‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 59 sur 177 · M. Burnet peu sûr dans ses faits · texte numérisé non relu

M. Burnet peu sûr dans ses faits

Au reste, si pour convaincre la Réformation prétendue ( elle-même, je n'ai fait pour ainsi dire qu'abréger riiistoire M. Burnet, et que j'aie reçu comme vrais les faits que j'ai i^ portés; par là je ne prétends point accorder les autres,! qu'il soit permis à M. Burnet de faire passer tout ce qu il « conte, à la faveur des vérités désavantageuses à sa religic qu'il n'a pu nier. Je ne lui avouerai pas, par exemple, cequ dit sans témoignage et sans preuve, que c'étoit une résoluik prise entre François I®"^ et Henri VIII de se soustraire de cona à l'obéissance du Pape, et de changer la messe en une siœp communion, c'est-à-dire, d'en supprimer l'oblation et lésa crifice(/. part. liv. ii p. 196. /6trf. liv. in.p, 467.). Oflfll jamais ouï parler en France de ce fait avancé par M. Bum^ On ne sait non plus ce que veut dire cet historien, lorsqui assure que ce qui lit changer à François !•*■ la résolution dabolir la puissance des Papes, c'est que Clément VIÏ « !«' ^^' » corda tant d'autorité sur tout le clergé de France, que ce » prince n'en eût pas eu davantage en créant un patriarche» {Ibid, p. 196.); car ce n'est là qu'un discours en Tan', une chose inconnue à notre histoire. M. Burnet ne sait pa* mieux l'histoire de la religion protestante, lorsqu'il av^^f-'^ si hardiment, comme chose avouée entre les Réformateur^ que les bonnes œuvres étaient indispensablement nécessaïf^^ pour le salut (\. part. liv. m. p. 392. 393.); car il a vu t' il verra cette proposition, les bonnes œuvres sont nécesstn^'^^ au salut, expressément condamnée par lés Luthériens di^"'

^rs assemblées les plus solennelles (6'w/^55?i«, Uv.y.n, 12:

tci^aprèê, liv. viii. n. 30 et suiv. ). Je m'éloignerois trop de m dessein, si je relevois les autres faits de cette nature : nais je ne puis m*empêclier d'avertir le monde du peu de Sroyanee que mérite cet historien sur le suj(ït du concile de rrente qu'il a parcouru si négligemment, qu'il n'a pas même pris garde au titre que ce concile a mis à la tôte de ses décidons; puisqu'il lui reproche d'avoir usurpé le titre glorieux de très-saint concile œcuménique^ représentant V Église universelle (II. part. liv. i.*p. 23.); bien que cette qualité ne se trouve en aucun de ses décrets : chose peu importante en elle-même, puisque ce n'est pas cette expression (fui consliine un concile; mais enfin elle n'eût pas échappé à un bomme qui auroit seulement ouvert le livre avec quelque at- 'tention.

i09. Illusion de M. Burnet sur Fra-Paolo.

On se doit donc bien garder do croire notre histoire en ce jn'il prononce touchant ce concile sur la foi de Fra-l\iolo, qui n'en est pas tant l'historien que l'ennemi déclaré. M. Burnet fait semblant de croire que cet auteur doit être pour les Galiioliques au-dessus de tout reproche, parce (fu'il est de ' leur parti { I. part. Préf. ) ; et c'est le commun artilice de tous les Protestants. Mais ils savent bien en leur conscience que ce Pra-Paolo, qui faisoit semblant d'être des nôtres, n'étoit en effet qu'un Protestant habillé en moine. Personne ne le connott mieux que M. Burnet qui nous le vante. Lui qui le doime dans son Histoire de la Réformation pour un auteur de notre partie nous le fait voir dans un autre livre qu'on vient de traduire en notre langue, comme un Protestant caché, qui regardoit la liturgie anglicane comme son modèle ( Vie tle Guill. Bedell, Év. de Kilmore, en Irlande, p. 9. 19. 20.); qui à Foccasion des troubles arrivés entre Paul V et la Képubliijue de Venise, ne travailloit qu'à porter cette Uéi)ubliquc à une entière séparation, non-seulement de la Cour, mais encore de l'Église de Rome ; qui se croyoit dans une Église corrompue et dans une communion idolâtre, où il ne laissoit pas de deineu- Tcr; qui écoutoit les confessions, qui diaoii la messe et adouiiiv

miracles d'un si grand éclat, qu'Us attirèrent, non-seulemei les rois d'Angleterre , mais encore les rois de France à soi tombeau : mii;acles d'ailleurs si continuels et si attestés pari concours unanime de tous les écrivains du temps , que poi les révoquer jen doute , il faut rejeter toutes les histoires. Ce pendant la Réformation anglicane a rayé un si grand homni du nombre des saints. Mais elle a porté bien plus haut ses il tentats : il faut qu'elle dégrade tous les saints qu'elle a ei depuis qu'elle a été chrétienne. Bède son vénérable historiaj ne lui a conté que des fables , ou en tous cas des histoires pd prisées, quand il lui a raconté les merveilles de sa conversioij et la sainteté de ses pasteurs , de ses rois , et de ses religiemQ Le moine saint Augustin, qui lui a porté l'Évangile , et le pajpi saint Grégoire qui l'a envoyé, ne se sauvent pas des mains di la Réforme : elle les attaque par ses écrits. Si nous Tel croyons, la mission des saints qui ont fondé l'Église anglicani est l'ouvrage de l'ambition et de la politique des papes; et ei convertissant les Anglais, saint Grégoire, un pape si humble « si saint, a prétendu les assujettir à son siège plu tôt qu'à Jésos^ Christ {Vitach. cont. Durœ. Fuie. cont. StapL Ivel, apoL Eccl Ang,), Voilà ce qu'on publie en Angleterre ; et sa réformalioii s'établit en foulant aux pieds, jusque dans la source, toutl6 christianisme de la nation. Mais une nation si savante ne demeurera pas longtemps dans cet éblouissement : le respect qu'elle conserve pour les Pères, et ses curieuses et continuelles recherches sur l'antiquité la ramèneront à la doctrine des [premiers siècles. Je ne puis croire qu'elle persiste dam la haine qu'elle a conçue contre la chaire de saint Pierre, d'où elle a reçu le christianisme. Dieu travaille trop puissamment à son salut en lui donnant un Roi incomparable en courage comme en piété. Enfin les temps de vengeance el d'illusion passeront, et Dieu écoutera les gémissements de ses saints.

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