‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 2)Chapitre 82 sur 229 · IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO · texte numérisé non relu

IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO

Pour établir ce théorème de Ricardo, nous devons nous placer dans les conditions hypothétiques oii s'est placé lui-même ce grand abstracteur.

Il faut admettre, d'abord, que les nations commerciales ne sont respectivement débitrices et créancières l'une de l'autre, qu'à raison de l'échange des marchandises qui s'opère entre elles. On écarte donc provisoirement l'intervention de toutes les causes, autres que les échanges, qui font naître entre nations des créances et des dettes réciproques ;

En second lieu, que les prix des marchandises soient fixés sous l'empire de la concurrence ;

En troisième lieu, il faut se placer au point de vue d'un S3'stème monétaire uniforme, adopté par les nations dont on étudie les relations commerciales : l'hypothèse de Ricardo implique d'ailleurs que ce système monétaire puisse Se composer de deux métaux : gold and silver having heen choosen for the gênerai medùim of circulation.

En quatrième lieu, on admet que les variations générales des prix des marchandises obéissent exclusivement aux variations dans la quantité des métaux précieux ; on ne tient compte provisoirement ni de l'influence du degré de vitesse de circulation de l'instrument monétaire, de ce que Mill appelait efficiency ofmoncy^ ni de l'influence du crédit et de la compensation.

Supposons à un moment donné que dans le pavs A la marchandise y coûte 20 francs, et que la marchandise x coûte 10 francs ;

Et que dans le pays B, la marchandise y coûte 15 francs, et que la marchandise x coûte 10 francs :

Le pays A aura intérêt à importer la marchandise y, qu'il peut obtenir de la nation H à un prix inférieur de 0 francs à ce qu'elle lui coûte à lui-même.

Supposons qu'à ce prix de 15 par unité de y, la demande de A soit telle qu'elle permette l'importation de 1.000 unités de y à 13, soit 13.000 francs d'importations par A.

Le rapport des prix des marchandises est tel, que le pays B n'a aucun intérêt à importer la marchandise x, puisqu'il en coûterait autant de l'acquérir par l'échange, qu'il lui en coûte de la produire. Un courant de numéraire s'établira dès lors de la nation A vers la nation B, comme il arrive chaque fois que le change est défavorable; dans rh3'pothèse, la quantité de numéraire exportée de A en B sera de 13.000 francs.

L'effet de cette exportation de numéraire sera, d'une part, d'abaisser les prix généraux dans le pays A et d'élever les prix dans le pays B, importateur de monnaie. Telle est, à l'égard de l'influence des variations monétaires sur les prix, l'application de la théorie quantitative que nous avons admise dans notre hypothèse.

Dans la seconde phase du processus, les prix sont donc :

Dans le pa3^s A, de 18 francs par unité d'y ; de 9 francs par unité à^x ;

Dans le pays B, de 16 fr. 30, par unité d'//; de 11 francs par unité A'x.

Mais alors apparaît ce résultat, que la nation B peut désormais importer la marchandise a à un prix inférieur à ce qu'il lui en coûte pour la produire ; car pendant que le prix de x s'est abaissé à 9 dans le pays A, il s'est élevé à 11 dans le pays B. Dans le même temps, le prix de y, s'étant élevé dans le pays B, l'importation de ce produit dans le pays A tendra à se réduire. Supposons que dans cette phase, l'importation de y de B en A se soit réduite à 300 unités, soit 8.230 francs, et que l'im

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