Polyb., V
son Conseil (s-jviop'.ov) pour di-libérer sur les moyens de p.irer au danger. Epigène fut d'avis que le roi devait marcher en personne et sans retard contre les rebelles, qui ou n'oseraient pas résister ou seraient livrés au roi par leurs partisans eux-mêmes. 11 fallait, suivant lui, pour étouffer promptement la révolte, la force et le prestige réunis. Mais Hermias fit contre ce sage conseiller une sortie des plus violentes, reprochant à Epigène de vouloir exposer la personne du roi, et même de songer à le livrer aux révoltés. Il valait mieux, à l'entendre, envoyer des généraux contre les satrapes et réserver au roi l'honneur de lutter, roi contre roi, pour arracher au Lagide la Cœlé-Syrie, Polybe attribue la conduite d'Hermias à divers mobiles : d'abord à sa jalousie contre tous les hauts fonctionnaires et particulièrement contre Epigène, homme de parole et d'action, très populaire dans l'armée ; ensuite, h son incapacité militaire mêlée de poltronnerie, qui lui faisait redouter les aventures lointaines, tandis qu'il comptait trouver un adversaire sans énergie dans l'indolent Ptolémée (Philopator); enfin, au besoin qu'il avait d'occuper le roi sans l'éloigner, pour se rendre nécessaire et échapper au châtiment de ses malversations'. Ce sont là des raisons suffisantes, et il est inutile d'ajouter des combinaisons diplomatiques aux rancunes et intérêts personnels d'Hermias ^
Le roi se rangea donc à l'avis du grand-vizir, qui avait intimidé et fait taire les opposants dans le Conseil. L'armée qui fut envoyée contre Molon et Alexandre eut pour chefs Xénon et Théodotos dit 'Ha-.ôX'.o;, à cause, dit-on, de sa grande taille ^ Ces deux généraux n'eurent pas la tâche