‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 76 sur 220 · III. — LA DYNAMIQUK ÉCONOMIQUE DE BICARDO · texte numérisé non relu

III. — LA DYNAMIQUK ÉCONOMIQUE DE BICARDO

1.800 livres pour le travail. Avec l'aide des machines et avec le même capital, il ne peut produire que 3.000 yards annuellement; mais de ces 3.000 yards, il en peut retenir 1.500 pour son profit et par Téconomie du coût de production, le drap tombe par hypothèse à 1 1. 10 sh. par yard. Est-ce que le manufacturier ne gagne pas 2.250 livres sur le même montant du capital, au lieu de 2.000 livres qu'il gagnait auparavant ? iVy a-/-i7 pas là tm motif suffisant pour lui, pour substituer le capital fixe au capital circulant^ et peut-il le faire sans dépla-^ cernent de travail ? Nous avons là un cas d'une marchandise devenant moins chère, parce que son coût de production est réduit, bien que sa quantité totale ait subi une diminution (1). »

Mac Culloch, dans ses Principes^ considère le cas proposé par Ricardo comme théoriquement concevable, mais en soutenant qu'il ne se présentera vraisemblablement jamais (2). Ce qui fait la gravité de l'opinion de Ricardo, c'est que, dans son explication des phénomènes sociaux, Imtérèt personnel, opérant dans une société divisée en classes, est considéré sans le contre poids d'aucun principe moral supérieur, et qu'il ne craint pas d'en montrer les redoutables effets. £t c'est là surtout que le pessimisme de Ricardo prend une signiGcatîon profonde, si on oppose à l'économiste anglais, non pas Ferdinand Lassalle ou Karl Marx, mais les socialistes contemporains et, surtout William Thompson.

Ce pessimisme se traduit alors par Vimpuissance de l'Ecole à concevoir et à proposer les réformes sociales qui donneraient une action décisive aux énergies morales

(1) Letiers of Ricardo to Mac Culloch, p. 107-108.

(2) Mac Gulloch, Principes (T économie politique, trad. A. Planche, I, p. 240; II, p. 26-27.

"àOA DEUXIÈME ÉPOQUE. — LA SCIENCE DES RICHESSES

de la classe travailleuse, à la prévoyance humaine, et qui résoudraient, avec les antagonismes des classes, les contradictions de la théorie de la valeur et de la théorie de la répartition des richesses de Ricardo, comme elles réaliseraient Téquilibre normal de la population, fl est impossible de ne pas assigner à l'œuvre de William Thompson un rôle considérable, quand on la rapproche de celle de Ricardo et que l'on songe que ses Recherches sur les principes de la distribution des richesses les plus propres à conduire au bonheur {an inquiry into the princip/es of distribution of wealth 7nost conducive ta human happiness) portent la date de 1824, postérieures de trois ans à Fédition définitive des Principes (1).

C'est là que W. Thompson déduit de la théorie économique de la valeur, basée sur le travail, un Droit nou-veau, et procède à la reconstitution d'une véritable sociologie économique qui rappelle la grandeur de l'œuvre incomparable des physiocrates. Ce droit économique nouveau, c'est le système de garanties propres à consacrer pour le travailleur ce que Thompson appelle le principe de sécurité, c'est-à-dire la jouissance intégrale de son produit. C'est aussi ce principe de sécurité qui, d'une part, portera au maximum l'énergie productive du travailleur, de Tautre, en élevant de plus en pins son standard of life, avec les progrès de sa puissance productive même, lui fera contracter des habitudes de prévoyance qui contiendront de plus en plus le principe de la population. Ainsi, Thompson s'efforce de donner une signification nouvelle, une portée décisive, efficace, à ce /rei;î d'une population exubérante resté comme le

(1) Et non de 1827, comme Marx et Engels Tont imprimé* Nous avons dans les mains Tédition princeps.

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