‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 22 sur 229 · II. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE MALTHUS · texte numérisé non relu

II. — LA DYNAMIQUE ÉCONOMIQUE DE MALTHUS

avec Godwin et Condorcet à l'égalité des conditions, et en même temps de justifier néanmoins, avant 1771, le langage que tiendra Malthus en 1798.

II. — La dynamique économique et sociale et le principe PHY'SICO-BIOLOGIQUE DE MALTHUS

§ 1. Genèse et portée historique de l'œuvre de Malthus. — L'œuvre de Malthus marque le moment où au sociali&me doctrinal, constitué sous une première forme comme un prolongement de la philosophie du xviu'' siècle, l'individualisme s'oppose dans son expression la plus étendue et la plus radicale, et où la question sociale moderne se dégage comme conséquence de la révolution industrielle qui s'est accomplie.

Les biographies de Malthus sont rares et de peu d'étendue ; le livre le plus complet et le plus remarquable qui se rapporte à ce savant est celui de M. James Bonar, du collège Balliol à Oxiord, Malthus andhis Tro;-A-(l88o). C'est ce volume qui me fournira les détails biographiques essentiels à cette étude. J'y renverrai plus tard aussi dans l'appréciation même de l'œuvre.

Thomas Robert ^ialthus naquit à Rookery, le 14 février 17(j(j, l'année même où J.-J. Rousseau vint en Angleterre. Son père, Daniel Malthus, était l'un des admirateurs de Rousseau, et pénétré du système d'éducation de V Emile; tout porte à croire qu'il nenvoya son tils Robert à aucune école publique avant l'àgo de 8 ou 9 ans.

Il partageait lui-même sa vie entre l'étude et la botanique. Il reconnut bientôt les dis[)ositions heureuses de Robert, et dans le système d'éducation qu'il adopta, il

s'appliqua comme l'auteur à^ Emile à favoriser le développement spontané de son fils. Aucun père ne réussit mieux que lui et avec un désintéressement plus complet à dégager l'individualilé de son enfant. A neuf ou dix ans, Robert fut confié à un homme supérieur, Gilbert Wakefield, pasteur détaché de l'Eglise établie, devenu maître classique à l'académie de Warringlon. Il professait les mêmes idées que Daniel Malthus et fauteur d'Emile, et le plus grand service à rendre aux jeunes gens était, à ses yeux^ de les préparer au libre exercice de leurs propres facultés. Après quelques années, R. Malthus entra au collège de Jésus, à Cambridge ; il en sortit en 1788. En 1797 il prit son degré de maître, et devint desservant d'une cure au voisinage d'Albury, résidence de son père. C'est l'année suivante que Malthus publia son célèbre ouvrage ; sous cette forme primitive, il avait pour titre : Essay on the pri?iciple of populaiio7î as it affecis the future improvement of society. L'essai était anonyme. C'était l'avenir de l'humanité qu'il considérait et son titre révèle bien qu'il répondait au chapitre linal de Condorcet, et à la dernière partie du livre VIII de Godwin. Malthus s'était non seulement dégagé de l'influence philosophique dont son père avait tenté d'imprégner son éducation première, mais il réagissait décidément contre elle. Cette réaction fut jugée trop forte par son auteur même ; et comme il le dit plus tard lui-même, ayant trouvé l'arc trop courbé d'un côté^ il fut porté à le recourber trop de l'autre pour le remettre droit. Aussi la seconde édition dilîéra-t-elle considérablement de la première, elle fut publiée en 1803. Il s'en explique lui-même dans la préface : « La première édition de cet ouvrage parut en 171)8, dit-il. Ce fut un écrit de M. Godwin qui me mit la plume à la main... Je suivis l'impulsion du

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