A. Theiner et Schuite, ibid
V Ancien, — Antiquus, — pour le distinguer d'un autre canonisle du même nom, fit pendant un séjour à Rome un recueil comprenant les décrétâtes des dix dernières années du pontificat d'Innocent III jusqu'au 8 janvier 1208. Pour les premières années, il se servit principalement du recueil de Gilbert. La nouvelle collection fut appelée à Bologne Compilatio romana. Tancrède nous apprend que, comme plusieurs autres, elle contenait des décrétâtes qui n'étaient pas reconnues authentiques par la cour de Rome*.
Toutes ces collections étaient des œuvres privées. Chaque auteur admettait, à son gré, les décrétales qui entraient dans ses vues, et il omettait celles qu'il n'approuvait pas. On introduisait, en outre, dans ces recueils, par négligence ou de parti pris, d'anciennes pièces fausses ou de prétendues décrétales de fabrication récente. La cour de Rome devait se préoccuper de cet état de choses. Innocent III résolut d'y remédier, en réclamant, pour cette tâche, le concours très efficace de la grande université de Bologne, qui, par ses maîtres et ses nombreux disciples devenus maîtres à leur tour , dirigeait l'enseignement canonique dans toutes les écoles de l'Europe.
En 1210, ce pape fit faire par son notaire , Petrus Gollivacinus de Bénévent, qui fut plus tard cardinal, un recueil de ses décrétales les plus importantes, et il l'envoya à l'université de Bologne avec une bulle adressée à tous les maîtres et écoliers de cette université, et portant qu'ils pouvaient se servir de ce recueil sans hésitation ni scrupule devant les tribunaux