‹ Histoire des systèmes économiques et socialistes (volume 3)Chapitre 97 sur 220 · IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQDK DB RICARDO · texte numérisé non relu

IV. — LA STATIQUE ÉCONOMIQDK DB RICARDO

raie et permanente sur le taux des profits qu'en mettant en opération la loi ^n rendement décroissant du sol. L'accumulatioD du capital détermine une demande plus intense de travail, la population ouvrière obéit à l'impulsion et se proportionne à la demande ; rien de mieux établi, dit Bicardo, Taccroissemexit de population se heurte à de plus grandes difficaltés d'acquérir la subsistance, la hausse relative des salaires apour eiïetla baisse des profits. Un seul cas, et il n*est que temporaire^ amènerait la baisse des profits accompagnée du bas prix des subsistances^ ce serait celui où le fonds des salaires croîtrait plus vite que la population. Une longue lettre à Malthus reproduit toute sa doctrine. « S'il n'y avait pas d'accroissements de difGcultés, les profits ne baisseraient jamais, parce qu'il n'y a pas d'autres limites à la production proGtable des manufactures que la hausse des salaires ; si avec toute accumulation du capital, nous pouvions ajouter une zone de terre fertile à cette tle, les profits ne tomberaient jamais » (1). La cause unique, qu'il assigne à la baisse des profits, explique encore cette thèse de Ricardo qui subordonne aux variations des profits agricoles, celles de tous les autres profits. C'est là, en effet, qu'opère immédiatement la cause générale qui, agissant sur la subsistance du travailleur et la proportion du salaire dans le produit, retentit sur le taux des profits. M. Cannan observe qu'il n'est pas venu à Fesprit de Ricardo que Ton pût soutenir la proposition inverse, que les profits agricoles ne resteraient pas stationnaires si les autres profils haussaient (2). C'est que

(1) Letters of Ricardo to MalthuSy 48 déc. 1814, p. 52.

(2) E. Cannan, Theones of Production and Distribution, Inédit., p. 283-284.

Ricardo était fasciné par la loi du rendement décroissant du sol.

Pour Malthus qui ressaisit la pure tradition d'Adam Smith, deux causes générales agissent (1) : une cause régulatrice, une cause limitatrice du taux des profits. La première, c'est la concurrence qui naît de la multiplication des capitaux.

Malthus consacre ici son propre principe, que Toffre du travail obéit toujours à l'accroissement de demande qui en est faiie, mais la question, c l'une des plus impor* tantes qui puissent ôtre », de savoir si une accumulation do capital coïncidant avec une demande languissante des produits, sera toujours accompagnée d'un accroissement de demande de travail, et dès lors d'une augmentation rapide de population ? Il le nie, un faible excès d offre des produits peut déterminer une baisse de leur valeur relativement beaucoup plus grande ; si le fonds des salaires s'est, en même temps, accru, la part du travail sera plus large, le taux des profits s'abaissera sans aucune accélération du mouvement de la population. Cette cause n'agit pas seulement d'une manière temporaire, comme le reconnaît Ricardo, mais pendant des périodes d'une durée considérable. Et fidèle à son esprit inductif, Malthus signale, de 1727 à 1814, deux périodes : Tune de trente ans, l'autre de neuf années, qui ont présenté ces phénomènes (2).

La cause limitatrice du taux des profits, c'est la loi même de productivité décroissante du sol ; il en expose théoriquement l'action avec une grande netteté, et

(1) Quarierly /?me!<;, january, 1824 p. 324-26.

(2) Ibid. p. 327 et Malthus, Principes d'Economie politique, ^dit> Guillaumin, p. 249etsuiy.

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