ANNONCE DES JUGEMENTS DE DIEU
à celui qui plongera les incrédules dans les éternelles flammes de la géhenne. » Toute peinture du jugement dernier est pâle après la terrible description de Tertullien, dans son traité Des spectacles. Beconnaissons cependant que Cyprien a rendu admirablement, par une éloquente paraphrase de TEcriture, Tétonnement mêlé d'épouvante qui glacera les ennemis du Christ, lorsqu'ils devront reconnaître leur mortelle erreur et qu'ils assisteront au triomphe des chrétiens, accablés si longtemps de leur mépris et de leur violence. Confondus de ce triomphe, en proie à une indicible terreur, il se diront les uns aux autres dans l'angoisse de leur esprit : « Voici donc ceux dont nous nous sommes moqués et que nous avons abreuvés d'outrages! Insensés que nous étions^ de les prendre pour des fous et de croire que leur fin serait sans honneur I Les voilà maintenant avec le Fils de Dieu et les saints! C'est donc nous qui nous sommes trompés ; la lumière de lai. justice n'a pas brillé sur nous; le soleil ne s'est pa.s levé pour nos yeux. Nous nous sommes fatigués dams la voie de l'iniquité et de la perdition; nous avons marché au travers des solitudes désolées et nous avons ignoré la voie du Seigneur. A quoi nous ont servi notre orgueil et notre contentement superbe de nos riches- ; ses ? Tous ces biens ont passé comme une ombre I Vain gémissement! Plainte inutile ! Ceux qui n'ont pas voulu croire à l'éternité dans Ici vie présente y croiront trop tard, lorsque le temps aura été aboli *. » L'appel à la
1 Ad Démet r., XXIV.
SOLLICITATION A LA œNVERSlON. 485
conversion devient de plus en plus pressant : c'est Tardente supplication de la charité qui ne peut consentir à la mort du pécheur, et cet appel est d'autant plus touchant qu'il est adressé par les victimes aux bourreaux. « Il nous est défendu de vous haïr, nous ne pouYons plaire à Dieu qu'en renonçant à toute vengeance. Yoilà pourquoi nous vous exhortons à lui obéir en sortant des profondes ténèbres de la superstition pour saluer la pure lumière de la vraie religion; écoutez -nous tandis que vous le pouvez encore, et avant que l'économie présente ait achevé son cours. Nous ne vous envions pas vos biens terrestres, et nous ne voulons pas garder pour nous seuls les biens célestes. Nous vous rendons l'amour pour la haine et nous nous vengeons des tourments et des supplices que vous nous infligez, en vous montrant le chemin du salut. Croyez et vivez, ô vous qui nous avez persécutés dans le temps et vous goûterez avec nous les joies éternelles ^ » A ceux qui penseraient qu'il est trop tard pour se convertir, Cyprien ouvre le trésor des mérites infinis du Christ qui nous a conquis la grâce dans cette lutte sanglante et victorieuse dont la croix est le trophée^. « Suivons-le tous, enrôlons-nous sous son drapeau, portons son signe, et alors parfaitement sauvés par son sang, nous goûterons avec lui une immortelle allégresse^. » Tels étaient les biens que les chrétiens
* « Odiis vestris benevolentiam reddimus, et pro lormentis ac suppliais, quœ nobis inferuntup, salutis itinera raonstramus. » {Ad Demetr.j XXV.)
« « Subigendo mortem tpophaeo crucis. » {Id., XXVL)
» Idem., XXVI.