VI. MELIK-ADEL-SELAMESCH
rendus à Damas, rencontrèrent le corps d’armée qui revenait de Belbeïs. Tous, d’un commun accord, résolurent d’élire pour leur chef l’émir Akouscli-Schemsi , et d’arrêter prisonnier l’émir Izz-eddin-Azdemur, naïb de la Syrie. Akousch l’avait emmené chez lui; mais les deux émirs, Azdemur-Alaï et Rokn-eddin-Hâlek, étant entrés dans la maison d’Akousch, enlevèrent Azdemur, le conduisirent à la citadelle de Damas, et le remirent entre les mains de l’émir Alem-eddin-Sandjar, le dawadari , naïb (gouverneur) de cette forteresse.
Lorsque l’on se fut entendu pour placer à la tête du gouvernement Melik- Àdel-Selamesch et l’émir Kelaoun , on adressa aux habitants de la Syrie une lettre qui contenait le récit de cet événement. Les deux émirs Djemâl-eddin-Akouseh- Bâhili et Schems-eddin-Sonkor-djah-Kendji arrivèrent, apportant la formule du serment, qui fut prêté par tout le monde à Damas, ainsi qu’il l’avait été en Égypte.
Au milieu du mois de Djoumada-premier, le kadi-alkodat Sadr-eddin-Omar, fds du kadi-alkodat Tadj-eddin-Abd-alwahhab-ben-Bint-alaaz fut nommé kadialkodat de l’Egypte, en remplacement de Taki-eddin-Mohammed-ben-Rezin, qui venait d’être destitué. Le kadi-alkodat Moëzz-eddin -Mounim - ben-Hasan-benlousouf-Rbatibi , le hanefi, perdit également sa place, aussi bien que le kadialkodat Nefis-eddin-Abou’lberekat-Mohammed -ben-Mokhlis - eddin -Hibet-allahben-Kemal-eddin-Abi’lsaâdat-Ahmed-ben-Schaker, le maleki; mais ce dernier fut ensuite réintégré dans ses fonctions. Izz-eddin-Omar-ben-Abd-allali-ben-Omar. . . Mokadessi, fut nommé kadi des lianbalis. L’émir Schems-eddin-Sonkor-aschkai fut promu au rang de naïb-assaltanah de Damas, et il fit son entrée dans cette ville, le huitième jour du mois de Djoumada-second, accompagné d’un nombreux cortège d’émirs et de soldats. Il fut reçu par la population comme aurait pu l’être un souverain. L’émir Alem-eddin-Sandjar, le dawadari, fut obligé de quitter la citadelle, pour venir remplir les fonctions de schadd (inspecteur). Le diplôme qui conférait le titre de naïb fut lu le vendredi, dans le maksourah du khatib (prédicateur), et le naïb n’assista point à cette lecture.
Le neuvième jour de Redjeb, on arrêta prisonnier Fath-eddin-Abd-alIah-ben- Mohammed-Kaïserani , vizir de Damas. Ce même jour, l’émir Djemal-eddin- Akouscb-Schemsi fut nommé naïb-assaltanah d’Alep, à la place d’Aïdagdi-Kebli ; cependant l’émir Kelaoun commença à faire mettre en prison les émirs Ddheris. Les principaux d’entre eux furent arrêtés, envoyés dans la province de Gaur, où on les incarcéra. D’autres Ddheris , en grand nombre, furent également
saisis, et jetés en foule dans les prisons. Kelaoun donnait ou refusait à son gré, brouillait les gens ou les réconciliait, nommait aux emplois ou destituait. Le pouvoir qu’exerçait l’atabek était absolument celui d’un souverain. Comme l’émir Baïsari était entièrement livré au vin et au jeu, l’atabek Kelaoun gouvernait seul. Tout occupé de préparer son élévation, il distribua aux mamlouks des sommes considérables, et les attacha ainsi à ses intérêts. Il approcha de sa personne les Sdlehis, leur donna des apanages oULkil, et promut à des emplois importants plusieurs d’entre eux, qui étaient restés, jusqu’à cette époque, oubliés et négligés. Il envoya en Syrie quantité d’émirs, qui furent placés, avec le titre de naïb (gouverneurs), dans différentes forteresses. Il rechercha les fils de ces officiers, et en recueillit beaucoup, qui avaient embrassé divers métiers ou des professions mercantiles. Quelques-uns furent employés sur mer, d’autres reçurent une solde fixe La., et recouvrèrent ainsi une position florissante. En les attachant à ses intérêts, Kelaoun fortifiait sa puissance. Enfin, le vingtième jour du mois de Redjeb, ayant convoqué les émirs, il leur représenta le bas-âge de Melik-Adel, et leur dit : « Vous savez très bien que l’empire ne peut subsister s’il n’est gouver- « né par un homme d’un âge fait. » Tous tombèrent d’accord qu’il fallait déposer Selamescli : ce qui fut exécuté; et le jeune prince fut envoyé à Karak, après un règne de cent jours, durant lequel il n’avait eu que le nom de souverain , toute l’autorité étant exercée par Xatabek Kelaoun.
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APPENDICE