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DES CONTRÉES OCCIDENTALES

U est temps de conclure :

A l'époque où rhomme vivait eo compagnie du renne, de l'aurochs, de Tours des cavernes, au milieu des glaciers qui couvraient la plus grande partie de l'Europe actuelle, quelle était la situation des autres parties du glob^ ?

Doit-on croire que l'homme que l'on appelle primitif ei dont nous retrouvons les traces dans les terrains quaternaires^ avec les instruments et les armes rudimentaires qui servaient à son alimentation ou à sa défense, soit le type exact de tous les habitants de la terre à cette époque ?

Est-il plus logique de penser que des civilisations plus avancées avaient déjà, depuis des siècles, fait leur apparition dans le monde ?

Les études auxquelles nous venons de nous livrer répondent à ces questions.

L'homme quaternaire des contrées occidentales était aa monde civilisé d'alors ce que sont aux civilisations présentes, les Esquimaux et les Lapons.

A la pierro polie, qui paraît être le dernier effort de rhomme des glaciers, succède immédiatement le bronze.

Et il est imposîsible de lui attribuer cette découverte^ car les types d'armes, de parures, d'instruments, de vases et d'ustensiles gue Ton rencontre souvent pêle-mêle avec les haches en silex et autres objets de même matière, sont d'une telle perfection de fol*me, que dans la marche logique du progrès, l'homme quaternaire de nos contrées eût mis des siècles pour l'atteindre, du jour où un feu allumé dans une caverne ou syr les flancs d'une montagne de minerai lui eût révélé l'existence de ce métal. Et il n'existe aucune transition entre les instruments primitifs en silex et les modèles perfectionnés de bronze.

Pas d'essais, pas de tâtonnements.

Puis immédiatement avec le bronze, nous trouvons des produits céramiques d'une égale perfection.

Tout ce que nous possédons de cette époque, bracelets, plats ciselés^ vases, récipients de toutes espèces, poignards, terres cuites des types les plus variés, ont une destination spéciale, répondent à de vieux usages, et ne sont autres que ceux encore en usage dans Vintérieur de VIndoustan.

Le jour où l'on voudra bien confier à l'éminent archéologue qui dirige le Musée des antiquités nationales de Saint-Germain, une mission dans l'Inde, il retrouvera, parmi les objets dont le peuple se sert encore aujourd'hui, tous les modèles de sa collection .

Le bronze et la terre cuite ont donc été apportés sur notre sol par une civilisation plus parfaite, et il en est advenu des populations autochlhones ce qu'il advient, en face de la race blanche envahissante, des peuples de TAmérique, de l'Australie et de. la Polynésie^ qui s'éteignent... elles ont disparu.

Les causes humaines sont identiques dans leurs effets, dans le passé comme dans le présent. Les populations primitives ne sont pas élevées à teur niveau par les populations plus

avancéesqui vieDDent s'établir surleur sol^ elles sont anéanties.

Les hommes à qui il faudrait encore vingt siècles de progrès lent et mesuré pour arriver à un état social déterminé, mis inopinément en présence de cet état social, perdent leur vitalité; les forces de résistance ne sont pas en rapport avec les forces modificatrices nouvelles ; il n'y a pas d'assimilation possible, et l'homme civilisé détruit l'homme primitif, malgré les plus généreux efforts pour l'attirer à lui.

Et puis physiologiquement le cerveau n'est pas prêt, on ne peut pas forcer le travail de la nature : comment voulez-vous que le fils de la prairie, qui vit d'espace^ d'air, de soleil et de gibier ; que le fils des glaces qui se nourrit de poisson cru, se frotte d'huile et s'enfume, puisse comprendre cette création . idéale, cette fiction des sociétés avancées qu'on appelle la loi... le devoir?

Les peuples remplacent les peuples, comme l'homme remplace l'homme.

La mort joue un rôle égal dans la vie des nations et dans celle des individus.

Et cela au bénéfice du continuel progrès, de l'incessante transformation.

L'art perfectionné du bronze, remplaçant sans transition l'art rudimentaire de la pierre polie, marque d'un sceau ineffaçable la première des émigrations asiatiques.

Les glaciers s'étaient fondus, les grands courants des eaux avaient accompli leur travail, la terre s'était peut-être légèrement inclinée, dépjaçant son axe, un ciel plus clément avait couvert les vallées et les monts de bois et de verdure, les autochthones s'étaient peu à peu réfugiés vers le nord avec le renne, plutôt que de changer leurs coutumes, la nourriture à laquelle ils étaient habitués...

Les premiers fils de Tlndoustan firent leur apparition avec leurs troupeaux.

906 HISTOIRE DBS VIERGES.

Cette ciyilisatioQ antédila vienne, dont te centre fat l'Asie, et qui fit rayonner ses fils dans toutes les contrées occidentales, a laissé partout les traces les plus profondes, elle semble s'être étendue de Test à l'ouest^ alors que l'Europe n'était qu'un glacier, dans le sens du tropique nord depuis la Polynésie, la Chine, Tlnde, jusqu'aux côtes du Mexique qui se seraient pro* longées fort avant dans l'Atlantique, et dont les Âçores, les Canaries, Madère, seraient les derniers vestiges.

D'un autre côté, un vaste continent inscrit dans le triangle formé par les Sandwich, la Nouvelle-Zélande et l'Ile de Pâques, se serait étendu du tropique nord au tropique austral.

Dans cette hypothèse, une partie de l'Amérique du sud et du continent africain n'aurait été représentée dans le monde géographique que par des îles formées par leurs hautes montagnes émergeant au-dessus des eaux.

L'hypothèse de cette première zone civilisée s'étendant de l'est à l'ouest, de l'Asie aux rives du Mexique, devient presque une vérité scientifique, en face des nombreuses identités de types, de coutumes et de ruines.

Nous avons visité toutes ces contrées en détail ; il y a peu de différence entre les Indous des basses classes et les Indiens de la vieille race du Mexique ; la similitude de leurs coutumes vulgaires est véritablement extraordinaire, et leurs croyances religieuses paraissent avoir puisé aux mêmes sources polythéistes .

Le culte du Soleil fut en honneur dans les deux contrées, toutes deux ont possédé les mômes castes, et quant à l'architecture des temples, qu'on regarde les deux dessins du temple d'EUora dans l'Inde, et du temple de Chichen-Itza au Mexique, que nous avons nous-mêmes rapportés de ces deux contrées 1, et qu'on nous dise si ces deux architectures n'accusent pas des civilisations identiques.

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Malheureusement, le passé du vieux pays des iDcas est tout entier à exhumer, et nous possédons peu de documents, bien qu'ils soient abondants. Les forces de l*horame sont relatives, et après avoir affronté le ciel de Tlnde pendant de longues années, et sillonné en tous sens les îles de la Polynésie, nous n'avons pu donner au Mexique que quelques mois, là où il aurait fallu des années également.

Mais.à mesure que l'on se rapproche de Tlnde, Thypothèse disparaît, les signes de colonisation se pressent en telle abondance que ce n'est plus une preuve à faire en science, que le berceau des races européennes soit en Asie, que Tlnde soit VAlma parens de l'Occident, et là Grèce et l'Egypte filles aînées de la vieille terre des brabmes. Grec, latin, Scandinave, germain^ celte, breton sont des dérivés de la vieille langue mère du Nord. Ghaldéen, hébreu, arabe et tous les idiomes sémites, sont des dérivés du tamoul, la langue vulgaire du Sud.

Quant au continent polynésien disparu lors des derniers bouleversements géologiques, son existence repose sur de telles preuves que logiquement le doute ne pourrait se produire...

Les trois sommets de ce continent, îles Sandwich, Nouvelle- Zélande, île de Pâques, sont éloignés les uns des autres de quinze à dix-huit cents lieues, et les groupes d'îles du centre, Viti, Samoa, Tonga, Foutouna, Ouvea, Marquises, Taïti, Poumoutou, Gambiers, sont eux-mêmes distants de ces points extrêmes de sept, huit cents et mille lieues. . Tous les navigateurs sont d'accord sur ce point, que les groupes extrêmes et les groupes du centre n'ont jamais pu communiquer entre eux dans leur situation géographique actuelle, et avec les seuls moyens de navigation qui étaient en leur possession .

Il est matériellement impossible de franchir des distances

de quinze à dix huit cents lieues en- pîrogae, et, en outre de rinsuffisancc de l'embarcation, comment se diriger' sans boussole, comment voyager des mois sans vivres ?

Cela ne supporte pns l'examen.

D'un autre côté, les naturels des Sandwich, des Viti, de la Nouvelle-Zélande, des groupes du centra, Samoa, Taïti, Gambiers, de l'île de Pâques et des îles Marquises, ne se connaissalent pas, n'avaient janais entendu, parler les uns des autres avant l'arrivée des Européens. Et tous cependant préundaient que leur île faisait partie autrefois d'une immense étendue de terre qui s'étendait vers V ouest, du calé de VAsie. Et tous, mis en présence, ont parlé la môme langue, ont accusé les mêmes usages, les mômes coutumes, les mêmes croyances religieuses. Tous, à cette question : Quel est le berceau de votre race? pour toute réponse, étendaient la main du côté du soleil couchant...

Nous nous souvenons encore de l'émotion réelle que nous avons éprouvée lorsque nous avons vu deux indigènes, Tun de Taïii et l'autre de l'île de Pâques, mis en présence pour la première fois.

Sur tous les autres points les plus éloignés de la Polynésie, le problème avait été résolu. Il y avait identité de coutumes, de traditions, de croyances religieuses, de langage, entre les populations des divers groupes. On ne savait rien de Tîle de Pâques, que l'on considérait comme en dehors du rayon polynésien, en raison de la distance qui la séparait des autres et de sa proximité des côtes de l'Amérique du sud.

Sous le gouvernement de M. de La Roncière et par ordre de cet intelligent administrateur, un naturel de celte île fut amené à Taïti, et, à peine débarqué, rais en présence d'un Taïtien.

Nous regardions, anxieux de ce qui allait se passer.

Les deux naturels s'observèrent pendant quelques instants.

C'était bien les mêmes types extérieurs de race.

L'habitant de File de Pâques semblait craintif.

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Le Taîtien, plus déluré, s'avança près de lui.

a la orana oé, lui dit-il. — Salut à toi. »

La figure de l'autre Indien s'illumina de plaisir.

« lorana taio, répondit-il. — Salut ami. »

Tous les spectateurs de cette scène se regardèrent avec un indicible étonnement.

Les deux naturels venaient de se souhaiter la bienvenue dans la môme langue. L'habitant de l'île de Pâques avait seulement élidé deux voyelles, que le Taïiien avait au contraire distinctement prononcées.

la sois, iorana bien portant, oé toi.

lorana sois bien portant, iaio ami.

La conversation continuait, nous écoutâmes.

ff No héa mai oé. — D'où viens-tu * ?

— No motu hénua maoro mai au, — Je suis venu ici d'une île très-éloignée 2. — A Taïli.on dirait fénua au lieu de hénua.

— E aha to oè eré. — Quel est le but de ton voyage ^ ?

, — A ita paha oé ité éna, — Je ne sais peut-être pas bien

cela *. »

Il n'y avait plus do doute possible, les deux indigènes appartenaient bien à la même race.

Nous ne transcrirons pas la suite de cette curieuse conversation que nous avons précieusement conservée, mais qui serait sans intérêt pour le lecteur.

Gomment tous ces indigènes, répartis sur des îles et des îlots parsemés dans le Pacifique, sur une étendue plus grande que celle de tout le continent africain, pourraient-ils posséder

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