‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 145 sur 220 · V. -- LA POPULATION BT LA STATIQUE SOCIALE · texte numérisé non relu

V. -- LA POPULATION BT LA STATIQUE SOCIALE

trouve la limite de la productivité naturelledu sol adoptée par Mallhus. Mais elle ne le préoccupe pas, elle ne peut le préoccu|)er dans son système.

En effel, cette limite virtuellejamaissous aucun régime d'exploitation du sol, n'a pu être atteinte ; la puissance reproductrice des véi^étaux, des animaux, de Thorame a toujours élé contenue par la volonté, non pas des hommes recherchant la subsistance, mais des hommes disposant du sol y des propriétaires. Ces propriétaires du sol n*ont intérêt à se rapprocher des limites de fertilité du sol, qu'aussi longtemps que ceux qui ont besoin de subsistances peuvent leur offrir un revenu en échange des produits du sol. Sismondi expose rapidement les différents systèmes d'exploitation du sol qui se sont historiquement succédé : le régime de la chasse, le régime pastoral, le régime agricole. En passant de l'un à Tautre, on ne réalise pas le plus haut degré de fertilité du sol. Prenons un exemple : en s'élevant de la vie pastorafe à la vie agricole, on peut nourrir trente familles, là où Ton ne recueillait que la nourriture d'une seule. « Ainsi une nation acquiert en quelque sorte, par là, un pays trente fois • plus vaste que celui qu'elle occupait. Si elle ne le cultive pas tout entier, si môme dans les pays les plus civilisés il reste une vaste étendue de bons terrains destinés à la vaine pâture, c'est que partout les volontés de l'homme et du législateur se sont opposées à ce qu'on tirât de la terre toute la subsistance qu'elle peut donner. »

L'institution de la propriété foncière individuelle à donné aux propriétaires du sol le droit de faire naître ou non, selon leur intérêt, la subsistance que donne la terre. Dans la campagne romaine, vingt mille cultivateurs pourraient recueillir la subsistance ]>ar leur travail, mais ils ne donneraient aux propriétaires, par la

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culture du blé, qu'un revenu inférieur à celui que les maîtres de la terre recueillent en livrant le sol aux pâturages, aussi le sol n'est-il pas mis en culture, et aucune population ne doit s'accroître, parce que la volonté nationale exprimée par les lois qui règlent la propriété, s'est opposée à cet accroissement, et qu'il n'y a pas en définitive de demande de travail.

C'est ainsi que Sismondi reporte à Tarrière-plan les causes naturelles déterminant la productivité du sol, et place au premier plan lés institutions historiques sociales^ comme ass.ignant sa limite effective à la population. Le Droit, fait humain^ règle Iqs forces naturelles, favorise, suspend et retarde leur opération. Telle est f unité imposante de l'œuvre de ce philosophe.

C'est ici que reparait, sous une forme plus complexe, la loi fondamentale de l'économie des nations qui domine toute l'œuvre de Sismondi.

( (ùe qui mesure Taccrbissement de la population, c'est la demande de travail; là où il n'y a pas de demande de travail, il n'y a pas d'accroissement de population, et là où le travail est demandé et qu'un salaire suffisant est offert au travailleur, la puissance expansive de la population fera naître ce travailleur. Mais le bonheur de la nation tient, non pas à une demande incertaine, intermittente, précaire de travail, elle tient aune demande régulière, continue, perpétuelle; car si la demande de travail est intermittente, et qu'après avoir formé des ouvriers elle les condamne à la mort, mieux vaudrait qu'ils n'eussent jamais existé.

Or, dans l'ordre naturel des choses, toute demande régulière de travail doit suivre l'accroissement du revetiu^ qui, lui-même, a suivi un accroissement de richesse. L'accroissement du revenu s'accompagne d'un accroissement

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