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VIE DE BUFFON
quence avec les sciences que la France ne connaissait pas encore.
Descartes avait écrit avec génie, mais avec un génie qui était plutôt celui du style philosophique que celui de l’éloquence meme. Fontenelle avait porté dans les sciences toutes les ressources de la langue la plus ingénieuse et. la plus line qu’un siècle d’esprit ait jamais parlée. BufFon y porta l’éloquence. C’est une remarque qui a été faite de nos jours, et qui aurait flatté BufFon, que « le mot de grand coloriste était inconnu dans la langue de Bossuet et de Racine1. » BufFon est surtout un grand peintre; il a été nommé le peintre de la nature; il mérite le beau titre qu’il donne luimême à Platon, de peintre d’idées 2.
Fontenelle raconte, à sa manière, toute la petite suite d’événements qui avaient fini par faire sortir la direction du Jardin des Plantes des mains des premiers médecins du roi.
« Nous avons fait en 1718, dit Fontenelle , une petite histoire du Jardin royal des Plantes. Comme la surintendance en était attachée à la place de premier médecin, et que ce qui dépend d’un seul homme dépend aussi de ses goûts, et a une desti-
1. Voyez le Tableau de la Littérature française au dix-huili'eme siècle, par M. Villemain, tome II, page 229, 2e édition.
2. « Ce philosophe est un peintre d’idées.» (Tome 11, page 74).
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née fort changeante, un premier médecin peu touché de la botanique avait négligé ce jardin, et heureusement l’avait assez négligé pour le laisser tomber dans un état où l’on ne pouvait plus le souffrir... Il était arrivé précisément' la même chose une seconde fois, et par la même raison, en 1732, à la mort d’un autre premier médecin h »
Enfin, la surintendance des premiers médecins fut supprimée; la direction du jardin fut jugée digne d’une attention particulière, continue, et, sous le nom d’intendance, confiée, en 1732, à Dufay, savant d'un esprit étendu et flexible1 2, homme actif, administrateur habile, et qui, près de mourir , se fiant à une inspiration heureuse , désigna Buffon pour son successeur.
cc II fit son testament, dit Fontenelle, dbnt c’était presque une partie qu’une lettre qu’il écrivit à M. de Maurepas, pour lui indiquer celui qu’il croyait le plus propre à lui succéder dans l’in—