V. — Homo duplex
Rien n’est plus connu, rien n’est plus souvent cité que les belles pages où P»uffon peint les deux
J. Tome I, page 28C.
2. La nature, prise au sens passif, est l’ensemble des choses, des êtres, des lois, des puissances établies de Dieu; mais ce n’est pas de la nature, prise au sens passif, qu'il s’agit ici.
hommes qui se trouvent dans l’homme, Xhomo duplex, l’homme double.
L 'homo duplex de BufFon est, si je puis ainsi dire, le dernier mot de sa psychologie.
Nous avons vu qu’il admet deux espèces de mémoires, comme Descartes deux espèces de sensibilités1.
Il y a donc une sensibilité physique et une sensibilité intellectuelle ; il y a la mémoire qui n’est que «le renouvellement de nos sensations, » et la mémoire qui est « la trace de nos idées2. »
Il y a deux espèces de passions : « les passions qui n’appartiennent qu’à l’homme 3 , « et les passions qui « lui sont communes avec les animaux4. »
Il y a même deux espèces d’intelligences : l’intelligence qui tient à la matière, et l’intelligence qui est l’esprit, qui est l’âme; «l’éléphant, dit Bubon, approche de l’homme par X intelligence , autant au moins que la matière peut approcher de l’esprit5. »
Il y a, enfin, deux principes actifs, «deux puissances souveraines de la nature de l'iioni-