Le maréchal duc de Broglie
heures du soir. Si je n'y suis pas à neuf, c'est que je n'aurai pas pu parvenir à obtenir des décisions, et je ne veux pas partir sans cela.
Le même au même.
30 avril 1792, 10 heures du matin.
Les Français s'étant avancés, hier 29 de ce mois, jusqu'à environ une lieue sur le territoire de Sa Majesté Apostolique, du côté de Tournay, le général d'Apponcourt, à la tête des troupes wallonnes, les a laissé approcher, sans permettre aucun mouvement à sa troupe; mais les Français, ayant fait feu, il leur a été répondu. Ils ont été battus, repoussés sur leur territoire, après avoir perdu quatre pièces de canon, leurs équipages et munitions de guerre qui sont restés au pouvoir du général. Les Français s'étaient présentés aux environs de cinq mille hommes.
30 avril, 9 heures du soir.
Les Français s'étant présentés, au nombre de treize à quatorze mille hommes, vers l'armée du général Beaulieu, près de Mons, ils ont éprouvé une nouvelle défaite, mais infiniment plus sérieuse que la première. L'armée de M. de Beaulieu s'est montrée avec une bravoure bien digne d'elle et de son chef.
Les Français ont été battus et repoussés vers la France, ils sont encore poursuivis en ce moment. L'action n'étant point finie, et M. deBeaulieu, ayant cru devoir nous prévenir de ses premiers succès; mais déjà on compte deux à trois cents Français de tués et environ soixante prisonniers ; on ne connaît point encore le nombre des blessés. Cinq pièces de canon ont été prises à l'ennemi, et ce qui ajoute au succès de cette affaire, c'est que nous n'avons essuyé aucune perte. L'armée ennemie était commandée par M. de Biron. Le fils du général Rochambeau a perdu la vie dans l'action, arrivée à trois heures du matin.
Du 30.
Jacques Aumont et Dillon1 commandaient à l'attaque du côté de Tournay. Au deuxième coup de canon, leur armée a fait volte-face; il y a eu quatorze hommes tués et deux cent cinquante prisonniers, avec tous les bagages. Le général a partagé tous les
1. Le général Théobald Dillon, frère du général Arthur Dillon qui, en 179k, périt sur Téchafaud révolutionnaire, fut entraîné dans cette déroute par ses propres soldats et surtout par les volontaires qui criaient : Sauve qui peut, nous sommes trahis! Ces pauvres héros se trahissaient eux-mêmes et s'en prenaient à leurs chefs. Théobald fut dangereusement blessé par un coup de pistolet qu'un de ses hommes lui tira à brûle pourpoint. Le colonel de génie Berthois, son chef d'état-major fut pendu avec six prisonniers tyroliens. Après avoir ignominieusement traîné ces cadavres dans les rues de Lille, les volontaires les jetèrent sur un bûcher et les livrèrent aux flammes en dansant autour le Çà ira et la Carmagnole.
effets entre ses troupes et les paysans sur le terrain desquels s'est donnée la bataille.
L'affaire de Mons paraît avoir été un peu plus disputée. On a tué mille hommes aux Français, et M. de Lambesc les a poursuivis jusque sur les glacis de Valenciennes.
Les gentilshommes d'Ath 1 ont marché, mais n'ont pas pu donner.
Et nous n'étions pas là, mes chers enfants I
A Coblentz, ce k mai 1792 à midi.
J étais bien sûr de la joie que vous causeraient à tous les nouvelles que je vous ai envoyées hier. Ce succès me fait encore plus de plaisir, puisqu'il me iaut quelques expressions de tendresse de votre part. Je vous envoie ce que j'ai raccroché depuis dans quelques lettres particulières ; il y a quelque chose qui augmentera encore la joie, mais aussi les regrets.
L'ardeur de votre fils, à qui je n'ai pas le temps d écrire, ne lui fait assurément qu'honneur; mais ce serait fermer l'écurie quand les chevaux sont dehors ; outre que ce serait afficher qu'on rie fera rien