‹ Histoire des transformations religieuses et morales des peuplesChapitre 50 sur 187 · Ethiopie. — Groupe de Chus · texte numérisé non relu

Ethiopie. — Groupe de Chus

Nous avons dit que Chus était arrivé en Abyssinie , ou en remontant le Nil , ou par la mer Rouge : toujours est-il qu'un centre sacré de cette race, Axum , fut établi dans la partie élevée des terres qui sépare les montagnes de l'Abyssinie de la plaine où coule l'Atbarah . Ce fut de là que partirent les diiïérens embranchemens dont nous allons parler.

La plus puissante de ces fractions , celle qui eut tant d'ij^fluence sur les destinées de l'Occident dans la fin du second âge , vint fonder au confluent des fleuves Bleu, Blanc et Atbarah , sous le nom de Rouchi , la ville sacrée de Méroë, qui fut le centre religieux du pays appelé proprement Ethiopie ou Nubie. Ce fut au moyen de la

course nomade d'Osîris , dont nous avons parlé tout à l'heure , que s'établirent les premiers rapports entre ce centre et l'Egypte, rapports qui devaient devenir bien plus importans par la suite.

Une seconde fraction du centre d'Axum resta sédentaire dans TAbyssinie ; ce sont les Agous » dont le grand-prétre, suivant leur tradition, tient sa fonction par transmission conservée dans sa famille depuis le commencement du monde.

La troisième race est celle des Troglodytes , nation nomade des bords du golfe Arabique, qui avait un chef par Iribu , chez laquelle les femmes et les enfans étaient en commun, et les vieillards s'étranglaient à soixante ans. Les infirmes et les difformes étaient également mis à mort.

Enfin, du côté du Midi, il y avait encore d'autres peuples plus brutes et plus sauvages , parmi lesquels les plus grands et les plus forts devenaient chefs. Quelques unes de ces peuplades sont décrites par les historiens, comme des monstres, assemblage de plusieurs parties d'animaux.

On voit là , comme partout , le père stérile s'immobiliser dans son centre sacré , tandis que le fils de la mère va fonder une autre civilisation, et que les autres bandes adoptent des dogmes^ secondaires , qui en font des troupeaux errans,, ennemis des sociétés sédentaires.

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