SUR LA FORMATION DES PLANÈTES
Eh bien, ce système pris en soi ne sera, si l’on veut (comme Buffon lui-mème le dit des systèmes des autres), qu’un roman 'physique l. On sait très bien aujourd’hui qu’une comète n’aurait pas assez de masse pour détacher une partie du soleil. L’idée de la fluidité primitive de la terre, et celle du feu central du globe2, sont peut-être, j’en conviens, les deux seules idées qu’il faille tirer de toutes ces vues hardies, ou, si l’on aime mieux encore, de tous ces jeux d’esprit auxquels Buffon s’abandonne. Et pourtant ce système frappera toujours par sa grandeur, par son ensemble, par la liaison, par le tour des idées; idées élevées, et dont on peut dire ce que Buffon a dit de ceîîes de Leibnitz : « qu’on sent bien qu’elles sont le produit des méditations d’un grand génie 3... »
Ce qui vaut mieux que le système de Buffon, c’est la manière dont Buffon juge les auteurs des autres systèmes.
« L’un 4, dit-il, plus ingénieux que raisonnable, astronome convaincu du système de Newton, envisageant tous les événements possibles du cours et de la direction des astres, expli-