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DE L’ADOPTION

Nous avons vu que le père et la mère n’étaient délivrés de leurs dernières souillures à l’heure de la mort que par les prières de leur fils aîné, et que ce n’était qu’après trois jours de purifications que les esprits venaient chercher leurs âmes pour les conduire à Tupaï.

De cette croyance, que l’on retrouve également dans la vieille religion brahmanique, naquit la nécessité de laisser après sa mort un fils qui pût accomplir les cérémonies funéraires expiatoires.

Lorsque leur union était stérile, les deux époux, pour éviter le sort terrible des tupanous errants dans le vague, adoptaient un enfant de leurs proches ou même complètement étranger à leur famille. L’adopté prenait le nom des adoptants et devenait si bien leur fils, tant au point de vue religieux qu’au point de vue civil, que si, postérieurement à son adoption, d’autres enfants venaient à naître, il n’en restait pas moins le fils aîné, et continuait à jouir de toutes les prérogatives attachées à ce titre.

Aujourd’hui, bien que les traditions attachées à cette coutume n’aient plus d’empire, les Polynésiens n’en ont pas moins conservé l’habitude de l’adoption à ce point que, dans presque toutes les familles indigènes, on trouve, à côté des enfants nés

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de l’union du père et de la mère, les enfants d’adoption, et souvent ce sont ces derniers qui sont les plus aimés.

Un jour nous demandions à un habitant de l’île de Mourea, qui se trouvait dans cette situation, pourquoi il paraissait avoir une plus grande affection pour ses adoptés que pour ses enfants réels; il nous répondit :

« C’est que ceux-ci sont les enfauts de mon choix, tandis que ceux-là sont les enfants du hasard. »

On peut juger par cette réponse de l’esprit de famille des Océaniens et apprécier les progrès que le christianisme leur a fait faire,..

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