, qui, sans doute en haine du quatrième mari de son ex-épouse Séléné, soutenait maintenant la branche aînée des Séleucides. Ptolémée l'avait installé à Damas, et des monnaies datées prouvent qu'il y régna dès l'an 217 Sel. (96/5 a. G.), avec les titres pompeux de Théos Philopator Soter, ou encore de Philométor Evergète Callinicos, pendant près de

1. Appian., loc. cit. Divorcée ou veuve de trois maris (Ptolémée Soter II Lathyros-Antiochos VIII Grypos-Antiochos IX Cj'zicène), Cléopàtre Séléné aurait eu encore de son dernier mariage un ou peut-être deux fils, Antiochos XIII et Séleuco3(?).

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