Tome II, page
2. Les molécules organiques ne sont qu’un mot que Buffon doue de toutes les propriétés qu’il cherche ; il les suppose donc : indestructibles , pour que la nature soit toujours également vivante; réversibles , pour qu’elles puissent passer d’un être à
SUR LA GÉNÉRATION
« Mais, dit Buffon, comment appliqueronsnous ce raisonnement à la génération de l’homme et des animaux qui ont des sexes, et pour laquelle il est nécessaire que deux individus concourent 1 ? » — C’est , répond Buffon , que , dans
l’autre ; communes aux végétaux et aux animaux , pour que l’animal puisse se nourrir du végétal, et le végétal des débris de tout ce qui a vécu et végété, etc., etc. « Tout ce qui a vie dans la nature, dit Buffon, vil sur ce qui végète, et les végétaux vivent à leur tour des débris de tout ce qui a vécu et végété; pour vivre il faut détruire, et ce n’est, en effet, qu’en détruisant des êtres que les animaux peuvent se nourrir et se multiplier. Dieu, en créant les premiers individus de chaque espèce d’animal et de végétal, a non seulement donné la forme à la poussière de la terre, mais il l’a rendue vivante et attimée, en renfermant dans chaque individu une quantité plus ou moins grande de principes actifs, de molécules organiques vivantes, indestructibles, et communes à tous les êtres organisés. Ces molécules passent de corps en corps, et servent également à la vie actuelle et à la continuation de la vie, à la nutrition, à l’accroissement de chaque individu ; et après la dissolution du corps, après sa destruction, sa réduction en cendres, ces molécules organiques, sur lesquelles la mort ne peut rien, survivent, circulent dans l’univers, passent dans d’autres êli’es, et y portent la nourriture et la vie : toute production, tout renouvellement, tout accroissement par la génération, par la nutrition, par le développement, supposent donc une destruction précédente, une conversion de substance, un transport de ces molécules organiques, qui ne se multiplient pas, mais qui, subsistant toujours en nombre égal, rendent la nature toujours également vivante, la terre également peuplée, et toujours également resplendissante de la première gloire de celui qui l’a créée. « (Tome IV, page 437),