‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 101 sur 220 · IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO · texte numérisé non relu

IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQUE DE RICARDO

6. 11 y a un ordre naturel de subordination entre les phénomènes, il appartient au capitaliste de l'observer, et son intérêt personnel est de s'y soumettre : la production, Toffre, obéit naturellement à la demande qui la précède, et cela aussi loin que s'éveillent les besoins humains.

L'intérôt personnel, plus ou moius complètement éclairé, domine donc ici encore toute la statique économique et les crises spéciales de surproduction : nul n'en a, plus nettement que Say, dégagé la philosophie optimiste : a l'intérêt de l'entrepreneur est à chaque époque, et dans chaque situation de se conformer aux besoins du pays, autrement la valeur vénale du produit baisserait au-dessou9 des frais de production, et l'entrepreneur perdrait» Son intérêt garantit donc qu'en chaque produit, les quantités créées ne peuvent d'une manière permanente excéder les besoins. Ce sont donc les besoins qu'il faut faire naître » (1).

Ainsi d'une manière générale, Say, Ricardo et ses disciples concluaient que plus la production sera active, plus les produits seront abondants, et mieux, plus généralement les nations seront pourvues. Jamais, disait Mill, la production ne peut augmenter trop rapidement par rapport à la demande. Il n'y avait d'autre mission pour l'Etat que d'écarter tous les obstacles à la libre opération de l'intérêt personnel ; il n'avait à intervenir d'aucune manière en faveur de la classe des travailleurs ; seul l'intérêt personnel de la classe dirigeante avait à corriger ses propres erreurs de calcul.

Malthus ébranle cet optimisme dans ses Principes (1820) et malgré la critique que J.-B. Say dirige contre

(1) Say, éd., p. 258.

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lui la même année (Lettres à M. Malthus), il maintient sa doctrine dans Tarticlede la Quarlerly Review (1824), et la dernière édition de son œuvre publiée après sa mort (1836).

1. Les produits ne s'échangent pas toujours contre les produits^ au contraire ils s'échangent le plus fréquemment contre le travail productif et les services personnels (travail non productif).

2. Si par l'effet de l'accumulation du capital, une partie des travailleurs non productifs se transforme en travailleurs productifs, que dès lors la production augmente, bien que le nombre des travailleurs reste identique ; qu'en même temps les moyens et la volonté d'acheter diminuent chez les capitalistes et les propriétaires, il y aura une surabondance de tous les produits, et leur valeur baissera relativement au travail.

3. Malthus reproche à Say, Mill et Ricardo de considérejp les produits comme des signes algébriques et d'en déterminer les rapports d'uue manière abstraite, au lieu de les étudier dans leurs relations réelles, avec le nombre et les besoins des consommateurs.

Les rapports entre les produits peuvent rester les mêmes ; d'une manière abstraite, des produits différents restent en présence, représentant les mêmes quantités de travail direct et indirect, mais leurs rapports avec les besoins de la société peuvent être profondément modifiés.

4. Ricardo admet que les désirs humains sont illimités,, mais, pour les trois quarts de la population du monde^ ces désirs sont virtuels, de pures possibilités, et jusqu'à ce qu'ils deviennent actuels, il ne pourra dire qu'il n'y a pas excès de production.

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