Le tapir de l’Inde
2. « Comme les singes, les babouins et les guenons ne se trouvent que dans l’ancien continent; on doit regarder les sapajous et les sagouins comme leurs représenlants dans le nouveau. » (Tome XIV, page 368).
3. « Les fourmiliers, qui sont des animaux très singuliers, et dont il y a trois ou quatre espèces dans le Nouveau-Monde, paraissent aussi avoir leurs représentants dans l’ancien ; le pangolin et le phatagin leur ressemblent par le caractère unique de n’avoir point de dents, et d’être furcés, comme eux, à tirer la langue et vivre de fourmis. » (Tome XIV, page 371).
ce moment, est celui des sarigues ou des animaux à bourse de F Amérique. Pour trouver les représentants des sarigues, il faut quitter l’ancien monde proprement dit, c’est-à-dire l’Europe, l’Afrique et l’Asie, il faut passer jusqu’aux terres australes. Mais ici nous touchons à un fait aussi étonnant, peut-être, que celui que nous a offert l’Amérique : nous touchons à une population animale toute nouvelle.
De même que l’Amérique nous a donné le couguar, le jaguar, le tapir, le cabiai, le lama, la vigogne, les paresseux, les tatous, les fourmiliers, les sarigues, les sapajous, etc., tous animaux inconnus à l’ancien monde ; de même la Nouvelle- Hollande nous a donné les kanguroos, les phascolomes, les dasyures, les pérarnèles, les phalangers volants, les ornithorinques, les échidnés, etc., tous animaux inconnus au nouveau comme à l’ancien monde.
Et remarquez comment la progression s’est établie.
L’Amérique nous offrait déjà les sarigues, animaux à génération vivipare nouvelle; mais à côté de ces animaux à génération vivipare nouvelle, s’en trouvaient une foule d’autres à génération vivipare ordinaire. Les animaux à génération vivipare ordinaire dominaient encore dans l’Amérique. Dans la Nouvelle-Hollande, c’est tout le con-
LOIS I)K LA DISTRIBUTION
traire : à deux ou trois exceptions près, tous les animaux y ont la génération des sarigues. Tous les animaux de la Nouvelle-Hollande que je viens de nommer sont des animaux à bourse \
M. Cuvier a eu l’heureuse idée de faire un groupe à part des animaux à bourse1 2 3 ; et cela seul lui a découvert dans ce groupe une classe parallèle à celle des mammifères ordinaires : les sarigues, les dasyures, les péramèles, répondent aux insectivores, tels que lestenrecs et les taupes; les phalangers et les potoroos, aux hérissons et aux musaraignes ;
les phascolomes, aux rongeurs 2; et les ornithorin-
ques, leséchidnés, aux édentés ordinaires.
Voilà donc trois populations animales bien prononcées : celle du midi de l’ancien monde, celle du midi du nouveau, et celle de la Nouvelle-Hollande. Mais ces trois populations animales ne sont pas les seules.
Au point où en est la science, il est facile de distinguer aujourd’hui plusieurs centres de populations animales distinctes : celui de l’Amérique du Midi, celui de l’Amérique du Nord, celui de
1. Les ornithorinques et les échidnés n’ont pas de poche, mais ils ont les os marsupiaux , ou le caractère intérieur qui répond à la poche.