Appian., Syr
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un coiilrasle fâcheux avec 1 abondance de ceux (jue nous ont apportés, pour la bureaucratie des Lagides. les papyrus égyptiens. Ce qu'en ont retenu les historiens, c'est (jiic la prévoyance et l'économie étaient des vertus étrangères à la plupart des Sélencides, toujours obérés, réduits aux expédients et ne reculant pas devant les confiscations ou les spoliations sacrilèges. U leur eût été d'aiUeurs dilllcile, autant dire impossible, d'étentlre sur tant de peuples divers un réseau administratif uniforme et de maintenir à un niveau relativement stable des revenus qu'ils ne percevaient souvent qu'au cours de leurs rondes armées, dans des provinces mal soumises, travaillées par leurs aspirations nationales ou en proie aux convoitises des voisins, et qui se détachaient pièce h pièce de leur empire.
Si l'on groupait en un tableau d'ensemble les jugements portés sur les Séleucides pris individuellement, le résumé prendrait l'allure d'un réquisitoire contre la dynastie. Il est juste de faire état des ditficultés au milieu desquelles elle s'est débattue, de tenir compte de la partialité avec laquelle les chroniqueurs et historiens qui disposent de la renommée ont stigmatisé les tyrans des Juifs et les adversaires des Romains. Il ne faut pas oublier non plus qu'ils ont été pendant des siècles les représentants et les propagateurs de la culture hellénique en Orient. Ils ont apporté à cette tâche — dont se sont dispensés chez eux les Lagides — un zèle non pas désintéressé, mais constant, rarement tourné en intolérance et seulement contre l'intolérance elle-même, incarnée dans un peuple qui a lassé plus tard la patience rétléchie des Romains. Us se sentaient les seuls et véritables successeurs d'Alexandre le Grand sur le continent asiatique, appelés à maintenir et à poursuivre son œuvre, à se faire tout au moins le rempart du monde civilisé contre les Barbares orientaux. Ils ont eu vaguement conscience de la grandeur de leur rôle, et ils en ont conçu un certain orgueil qui les aidait à conserver, dans leurs rapports avec les cauteleux et
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désormais inévitables Homains, plus de dignité, de tenue royale, que les autres dynasties contemporaines. A ce point de vue, ils ne peuvent que gagner à être comparés non seulement avec les Attalides, asservis dès le début aux volontés du Sénat, mais môme avec les Lagides après Ptolémée lY Philopator. Enfin, la plupart d'entre eux, les derniers surtout, déjà tarés, dit-on, de vices héréditaires, partageant leur brève existence entre les plaisirs et les dangers, n'ont pas eu le temps de se recueillir et d'arriver à maturité. Leur personne étant Tunique lien qui pût maintenir en cohésion l'agrégat de tant de races hétérogènes, ils étaient obligés de garder partout l'attitude de conquérants; dès que se desserrait leur étreinte commençait aussitôt la dislocation. Le génie d'Alexandre le Grand lui-même n'eût pas sans doute longtemps réussi là où ils ont échoué.
Mais, ceci dit, il faut convenir aussi — et répéter comme conclusion dernière — que la déchéance définitive de la dynastie a été hâtée par ses dissensions intérieures, par la lutte féroce de deux branches irréconciliables, qui se sont disputé jusqu'au bout les débris d'un empire en perdition.