L'ANCIEN MONDE ET LE CHRISTIANISME
lexandrie et les Origène, que la nuit du paganisme a en ses étoiles qui T éclairaient , et qui surtout appelaient rétoile du matin arrêtée surBethléhem. Ce sont les manifestations de la conscience humaine, qui ne s'est jamais laissée sans témoignage, même au sein des plus épaisses ténèbres. Bien loin de les mépriser, il faut les recueillir pieusement. La pire des tactiques serait de repousser cette noble alliée donnée de Dieu à la religion du Christ.
L'étude de Thistoire de rancien monde est importante encore à UQ autre point de vue. Le christianisme n'y a pas seulement rencontré des ennemis acharAés ou des sympathies latentes. Par cette loi bizarre qui fait que les vaincus finissent presque toujours par exercer sur leurs vainqueurs une influence d'autant plus grande qu'on s'en défie moins, on voit l'ancien monde au moment où tout annonce sa défaite, regagner moralement le terrain qu'il a perdu extérieurement. L'hérésie n'est pas autre chose que la réaction hypocrite du paganisme contre le christianisme. On sait avec quel soin les Pères du second et du troisième siècle se sont attachés à la démasquer, afin qu'il parût à tous les yeux que sous un déguisement chrétien les faux docteurs essayaient de ramener un adversaire perfide dans l'Eglise, comme on introduit un traître dans une place assiégée. « Semblables à ceux qui réparent de vieux vêtements, dit saint Hippolyte avec une énergie familière, les hérétiques ne font que donner un air de nouveauté à ce qu'il y a de plus vieilli dans le paganisme ^ »
* 01 atpeaiipxai SCxyjv 7uaXaioppiça)V. Fhilosoph. 94.